La Guinée, l'éloge de la délinquance à tous les niveaux de la gouvernance !

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DIALLO_Ousmane_UFDG_3_01La déclaration de biens est une pratique devenue courante dans les démocraties, notamment en Afrique. En ce sens qu’elle constitue, une sorte de garantie, en tout cas un moyen de vérification pouvant contribuer à la bonne gouvernance. Et parmi toutes les déclarations, celles faites par les membres de l’Exécutif sont les plus requises. D’autant plus que c’est à ce niveau que les finances publiques sont gérées, et par conséquent susceptibles d’être détournées.

Seulement, dans notre pays, en dépit du changement annoncé, aucune des personnalités concernées n’a daigné se soumettre à cette règle pourtant consacrée par le législateur. Le délai fixé par le président de la Cour constitutionnelle, on ne sait sur quelle base juridique, aux acteurs visés par l'article 36 à cet effet a expiré depuis le 14 février 2016.

En tout cas à ce jour, l’écrasante majorité d’entre eux ne s’est pas encore livrée à cet exercice pourtant, à priori pas trop complexe. Surtout qu’il n’a été demandé à personne de déclarer ce qu’il ne possède pas. Au pire des cas, c’est même la Cour constitutionnelle qui ne semble plus pressé de rappeler à l'ordre les cadres « indélicats Â». Ou à défaut, publier la liste de ceux qui ne s’acquitteraient pas de cette obligation constitutionnelle.

Selon une annonce faite par la Cour constitutionnelle, Alpha Condé se serait plié à ce devoir au début de son dernier mandat. Une annonce dont la confirmation reste attendue, tant que sa publication n’apparaît pas dans le Journal officiel.

Qu’à cela ne tienne, au cas où on pouvait faire confiance à cette institution, l’on est en droit de se poser la question de savoir si le président de la République n’a pas suffisamment d'autorité pour exiger de ses ministres ce que lui-même aurait fait. On peut également se demander comment Alpha Condé peut-il continuer à garder dans son gouvernement des ministres irrespectueux de la loi ?

Par ailleurs, qu’en est-il de notre super ministre de la Justice ? S'est-il acquitté de cette injonction de la constitution? Sinon, qu’est-ce que le président du RPG Arc-en-ciel attend pour se séparer de ceux qui, dans son propre régime prouvent à suffisance que la loi n’est faite que contre les autres.

En tous les cas, l’exercice dont il ‘agit, est une loi votée à l’Assemblée nationale qui assujettit les personnes concernées à cette déclaration. Du coup, celui qui ne déclare pas ses biens dans la foulée de sa prise de fonction, transgresse une loi de la République. Et les députés devraient boycotter tous ceux qui refusent de se plier à la loi, donnant ainsi à la Guinée l'image d'un pays de délinquants. Le président de l'Assemblée nationale lui-même devrait renoncer à présider les séances du Parlement aussi longtemps qu'il ne se conformerait pas à la loi.

Dans le cas contraire, le refus généralisé des responsables de l’Exécutif, du Parlement et des autres institutions de faire leurs déclarations de biens ne peut être que l’illustration parfaite du laisser-aller qui gangrène la Guinée sous la « Condécratie Â». Et tous ceux, président de la République, premier ministre, ministres... qui se jouent de la constitution en refusant de déclarer leurs biens s’enrichissent par voie du détournement et de la corruption avant la fin de leur mandat. Et ça, les populations doivent le savoir !

Quant aux députés, pour des intérêts partisans et égoïstes, ils agissent contrairement à leur propre règlement intérieur. Et la Cour constitutionnelle elle, fuit sa responsabilité face à une élection truffée de fraude.

Profitant d’un tel contexte, la CENI, par la magie de la magouille et de la fraude, installe durablement notre pays dans les mains, des hors la loi, sachant que l’impunité lui est garantie, tant qu’elle cautionne l’illégitime longévité d’Alpha Condé au pouvoir.

Maintenant que l’action judiciaire ne s'enclenche pas, que l'incivisme c'est imposé, que la corruption et autre prévarication des biens publics ne choquent plus personne, comment faire pour surmonter cet extrême dysfonctionnement de nos institutions et de la démission généralisée de nos élites ? Que faire dans de telles conditions? Comment inverser la courbe des valeurs de notre société en insufflant une forte dose de morale, de bonne gouvernance, de civisme et de respect de la loi ?


Ousmane Gaoual
Député à l'Assemblée nationale


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Commentaires  

 
+1 #7 Savané 14-04-2016 19:35

SOS !
De l'indépendance à nos jours, la Guinée a expérimenté plusieurs systèmes politiques dotés d'Assemblée Nationale ( PDG-RDA, PUP et Cie et RPG-Arc-en Ciel et compagnie ).
Questions : quelles sont la définition adéquate pour nos députés actuels et leurs prérogatives ?
Est-ce que le mandat de nos députés est lié à des obligations de résultats ? si oui, alors comment et lesquelles ?
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0 #6 Amara Lamine Bangoura 14-04-2016 00:46

A mon sens,si la declaration obligatoire des biens des hauts cadres de l'etat est une disposition salutaire,la cour des comptes,l'institution en charge de mener cette noble mission etant dirigee par un element du inner circle d'AC,ancien ministre de l'economie et des finances de surcroit,n'inspire aucune confiance a nos concitoyens.Peut on etre juge et partie?Si l'AN etait soucieuse de l'independance,et partant de la credibilite des institutions republicaines,elle aurait sans outre mesure recusee la nomination de cette marionette au service de son maître,le nouveau empereur des mines.Bien a tous!ALB-AL-USA.
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+2 #5 Gandhi 13-04-2016 22:29

Il faut contester ces violations à Abuja, c'est pourtant simple.
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+3 #4 amadudialamba 13-04-2016 18:26

S’attendre à une déclaration sincère de biens par nos nouveaux promus ou par nos nouveaux élus me semble utopique. Est-ce qu’un voleur vous dira combien il a volé, comment et a quel endroit il a placé son butin ? Par exemple, Alpha ne dira jamais aux guinéens où sont placés les fonds qui avaient échappés à la douane sénégalaise, encore moins ceux de Rio T. et autres. Plus déconcertant, c’est lorsque j’entends constamment parler du respect de la loi en Guinée sous ce régime. Aujourd’hui il n’est de secret pour personne et depuis très longtemps d’ailleurs, surtout à partir de 2010, aucune de nos autorités ne respecte scrupuleusement la loi. Chacun agit selon l’ordre reçu de son ou de ses supérieurs. Ils n’obéissent jamais la loi de la République. D’ailleurs chez nos responsables, les ordres ont toujours mieux pesés contre la loi. Le constat réel est qu’actuellement la loi n’est faite que pour ceux qui sont contre la mauvaise gouvernance. Si vous êtes du camp de la mouvance, vous n’avez rien à craindre. Les services ‘’disciplinaires’’ comme les deux cours, la justice, la gendarmerie, la police, l’armée (tous au service exclusifs du pouvoir), ne sévissent que contre les rivaux politiques de leur patron. C’est pourquoi je suis en train de me moquer du bruit inutile sur la récente affaire du Maire de l’UFDG a Mamou. Pour 17 millions c’est toute la presse guinéenne qui s’affole. Pendant ce même moment, un mois ne s’écoule pas sans que nous n’apprenions ici et là du détournement de plusieurs milliards par des départements ou par d’autres services. Mais les auteurs, puisque membre de la mouvance ne sont jamais inquiétés, a plus forte raison sanctionnés. Nous assistons aussi souvent à des assassinats d’innocents par des ‘’soi-disant inconnus’’. Mais les institutions en charge ne se préoccupent que rarement. Les enquêtes qui ne sont ouvertes que pour la forme se referment très vite si ce n’est le même jour. Curieusement là-aussi, les assassins qu’on ne retrouve jamais ne visent que des opposants. Alors pour le moment, sous l’actuelle Monarchie, je ne conseillerais personne d’espérer même pour une minute un début de légalité en Guinée.
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+5 #3 Kot o Saliou Diallo 12-04-2016 22:23

C'est très très décevant la demande de nos Députés de salon(pacotilles)qui réclament des passeports Diplomatiques pour toutes leurs familles et enfants,au lieu de soumettre et faire adopter des projets des lois pour soulager les multiples souffrances de ce bas peuple de Guinée meurtri,et qui tire le diable par la queue pour survivre.
Demande des passeports Diplomatiques pour faire du commerce international uniquement,comme si le passeport de service ne suffit plus.Le peuple de Guinée doit s'opposer à cette requête bidon.
Quelle honte à ces Députés qui ne foutent rien depuis 2013;ils ne pensent qu'à eux seuls et rien d'autres.Malgré tous les privilèges et avantages qu'ils ont actuellement.
Une COALITION des Vrais intellectuels patriotes guinéens avec l'appui des jeunes s'impose pour sauver ce pays de toutes ces dérives avant que cela ne soit trop tard.
C'est vraiment énervant et révoltant,ce genre d'attitude...
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+3 #2 Celloumbah 12-04-2016 21:14

Les de-putés guinéens sont à l'image du pouvoir du dictateur AC, ces malhonnêtes n'ont même pas honte de demander des avantages et autres droits (lire l'article sur GUINEENEWS.COM= les dé-putés Guinéens exigent des avantages et autres droits pour eux et leurs familles= tampis pour le peuple qui les a élus) sur une population cramé par AC et les salauds qui l'entourent, j'ai mal pour la Guinée et les Guinéens qui y vivent dans ce pays.
Toutes les institutions (aucune ne fait exception) du pays sont pourries , on entend que des détournements de fonds par ci par là ou des guerres d’ego.
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+12 #1 MSB 11-04-2016 01:37

" ...comment faire pour surmonter cet extreme dysfonctionnement de nos institutions et la demission generalisee de nos elites ? Comment inverser la courbe des valeurs de notre societe en insufflant une forte dose de morale , de bonne gouvernance , de civisme et de respect de la loi ? "
Mignan , C'EST POUR REPONDRE , JUSTEMENT , A CES QUESTIONS QUE VOUS ETES ELU !
Au BOULOT HONNORABLE !
Best Regards !
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