Malédiction ?

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BARRY_Tibou_01A ceux qui avaient permis au doute de s’installer dans leurs esprits cartésiens à propos du signe maléfique que traine notre pays depuis son accession à l’indépendance jusqu'à nos jours, eh bien l’intronisation du sieur suprême Alpha Condé est malheureusement venu certifier cette désolante et navrante vérité historique. A l’instar de Sisyphe et de son rocher, la Guinée déambule à travers son histoire courte mais calamiteuse, l’échine pliée sous le poids d’un fardeau que les successives classes dirigeantes rendent de plus en plus pesant. La malédiction divine de la Guinée réside dans le fait qu’en plus d’être un scandale géologique, elle a été et demeure toujours un scandale humain de grande échelle. En effet, c’est toujours ses enfants les moins qualifiés, les moins méritants, les moins outillés et les moins rationnels, qui ont été aux commandes de son destin. Malchance, serait-on tenté de le croire. Non ! serait la réponse de bon nombre d’entre nous. Qu’un petit commis des Postes, autodidacte, mythomane, haineux, en l’occurrence Sékou Touré, ait pu mettre en marche une machine infernale, répressive, et broyeuse de vies humaines pendant plus d’un quart de siècle dans l’indifférence totale de la dite communauté internationale, est-ce de la malchance ? Qu’un tirailleur semi lettré, têtu, physiquement limité, en l’occurrence Lansana Conté, beaucoup plus prompt à réagir à ses pulsions sexuelles qu’aux défis qui font face à sa fonction présidentielle nous lègue un pays exsangue, déliquescent après un autre quart de siècle de règne sans partage, est-ce un simple accident de parcours ? Qu’une petite fripouille, illuminée, schizophrène, Dadis Camara, s’autoproclame « Père de la nation Â» et prenne une retraite anticipée après une année de terreur étatique et de viols collectifs, peut-on appeler cela de la malchance ? Qu’un ivrogne, roublard, Sékouba Konaté, s’autoproclamant maréchal d’opérette (dixit AOT) s’assoit sur la table de négociations et décide en notre nom à qui il va céder la gestion du pays après l’avoir essoré de toute sa substance financière, peut-on appeler cela un cas isolé ? Enfin pour mettre la cerise sur le gâteau, qu’un inconnu aux origines indéfinies, au passé nébuleux, avec une formation académique invérifiable, une vision politique opaque, une expérience de travail inexistante, un statut matrimonial hybride, des amitiés éphémères, et des fréquentations coquines, je nomme Alpha Condé, coiffe au poteau tous ses concurrents et fasse comme le serpent qui se mord la queue, c’est à dire nous ramène dans les années noires du charcutier de Faranah, peut-on une fois de plus parler de malchance ? Qu’un fauve comme Sékou Resco et des pitbulls comme Pivi et Tiegboro Camara qui ne connaissent que très vaguement les trois premières lettres de l’alphabet, occupent des postes ministériels devant des milliers de cadres compétents toutes ethnies confondues, et des universitaires qui sont à la recherche de leur premier emploi depuis plus d’une dizaine d’années, c’est bien cela un scandale humain à mon humble avis.

Cet amalgame de « malchances Â» qui fait que la foudre nous frappe à plusieurs reprises et au même endroit doit certainement avoir des origines divines. Malheureusement pour les Guinéens, des imams alimentaires (sacs de riz, dixit Kylé Diallo) pratiquant un islam mercantile, sont cooptés pour régler le contentieux que nous devons certainement avoir avec le bon Dieu.

Pour le cas précis du professeur Alpha Condé, il n’est autre que l’image que nous renvoie le miroir de la vie lorsqu’on se donne la peine de s’y regarder. Notre propension à s’accommoder de la violence gratuite, de la cruauté et du mépris envers nos semblables, notre incapacité à relever les défis du développement et à jeter le blâme sur les autres se retrouve en la personne de Monsieur Condé qui vient tout juste d’être rattrapé par son passé. Un passé riche en impostures, en embuscades politiques, en raccourcis sociaux et en passe-droits. En écoutant Â« le Professeur de droit Â» dénoncer, dans un français du style « Toto tire Nama. Anani tire Toto Â», les pactes sociaux qui sont les fondements de la cohésion sociale en Guinée, l’on serait tenté de se demander dans quelle langue il enseignait à la Sorbonne ! L’adage dit que la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. « Mansa Â» Condé, pour occulter son incapacité à résoudre l’équation sociale guinéenne s’abrite derrière des slogans creux, des dénonciations ciblées et des stigmatisations orientées et ne peut que nous exhorter à faire des sacrifices pour des politiques archaïques teintées de mépris, d’arrogance, d’exclusion, et de haine. Malheureusement, pour certains compatriotes malinkés, l’appartenance ethnique prime sur les convictions religieuses et politiques. Par conséquent, le militantisme et la solidarité envers les dirigeants de leur ethnie dans leur enlisement politique est un impératif majeur. Hier victimes comme toutes les autres ethnies de la tyrannie de Sékou Touré, de la barbarie de Lansana Conté et de la folie meurtrière de Dadis Camara, nos compatriotes de la Haute Guinée, du moins la classe intellectuelle malinké observe curieusement à présent un silence inquiétant face aux exactions de notre « Professeur de droit national Â». Le cas de Lansana Kouyaté qui se fait un harakiri politique en se rangeant derrière Alpha Condé alors qu’un océan de différences sépare les deux hommes. Sékouba Konaté bien que certain que Monsieur Condé n’allait jamais lui renvoyer l’ascenseur, se plia toutefois sous la pression de la coordination mandingue. L’imam Magassouba qui, après avoir dirigé la prière, ordonna le pogrom de ses concitoyens peulhs de même confession à Siguiri, sont des exemples à ce propos. Des voix discordantes du tohubohu d’un public chauffé à blanc par des discours populistes de la nomenklatura condéiste ? A ma connaissance il n’y a que celles des vrais professeurs Ansoumane Doré, Kadjaly Condé (France) et celle de Lamine Camara (Allemagne).

« L’opposant historique Â» devenu président hystérique, a déjà raté tous les virages de son récent parcours car, au lieu de gouverner, il se croit obligé de régner comme un mauvais chef de tribu, pire le gourou d’une secte, par essence suicidaire.

Partout ailleurs au monde, après la pluie, c’est le beau temps. Mais en Guinée, politiquement parlant, après la pluie ce fut la tornade, l’ouragan, la tempête. Avec notre Professeur de droit national, j’ai bien peur que ce ne soit le tsunami qui sera au menu. Il suffirait tout juste que l’opposition parle le seul langage qu’il maitrise, c’est à dire la violence, pour que le pays s’embrase. Alors vivement la Somalie !


Tibou Barry

Atlanta, Georgia, USA


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Commentaires  

 
-1 #10 Le voyant 28-10-2011 02:37

Koto AOT donc Bouna Keita et Mamadou Sylla auraient mieux fait pour la Guinee que le donzo en chef! hahahaaaa foutaise waaaa ou foutissassee.....hihihihihi
Quelle malediction! vivement une journee nationale de jeun de receuillement et de priere pour implorer le pardon de tous ceux qui ont injustement peris sous les dictatures qui se sont succedees jusqu'aujourd'hui. Il nous fait cette journee sinon les morts ne vont jamais pardoner a nous autres pour notre inaction face a l'injustice et aux crimes commis par des crapules au nom de tous les Guineens.
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+1 #9 mohamed sampil 27-10-2011 12:53

L'Alliance des Bâtisseurs était de loin le meilleur casting proposé aux Guinéens pour nous sortir de cette malédiction..
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+1 #8 Mouctar Barry,Rochester,NY 27-10-2011 02:12

Avec cette plume ,Mr Tibou Barry a touche du doigt le paradoxe guineen.Nous convenons tous ensembles que ce beau pays,la Guinee n'a jamais eu un Leader a la tete de l'Etat,mais des chefs.Des chefs avec leurs corteges de barbarie,de vol,de viol, de corruption, de gabegie,d'assassinat et d'autres brimades injustifiees dont sont victimes les citoyens sans defense.
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+1 #7 Amara Lamine Bangoura 26-10-2011 22:30

La politique suicidaire d'elimination systematique de l'elite operee par le regime du PDG,a maintenue le pays sous la coupe de l'obscurantisme de ses dirigeants successifs.La situation de retard endemique que nous vivons de nos jours est le reflet de l'extreme mediocrite de ceux qui nous ont gouverne depuis 1958.Excellente analyse de Bappa Tibou.Bien a tous!A-L-B-Birmingham,AL-USA>
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+2 #6 AOT Diallo 26-10-2011 17:47

Nice tibou, nice - tu as raison, quand on constate que les 23 autres candidats auraient tous mieux fait pour la Guinée que le PPAC en 10 mois, il y a quelque part une vraie malédiction...
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+2 #5 Amenofils 26-10-2011 15:44

C'est bien le sombre tableau de la guinee depuis 1958 qui est exposé là. Mais a mon avis, l'erreur vient du peché originel qui est celui d'avoir courbé l'echine et laissé Sekou Toure diriger la Guinée. cette experience Guinéenne devrait servir de leçon a toutes les generations futures de la Guinée mais des autres pays. SI sekou Touré avait ete un bon president c'est pas Lansana Conté qui allait le succeder. On peut dire la meme chose de Dadis camara, de Sekouba Konaté. La Succession des presidents Guinéens demontre respectivement que le prececdent etait mauvais et n'etait pas a sa place. Mais le cas de Alpha Condé est un cas a part et surtout un cas etonnant. En elevant un chat en Europe, il devient forcement different des chats qu'on eleve en Afrique. Ceci n'a pas marché pour le cher president Alpha Condé. En fait le pouvoir en Guinée aujourd'hui est dans les mains d'un clan ethnique frustré, egoiste et de surcroit incompetent. Les postes sont occupés exclusivement par les plus frustrés et les plus haineux. Mais on verra bien qui l'emportera: la democratie que veut le peuple ou le despotisme proné par Alpha avec son gouvernement dans leur elan de faire le parti unique en Guinée.
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+1 #4 Ousmane Bah 26-10-2011 13:56

Une fois de plus, Tibou Barry nous demontre qu'il est de loin la meilleure plume sur le net. Cet article tout comme les precedents nos eclaire dans un langage simple mais elegant sur la situation sociale en Guinee. Monsieur Barry devrait venir sur ce site un peu plus souvent. Quelle classe!
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+3 #3 se 26-10-2011 13:15

JUST AMAZING! Cet article est vraiment BRILLANT! Mais c'est qui Francois Baud est t-il l'auteur ou bien l'auteur c'est Tibou Barry. Tout compte fait ce papier resume suffisament la Guinee pour ceux qui ne savent pas l'histoire de ce pays. chapeau.
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+3 #2 Tutankhamon 26-10-2011 12:35

Tibou, la Guinée, c'est comme la République d'Haïti, deux cents ans apres les enfants qui auront la malchance d'etre les heritiers de ce coin du monde parleront de cette comble de malediction qui ressurgit d'années en années. Nous sommes passés de predateurs aux vampires et maintenant aux zombies en seulement 53 ans. Avec l'arrivee de l'astéroïde Donzoïde à conakry pour detruire du peul, je me rends compte qu'on vit dans une autre planète.
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0 #1 kalil diallo 26-10-2011 11:13

ce pays est destiné a echouer c´est le haiti de l´afrique car pour ce qui pensent que ce que nous connaissons tous aujord´hui est eternel se trompent.
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