O. Tiero Samedi, 14 Novembre 2015 02:34
L’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) est, sans nul doute, le plus grand parti de l’opposition guinéenne. Grand par les scores qu’elle a obtenus lors de la présidentielle de 2010 avec 48 % de l’électorat au second tour, puis lors des législatives de 2013 avec 37 députés à l’Assemblée nationale. Ces performances électorales justifient pleinement que le leader de l’UFDG devienne le chef de file de l’opposition en Guinée.
La position et le rôle si confortables de ce parti, ajoutés à la force des autres partis de l’opposition, sont jugés par nombre d’observateurs comme le gage de la construction d’un système démocratique en Guinée. Seulement cette vision d’une démocratie en évolution est en train de s’effriter face aux manœuvres déloyales du pouvoir qui a juré d’écraser toute velléité d’opposition dans le pays. Et les partis de l’opposition, en particulier l’UFDG, y prêtent le flanc.
Disons que l’UFDEG porte une grande part de responsabilité dans la déconvenue survenue au scrutin du 11 octobre dernier, et cela au regard de sa position de leader. Mais ce parti ne pouvait pas ne pas échouer, une fois encore, dans cette joute électorale à cause de trois grands handicaps dont il souffre. Primo l’UFDG pèche par excès de confiance en elle-même, son électorat bien que nombreux est essentiellement ethnique, ce qui provoque un rejet de la part d’autres ethnies. Secundo, sa rivalité avec le parti au pouvoir qui lui aussi se veut d’abord l’émanation de l’ethnie malinké, la deuxième après les Peuls en terme de chiffres de la population. La rivalité Malinkés-Peuls est si tenace et si regrettable qu’elle prend tout le pays en otage. A ce propos, un dignitaire de la première République me confiait dans l’entre deux tours de la présidentielle de 2010, ceci : « Même si le challenger de Cellou Dalein était le plus petit des candidats, je voterais pour celui-ci, car je sais ce que le Parti démocratique de Guinée (PDG) a fait aux Peulhs ; Dalein au pouvoir, nous Malinkés deviendrions sa première victime, victime de revanche. » Tertio, l’UFDG se désagrège de l’intérieur par des dissensions internes sans fin. Mais cela n’est pas un fait nouveau, il colle à la peau de cette ethnie dont les contradictions internes avaient facilité jadis la pénétration et la conquête du Fouta théocratique.
Aujourd’hui, où l’opposition guinéenne peine à s’opposer, elle devient méconnaissable et impuissante par manque de tactique politique et de solidarité. Pour avoir refusé la proposition de candidature unique prônée par l’Union des forces républicaines (UFR), l’UFDG a ouvert la voie à l’échec de toute l’opposition. Même si tout le monde y perd, c’est elle qui perd d’avantage en sa qualité de leader. Elle se révèle en définitive un géant aux pieds d’argile. Les Chinois diraient qu’elle est un tigre en papier, elle peut rugir, faire trembler, mais elle finit par s’écrouler dès qu’un coup magistral lui est décoché. D’autres appellent cela « un coup K.O ».
O. Tiero
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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