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La liberté de la presse : un combat permanent

Amadou Saikou Diallo  Mercredi, 04 Mai 2016 17:59

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À l'heure où l'UNESCO, les Nations Unies, les associations professionnelles des médias, ainsi que le monde du journalisme à l'échelle internationale fêtent la Journée mondiale de la liberté de la presse, les journalistes et les autres professionnels des médias peuvent se féliciter des progrès accomplis dans la défense de ce droit de l'homme fondamental, pierre angulaire de toute société démocratique. Pourtant, un examen plus approfondi de ces droits révèle qu'il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Même si l'on célèbre depuis 1993 la Journée mondiale de la liberté de la presse, celle-ci s'enracine encore plus loin dans l'histoire des Nations Unies. En effet, il est stipulé, dans l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 que : « Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.

Petit rappel... : la Journée mondiale de la liberté de presse a été instaurée par l'Assemblée générale des Nations Unies en Décembre 1993 après la tenue du Séminaire pour le développement d'une presse africaine indépendante et pluraliste. 

Ce séminaire s'est déroulé à Windhoek (Namibie), en 1991, et a conduit à l'adoption de la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralists. La Déclaration de Windhoek exigeait l'établissement, le maintien et la promotion d'une presse pluraliste, libre et indépendante et mettait l'accent sur l'importance d'une presse libre pour le développement et la préservation de la démocratie au sein d'un État, ainsi que pour le développement économique. La Journée mondiale de la liberté de presse est célébrée le 3 Mai de chaque année, date à laquelle la Déclaration de Windhoek a été adoptée.

Aujourd'hui, dans le monde entier, le 3 Mai est devenu l'occasion d'informer le public à propos des violations du droit à la liberté d'expression et le moment de se rappeler que plusieurs journalistes risquent la mort ou la prison en transmettant la nouvelle aux gens. 

Et c'est pourquoi cette journee du 3 mai doit être :

La liberté d'expression et son corollaire, la liberté de la presse, sont devenues un fondement indispensable des sociétés démocratiques. Dans certains pays développés, ce principe est tellement naturel que la Journée mondiale de la liberté de la presse passe quasiment inaperçue. Cependant, dans nombre de pays moins bien lotis, où la liberté de la presse est au mieux fragile et au pire inexistante, le 3 Mai donne aux journalistes et aux citoyens l'occasion de s'exprimer pleinement et librement.

Pour que l'on puisse parler de liberté de la presse, il faut qu'il y ait des médias pluralistes et des journalistes indépendants, mais, comme le soulignent souvent les journalistes eux-mêmes et comme l'a rappelé un éditorial du Washington Post (International Herald Tribune), "Le fait d'être indépendant est dangereux dans de nombreux endroits du monde". Et le danger ne vient pas seulement des gouvernements et des pouvoirs publics. Les conflits armés, la violence politique, de certains hommes d’affaires forts de leurs liens avec certains prédateurs en Afrique et, de plus en plus, la criminalité sont eux aussi responsables de la violence à l'encontre des medias.

Dans le cas guinéen, nous avons assisté à  une montée exponentielle des organes de presse privée écrite, audio et en ligne, qui ont eu un apport extraordinaire dans l’évolution de notre pays durant ces dernieres années.

Mais des menaces, intimidations, tortures, coups et blessures, disparition et assassinat de journalistes sont devenus récurrents, les cas de Chérif Diallo (Espace TV), Mohamed Koula Diallo (Guinee7.com), Mr Tatakourou sont édifiants. C’est l’occasion ici pour moi de leur rendre un hommage mérité pour ce combat, et aussi leur dire que ce combat  doit  être permanent.

Dans un rapport sur la liberté de la presse dans le monde, Reporters sans frontières (RSF) estime que les médias sont dans une situation "critique" dans 28 pays au moins et dans une situation "difficile" dans 65 autres. D'après cette ONG, la moitié seulement des gouvernements de la planète accordent à leur peuple un degré de liberté de la presse pouvant être qualifié de "correct".

Plus de la moitié de la population du monde ne connaît pas la liberté de la presse. La liberté de la presse est considérée comme une pierre angulaire des droits de la personne et comme une assurance que les autres droits seront respectés. Elle favorise la transparence et une bonne gouvernance et représente pour la société, la garantie que régnera une véritable justice. La liberté de la presse est le pont qui relie la compréhension et le savoir. Elle est essentielle à l'échange d'idées entre les nations et les cultures, qui est lui-même une condition menant à une compréhension et à une coopération durables.

Ensemble luttons pour que la liberté de la presse soit effective partout au monde.

Joyeux anniversaire, vive la presse libre et indépendante.


Amadou S Diallo
Washington DC



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