Et si le problème de la Guinée était les Guinéens eux-mêmes ???

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DIALLO_Mamadou_Adama_Koula_01Depuis le 28 septembre 1958, nous avons préféré la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage. C’est ainsi que nous avons choisi « Liberté Â» comme hymne national et « Travail-Justice-Solidarité Â» comme devise. Hélas si Aboubacar Demba Camara vivait il aurait certainement pu me composer une chanson pour ce petit rappel historique et en même temps magnifier notre belle Guinée.

La Guinée a été qualifiée de scandale géologique, nous avons de l’or, du diamant, de la bauxite, de l’uranium, du fer pour ne citer que ceux-là. A cela il faut ajouter que la Guinée est aussi un scandale agricole, notre pays est également le château d’eau de l’Afrique de l’ouest, basique me diront les enfants de l’école primaire de Koulé.

Cependant il y a un paradoxe qui ne laisse personne indifférent : pourquoi avec toutes ces richesses les Guinéens restent pauvres ? Pourquoi les enfants de la Guinée continuent de se noyer dans l’Atlantique ? Pourquoi les Guinéens courent vers des pays qui sont sans doute moins riches que le leur ? Pourquoi les lueurs d’espoirs finissent toujours par s’éteindre dans ce pays ?

A toutes ces questions beaucoup qui sont comme moi répondront que c’est parce que la Guinée n’a pas eu un bon président, ou bien que c’est la faute d’un tel car comme on le dit c’est facile de rejeter la faute sur l’autre. Est-ce vraiment la bonne réponse ?

C’est pour tenter de répondre à cette question que j’ai décidé d’écrire cet article et de le partager avec vous. A mon humble avis les problèmes de la Guinée se résument en ces quelques points :


1- L’absence d’harmonie entre les fils et filles d’une même nation

La solidarité qui est une partie de notre devise n’existe plus que par le nom. La population guinéenne dans son écrasante majorité est croyante et pourtant toutes les religions révélées prônent l’amour de son prochain et cela quelles que soient ses croyances, son ethnie ou son origine. Mais dans notre pays apparemment cette fraternité humaine est perdue. Aujourd’hui, combien de personnes au vu d’un décret essaient avant tout de dénombrer le nombre de personnes issues de leur ethnie avant de vérifier ce qui est le plus important c’est-à-dire le CV, la probité et l’intégrité de la personne nommée. Il est très facile de voir un Guinéen se réjouir du malheur d’un autre frère guinéen, il suffit d’aller dans certains pays pour pouvoir vérifier la véracité de ces propos. On aurait plus à gagner dans l’harmonie.


2- Le manque de patriotisme de la plupart des Guinéens pour ne pas dire tous

Comme le disait un célèbre politicien de notre pays, je le cite : « un Guinéen peut préférer faire perdre à la Guinée cent mille dollars pour avoir dix mille dollars pour soi-même Â». Rien de plus pour démontrer le manque de patriotisme de certain de nos concitoyens. Les symboles d’une nation doivent être respectés par tout bon citoyen et les intellectuels doivent être des donneurs d’exemple dans ce sens. Qui n’a pas entendu un agent dire : « Est-ce que ce sont ces papiers que je vais manger ? » Que dirent des personnes qui gardent leurs marchandises, juste pour les revendre plus chères pendant le mois de ramadan et ces gérants de stations-services qui bloquent les ventes pour ravitailler le marché noir. De ces médecins qui pour toucher un malade réclame des millions à des familles souvent démunies, malgré un serment d’Hippocrate. De ces vendeurs d’huile qui la mélange à de l’eau certainement pour augmenter les bénéfices. De ces personnes qui, avec de la poudre fabrique des médicaments pour les revendre à leurs compatriotes. Combien de coupables circulent dans ce pays parce qu’ils ont de l’argent alors que des innocents croupissent en prison ? Leur seul tort est d’être pauvre. On pourrait en citer dans tous les secteurs de notre pays.


3- L’absence d’une autorité coutumière ou religieuse respectée par tous les Guinéens

Qui n’a pas apprécié le rôle joué par le Mora Naba lors de la crise au Burkina Faso ? Cette autorité coutumière a montré qu’elle est la mère de tous les enfants du Burkina sans distinction aucune. Allez au Sénégal voisin, quand le guide religieux trace une ligne personne n’ose passer et cela parce qu’ils sont au-dessus de la mêlé comme dirait l’autre. Ces guides jouent le rôle de régulateurs sociaux dans ces pays. A la place de ces autorités en Guinée nous avons les coordinations régionales des sages qui pour moi ont un rôle néfaste. Il contribue à diviser les Guinéens. Quoi de plus grave que ce soit seulement quand un enfant du Fouta a un problème que les sages du Fouta se lèvent, la même chose pour la Basse Côte, la Haute Guinée ainsi que la Forêt. Un sage de la Guinée est un sage pour tous les enfants de ce pays sans distinction d’ethnie, ni de région. Personne ne doit se considérer moins fils d’un sage de la Haute Guinée que d’un sage de la Forêt.


4- Le manque d’humanisme dans notre pays

Dans ce pays la vie humaine est reléguée au second plan. Toutes nos actions sont guidées par l’envie du gain et des avantages. La personne humaine est sacrée et à ce titre doit être respectée.

La vie d’un seul Guinéen est plus importante que tout ce que nous avons. Pour étayer ce propos je vais prendre l’exemple de l’assassinat du journaliste El Hadj Mamadou Koula Diallo (Que son âme repose en paix). Après sa mort tous les protagonistes se sont précipités pour défendre leur image et reléguant au second niveau la condamnation et l’expression de la volonté de collaborer pleinement pour élucider ce meurtre. Cela prouve à suffisance que nos politiciens se préoccupent plus de leur image que de la vie de leur concitoyen. Quant à l’Etat, nous avons vu beaucoup de personnes froidement assassinées dans ce pays mais les tueurs courent toujours. Qu’est ce qui explique ce réveil brutal de ceux qui sont chargés de rendre justice à tous les Guinéens et cela sans une distinction aucune. C’est encore la politique qui a la priorité pas la vie du Guinéen. Il faut regretter aussi les morts atroces que nous faisons subir à des compatriotes et cela quoi qu’ils aient fait. Bruler les humains, les tuer à coup de bâton n’est pas un bon sacrifice pour notre pays.


Face à ces problèmes il y a des solutions qui s’imposent pour le salut de la nation guinéenne. Parmi ces solutions je vais en citer quelques-unes qui à mon humble avis doivent être parmi les priorités.


1- L’examen de conscience pour un changement de mentalité

Dans cette situation personne n’est moins coupable que l’autre. Nous devons nous poser les bonnes questions à savoir suis-je un bon citoyen, est-ce que je fais convenablement le travail pour lequel l’argent de tous les Guinéens est utilisé pour me payer, ce que je fais n’est-il pas préjudiciable à tous mes compatriotes. A la suite de toutes ses questions on peut poser nos actes pour notre bien être à tous.


2- La culture de la fraternité et de l’amour entre les fils d’un même pays

On dit souvent que l’autorité est à l’image du peuple. Sans la fraternité entre nous, point d’espoir de lendemain meilleur pour la Guinée malgré nos abondantes ressources. Le seule fait d’utiliser notre devise suffit largement pour apporter le bien être dans notre pays. Pour vous rendre compte que ce n’est pas si difficile imaginez ce que vous ressentez lorsque l’hymne de la guinée retenti lors des matchs de notre équipe nationale. C’est la nation qui fait notre fierté. Quand la maladie à virus Ebola a éclaté, tous ceux qui ont voyagé ont compris que c’est la Guinée qui nous identifie et non notre ethnie car beaucoup de Guinéens ont vécu des scènes irréalistes dans beaucoup d’aéroports.


3- Redéfinir le rôle de nos sages et impliquer nos légendes pour ressouder le tissu social

Il n’est pas encore trop tard pour revoir le rôle joué par nos sages. Le rôle d’arbitre qui se trouve à équidistance de tous les enfants du pays serait le meilleur. Les sages, les guides religieux de tout bord doivent être des régulateurs sociaux qui auront le courage de dire la vérité à tout le monde.

Nos légendes doivent être des acteurs de premier plan pour rétablir les liens d’amitié et de fraternité qui ont toujours lié les communautés dans notre pays. Ces personnalités sont des propriétés de toute la Guinée pas seulement de leur famille. Les intellectuels, les célébrités guinéennes comme Mory Kanté, Sekouba Bambino, Lama Sidibé, Séni Malomou, Fodé Baro, Thierno Monénembo, Titi Camara, Pascal Feindouno, Kaba Diawara, Abdoul Salam Sow, Kerfalla Kanté, Ibrahima Traoré et tant d’autre doivent se mettre à la tâche pour réconcilier les Guinéens.


4- Un Etat juste et équitable dont les décisions seront peu discutables

L’Etat de droit doit être la base de toute réconciliation. Dans toute décision tous les Guinéens doivent voir en elle une décision juste et nécessaire. Tant que l’Etat balancera d’un côté le désordre règnera dans ce pays. L’injustice est la cause de la plupart de nos problèmes. La justice de notre devise doit être de mise.


Pour conclure je dirai que la prise de conscience est plus que nécessaire pour que nous puissions enfin bénéficier des bienfaits de la nature. Comme on peut le penser ce n’est ni l’or, ni la bauxite, ni le diamant notre richesse la plus précieuse mais plutôt notre tissu social. Tant que nous continuerons avec cette mentalité, la Guinée continuera à rester un pays difficile à vivre et cela même si c’est Lula du Brésil ou Obama des Etats-Unis qui en est le président. Il est temps pour nous de taire nos divergences pour avancer vers une Guinée meilleure. Aux politiciens, il est temps de dire d’arrête d’instrumentaliser la population à des fins purement politique. Nous ne voulons pas des débats ethniques mais plutôt des débats d’idées, de projets. Nous voulons qu’on parle de ce qui est important c'est-à-dire l’éducation, la santé, les conditions de vie de nos compatriotes.

A vous chers compatriotes, il est temps pour nous de nous pardonner et de nous accepter. C’est dans l’union que nous pourrons bénéficier de nos abondantes ressources. Mettons une croix sur le passé et avançons avant qu’il ne soit trop tard.

VIVEMENT UNE JEUNESSE GUINEENNE RESPONSABLE ET AMBITIEUSE

Je suis Guinéen tout simplement.


Mamadou Adama Diallo
Ingénieur informaticien
Sénégal


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Commentaires  

 
+3 #12 K Ba 16-02-2016 18:39

"Dans cette situation personne n’est moins coupable que l’autre."
Cette affirmation fait écho à ce qu’Alpha a dit il y a quelques années : en Guinée, tout le monde est coupable et tout le monde est victime.
La plupart des arguments du papier s’inscrivent dans cette logique qui dilue la justice et enracine l’impunité dans un charabia de bonnes intentions et de pardons. L’auteur de ce papier a besoin d'affermir ses lamentations et de les positionner sur d'autres champs que celui de ces généralisations et souhaits puérils.
Comme le disait Arthur Koestler L'histoire se fiche pas mal qu'on se ronge les ongles. Elle fonctionne avec des rapports de forces : luttes des classes, luttes hégémoniques etc. Le communisme qui a prétendu éliminer ces luttes pour bâtir une société d’harmonie et un homme nouveau a prouvé n’être qu’une vieille escroquerie.
Les fragilités et l’échec du marxisme laissent des générations sous le règne du capitalisme. Dans les pays industrialisés, ce capitalisme -et après bien d'affrontements – est policé par la justice. Loin d'être parfaite, elle assure la cohésion sociale et donne des avenues de résolution des conflits. La justice n’accuse pas d’égoïsme, de manque de patriotisme ; elle ne demande pas de la fraternité, de l’humanisme, de l’examen de conscience ; elle ne déplore pas l’absence d’autorités coutumières respectées ou l’harmonie entre les fils et filles de la nation qui sont les catégories qui, selon vous sont à l’origine du mal guinéen.
Au contraire, fondée sur le postulat simple qui est que le conflit est inhérent à toute société, la justice s’appuie sur les faits et les textes pour punir les coupables et en faire des exemples. Elle réduit le champ d’action des malfaiteurs et encourage la bonne citoyenneté en soumettant les dirigeants aux mêmes règles. Le plus souvent la justice est plus sévère envers eux.
Dans les états sauvages et émergents comme la Guinée, il est donc impératif nous nous en inspirions et que nous cessions de nous bercer de l’illusion que des dispositions psychosociologiques peuvent changer la Guinée. Ce sont ces simplifications que les politiciens exploitent pour vendre des rêves qui se résolvent toujours en cauchemars parce que justement la justice est le cadet de leur souci.
Il faut que ceux qui sont les cibles de la violence et des abus sur laquelle les régimes successifs ont assis leurs pouvoirs - que ce soient des ethnies, des groupes sociaux, des familles ou des individus - se débarrassent de leur complexe de victimes pour lutter afin de renverser la vapeur. Le renversement de la situation ne viendra jamais de la bonne volonté de leaders, des jeunes, de pleurs et des prières.
En situant l’analyse de l’échec de la Guinée en dehors du champ de la culpabilisation collective, de l’absence de justice et de la prévalence de l’impunité, le Sanakou ne pouvait aboutir qu’à ces souhaits que tout le monde récite mais que personne ne peut mettre en œuvre. Car c’est de la pure psychologie, des états d’esprits et des phantasmes qui n’ont aucune valeur opératoire sur le champ politique.
Wa Salam
K. Ba
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-2 #11 Savané 15-02-2016 20:57

Sieur Adama Diallo,
Le Sénégal dispose de tous les éléments cités en marge. Mais ils se complètent et ne se substituent, ne se succèdent pas.
Léopold Sédar Senghor fut un pragmatique visionnaire. Il comprit avant l'aube des indépendances que le son pays, le Sénégal qui est dépourvu de richesses naturelles devait valoriser ses ressources humaines comme la Suisse et éviter son dislocation et/ou sa disparition. Avoir le savoir et l'utiliser à bon escient est magique !
Mon Cher Adama : c'est quoi pour vous un Etat De Droit ?
Toutes les institutions Sénégalaises, quelles soient politiques, économiques, sociales, culturelles (religieuses) et/ou environnementales, sont séparées et disposent leurs propres codes en totale adéquation avec la constitution. Celle-ci est la référence suprême pour tous ( politiciens, officiers, marabouts, fonctionnaires, opérateurs économiques, artistes, ouvrier, paysans, etc.)
La Guinée est inscrite dans la lutte pour l'enracinement de la démocratie dans un Etat de droit. Cette démocratie est jeune et fragile devant les anarchistes qui veulent garder le statu quo.
La Guinée a juste besoin d'une jeune génération de politiciens responsable pour consolider un Etat de droit fiable.
L'éclatement de toutes ces structures traditionnelles politisées est un bien pour la Guinée. Que celles-ci disparaissent désormais pour laisser toute la place à la loi.
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+3 #10 amadudialamba 15-02-2016 00:37

Mon cher Mamadopu Adama DIALLO, je ne sais pas depuis quand vous avez quitté la Guinée. En tout cas ce qui est clair pour moi, votre formation ne souffre d’aucune anomalie. Car vos idées sont excellentes et votre texte très bien élaboré, avec une approche vraiment tenable. Mais avant de commenter cette excellente approche proposée pour une meilleure Guinée, permettez-moi, en tant que médiateur et commentateur de Guinée actu, de vous rendre un hommage bien mérité. Car nous avons besoin d’avoir sur ce site au tant que possible des intellectuels qualifiés comme vous, en vue de rehausser quotidiennement, sinon souvent, le niveau de nos débats. Alors pour avoir accepté de prendre votre précieux temps et de partager volontiers vos connaissances avec tous les autres contributeurs, nous vous disons grand merci. Par ailleurs et loin de vouloir vous décourager dans votre élan, considérez ce qui suit, (le commentaire proprement dit) comme un simple constat personnel. Un constat personnel d’une longue période de gestion du pays. Si les guinéens que nous sommes essayaient d’explorer même pour une seule fois, les millions de bonnes propositions publiées dans nos espaces médiatiques, le pays serait déjà bien solide sur ses rails. Malheureusement, je dirais même ‘’très malheureusement’’, (si l’on pouvait utiliser ce terme), ceux qui devraient jeter une base solide de tout ce que vous venez d’énumérer ci-dessus ne semblent pas être nés d’abord. Ou alors s’ils sont nés, ils n’ont pas encore accédés à des niveaux élevés de prise de décisions (au sein du pouvoir comme dans la société civile). Comment ? Prenez le cas de tous ceux qui ont géré récemment nos deux ou trois fragiles transitions, ils ont tous fini par se faire amadouer par les différents régimes (peut-être moyennant quelque chose, nulle ne le sait avec exactitude). J’ose dire aussi, sans me faire démentir efficacement, qu’ils ont tous, un par un, trahi la cause du bas peuple, avant de se retrouver en bonne place quelque part. Quant aux autorités coutumières ou religieuses que j’adresse en passant mon total respect par principe, elles refusent catégoriquement de jouer le rôle qui leur est dévolu dans la régulation de notre société (A ce niveau et par simple respect, je n’ose pas parler de corruption avérée). Et sans impartialité dans leurs agissements, ces autorités coutumières et/ou religieuses) ne bénéficieront d’aucune considération. Maintenant que cette importante couche sociale ait failli à ses obligations et que les agents de l’État devant jouer le rôle d’arbitres publics soient tous à la solde des régimes qui se mettent en place, qui va alors réaliser votre adéquate approche pour nous ? Étant entendu également que les régimes veulent tout entendre, sauf la cohésion sociale en Guinée. Sans oublier que la société civile, normalement principal socle de tout changement est actuellement plus inféodée que toutes les autres couches sociales (Étudiants, ONG, syndicats, etc.). Les intellectuels sont en majorité en exile ou démissionnaires, etc. Et la ou toutes ces couches echouent ce ne sont pas des simples chanteurs qui réussiront. Ah Monsieur DIALLO, notre République est pitoyable ! Que Dieu guide tout simplement nos pas ! Amen !
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+5 #9 I. MB. Sow 14-02-2016 17:55

Il est certes permis à chacun, jeune ou vieux, de laisser libre cours à ses propres fantasmes sur les réalités guinéennes. Ou bien ce bon frère Mammadou Adama ne connaît pas vraiment bien la Guinée, ou bien toute cette belle analyse relève de son ingénuité par trop excessive au regard des calamiteuses réalités sociopolitiques, culturelles de économiques que 57 ans d'indépendance ont fini par générer dans ce pays. C'est par exemple d'une erreur d'appréciation majeure que de vouloir insinuer que les sages du Fouta défendraient "un fils du Fouta" en danger avec les mêmes élans de solidarité et de vigueur qui caractérisent traditionnellement leurs homologues de Haute Guinée ou de la Basse Côte notamment, dans les mêmes circonstances. Cet état d'apathie communautaire, sur fond de profondes divisions internes séculaires, n'est d'ailleurs pas si étrangère à la situation d'exclusion politique tacite dans laquelle les Peuls de Guinée se sont laissés enfermer. Les pouvoirs guinéens successifs n'ayant jamais oeuvré à la contruction d'une vraie nation unie, c'est à partir des réalités de considérations essentiellement ethniques que l'on devra partir pour bâtir progressivement un Etat de droit où chaque communauté apprendra à respecter ses voisines pour ce qu'elles représentent. Soit tout un programme qui va aux antipodes des préoccupations de bon nombre de nos élites rêveuses ou naïves, voire bassement égoïstes...
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+4 #8 Koto Saliou Diallo 13-02-2016 20:28

Citation en provenance du commentaire précédent de Aliou Baldet:
M.Diallo ! Avez-vous vécu en Guinée depuis 1958 ? Ou alors vous faites une analyse ex-nihilo ?
Vous écrivez « Le manque de patriotisme de la plupart des Guinéens pour ne pas dire tous » je vous rappelle que lors de l’accession de la Guinée à l’indépendance beaucoup de Guinéens qui avaient de très bonne situation en France (haut fonctionnaire de l’administration Française, officiers militaire de l’Armée Française , Médecins, Enseignants etc.…) ont tout abandonné pour retourner et travailler en Guinée. Tous, je dis bien TOUS à l’exception de ceux qui ont eu la chance de fuir cet enfer ont été TOUS tué au Camp Boiro par le régime ethno-fasciste Sékou Touré. Et, je vous dis, il s’agissait de Guinéens qui n’étaient attiré ni par le gain matériel, ni par le pouvoir.
De plus, vous affirmez beaucoup de chose de manière péremptoire : penser une seconde que Mory Kanté ou Lama Sidibé peuvent avoir de l’écoute de la part d’un Guinéen, c’est mal connaitre la Guinée. Pour les Guinéens (même s’ils ont du mal à l’avouer), en Guinée le griot peut toujours chanter sans plus.
Vous rajoutez « Le manque d’humanisme dans notre pays » Pensez-vous un instant que ce traumatisme où, par exemple vous trouvez des hommes et des femmes qui une semaine avant, occupaient des postes Ministériels, de Gouverneurs, d’Officiers Supérieurs des Armées… sont pendus sur tout l’étendu du territoire et où on exigeait la présence de toute la population qui devait montrer qu’elle était heureuse de cette boucherie ?
Le péché originel de tous les maux de la Guinée est le régime ethno-fasciste Sékou Touré. Et pourrez prendre la Guinée par tous les bouts. Tant que les Guinéens ne réhabiliterons pas les victimes des violences politiques dont les premières celles de régime ethno-fasciste Sékou Touré, RIEN, je dis bien, RIEN ne sera possible. Cette réhabilitation exige, la vérité et la Justice. Après nous pourrons parler de réconciliation et non de pardon car, tous ceux qui pouvaient pardonner sont morts et personne fut-elle de leur famille n’a le droit moral de parler de Pardon ! Nous, nous vivons les réalités du pays.

Aliou Baldet,
Je suis du même avis que vous sur le Péché originel...Ainsi que les 3 ou 4 éléments à tenir en considération sur la question de réconciliation nationale.Ce sont:
Vérité-Justice-Réhabilitation,et enfin Réconciliation Nationale,parce que le mot Pardon relève(concerne)de la victime qui n'existe plus sur terre(sauf dans nos mémoires).
Je remplace le mot Pardon pour Réhabilitation de la victime en question dans ce cas de figure.
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+10 #7 Aliou Baldet 13-02-2016 11:23

M.Diallo ! Avez-vous vécu en Guinée depuis 1958 ? Ou alors vous faites une analyse ex-nihilo ?
Vous écrivez « Le manque de patriotisme de la plupart des Guinéens pour ne pas dire tous » je vous rappelle que lors de l’accession de la Guinée à l’indépendance beaucoup de Guinéens qui avaient de très bonne situation en France (haut fonctionnaire de l’administration Française, officiers militaire de l’Armée Française , Médecins, Enseignants etc.…) ont tout abandonné pour retourner et travailler en Guinée. Tous, je dis bien TOUS à l’exception de ceux qui ont eu la chance de fuir cet enfer ont été TOUS tué au Camp Boiro par le régime ethno-fasciste Sékou Touré. Et, je vous dis, il s’agissait de Guinéens qui n’étaient attiré ni par le gain matériel, ni par le pouvoir.
De plus, vous affirmez beaucoup de chose de manière péremptoire : penser une seconde que Mory Kanté ou Lama Sidibé peuvent avoir de l’écoute de la part d’un Guinéen, c’est mal connaitre la Guinée. Pour les Guinéens (même s’ils ont du mal à l’avouer), en Guinée le griot peut toujours chanter sans plus.
Vous rajoutez « Le manque d’humanisme dans notre pays » Pensez-vous un instant que ce traumatisme où, par exemple vous trouvez des hommes et des femmes qui une semaine avant, occupaient des postes Ministériels, de Gouverneurs, d’Officiers Supérieurs des Armées… sont pendus sur tout l’étendu du territoire et où on exigeait la présence de toute la population qui devait montrer qu’elle était heureuse de cette boucherie ?
Le péché originel de tous les maux de la Guinée est le régime ethno-fasciste Sékou Touré. Et pourrez prendre la Guinée par tous les bouts. Tant que les Guinéens ne réhabiliterons pas les victimes des violences politiques dont les premières celles de régime ethno-fasciste Sékou Touré, RIEN, je dis bien, RIEN ne sera possible. Cette réhabilitation exige, la vérité et la Justice. Après nous pourrons parler de réconciliation et non de pardon car, tous ceux qui pouvaient pardonner sont morts et personne fut-elle de leur famille n’a le droit moral de parler de Pardon ! Nous, nous vivons les réalités du pays.
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+13 #6 boubacar doumba diallo 13-02-2016 10:36

Voici le verset en question en français rapporté intégralement.
" Des anges sont attachés à chaque être humain et, placés devant et derrière lui, le protègent sans cesse, sur ordre du Seigneur. En vérité, Dieu ne modifie point l’état d’un peuple tant que les hommes qui le composent n’auront pas modifié ce qui est en eux-mêmes. Et quand Dieu décide de punir un peuple, nul ne peut L’en empêcher, car les hommes en dehors de Lui n’ont nul protecteur".
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+8 #5 Boubacar Doumba Diallo 13-02-2016 10:27

Mon commentaire précédent se réfère au verset 11 de la sourate 13 du Saint Coran.
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-2 #4 PATRIOTE1 13-02-2016 10:20

Tres bonne analyse.
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+7 #3 Boubacar Doumba Diallo 13-02-2016 10:20

Évidemment que la Guinée est victime de ses propres enfants ! Le Coran ne proclame t-il pas que Dieu ne change pas pas l'etat d'un peuple tant qu'il ne change pas ce qu'il y a en lui même ?
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+4 #2 Kawou Dial Diallo 13-02-2016 04:39

M.Adama Diallo,
Tu viens de poser une excellente question.
Notre Devise guinéenne est:Travail-Justice et Solidarité:depuis 1958,ces 3 conditions ne sont pas réunies ou remplies.Par conséquent,on assiste à un accaparement de nos ressources avec impunité et injustice!.Tant et aussi longtemps que le Gouvernement Guinéen(peu importe le Gouvernant)n'appliquerait pas cette Devise sociale,la Guinée n'avancera jamais.
En plus,on doit enlever le sacrifice National(aux lieux des cultes)et demander Pardon à tous nos morts ou disparus de façon arbitraire,parce qu'il y a eu trop de dérive Nationale dans ce sens.
À titre d'exemple,comme tu le dis bien,la Guinée est considérée comme étant le château d'eau de l'Afrique de l'Ouest.Mais,on a pas une seule goûte d'eau à la pompe pour se désaltérer.Les villageois sont obligés chaque jour de faire 2 heures de marche ou plus pour aller cherché un bidon de 20 litres d'eau sur la tête à la rivière polluée à 30 degrés celsus sous l'ombre pour satisfaire leur besoin domestique.Tandis que,même au désert sahélien ou israelien(le jourdan),on a de l'eau potable à volonté 24h/24h en ce 21ème siècle.
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+6 #1 Koto Saliou Diallo 13-02-2016 02:49

Mamadou Adama Diallo,
Pour l'instant,nous assistons à un scandale social en Guinée.
Tant et aussi longtemps qu'il n'y aurait pas:Vérité-Justice-Pardon et Réconciliation Nationale;la Guinée est loin de sortir de son Auberge(lendemain meilleur pour tous).Car,l'injustice est le pire ennemi du Développement socio-écque d'un pays.Moins de 10% de la population s'accapare de la richesse nationale;disparition de la classe moyenne et augmentation de l'appauvrissement du bas peuple.
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