Injustice et violence: deux sœurs jumelles dans la société guinéenne ‒ Partie 2

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DIAKITE_Bakary_2_01« Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »  Aimé Césaire.

Je dédie cette réflexion à la mémoire de nos illustres morts et disparus, afin que nous ne les oubliions jamais et que leur sacrifice soit le fondement de la construction de notre jeune nation.

En Guinée tout se passe comme si le système de gouvernance du parti-Etat qui sévit dans notre pays de 1958 à nos jours basé sur l’arbitraire, la violence et l’injustice, imposait la loi du silence sur les innombrables crimes, meurtres et assassinats perpétrés dans le pays. Ainsi dans notre pays il y a comme une volonté d’oublier toutes ces victimes de la dictature et de la tyrannie. On a l’impression que le Peuple de Guinée est un peuple sans mémoire! Cependant nous ne devons oublier : « Au bout du compte, nous devons nous souvenir qu’aucune loi ni aucun système ne peuvent venir à bout de ceux qui luttent avec la justice de leur côté. » Mandela

Il me paraît important de rappeler ici et maintenant aux jeunes générations que le retard que connaît la Guinée est dû à un système de gouvernance du parti-Etat qui a été institutionnalisé dans notre pays dès les premières années du premier régime! Dans ce système de parti-Etat la fusion du parti au pouvoir et de l’Etat est consacrée avec une prééminence des élus sur l’administration. Ainsi le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire, les droits de l’homme sont verrouillés sous la coupe du pouvoir exécutif et du président de la République.

Tout le monde peut constater cela dans certains pays comme la Russie, le Zimbabwe, la Chine…

 Comme l’écrit le Pr Jean Suret-Canale, historien et géographe : « En 1967 le 8e congrès du P.D.G.-R.D.A. a consacré la fusion du parti-Etat au niveau de la base PRL (pouvoir révolutionnaire local).

Le 11e congrès en 1978 a affirmé que l’Etat doit cesser de constituer une entité séparée de la réalité sociale et politique du peuple »

La violence est consubstantielle à la nature de ce système de gouvernance du parti-Etat, c’est une violence d’Etat qui est fondée sur l’impunité. Cette impunité est génératrice d’injustice et de frustrations qui sont sources d’insécurité et de violences. Ce d’autant qu’il y a une espèce de loi de silence qui couvre cette violence, comme si la vie humaine n’avait plus aucune valeur, ni aucun sens dans notre pays.

Dans notre histoire politique depuis l’indépendance la liste des assassinats ou meurtres est très longue, des centaines, voire des milliers de morts et de blessés. Que de larmes et de sang versés, que vies gâchées, que haines et frustrations accumulées !

C’est pour cela que ce système est incompatible avec la paix et le développement socio-économique. Dans ce système la justice est impuissante car elle n’est pas équitable quand elle existe. Cette carence du pouvoir judiciaire paralyse tout le système car aucun développement harmonieux n’est possible dans une société sans la Justice. Aucune société humaine ne peut fonctionner harmonieusement, sans le respect de la Justice.

L’injustice est le lit de tous les vices dont la corruption, des passe-droits, le népotisme, le favoritisme, le clientélisme, l’ethnocentrisme et surtout le non- respect de la loi.

Voici ce qu’en dit Maître Mohamed Traoré, un membre du conseil de l’Ordre des avocats le 17 novembre02015 lors d’une conférence de presse : « La liberté du citoyen est devenue une sorte de marchandisation, au sein de l’appareil judiciaire du pays. Selon Me Traoré, en Guinée, lorsqu’une personne est en détention, c’est toute sa famille qui se déplace pour venir voir le juge. Finalement, il faut négocier la mise en liberté et cette négociation se fait à bout d’argent, dit-il. Autrement dit, il faut payer de l’argent pour que cette personne-là puisse recouvrer sa liberté, dit-il. A l’en croire, dans ce pays, on envoie les citoyens en prison même quand ce n’est pas nécessaire, « dans le seul objectif de pouvoir après, négocier leur mise en liberté »

C’est bien la preuve de la faillite du système, en effet de quelque côté qu’on l’aborde notre société se trouve en proie à une crise profonde et généralisée, touchant tous les aspects de la vie nationale. Crise morale, crise économique, crise sanitaire, crise sécuritaire, crise spirituelle. Je me pose la question : quel est le domaine qui fonctionne normalement en Guinée ?

La santé ? L’éducation ? La culture ? L’économie ? L’urbanisme ? L’hygiène publique ? Les infrastructures : eau-électricité ? La justice ? Les droits de l’homme ? La sécurité des personnes et de leurs biens ? La cohésion nationale ?

Ce qui est clair c’est que cette violence est d’abord une violence d’Etat, qui est créée et entretenue par les différents régimes qui se sont succédés au pouvoir depuis 1958. Elle est intimement liée à la nature du système. Sinon comment expliquer cette brutalité des forces de l’ordre qui tirent à balles réelles sur des populations non armée? Comment expliquer le manque d’enquêtes sur ces innombrables crimes : assassinats et meurtres qui toujours par pertes et profit ?

« Depuis que la Guinée a proclamé son indépendance de la France en 1958 jusqu’à l’élection de 2010, des gouvernements autoritaires successifs ont permis à un climat d’impunité de se développer. L’impunité dont bénéficient les crimes graves a fait le jeu de des auteurs de violations des droits humains pendant des générations. Les forces de sécurité ont commis la grande majorité de ces abus.» H.R.W.

En effet le P.D.G.-R.D.A a été un parti révolutionnaire, totalitaire, violent depuis bien avant l’indépendance en 1958. Le P.D.G.-R.D.A a transmis de façon quasi-héréditaire cette violence d’Etat au P.U.P. et au R.P.G. Arc-en-ciel ! Quand on regarde la société guinéenne, on voit bien qu’il y a une continuité de transmission de la violence, de l’injustice et de l’impunité dans le système de gouvernance depuis l’Indépendance.

Cette violence doublée d’injustice n’est ni une fatalité, ni un hasard ; c’est un moyen de conquête et de conservation du pouvoir d’Etat. Depuis la première république notre pays n’a connu que des pouvoirs autoritaires et violents où une justice équitable n’a jamais eu de place !

C’est ce système de parti-Etat qui a toujours cours dans notre pays depuis la première république jusqu’à ce jour. Du P.D.G.-R.D.A au R.P.G. Arc-en-ciel en passant par le P.U.P., c’est toujours cette mainmise du parti au pouvoir sur l’ensemble des institutions (Assemblée nationale, armée, administration, appareil judiciaire) et de l’appareil d’Etat qui continue !

Chers compatriotes, l’exception guinéenne se manifeste de façon éloquente par la banalisation de la violence et la volonté expresse de refouler et d’effacer notre douloureux passé. Ainsi le système fait comme si notre pays n’avait pas d’histoire. Et c’est l’éternel recommencement !! Cinquante-sept ans de souveraineté, mais plus de cinquante-sept de violence !

N’oublions pas nos morts et nos disparus, pour ne pas oublier notre histoire, car nous sommes un seul et un même peuple quoiqu’en pensent et quoiqu’en disent les « fous du pouvoir Â»

Voici ce que notre regretté frère le Pr Alfa Ibrahima Sow (Paix à son âme) écrivait le 10 mai 2003 lors d’une conférence-débat à Conakry : « La société guinéenne certes est bien malade depuis des décennies. Elle a souvent généré des comportements passionnels et des violences meurtrières au cours de son histoire ! Pour mémoire des affrontements ethno-politiques ont mis la capitale guinéenne à feu et à sang en 1958 et qui ont été à l’origine d’une émigration massive de Guinéens vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Le funeste bilan de la dictature du parti-Etat n’a pas encore été élucidé en matière de crimes politiques et de violations des droits de l’homme pendant la période sombre de 1960 à 1984. Les tragiques évènements du 5 juillet où furent sommairement assassinés des officiers et cadres malinkés. »

Je dédie cette réflexion à la mémoire de nos illustres morts et illustres disparus, afin que nous ne les oublions jamais et que leur sacrifice soit le fondement de la construction de jeune nation.

+++ En janvier-février 2007 les forces de sécurité ont tué près 130 manifestants non armés lors des manifestations lancées par les syndicats et l’ensemble des partis de l’opposition.

+++ Les tragiques tueries du 28 septembre 2009 au stade du même nom ont fait l’objet d’un rapport de Human Right Watch : contre la junte au pouvoir en Guinée.

+++ Après avoir recueilli les témoignages de 240 personnes, l’ONG persiste à penser que les événements du 28 septembre, dans le stade de Conakry, ont été planifiés. Elle estime qu’entre 150 et 200 personnes ont été tuées, des centaines de femmes violées, et qualifie le massacre de crime contre l’humanité.

+++ Depuis la fin du régime militaire en 2010 en Guinée, on a organisé trois élections : deux présidentielles et une législative. Elles ont toutes été émaillées de violences avec des pertes en vies humaines ! Les manifestations de l’opposition ont régulièrement été l’occasion de grandes violences, avec plus de soixante morts et des centaines de blessés et handicapés à vie.

+++ La dernière élection présidentielle du 11 octobre 2015 a connu naturellement son lot de violence. Le bilan des violences préélectorales s’élève à plus d’une centaine de blessés et au moins 7 morts. Surtout dans la sous-préfecture de Banankoro où les affrontements ont fait 5 morts et des dizaines de blessés.

Aujourd’hui, il y a un climat d’insécurité dans le pays avec le grand banditisme. Les dernières années ont été marquées par plusieurs drames en perte de vies humaines, parfois par les forces publiques !

Toutes vies humaines brisées ne peuvent et ne doivent pas passer par pertes et profit. Je donne ici simplement quelques cas de violence et d’insécurité, il est évident que cette liste n’est pas exhaustive.

+++ Le 3 août 2012 des éléments de l’armée guinéenne ont fait une descente musclée à Zogota. Le bilan a été macabre : 7 morts dont le chef du village et son père qui était le patriarche, plusieurs blessés, des nombreuses arrestations et d’importants dégâts matériels

+++ Le 9 novembre 2012, la directrice nationale du Trésor public de Guinée, Aïssatou Boiro, a été assassinée par des inconnus dans un quartier résidentiel de Conakry.

+++ Le 25 novembre 2013, Mohamed Ghussein, un cadre du ministère des Finances a été décapité et mis dans le coffre d’un véhicule sur cale dans la cour de sa maison à la Minière.

+++ Le 15 septembre 2014 El hadj Amadou Diallo, président de la Section motards de l’UFDG, a été froidement assassiné, au quartier Sonfonia.

 +++- Le 16 septembre dans le village de Womey, huit (8) des neuf membres de cette équipe de sensibilisation dont des responsables administratifs et de santé ainsi que trois employés de médias, ont été tués lors de violences par les populations.

+++-Le 7 février 2015 Thierno Aliou Diaouné, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports a été froidement assassiné dans la banlieue de Conakry par les inconnus.

Voici le tableau brossé à grands traits du système de gouvernance de la Guinée indépendante. N’ayons pas peur des mots, il est basé sur la violence et l’injustice.


Comment changer le système ?

La première chose qui me paraît essentielle, est de faire le bon diagnostic de cette maladie de notre société. Pourquoi la Guinée est un pays violent ?

Tout d’abord, que nous Guinéens devons désormais faire l’effort d’avoir un regard et un jugement objectif sur nous-mêmes, sur notre cher pays. Personne n’a le monopole du patriotisme et personne n’est plus guinéen qu’un autre Guinéen!

C’est pour cela que je voudrais dire aux compatriotes toutes tendances confondues, politiques , ethniques, religieuses ou autres que nous devons avoir le courage de voir notre pays tel qu’il est, notre société guinéenne telle qu’elle est. Nous avons besoin d’une vraie remise en question, car notre avenir à tous en dépend. Cela ne sert à rien de se cacher derrière son petit doigt ou de masquer la réalité de la situation de notre pays. Aujourd’hui le droit n’est pas appliqué en Guinée, la justice n’est pas dite !

Si réellement nous regardons les choses en face, avec objectivité, avec honnêteté et humilité, nous ne pouvons pas nier que notre pays est sérieusement bloqué par le manque d’un Dialogue franc et sincère entre le pouvoir et l’opposition à cause de l’ethno-politique et le clanisme !

Le multipartisme intégral, le recours au suffrage universel, et la liberté de presse ne suffisent pas pour établir une vraie démocratie. Pour l’instant, notre pays, la Guinée n’est pas en démocratie !!

La dernière partie de cette réflexion sera consacrée à cette question, car :  Â« Il n’y a pas de développement sans démocratie et pas de démocratie sans développement Â». F. Mitterrand.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous.

Vive la Paix

Vive la Guinée.


Dr. B. Diakité


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Commentaires  

 
+1 #4 Mamadou 26-12-2015 23:27

Il y a t il quelqu un qui sait ce qui est bon pr Bah Oury mieux que Bah Oury? C est un homme tres intelligent dote d un exceptionnel quotient politique. Ce qu il vient d obtenir en dit lon sur sa finesse politique. Faire semblant d etre dupe c est aussi ca la politique.
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+1 #3 Koto Saliou 24-12-2015 05:39

Bien dit Mr Diakité;et un excellent rappel de la Citation de:Aimé Césaire.Il y a 2 autres "CITATIONS" à développer:
1-Celui de Léopold Sedar Singor du Sénégal sur la Négritude;
2-Franz Fanon le Martiniquais.
3-Sur le Plan écque:Il y a l'Agronome René Dumont (l'Afrique noire est mal parti),Willy Brandt(Rapport aux Nations-Unis vers les années 1980),etc;qui sont d'actualités.Enfin,ils étaient des visionnaires de leur Époque.
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+5 #2 Barros Diallo 24-12-2015 01:27

Bonjour Docteur, sur la question de la Justice et donc de la violence d'État, je ne crois pas qu'un autre dialogue entre Pouvoir et Opposition y changerait quelque chose. D'autant plus que l'opposition n'est pas l'interlocuteur le mieux indiqué pour ce thème, il appartient à la société civile (le peuple) de faire de l'exigence de Justice, sa priorité. Les politiques n'offrent que ce que réclame l'opinion. Le problème est qu'en Guinée les leaders d'opinion sont tous partisans d'une cause (à chacun ses victimes) au détriment d'une autre. On a beau revêtir le masque de démocrate ou de combattant de la liberté et du droit, dans l’euphorie d’une élection annoncée, tous les vœux pieux sont vite oubliés. Les élections ont priorité même lorsque celles en cours sont aussi émaillées de violence ; priorité est donnée au débat entourant les possibilités de gain ou de défaite. Malgré la violence !
Tout le monde ressasse les crimes depuis l'indépendance mais étonnement, nos mêmes ainés qui se donnent la peine de témoigner, sont souvent les premiers à ignorer aux crimes en cours. Or a quoi bon de nous enseigner le passé si des jeunes d'aujourd'hui meurent sous nos yeux et que nos ainés préfèrent discuter et se diviser autour des élections de leurs champions. A mon avis la meilleur d'utiliser l’histoire c'est de se dire plus jamais je ne resterai à ce qui se passe sous mes yeux. Aujourd'hui les institutions de la République sont truffées de victimes à différents degrés de toutes les exactions connues, mais ce sont les premier à vous inventer des excuses voire accables les jeunes qui tombent de nos jours. Nous avons des députés qui passaient pour des victimes des différents régimes et nous servaient leurs jérémiades, avant leur élection. Mais qui se taisent lamentablement lorsque des gamins se font liquider par les forces de l'ordre, alors qu’ils ont désormais les moyens d’agir député. Certains parmi eux ont même tenté de justifier par une loi assassine. C'est à croire que ceux qui nous enseignent l’histoire n'en ont tiré aucune leçon : Ils nous parlent de leurs camarades ou ainés morts ou humiliés lacement abandonnés à leur sort mais regardent allègrement leurs enfants et petits-enfants se faire liquider sans broncher. Au nom de l'élection de leurs poulains ethniques respectifs.
Ceux qui dénoncent les complots sont les premiers à faire courir les rumeurs dans les coulisses de leur misère éhontée sur tel qui serait à la solde ou en intelligence avec tel autre. C’est ainsi que j’ai vu des démocrates essayer de justifier un coup d’État militaire par des textes juridiques eux-mêmes suspendus par le même coup d’État. J’ai même lu et entendu des folies du type : « vous réclamez la justice aujourd’hui mais vous ne savez pas ce que nous avons vécu sous le PDG apprenez donc à être patient et obtenons d’abord le pouvoir».
Oui il y’a des exceptions : j’ai bien suivi la série de Textes que vous nous avez livré même en période électoral pour appeler au dialogue, à la justice. Mais vous avez du vous vous sentir tellement seul Docteur.
Or, et je suis bien d'accord avec vous. Il n'y aura pas de démocratie, développement ou de victoire électorale honnête, sans Justice véritable pour tous. Tant que le pouvoir peut tuer pour faire taire, il ne faut s’attendre à ce qu’elle respecte votre voix sortie de l’urne. Nul ne peut respecter votre droit de vote s'il suffit de liquider quelques-uns pour faire taire la contradiction. Tant que notre peuple, comme un seul homme n'exige pas des explications de nos gouvernants - les obligeant à rendre compte, aussitôt la forfaiture commise, peu importe notre propre jugement - notre idéal commun demeurera une hypocrite utopie des uns dominants les autres; des uns craignant ou se méfiant du fils des autres; des lâches se défaussant sur leurs semblables.
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+3 #1 lodia 24-12-2015 01:03

Vous avez quasiment tout dit. La rupture ne s'opere toujours pas d'avec le clan qui gere ce pays depuis l'independance et cette violence d'etat qui s'est exercée contre les pauvres populations guinéennes depuis 60 ans. l'ossature de ce clan se trouve dans l'armée et quelques familles. Tant qu'elles ne seront pas combattues et détruites, Rien de bon ne se fera dans ce pays. Cette politique d'exclusion, d'injustice, de déni, de complotite, de justice selective, de falsification de l'histoire de ce pays, c'est encore eux. c'est pourquoi l'intelligentsia de ce pays fait fausse route. Il fallait depuis longtemps déjà leur opposer une violence organisée afin d'atteindre la rupture. AC sait celà et il sait ou il a pris son pouvoir, ses complices, regardez son gouvernement et vous comprendrez beaucoup de choses. Vous avez également un peuple traumatisé par 6Oans de violence inouie, de pauvreté crasse, de ruralité. Ceux qui veulent sortir de cette misere crasse s'exilent. Combien de guineens à l'étranger? des millions qui ne rêvent que d'une chose, rentrer un jour chez eux
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