Paul Kagamé : un dictateur éclairé

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Le développement socio-économique est l'enjeu principal de tous les gouvernements dans les pays riches comme dans les pays pauvres. Pour y parvenir la tendance générale se dégages de nos jours autour de la démocratie libérale, c'est-à-dire une politique alliant démocratie et libéralisme économique.


Cette voie de développement, on le sait, a pour socle un article de la Déclaration universelle de l'homme qui stipule que « tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». Ceci entraîne que tout homme a droit au bonheur matériel et moral et qu'il a droit de participer à la gestion de l'État à travers un vote libre, égal et universel.


Les pays de l'occident ont accompli de grands pas sur le chemin de la démocratie libérale, leur niveau de développement l'atteste éloquemment même s'ils sont loin d'atteindre le parfait qui n'est d'ailleurs pas de ce monde. Quant aux pays du Tiers-monde, notamment l'Afrique, les choses se décident encore timidement. Tout a commencé par les régimes autocratiques et totalitaires symbolisés par des partis uniques au service de présidents élus à vie ou intronisés par coups d'État. Cette phase cède peu à peu le pas au pluralisme politique et à l'alternance au pouvoir.


Sur ce terrain l'Afrique est partagée entre deux extrêmes : d'une part le Sénégal comme tête de pont des pays engagés dans la voie du renouveau, d'autre part le Zimbabwe, tête d'affiche des pays retardataires où le pouvoir est la chasse gardée d'un homme et de son clan. Entre ces deux extrêmes le Rwanda est le pays où règne ce qu'on pourrait appeler un dictateur éclairé. Celui-ci s'est taillé une constitution à sa guise, il s'autorise de fouler au pied bien des règles démocratiques, mais il prend à bras le corps le développement de son pays au point que le Rwanda est cité en modèle de développement en Afrique.


Alors la question se pose : Peut-on tolérer un dictateur qui travaille bien ? Autrement-dit la dictature est-elle acceptable ou supportable quand le pays est économiquement viable ? Je réponds oui en comparaison du Zimbabwe, non en comparaison du Sénégal ou du Ghana. L'idéal de la vie individuelle ou collective étant de s'élever toujours vers le parfait, un dictateur éclairé ne devrait pas tarder à céder le pouvoir à un président démocrate, ce serait l'apothéose de son œuvre économique. Mais comme l'appétit vient en mangeant, Paul Kagamé est là pour le restant de sa vie à moins qu'un jeune caporal téméraire ne lui face un mauvais coup.


Walaoulou BILIVOGUI

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+2 #16 amadudialamba 03-06-2016 01:16

Il semblerait que M. P. Kagamé a très bien travaillé pour son peuple, d’accord. De ce fait, je lui lève haut et même très haut mon chapeau. Car actuellement ils sont très très rares en Afrique, les chefs qui ont le souci de la misère du bas peuple, a plus forte raison le développement de leurs pays. Mais en même temps, cette performance de M Kagamé ne m’empêcherait pas de dire qu’il devrait se contenter de ses deux mandats légaux. Car forcer la main de son peuple pour briguer un autre mandat der plus, non prévu par les dispositions de la constitution du pays, n’est qu’une simple violation. Donc un comportement antidémocratique. Et une dictature, quelque soit la personnalité ou les qualités de son maitre, ne peut être qualifiée que DICTATURE. Au lendemain même de sa dernière élection, il devrait comprendre qu’il s’est automatiquement inscrit sur la liste des grands dictateurs africains. Car il n'est pas le seul capable, encore moins le seul intellectuel du pays pour prétendre gouverner seul. Il devrait montrer un bon exemple et laisser la place à un autre prétendant. Ainsi, il serait sorti grand et honoré par tous les Rwandais. Malheureusement, chez nous en Afrique, il est moins difficile d’accéder au pouvoir que de le laisser. Dès qu’ils le goutent, nos chefs ne peuvent plus se passer de la ‘’pilule dénommée POUVOIR’’.
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+3 #15 IBRAMA 02-06-2016 23:54

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
A une nuance près mon cher ami: le 1e président du pays et prédécesseur de l'actuel, Général Tseretse Khama était un vieux militaire très proche de Lee Kwan Yeu de Singapour.
La preuve c'est son fils, Ian Khama qui lui a successeur et est encore au pouvoir (je crois).
Mais le dictateur éclairé de père - et même son fils après - ont eu 2 règles de dictature très strictes et inviolables:
1- Aucun politicien ne viendra foutre le bordel ici pour m’empêcher de travailler au développement du pays. Mais le tout sans violence (excessive) et crimes.
2- Tolérance zéro pour tout acte de corruption de sorte qu'il est plus dangereux la-bas de voler l'argent public que de tuer son voisin.
Tout le reste que tu décris bien n'a été que la suite logique de cela, comme a Singapour et en Corée du Sud par exemple...

La difference avec le Rwanda de Kagame reside dans respect strcit droits au Botswana. En plus on ne touche pas a la constitution du pays: preuve que le pays a connu, depuis son independance en 1966 des alternances pacifiques au pouvoir, ayant vu quatre presidents se succeder a la magistature supreme dans le plus grand calme. D'ailleurs l'un des presidents Botswanais Festus Mogea fut recipiendaire du prix Mo Ibrahim pour la bonne gouvernance tout en se soumettant aux regles democratiques. Donc Mr. Sacko a raison sur ce qu'il dit au sujet du Botswana comme meilleur exemple a suivre en Afrique. Kagame utilise toujours le Genocide comme excuse pour perpetuer son regne.
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+3 #14 M. Sacko 02-06-2016 22:17

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
A une nuance près mon cher ami: le 1e président du pays et prédécesseur de l'actuel, Général Tseretse Khama était un vieux militaire très proche de Lee Kwan Yeu de Singapour.
La preuve c'est son fils, Ian Khama qui lui a successeur et est encore au pouvoir (je crois).
Mais le dictateur éclairé de père - et même son fils après - ont eu 2 règles de dictature très strictes et inviolables:
1- Aucun politicien ne viendra foutre le bordel ici pour m’empêcher de travailler au développement du pays. Mais le tout sans violence (excessive) et crimes.
2- Tolérance zéro pour tout acte de corruption de sorte qu'il est plus dangereux la-bas de voler l'argent public que de tuer son voisin.
Tout le reste que tu décris bien n'a été que la suite logique de cela, comme a Singapour et en Corée du Sud par exemple...

En principe je voulais mettre l'accent particulier sur le president Festus Gontebanye Mogae, le gagnant du prix Mo Ibrahim en 2008 (achievement in african leadership). Cet homme est admire pour son leadership dans la lutte contre l'epidemie du Sida qui menacait la survie de sa nation et dans la bonne gouvernance. Oui vous avez raison, il a consolide les acquis positifs du General Tseretse Khama dans la bonne gouvernance mais le president Festus Gontebaye Mogae a su quitter a temps apres les deux termes de son mandat (1998-2008). Et actuellemt c'est le fils du General Khama, Ian Khama qui est au pouvoir depuis 2008.
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0 #13 A.O.T. Diallo 02-06-2016 18:38

Citation en provenance du commentaire précédent de M. Sacko:
Le Bostwana est l'exemple parfait pour la compatibilite entre le developpement et la democratie en afrique. Ce pays de l'afrique australe comme la guinee est riche en ressource miniere, et sa principale ressource miniere est le diamant. Aujourd'hui le Bostwana a travers le leadership eclaire et democrate de ses dirigeants a pu transforme ses potentialites minieres en realite pour le bien etre de sa population. Et le standard de vie de la population bostwanaise n'est pas loin de celui de la population de l'Europe occidentale. .

A une nuance près mon cher ami: le 1e président du pays et prédécesseur de l'actuel, Général Tseretse Khama était un vieux militaire très proche de Lee Kwan Yeu de Singapour.
La preuve c'est son fils, Ian Khama qui lui a successeur et est encore au pouvoir (je crois).
Mais le dictateur éclairé de père - et même son fils après - ont eu 2 règles de dictature très strictes et inviolables:
1- Aucun politicien ne viendra foutre le bordel ici pour m’empêcher de travailler au développement du pays. Mais le tout sans violence (excessive) et crimes.
2- Tolérance zéro pour tout acte de corruption de sorte qu'il est plus dangereux la-bas de voler l'argent public que de tuer son voisin.
Tout le reste que tu décris bien n'a été que la suite logique de cela, comme a Singapour et en Corée du Sud par exemple...
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+2 #12 madina 01-06-2016 23:19

On n'a pas besoin de dictateurs, on a besoin d'hommes honnêtes,intègres et rigoureux dans leurs rôles de responsables. Les résultats alléchants générés par une dictature constituent un subterfuge malin pour mieux assujettir les naïfs bénéficiaires dans le but de mieux asseoir la dictature. Tout dictateur est une ordure qu'il faut foutre à la poubelle.
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0 #11 lodia 01-06-2016 23:02

Un dictateur éclairé n'existe pas. En Kagamé dort un dictateur obnibulé par le pouvoir, qui est atteint de la maladie de tous les dictateurs: une cécité morale, politique et intellectuelle, sinon, un homme équilibré et raisonnable ne peut violer les lois universelles du bon sens, en ne cédant pas le pouvoir. Un bon chef prépare sa succession en formant des cadres plus competents que lui m^m et savoir partir à temps comme tous les grands hommes du continent: Senghor, Mandéla entre autres...
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+1 #10 M. Sacko 01-06-2016 22:49

Le Bostwana est l'exemple parfait pour la compatibilite entre le developpement et la democratie en afrique. Ce pays de l'afrique australe comme la guinee est riche en ressource miniere, et sa principale ressource miniere est le diamant. Aujourd'hui le Bostwana a travers le leadership eclaire et democrate de ses dirigeants a pu transforme ses potentialites minieres en realite pour le bien etre de sa population. Et le standard de vie de la population bostwanaise n'est pas loin de celui de la population de l'Europe occidentale.
Comme l'a dit Ibrahima, le Rwanda a recu une aide massive de l'occident pour son decollage economique. L'occident qui reconnait sa culpabilite morale dans le genocide rwandais de n'avoir rien fait pour empecher le desastre humain, a donc cherche d'autres voies pour se racheter. Aujourd'hui ces pays occidentaux continuent a fermer les yeux sur les violations des droits de l'homme au Rwanda. Et la moindre critique des occidentaux contre son regime sur les droits de l'homme, Paul kagame utilise toujours le genocide rwandais contre eux pour justifier ses actions.
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+1 #9 Ibrama 01-06-2016 18:59

Citation en provenance du commentaire précédent de Diallo Abdoullah:
Les dragons asiatiques tels Singapour, Malaisie etc ont depuis longtemps démontré que la démocratie n'est pas une condition sine qua non du développement économique d'un pays. L'ancien premier ministre singapourien Lee Kuan Yew allait même jusqu'à considérer que la démocratie peut être un obstacle à une gouvernance efficace et donc au développement de certains pays dits du tiers monde. Il a dirigé de façon autoritaire son pays pendant plus de 30 ans et en a fait l'un des plus prospères au monde alors qu'à leur accès à l'indépendance, il s'agissait d'un petit pays très pauvre et ne disposant d'aucune ressource( même l'eau potable était importée).Son modèle que d'aucuns qualifient de despotisme éclairé ont inspiré bon nombre de pays asiatiques y compris la Chine, qui ont également connu des développements économiques accélérés. C'est justement ce Lee Kuan Yew que Paul Kagamé a pris pour modèle.

Les circonstances du Singapour etaient differentes de celles du Rwanda. Le dernier, apres le genocide a beneficie de la sympathie des occidentaux qui se sont sentis un peu coupable de n'avoir pas pu intervener efficacement pour arreter la tragedie. Donc le petit Rwanda, qui n'a aucune resource naturelle, a pu beneficie d'un assistance financiere au developpement provenant de partout essentiellement de l'occident. Ce n'est pas un miracle que Kagame a produit en tant que tel, mais il a bien gere ce qui venait comme aide. Le jour ou les fonds se feront rare, la dictature eclairee s'assombrira et le peuple lui se reveillera pour reclamer la liberte et la vraie democratie.
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0 #8 A.O.T. Diallo 01-06-2016 18:45

C'est vrai que Kagame est un vrai Jeckyl et Hyde dans le microcosme dictatorial africain avec de gros plus et moins.
- Neanmoins puisque nous voulons en tirer des conclusions pour notre pays et au vu de notre besoin urgent de définir comment nous sortir de notre chaos, je suis de plus en plus convaincu que nous aurons besoin d'un dictateur éclairé pour éliminer la mafia qui gère actuellement le pays.
- Je ne vois pas d'autres options car aucun politicien guinéen actuel ne rêve d'autre chose que de "pousse toi pour que je m'y mette et ensuite c'est mon tour a la mangeoire".
- Bon bien sur il faut que "courte maladie" l'emporte ensuite le plus vite possible après la fin du nettoyage mais pour cela rien a craindre, même Satan Toure a rejoint l'enfer sans rien pouvoir y changer pour une fois.
- Finalement la question pour moi est : est-ce que le Rwanda fera les éloges de Kagame dans 50 ans comme Lee Kwan Yeu a Singapour ?
Si la réponse est OUI vu l'admiration qu'il suscite aujourd'hui chez lui, alors cela aura valu le coup.
Mais le dictateur incompétent, bête et méchant ça NON MERCI et TOUT DE SUITE...
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+3 #7 Gandhi 01-06-2016 18:43

Si un dictateur éclairé vaut mieux qu'un dictateur aigri, il suffit de permettre aux premiers de pouvoir se représenter indéfiniment à l'occasion d'élections crédibles et transparentes.
Malgré le respect que j'ai pour le travail de Kagamé (et de Lee Kwan Yew), personne n'est indispensable.
Ceci dit le Rwanda est vraiment un mauvais exemple au vu de son histoire récente... et il est difficile d'avoir des idées aussi affirmées lorsqu'on n'a pas été victime d'un génocide.
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+2 #6 Ibrama 01-06-2016 17:59

L'Afrique a eu plus de dictateurs-dans le veritable sens du mot que n'importe quel autre continent. Le resultat NOUS le connaissons, parce que nous vivons toujours dans le continent le plus sous developpe du monde. Meme le Gambien Yahya Jammeh dit qu'il est un "dictateur du developpement", son miniscule pays souffre de sa folie. Sekou Toure, un autre fou disait que le systeme democratique Guineen etait mieux que celui de la France, La Guinee continue de recolter les peaux cassees. L'Afrique aime trop imiter les autres malgres les grandes differences qui existent entre les peuples et les nations. Si nous Trouvons des solutions Africaines aux problemes Africains,nous n'aurons pas besoin de dictateurs eclaires ou non, nous aurons ce qui est juste et bon pour nous.
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+2 #5 shams deen 01-06-2016 15:29

Une dictature a la kagame est mieux qu'une démocratie brouillone.
Moi en tout cas je l'aime bien
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+2 #4 M. Sacko 01-06-2016 01:35

Certes il faut saluer les efforts enormes de Paul Kagame pour l'emergence economique du Rwanda et pour pouvoir faire de ce petit pays enclave de l'afrique un modele economique dans le continent, et il faut aussi surtout sa politique de zero tolerance contre la corruption. Un continent ou le pouvoir est vu comme un butin, une rancon, et toutes les methodes sont utilisees pour garder ce privilege y comprises la destruction du tissu social de la nation. Parceque la presidence dans le continent est une veritable manne financiere pour les mafieux au pouvoir et tant pis pour la masse populaire.
Mais politiquement, ce regime autocratique est moins souhaitable dans le continent. Le pouvoir de Kigali n'accepte pas la contradiction et toute opposition serieuse au regime est violemment reprimee. Les dissidents au regime sont asphyxies a mort dans les hotels a l'exterieur par les services secrets du regime. Bref un regime autocratique violent et assassin.
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+3 #3 Abdoul 31-05-2016 20:56

être dictateur mais responsable est une chose, mais être dictateur mechant, haineux, tribaliste en est une autre
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-1 #2 Diallo Abdoullah 31-05-2016 17:33

Les dragons asiatiques tels Singapour, Malaisie etc ont depuis longtemps démontré que la démocratie n'est pas une condition sine qua non du développement économique d'un pays. L'ancien premier ministre singapourien Lee Kuan Yew allait même jusqu'à considérer que la démocratie peut être un obstacle à une gouvernance efficace et donc au développement de certains pays dits du tiers monde. Il a dirigé de façon autoritaire son pays pendant plus de 30 ans et en a fait l'un des plus prospères au monde alors qu'à leur accès à l'indépendance, il s'agissait d'un petit pays très pauvre et ne disposant d'aucune ressource( même l'eau potable était importée).Son modèle que d'aucuns qualifient de despotisme éclairé ont inspiré bon nombre de pays asiatiques y compris la Chine, qui ont également connu des développements économiques accélérés. C'est justement ce Lee Kuan Yew que Paul Kagamé a pris pour modèle.
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+9 #1 Ousmane Ottawa 31-05-2016 16:24

Étre un dictateur éclairé, c'est aussi savoir quitter le pouvoir en organisant une alternance democratique et apaisée. Que Kagamé ait brillamment permis au Rwanda de se reconstruire est indeniable. Mais qu'il soit president à vie serait le pire exemple qu'il aura donné aux Rwandais et Africains qui semblent tant l'admirer.
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