O. Tiero Samedi, 07 Novembre 2015 01:45
La Guinée accède à l’indépendance en 1958 sous la bannière du Pari démocratique de Guinée (PDG), section guinéenne du Rassemblement démocratique africain (RDA). S’il est de bon ton aujourd’hui de louer le combat libérateur mené par le PDG pour sortir le pays du joug colonial, il est également de bon ton de dénoncer les crimes économiques et politiques commis par ce parti durant les 26 premières années de la République.
On ne déplorera jamais assez en tout cas, qu’en dépit du vocable « parti démocratique », la Guinée ait enduré l’une des pires dictatures connues par l’Afrique contemporaine.
Sékou Touré meurt en 1984 et une junte militaire s’empare du pouvoir. Elle s’accorde une transition de six ans avant de faire adopter par referendum une nouvelle constitution consacrant le régime multipartite. C’est le premier acquis véritablement démocratique de notre histoire moderne. Mais cet acquis sera vite amoindri par des élections frauduleuses organisées régulièrement par le ministère de l’Administration du territoire au profit du parti du président en exercice. Les partis de l’opposition se battront bec et ongles pour l’instauration d’une structure qui a pour vocation d’être neutre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Malheureusement la composition de la CENI est défavorable à l’opposition parce que sur 25 membres 15 sont d’office partisans du parti au pouvoir.
Alpha Condé est élu en 2010 avec pour acteur principal cette CENI boiteuse. Il mettra à profit son premier quinquennat pour caporaliser davantage et la CENI et toutes les institutions qui participent au processus électoral. Alors pourquoi s’étonner aujourd’hui du forcing électoral du 11 octobre 2015 ?
Pour arriver à un régime démocratique au sens vrai du terme la Guinée a deux grands défis à relever : mettre en place une CENI technique et veiller à doter le pays d’un bon leadership. Seul un fin technocrate doublé d’un patriote peut arrimer la Guinée à l’orbite du développement. Ce n’est sûrement pas notre Alpha qui prétend être le Mandela de la Guinée qui réussira cet exploit, il n’en a ni l’expérience, ni la compétence, ni la vision. Notre jeune démocratie va encore patiner cinq ans avant d’espérer se relever. Pauvres de nous. !
O.Tiero
L’indépendant, partenaire de GuineeActu
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