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La crise sociale que nous traversons est-elle une réelle préoccupation pour l’actuel gouvernement ?

Amadu Diallo  Vendredi, 19 Février 2016 02:28

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Guinéennes et Guinéens, l’heure est grave ! Comme nous le vivons depuis le lundi 15 février dernier, une grève légale est observée sur l’ensemble du territoire national. C’est suite aux multiples avis de grève adressés aux autorités en place, avis restés sans suite favorable, que nos braves syndicalistes ont décidé de passer à l’action. Donc rien d’anormale dans le lancement de cette grève. Surtout que les grévistes se trouvent coincés entre l’actuelle misère aigüe et l’obstination du pouvoir de faire la moindre concession. Au contraire, par l’augmentation des redevances sur toutes les denrées de premières nécessités, ce gouvernement a rendu plus intenable la vie du citoyen.

ais auparavant, tous les hommes bien avertis s‘attendaient à cette grève. Car en revisitant l’histoire de la gestion du pays durant les 8 dernières années on retrouvera sans difficultés, la source de cette crise sociale. D’ailleurs, certains économistes de la place n’avaient pas manqué de prévenir nos financiers sur les risques, en parlant même d’une possibilité de récession économique. Mais lorsque ces derniers ont tiré la sonnette d’alarme, ils ont été tout simplement traités de colporteurs de fausses nouvelles.

Seulement après tant de gaspillages de nos maigres ressources, même un élève du primaire qui n’avait pas bien maitrisé sa table de multiplication savait ce qui nous attendait. La disparition de plusieurs fonds en devise observée ces 5 dernières années, sans aucune trace comptable ne pouvait laisser aussi de doutes. Nous ne pouvions nous attendre qu’à pareille situation. Qui sait aujourd’hui, avec cet énorme trou économique, si notre pays a même la capacité de couvrir ses dépenses de souveraineté (en cas d’urgence) ?

La vie de pacha que mènent nos gérants depuis de longues années est un autre facteur déterminant dans la faillite du pays. Même les plus petits commis de la République mènent des vies insolentes. Ils roulent dans des véhicules de luxe qui ont couté des milliers d’US dollars au contribuable. Sans oublier les chantiers personnels et pharaoniques que ces agents lancent a domicile dès leur entré en fonction.

Pauvres Guinéens, n’avons-nous pas constaté, pour le déplorer, que de génération en génération, les agents de notre administration deviennent de plus en plus gourmands, impitoyables, insensés et même malhonnêtes, pour le corriger ?

Évidemment, nous avons l’habitude d’avoir des mauvais gestionnaires au sommet de l’État. Mais ce que nous observons depuis 2010 est de plus en plus ahurissant. Ça devrait même constituer une grande source d’inquiétudes.

Globalement, les gouvernements que nous avons connus depuis l’avènement du CNDD ont tous dépensé sans compter. Et comme il n’existe aucune structure de contrôle fiable, à plus forte raison une forme de sanction, les choses ne seront que plus dommageables pour le bas peuple.

Il ne faut pas oublier que c’est pendant les deux courtes transitions que notre économie nationale a reçu ses premiers coups durs (celle du CNDD et la transition proprement dite). Le Camp Alpha Yaya et ses très ambiantes nuits sont les meilleurs témoins de ce que je veux expliquer ici. Sans oublier le très fourni parc automobile du gouvernement au temps du grand « Pacha » de la transition.

Guinéens et Guinéennes, 4 jours de blocage et même d’arrêt total de notre pays, sans aucune solution. Quatre jours d’inestimables pertes de l’économie dans tous les secteurs. Toujours aucune réaction, aucune prise de conscience de la part de leur fameux professeur. Il préfère d’ailleurs, comme d’habitude, faire tenir ses conseils ordinaires. Ignorant carrément que les populations qui ne vivent que débrouillardise, sont cloitrées dans leurs domiciles, sans aucune réserve nécessaire pour leurs survies.

Avons-nous besoin d’être trop instruit pour comprendre que les membres de ce gouvernement s’en foutent de nos souffrances ? NON ! Avons-nous besoin d’un conseiller spécial pour comprendre que nous sommes abandonnés a nous-mêmes avec tous nos malheurs ? Je crois aussi que NON ! Depuis sa prise du pouvoir, j’ai constaté, que le professeur ne se donne même pas la peine de lancer des appels à ses concitoyens pendant les difficiles moments. Aucune indulgence, aucune sympathie même avec sa propre base électorale. Sinon la moindre des choses c’était de les conforter par une intervention radiotélévisée, a défaut de les rassurer. Mais il préfère briller par un silence assourdissant pour ne pas dire impardonnable.

Comme tous les autres citoyens du monde, apprenons aussi à demander des comptes à nos dirigeants. Sinon je ne vois aucun avenir pour notre chère Guinée. Wassalam.


Amadu Diallo
Connu sous le pseudo Amadudialamba,
Commentateur et médiateur sur GuineeActu


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