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Une immense déception
Alpha Saliou Wann Dimanche, 21 Février 2016 03:02
Je partage en ce moment l’immense déception de nos compatriotes face au reniement des syndicalistes.
J’écris ces lignes avec beaucoup d’amertume et une profonde tristesse m’envahit en ce moment lorsque je pense aux sacrifices douloureux des Guinéens qui se sont battus depuis les années 1990 pour obtenir la démocratie, l’Etat de droit et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Dans le feu de l’action entre 1990 et 1993, je ne pouvais jamais imaginer que 25 ans après notre pays serait encore au point de départ, voire aurait régressé, jamais je ne l’aurais cru. Aujourd’hui, ce sont quelques survivants parmi les principaux acteurs de ces luttes qui sont les responsables de notre faillite économique, sociale et morale. Ils ont décrédibilisé la parole publique.
C’est pourquoi je considère Alpha Condé comme un traitre à la cause des vrais combattants de la liberté, de tous ceux qui se sont battus au sacrifice de leur vie pour une Afrique nouvelle depuis les temps glorieux de la FEANF jusqu’à aujourd’hui. Il a perdu toute légitimité à nos yeux. Il peut rester au pouvoir par la force des baïonnettes comme tous les dictateurs africains qui se maintiennent au pouvoir par des élections truquées pour faire bonne figure, mais il ne pourra plus se draper dans son habit d’opposant historique qui s’est battu pour la démocratie. Les masques sont tombés depuis longtemps, il n’a été qu’un entrepreneur politique qui a trompé ses propres militants avec le discours qui prône la démocratie afin de susciter leur adhésion.
Pour revenir aux syndicalistes, je me demande comment ont-ils osé nous faire ça. Je n’avais pas confiance en eux, mais je croyais que poussés par leur base et les guinéens, ils ne pouvaient pas en arriver là . Quelle trahison !
Les 12 points de revendications qu’ils ont obtenus ‒ encore des promesses du gouvernement ‒ sur 13 points ne sont favorables qu’aux fonctionnaires, alors que la baisse du prix du carburant concerne toutes les entreprises et tous les Guinéens (à part les dirigeants qui ont des bons de carburant gratuitement) et c’est pour ce point qu’ils se sont mobilisés pour ne pas continuer à souffrir et à être écrasés par les nouvelles taxes fiscales.
J’ai une pensée émue pour Dr Ibrahima Fofana à qui je rends hommage ici, un combattant infatigable qui avait à cœur de faire gagner ses mandants. Nous étions à ses côtés pour mener ces grands combats sociaux et politiques, de 1990 à sa mort en 2010. Dr Fofana est mort avec le mouvement social en Guinée. Les faits l’ont prouvé, les renoncements et autres manquements des leaders syndicaux et de la société civile nous le confirment.
Dr Ibrahima Fofana qui avait un très haut niveau technique et des convictions fortes n’allait jamais avaler les sornettes du gouvernement.
Fofana n’allait jamais se présenter devant le peuple de Guinée fortement mobilisé pour cette grève et lui annoncer qu’il n’a pas obtenu même 1 franc de réduction du prix du carburant. Honte à vous leaders syndicaux !
Je crois maintenant à cette histoire de distribution par un homme d’affaire proche du pouvoir de 4 millions de dollars aux leaders syndicaux pour que le prix du carburant soit maintenu à 8.000 francs. Elle est vraisemblable, sinon je ne vois pas par quel miracle, ils ont pu affronter effrontément leur base pour annoncer la fin de la grève sans avoir obtenu gain de cause sur leur revendication phare.
Face aux cris de désapprobation de la base, leur porte-parole dit ceci : « Si nous ne le faisons pas, ceux qui sont en train de crier ne connaissent pas la gravité, car demain, on ne pourra plus payer nos travailleurs ». Quel argument fallacieux pour faire peur aux Guinéens. Dans la loi de finance initiale de 2016, les dépenses de salaires et traitement se chiffrent à 3.273 milliards de francs pour des recettes intérieures de 11.212 milliards de francs, ce qui veut dire que dans le pire scénario de baisse massive des recettes, la part des salaires des fonctionnaires sera toujours couverte.
Les dirigeants guinéens ne font que défendre bec et ongles leur train de vie, la préservation de leurs immenses débouchés de richesses. Il faut remarquer qu’aux pires années d’Ebola en 2014 et 2015, ils ont maintenu, voire augmenté le niveau des investissements publics, le train de vie de l’Etat et autres subventions. Pour capter nos ressources publiques, ils ont créé des sociétés écrans, signé des contrats de gré à gré pour leurs hommes d’affaires qui ont procédé à des rétro commissions en leur faveur, pour financer les campagnes électorales et autres corruption d’opposants politiques.
Le gouvernement nous avance le chiffon rouge FMI, pour nous dire que notre sacrifice est nécessaire pour obtenir son programme. A quoi nous ont servi le PPTE et tous ses programmes formels avec le FMI ? A rien du tout sauf de nouvelles dettes que les dirigeants se partagent et qu’ils nous somment de rembourser d’année en année.
Je le redis depuis 2011, chaque année, l’Etat guinéen finance ses déficits budgétaires qui se chiffrent en milliers de milliards de francs par endettement bancaire pour des dépenses improductives et enrichir ses clans voraces au travers de ces marchés d’investissements publics. Conséquence immédiate, les banques guinéennes ne financent plus l’économie réelle, c’est pourquoi le secteur privé créateur de richesses et d’emplois dans le pays est asphyxié faute de financements. Les banques se contentent de financer les déficits de l’Etat qui est une activité juteuse pour elles et sans risque tant que nous continuons à payer nos impôts et taxes.
Le gouvernement ne passe pas par quatre chemins, il ne réfléchit pas, il se limite à surtaxer les marchandises à l’importation à leur entrée à la douane et surtaxer le carburant pour atteindre ses objectifs de recettes. Avec facilité, pas question de réformer les administrations financières, ni de proposer une politique économique globale de développement.
Depuis le début de la baisse continue et brutale du prix du baril de pétrole en juin 2014, les recettes de l’Etat ne font qu’augmenter sur les ventes de carburant. Ainsi, réduire le prix pour les consommateurs que nous sommes, n’est qu’une sorte de rééquilibrage à notre profit cette fois-ci de cette manne.
Toutefois, pour le pouvoir d’Alpha Condé, c’est une victoire à la Pyrrhus. Il n’y aura pas de relance économique. La majorité des PME locales sont en faillite et les entreprises qui tiennent encore debout sont en difficultés en raison de la faiblesse de la consommation des ménages guinéens appauvris par la mal gouvernance du gouvernement. Notre économie est sortie exsangue de 5 ans de tâtonnements, de mauvais choix économiques et des conséquences des violences politiques et d’Ebola.
Rien n’est prévu dans ce budget 2016 pour encourager l’essor du secteur privé et cette dégringolade du franc guinéen par rapport au dollar et à l’euro ne sont pas de nature à stimuler la consommation des Guinéens qui seront étranglés par les taxes et l’envolée des prix des marchandises qui sont toutes importées.
La confiance est rompue avec les Guinéens. Pour eux Alpha Condé est méchant, égoïste, sans pitié pour leurs souffrances, et les leaders syndicaux sont des corrompus, des traitres à la solde du pouvoir.
C’est une immense déception pour les Guinéens tous bords politiques confondus, dans la mesure où cette grève a été respectée sur l’ensemble du territoire. Il s’agissait pour eux de défendre leur pouvoir d’achat.
Face à la démission des élites dirigeantes de notre pays, il ne faut pas que celles et ceux qui se battent sincèrement, se découragent, il faut continuer le combat car nous sommes un pays dont l’existence va au-delà de nos propres vies.
Ils veulent nous dégouter pour qu’on baisse les bras et qu’ils puissent continuer tranquillement à nous sucer jusqu’à la moelle épinière.
Restons debout et cherchons d’autres formes d’organisations pour peser sur l’échiquier politique et social de notre pays.
Il nous faut du don de soi, de la générosité, du désintéressement pour parvenir au changement souhaité. Voyez-vous les leaders syndicaux n’ont pensé qu’à leurs propres intérêts qu’ils partagent avec les caciques du pouvoir et chaque revendication sociale est une occasion pour eux pour gagner leur part du festin organisé par le pouvoir.
Même le gouvernement autoritaire chinois est obligé de se battre sur le plan économique pour contenir les pressions sociales des Chinois qui voient leur niveau de vie augmenter rapidement car ils ont conscience que plusieurs dynasties impériales chinoises sont tombées sous les coups de boutoir de violentes révoltes paysannes.
Les pouvoirs ne craignent que ces révoltes populaires et nous devons utiliser cette menace pour obliger nos dirigeants à s’occuper correctement de nos affaires. Et de nos intérêts.
Les Guinéens ont pensé que les syndicats jugés neutres politiquement et dont le rôle est la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs, étaient les mieux placés pour exprimer leur demande sociale, pour faire pression sur le pouvoir.
Mais ne nous y trompons pas, les syndicalistes guinéens sont passés maitres dans l’art de nous abandonner en rase campagne. Sans la pression d’autres forces sociales, notamment les jeunes, ils ne nous serviront que ce spectacle honteux. Sans la détermination et le courage de la jeunesse guinéenne, il n’y aurait pas eu janvier-février 2007 et leur espérance a été assassinée sur l’autel des intérêts sordides des élites chargées de les représenter.
Nous devons réinventer d’autres formes de lutte et nous assurer que celles et ceux qui portent nos espoirs ne trahissent pas.
Alpha Saliou Wann
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Commentaires
Ensuite c'est:l'aumône au lieu de l'aumôme.Merci de votre appréciation.
Ce qui me rappel les années 1982,lors de la crise économique mondiale avec les mesures dracotiennes de la FMI,BM,etc.pour redresser les finances des pays dit en voie de développement;particulièrement la Côte d'Ivoire pour ne citer que ce pays pour l'Afrique de l'Ouest.Bref,après 2 guerres civiles,ce dernier a dit merde à la FMI par sa propre stratégie d'autonomie.
Enfin,Banque Mondiale,FMI,UE,etc.ne donnent pas cadeaux à la Guinée;c'est juste une mesure de redressement structurelle/temporaire qui ne finie plus en Guinée depuis 1986.Car,il faut tout le temps redresser ce qui est tordu et sans redressement fiable à long terme.Notre déficit économique ira en augmentant d'ici 2035 en tenant compte du ralentissement économique sur le plan mondial.Et en plus,on donne le dossier de l'AUDIT(cour des comptes) à celui qui était aux finances publics.Enfin,aucun aspect de relance de la croissance économique n'est en vu,malgré les taux de l'emprunt étant très bas sur le plan mondial.La Guinée continue de s'endetter et on vie de la charité ou de l'aumôme.Un remède de cheval s'impose à la Guinée.Point.
http://www.guineepresse.info/index.php?id=14,16144,0,0,1,0
LA GUINÉE: un système symbole de malédiction.
2015-08-14 08:02:59
Le président de Guinée affirme qu'il a hérité d'un pays mais pas d'un ÉTAT.
Curieusement depuis 5 ans qu'il assure la direction du pays, il n'arrive pas à créer un ÉTAT, pourquoi ?
Parce qu'en Guinée le pays est géré depuis 1964 (date de la loi cadre) par un système qui est plus fort que l'ETAT.
Le système recycle les mêmes personnes, les mêmes pratiques, sous toutes les républiques.
Le système n'a pas de règles et ignore les procédures.
Le système abhorre la compétition car les tenants du système ne peuvent réussir ou accéder aux sommets des pyramides que par faveur ou cooptation, souvent sur des bases irrationnelles, affectives et injustes. Les règles de promotions du système étant le passe-droit et la procédure de fonctionnement étant le viol de la loi lorsque celle ci existe ou l'abaissement des organes de l'Etat qui sont informels.
Le territoire et les collectivités sont gérés quasiment par des analphabètes, des miliciens ou des spécialistes de mobilisations de masse, des danseurs de doundoumba, de yankadi ou de djoumba. C'est à ce folklore que se résume le rôle essentiel de gestion des populations en Guinée.
La sécurité est privatisée, du chef de quartier au chef de l'Eat, toute personne intégrée au système peut s'octroyer une escorte et louer les services de la garde présidentielle pour s'affranchir du code de la route, quand ce ne sont pas des instruments de trafic d'influences. La sécurité routière étant la première de la sécurité publique, la circulation dans le pays illustre bien cette situation de désordre et d'insécurité.
Dans tous les pays, la justice est définie comme une vertu, en Guinée la vertu du magistrat est défini par le système qui veut que ceux qui volent violent et pillent le pays continuent à évoluer dans l'impunité et que ne partent en prison ou ne sont sanctionnés que ceux qui se hasardent à vouloir faire respecter des règles et procédures de gestions: ces derniers sont traités au mieux de maudits et au pire de fous donc des marginaux à liquider pour permettre à la machine du système de fonctionner.
La cour des comptes a pour vocation de faire l'audit des politiques publiques avant le contrôle à posteriori des comptes publiques. La Guinée n'en dispose pas parce que le système ne permet pas sa mise en place. Et lorsque par extraordinaire elle est instituée sur instruction de la communauté internationale, le système anesthésie l'organe en y postant un homme sans valeur pour servir de faire valoir.
Les fonctions régaliennes de l'Etat sont privatisées par le système.
L'éducation, la santé et la sécurité sociale sont des secteurs lucratifs pour les tenants qui pillent le trésor par arrangements et combines interposés.
La GUINÉE, un système maudit pour des populations victimes de malédictions !
Comment y remédier ?
Ce système repose sur une seule institution, la seule dont on a voulu l'existence et qui symbolise l'arbre du système : c'est la présidence de la république avec le président comme tronc de l'arbre. Il symbolise le pouvoir, l'autorité suprême dont les attributs ne sont ni délégués, ni déconcentrés ni décentralisés.
Pour que le système disparaisse au profit d'un État, il faut un homme d'Etat et c'est quoi un homme d'Etat, voici ce qu'en pense l'un des hommes bâtisseur de l'un des Etats les plus performants au monde: LEE KUAN YEW fondateur de l'ETAT de SINGAPOUR:
"Un homme politique veut juste faire sa publicité et se faire élire. Il se satisfait d'être là . Un dirigeant a une mission. Il veut le pouvoir en vue d'accomplir des choses. Un homme d'Etat est quelqu'un qui non seulement a cherché à se faire élire, pour accomplir une mission, mais qui est aussi capable de passer le relais à un successeur compétent. Telle est ma conception."
Chacun s'y reconnaîtra et je souhaite à ALPHA CONDÉ de laisser à l'histoire l'image de celui qui a créé l'ETAT en GUINÉE !
Il a fait le constat : il n'a pas hérité d'un État, alors sa mission première, c'est de créer L'ÉTAT pour être le premier chef d'Etat de la Guinée.
Tout un défi, pour l'opposant historique auquel j'avais adressé une lettre au lendemain de son élection et que je ré publierai, pour lui rafraîchir la mémoire.
Que Dieu l'inspire et sauve la Guinée !!!
Bokar Baila LY
www.bailaconsulting.com
http://www.viadeo.com/fr/profile/bocar.baila.ly
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Certains facteurs sociaux négatifs aussi entrent en ligne de compte,tels:l'unique employeur est l'état providence,la corruption très élevée,absence de vrai militantisme,manque de plan de développement et de vision à long terme,aucune valeur ajoutée à l'exploitation de nos matières premières,tout le système est inféodé,etc.
Finalement,seul un vrai soulèvement populaire pourrait donner un réel changement dont le but principal est la redistribution des ressources pour tous ou un minimum vital pour chaque guinéen à l'âge adulte.
Malheureusement pour le pays, même en cas de bonnes suggestions, la nouvelle génération semble plus divisée que l’ancienne. Actuellement il n y a aucun dynamique mouvement des jeunes sur place. Les quelques rares groupuscules visibles sur le terrain ne sont que des profiteurs (arnaqueurs du pouvoir et de l’opposition pour juste se remplir les poches). En un mot nous sommes devenus des fatalistes évoluant dans une société totalement corrompue.








