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Injustice et violence: deux sœurs jumelles dans la société guinéenne ‒ Partie 1: carence d’un pouvoir judiciaire
Bakary Diakité Jeudi, 03 Décembre 2015 01:51
Toute violence comporte une part d’injustice et toute injustice comporte une part de violence. Violence et injustice vont de pair comme des sœurs jumelles.
« L'injustice appelle l'injustice ; la violence engendre la violence. » Henri Lacordaire.
Depuis plusieurs décennies, la société guinéenne est atteinte d’une maladie endémique nommée violence. En effet cette situation de violence remonte à la période coloniale avec les luttes du PDG-RDA pour l’indépendance nationale !
Le PDG a été un parti violent et le parti-Etat qu’il a enfanté en 1978 est resté violent avec un Etat violent. Hélas, aujourd’hui ce sont les tenaces survivances du régime du parti-Etat qui persistent et bouchent l’horizon par un blocage sociopolitique.
C’est ce que notre regretté frère le Professeur Alfa I. Sow (paix à son âme) a écrit en 1994 : « Avec le temps, on mesure jusqu’à quel point l’héritage spirituel et idéologique du régime du parti-Etat qui pèse négativement sur la société guinéenne à la façon d’un mur invisible, sur lequel viennent se briser tous les efforts généreux pour bâtir une société démocratique de progrès et de justice ».
De manière générale, dans une société de violence, il ne peut pas y avoir de justice car ça sera toujours « la raison du plus fort qui sera la meilleure » comme dans la fable du loup et l’agneau de La Fontaine. La violence engendre l’injustice, qui engendre la violence ; la boucle est bouclée ! Toute violence comporte une part d’injustice et toute injustice comporte une part de violence. Violence et injustice vont de pair comme des sœurs jumelles d’une mère !
La violence dans la vie publique et dans la société guinéenne, n’est non seulement pas récente, mais plus grave, elle revêt plusieurs aspects : violences d’Etat, violences civiles, violence militaire, violence judiciaire.
La raison essentielle de cette violence endémique se trouve dans la carence complète et l’impuissance du pouvoir judiciaire guinéen qui est une survivance du régime du parti-Etat, toujours Etat partisan et violent.
Aucun des régimes qui se sont succédé au pouvoir en Guinée depuis 1958 (le PDG-RDA, le PUP et le RPG Arc-en-ciel) n’a jamais respecté ni la séparation des pouvoirs : exécutif, législatif, judiciaire, ni les droits de l’homme ! Ce qui me fait dire que nous ne sommes pas encore en démocratie dans notre pays.
Aujourd’hui, c’est cette carence et cette impuissance du pouvoir judiciaire qui donne le sentiment d’injustice à l’immense majorité des citoyens guinéens.
Ce qui malheureusement amène certaines personnes ou groupes de personnes à vouloir se faire justice, de façon encore plus violente et plus barbare. Ces agissements et ces exactions sont condamnables. Pour y mettre fin, il faut une justice impartiale et indépendante.
En Guinée, il y a une véritable violence d’Etat et d’injustice, car la justice n’est ni indépendante, ni impartiale ; elle reste inféodée au pouvoir exécutif, exactement comme du temps du parti-Etat. La gouvernance des affaires publiques s’est toujours faite sous le sceau de l’arbitraire, du déni de justice et de droit !
Et ce non-respect de la loi fait de la Guinée un Etat de non-droit, donc d’Injustice.
Voici ce qu’en dit Maître Mohamed Traoré membre du Conseil de l’ordre des avocats lors d’une conférence de presse le 17 novembre 2015 : « Le non-respect des procédures pénales amène à la surpopulation dans les établissements pénitentiaires du pays, notamment à Conakry. Quand vous allez à la maison centrale aujourd’hui, vous verrez que plus de la moitié des détenus est composée des personnes en attente de leur jugement. Avant de poursuivre que dans les différentes maisons d’arrêt du pays, il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui attendent leur jugement depuis un à deux ans, voire même plus. Le record d’ailleurs a été battu par un certain Boubacar Barry qui a été détenu pendant 16 ans à la prison centrale de Conakry, sans avoir été présenté à un juge. »
Cette violence chronique a complètement gangréné toutes couches sociales du pays ! Elle sévit dans les familles, dans les quartiers, dans les villages, dans les villes, bref elle fait, hélas désormais partie de la culture sociale de la Guinée, faisant de notre pays, un pays vraiment violent. En voici les derniers dramatiques exemples qui révoltent la conscience humaine! Ils sont d’une violence et d’une barbarie d’un autre âge qui ne mérite pas d’être décrite :
1- Dimanche 29 novembre 2015 : quatre hommes, accusés du meurtre d’un vendeur d’or, ont été lynchés à Kouroussa, après avoir été extraits de la prison où ils étaient détenus, par des habitants s’opposant à leur éventuelle libération.
2- 15 novembre 2015 : des troubles ont opposé deux familles au sujet de la construction d’une mosquée à Touba. Faute d’entente, des violences ont éclaté, faisant trois morts, et d’importants dégâts matériels.
Dans ce climat social de violence, d’insécurité, d’injustice, la vie en société et le vivre ensemble deviennent difficiles voire pénibles. La vie humaine perd sa valeur et son sens. La société se déshumanise !
Que de souffrance, que de désespoir, que de frustrations et de haines accumulées et refoulées, que de vies brisées, que de larmes et de sang versés ! Pourquoi ? Pour quelles raisons ?
Il est vraiment temps que cela s’arrête ! Pour que cela s’arrête, il faut une justice impartiale et indépendante du pouvoir exécutif. Il faut une totale égalité de tous les citoyens devant la justice guinéenne. J’aurai l’occasion d’aborder cet aspect dans l’autre partie.
Il est grand temps que cela cesse, afin que les Guinéens connaissent la paix et un développement socio-économique harmonieux et satisfaisant pour tous car :
« Il n’y a pas meilleure arme pour le développement que la Paix. Le Développement et la Paix sont indivisibles » Mandela.
Vive la Paix.
Vive la Guinée
Dr. B. Diakité
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Commentaires
Cependant il faudrait que nous nous organisons afin qu'ensemble nous mettions fin à cette situation.
Si nous sortons de l'ethnocentrisme bête qui n'a pas de sens avec le débauchage actuel je vous assure que nous pourrons.
Nous avons affronté le pouvoir rétrograde du général Conté et au coeur du système alors pourquoi ne pas mettre en place une organisation solide avec des personnes dotées de qualité dont les opportunistes seraient exclus vous verrez que cela marcherait mieux que l'organisation de la société civile dont certains s'en sont servis pour assouvir leur ambition.
Vive la Guinée!et vive la république!
Merci Dr B. Diakité de votre intervention ou texte:Je me pose toujours la question tous les soirs après mes longues prières,à savoir:Est-ce que le Guinéen est humain!!!!.Parce que depuis 1958 (PDG-RDA) j'ai vu des responsabilités criminelles (pendaisons publiques);en passant par la loi cadre de 1964 et la grève des enseignants,etc.J'ai plus que la 60 taine bien frappée.Comment faire pour sauver ce peuple Guinéen abusé à jamais...Bref,une formule opérationnelle s'impose.
Je viens de visionner aujourd'hui encore une video montrant une foule en colère se rendant justice, elle-même sur un supposé voleur de Moto. Dans cette zone, ça commence a exagérer. L'autorité a complètement cédé sa place ''aux juges populaires'' ? ou encore au vendetta ou la loi du plus furieux.
J’ai vécu dans mon pays, jusqu'à voir l’humain se faire tuer comme un chien enragé du quartier. Terrible, Terrible ! Que le Tout puissant aide ce pays qui a perdu totalement sa tête. Soubouhaanallahi !
- Et moi j'ai découvert cela en 1984 quand j'ai compris que dans ce même pays l'on pouvait enfermer un homme dans un cachot sans air, écrire un D avec un bout de charbon sur la porte et le laisser crever ainsi. Mêmes les chiens enragés ont droit a une balle dans la tete dans n'importe quel pays civilisé.
- On a vu aussi ce que Dadis et sa bande ont fait a des filles dans des maisons militaires pendant 1 semaine et aux corps de pauvres enfants sortis pour fêter la démocratie dans un stade.
- Je ne cite pas tous les exemples précédents et suivants fait par notre Etat sous l’œil tolérant de milliers de Guinéens et que vous connaissez autant sinon mieux que moi...
Alors plus RIEN ne m’étonne dans ce pays ou on est prêt a fermer les yeux avec de tels animaux dissimulés dans des corps humains mais que nous acceptons tous les jours autour de nous.
Fermer les yeux et jouer a l'autruche sur tout cela et en même temps espérer que leurs enfants spirituels ne feront pas pire est sur les plans historique, medical et sociologique une preuve irréfutable de naïveté et d’amnésie...
A la veille de l'indépendance on a enterré un être humain vivant en public. dans les années 70 on pendait les êtres humains en public et devant même des enfants. Ce pays a toujours été une terre d'horreur et on a jamais usé de la justice pour réparer les tords.
Celui qui abaisse ce que Dieu a élevé ne connaitra jamais la paix et la prospérité. C'est Dieu en personne qui a élevé l'Homme en demandant aux anges de se prosterné devant lui.
Si nous voulons la paix et la prospérité dans ce bled nous devons beaucoup méditer et placer la vie humaine au dessus de nos passions.
En occident des personnes tuent à bout portant leurs semblables mais jamais vous ne verrez ce genre d'horreur.
Je dis oui à la justice mais non à la vindicte populaire mais en Guinée pendant tout le règne de celui qu'on glorifie comme étant le père de l'indépendance des présumés coupables étaient soumis à la vindicte populaire. Cette malédiction nous suivra longtemps.








