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Arrêtez le massacre !...

Moamed Sampil  Jeudi, 20 Octobre 2011 15:42

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SAMPIL_Mohamed_01Nos chefs ne font pas que tirer sur les opposants qui, pourtant, manifestent conformément à nos lois et notre constitution. Tenez, en moins d'un trimestre nous avons eu droit à la fixation des tarifs hospitaliers par ce fameux Ministre de la Santé ou plutôt cet expert en licenciement de cadres soussous et peuls à défaut de les embastiller, à la rentrée scolaire difficile pour les ménages guinéens et depuis 3 jours à l'augmentation du prix du carburant qui passe de 7.500 à 9.500 FG.

Seuls les salaires de nos travailleurs restent bloqués depuis des lustres. Or tout gouvernement normalement constitué se doit de faire de la problématique des rémunérations, la priorité de ses priorités.

En effet comment lutter contre la corruption si les salaires sont dérisoires et la vie chère ? Le salaire net mensuel moyen d'un travailleur guinéen oscille entre 300 et 500.000FG (et je suis généreux). Le prix du sac de riz importé est d'environ 200 à 250.000 FG. Combien lui reste-t-il pour le loyer, les vêtements, les fournitures scolaires, etc., pour faire vivre sa famille, sachant que chez nous tout ménage est composé d’une dizaine de personnes environ, bien loin de la famille dite nucléaire comme en Europe ?

Ces augmentations décidées sans aucune mesure d'accompagnement démontrent l'amateurisme de nos chefs et leur incapacité à satisfaire les besoins les plus élémentaires de nos populations.

Décidément à défaut de la casse, nos ministres et autres cadres en bois sont bons pour la fourrière.

Le comble, c'est le silence assourdissant de nos syndicats qui, au lieu de réclamer par des grèves ou des manifestations pacifiques des états généraux sur les salaires se battent comme des chiffonniers pour savoir qui de M. Touré ou de M. Diallo est le vrai chef de la CNTG. A ce propos, vous remarquerez que le RPG veut être à la tête de toutes nos institutions. Et dire que les syndicats ont pour seul but, la défense des intérêts des travailleurs et non d'un parti politique à fortiori d’un gouvernement. Des élections ont eu lieu et M. Diallo a été élu président de la CNTG "à la régulière", nous dit-on, voire même reconnu par le BIT. Qu'attend donc le pouvoir pour mettre fin à cette chienlit, comme disait le Général de Gaulle ?

Quelques propositions pour soulager nos travailleurs :

Instituer une allocation de rentrée scolaire pour tous les enfants scolarisés sur l'ensemble du territoire et ce, du primaire à l'université, financée par les impôts et taxes mais soumise à condition de ressources. Je ne m'étendrai pas longuement sur l'aspect technique de liquidation de cette prestation mais par contre pour y avoir droit le ménage bénéficiaire ne doit pas dépasser un certain plafond de ressources fixé par le législateur (à quand les législatives ?) et calculé en fonction d'un quotient dit familial.

EXEMPLE : Une famille X composée de M., Mme et 3 enfants, tous scolarisés. M. est salarié des Grands Moulins de Conakry et perçoit un salaire net de 430.000 Fg. Mme est mère au foyer et ne dispose d'aucun revenu. Le ménage est locataire et paye un loyer de 180.000 Fg. Leur quotient familial sera de 430.000 (revenus du ménage) - 180.000 (loyer) : 5 (nombre de personnes vivant au foyer) = 50.000.

Des bourses d'études (déjà existantes mais parfois à mauvais escient) : Le quotient familial permet en outre, l'octroi des bourses d'études pour les étudiants tant de l'intérieur que de l'extérieur et permet l'attribution au prorata inverse des revenus de la famille voire même l'exclusion pour les familles "riches" au profit des ménages économiquement faibles. Priorité absolue aux pauvres.

Des primes de transport pour les élèves à défaut de bus de transport scolaires avec une participation financière symbolique des parents d'élèves, mais gratuits pour les orphelins ou des enfants issus de familles "nombreuses".

Ceci pour dire que le social n'est pas de la mamaya et ne s'improvise pas. Il doit être inclus dans un programme de gouvernement élaboré en concertation avec l'ensemble des partenaires sociaux. Enfin selon un adage, gouverner c'est prévoir... Rien ne sert de prendre des décisions dans des cabinets ministériels sans une vaste concertation des acteurs sociaux. Souvenez-vous du rôle parfois décrié des technocrates en France par exemple. A quoi sert d'ailleurs notre Conseil Economique et Social, chargé de "conseiller" comme son nom l'indique le gouvernement.

Nous avons du pain sur la planche...

A bientôt et merci de m'avoir prêté votre attention. A la semaine prochaine, si Dieu le veut.


Mohamed Sampil 


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