Après la victoire d’Alpha : leçons à tirer d’un processus biaisé

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La Guinée accède à l’indépendance en 1958 sous la bannière du Pari démocratique de Guinée (PDG), section guinéenne du Rassemblement démocratique africain (RDA). S’il est de bon ton aujourd’hui de louer le combat libérateur mené par le PDG pour sortir le pays du joug colonial, il est également de bon ton de dénoncer les crimes économiques et politiques commis par ce parti durant les 26 premières années de la République.

On ne déplorera jamais assez en tout cas, qu’en dépit du vocable « parti démocratique Â», la Guinée ait enduré l’une des pires dictatures connues par l’Afrique contemporaine.

Sékou Touré meurt en 1984 et une junte militaire s’empare du pouvoir. Elle s’accorde une transition de six ans avant de faire adopter par referendum une nouvelle constitution consacrant le régime multipartite. C’est le premier acquis véritablement démocratique de notre histoire moderne. Mais cet acquis sera vite amoindri par des élections frauduleuses organisées régulièrement par le ministère de l’Administration du territoire au profit du parti du président en exercice. Les partis de l’opposition se battront bec et ongles pour l’instauration d’une structure qui a pour vocation d’être neutre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Malheureusement la composition de la CENI est défavorable à l’opposition parce que sur 25 membres 15 sont d’office partisans du parti au pouvoir.

Alpha Condé est élu en 2010 avec pour acteur principal cette CENI boiteuse. Il mettra à profit son premier quinquennat pour caporaliser davantage et la CENI et toutes les institutions qui participent au processus électoral. Alors pourquoi s’étonner aujourd’hui du forcing électoral du 11 octobre 2015 ?

Pour arriver à un régime démocratique au sens vrai du terme la Guinée a deux grands défis à relever : mettre en place une CENI technique et veiller à doter le pays d’un bon leadership. Seul un fin technocrate doublé d’un patriote peut arrimer la Guinée à l’orbite du développement. Ce n’est sûrement pas notre Alpha qui prétend être le Mandela de la Guinée qui réussira cet exploit, il n’en a ni l’expérience, ni la compétence, ni la vision. Notre jeune démocratie va encore patiner cinq ans avant d’espérer se relever. Pauvres de nous. !


O.Tiero
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #9 amadudialamba 09-11-2015 19:35

Le problème fondamental de notre pays c’est la main mise du pouvoir sur tous les processus et sur tous les organismes existants (ONG, politiciens, Syndicalistes, religieux) etc. Alors même si c’est encore un rêve en Guinée, essayons l’exemple des ‘’Faso khès’’. Je sais que tout apprentissage/expérimentation comporte des risques ou des défaillances. Mais les Burkinabès, eux, sans attendre la mafia internationale, ont prix leur destin main. C’est avant même le début du processus électoral qu’ils ont tout règlementer. Désormais chez eux, la distribution de l’argent, au début, pendant et après la campagne est désormais criminalisée. Egalement, pour éviter toute dissimulation ou mauvaise manipulation des résultats, les procès-verbaux portant les résultats sortis fraichement des bureaux de vote seront scannés et directement mis en ligne. La société civile qui s’est imposée comme actrice incontournable, veille au respect de toutes les nouvelles dispositions. Ses agents sillonnent de long en large le pays pour s’assurer que tout se passe comme il se doit. La Guinée pourrait aussi s’inspirer de tels bons exemples. Aujourd’hui en criminalisant la corruption, nous solutionnerions la plus grande partie de nos problèmes. Si nous prenons l’exemple sur les ralliements massifs enregistrés de tout temps par les régimes en place, à chaque période électorale, ils ne sont pas que d’ordre d’allégeance. C’est de la corruption pure et dure. Nous devrions interdire même la distribution des fonds ainsi que la nomination de ces cadres corrompus à des postes de responsabilités. Car tout haut cadre placé à un poste de responsabilité pour son allégeance au régime sera corruptible et inopérant. Enfin, pour éviter la répétition des simulacres d’élections de 2010 et du 11 octobre dernier ou la perpétuation de cette honte nationale, c’est maintenant qu’il faut commencer à travailler. Travailler audacieusement en vue de mettre en place un système fiable permettant de diminuer au maximum possible les fraudes à venir. N’attendons pas à trois ans du début de la prochaine campagne électorale pour démanteler ce système bancal connu de tout le monde depuis des longues années. Les Burkinabès n’ont pas cherché à se faire aider par des experts étrangers. Sauf peut-être par des techniciens en la matière. C’est ca aussi la préservation de sa souveraineté. Ils n’ont pas voulu compter sur la CEDEAO, l’UA ou ladite CI (SUPRA), bourrées de représentants corrompus. Surtout que la majorité des dirigeants des pays membres de l’UA sont des dictateurs. Comment voulez-vous donc que des décisions fiables sortent des rencontres ou des supervisions des délégués de ces pays ? Des émissaires qui reçoivent tous un mandat précis de la position à adopter avant même de rentrer dans l’avion de voyage. Pour réussir nous devons compter sur nous-mêmes et nos propres initiatives.
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0 #8 Celloumbah 08-11-2015 22:06

Je ne sais pas pourquoi ces journalos ou analystes (alimentaires)nous parlent tout temps de victoire sachant qu'il n'y a même eu d'élections en Guinée??
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+2 #7 A.O.T. Diallo 08-11-2015 18:17

Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
En ce siècle de modernisation (21ème, doté d’une nouvelle technologie hautement perfectionnée, pourquoi continuer à se fatiguer par des personnes inefficaces et inconscientes ? C’est nous qui avons donné de l’importance à ces tricheurs en leur facilitant tout. Le budget de la CENI peut sortir la Guinée d’une année de sa misère. Cette CENI est à supprimer et son personnel à mettre a la porte. A sa place, créer un Centre indépendant chargé de la gestion des processus électoraux, avec des experts talentueux et totalement indépendants. Un centre qui sera doté d’appareils performants. Un centre qui standardisera tous les bureaux de vote par ordre numérique et par lieux bien précis. Dans les locaux dudit centre seront également affichés toutes les informations nécessaires concernant les scrutins, notamment la cartographie électorale, les points d’affichage des cartes électorales, les bureaux de relais, etc. A chaque élection le centre sollicitera auprès du gouvernement l’autoriser de l’accréditer toute la presse, gouvernementale comme indépendante pour balancer minute par minute, les fiches de résultats fraichement produites par les commissions de centralisation des votes. Avec ce système électronique fiable et bien gérer, tous les résultats seront vites connus, sans trop de protocole, sans aucune altération par manipulation. Il y a plein de jeunes nationaux issus des familles guinéennes capables de faire un tel travail sans aucune erreur technique. Ainsi, même les journaux de campagne pourront être diffusés sur des écrans géants du Centre. Les résultats aussi y défileront tranquillement devant tout le monde sans aucune interférence.

Mon cher, tu penses vraiment que ce sont des personnes inefficaces et inconscientes qui ont obtenu ces résultats ?
Ne rêvons pas, cette attitude est 100% volontaire et bien préparée et avec succès. Ce sont de parfaits exemples de "l'ignorance optimale et de l’imprécision appropriée" développés habilement.
C'est ça le SYSTEME qui gère la Guinée de mieux en mieux depuis 1959 et crois-moi la CENI ne changera jamais tant qu'il est en place, même si tu y met uniquement des "spécialistes neutres".
Pour régler un problème il faut bien identifier les causes et poser des solutions efficaces.
Changer une CENI politique en une CENI technique c'est comme mettre du sparadrap sur une fracture ouverte, ça ne fera que cacher la plaie hideuse...
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0 #6 madina 08-11-2015 10:48

Alfa Condè n'a eu aucune victoire.
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+1 #5 amadudialamba 08-11-2015 04:36

En ce siècle de modernisation (21ème, doté d’une nouvelle technologie hautement perfectionnée, pourquoi continuer à se fatiguer par des personnes inefficaces et inconscientes ? C’est nous qui avons donné de l’importance à ces tricheurs en leur facilitant tout. Le budget de la CENI peut sortir la Guinée d’une année de sa misère. Cette CENI est à supprimer et son personnel à mettre a la porte. A sa place, créer un Centre indépendant chargé de la gestion des processus électoraux, avec des experts talentueux et totalement indépendants. Un centre qui sera doté d’appareils performants. Un centre qui standardisera tous les bureaux de vote par ordre numérique et par lieux bien précis. Dans les locaux dudit centre seront également affichés toutes les informations nécessaires concernant les scrutins, notamment la cartographie électorale, les points d’affichage des cartes électorales, les bureaux de relais, etc. A chaque élection le centre sollicitera auprès du gouvernement l’autoriser de l’accréditer toute la presse, gouvernementale comme indépendante pour balancer minute par minute, les fiches de résultats fraichement produites par les commissions de centralisation des votes. Avec ce système électronique fiable et bien gérer, tous les résultats seront vites connus, sans trop de protocole, sans aucune altération par manipulation. Il y a plein de jeunes nationaux issus des familles guinéennes capables de faire un tel travail sans aucune erreur technique. Ainsi, même les journaux de campagne pourront être diffusés sur des écrans géants du Centre. Les résultats aussi y défileront tranquillement devant tout le monde sans aucune interférence.
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+4 #4 M. Sacko 07-11-2015 20:10

Citation en provenance du commentaire précédent de Abdoul:
Une CENI composée de qui et de qui ? Le probleme Guineen est énorme ! Qui va defendre la légalité, les valeurs de la République et non des interets partisans ? Qui ? Vraiment qui ?

Meme si vous mettez nos imams et nos pretres aujourd'hui au niveau de la CENI, je vous assure que vous aurez une CENI partisane. La crise morale a tellement penetre les maillons de notre societe a tel enseigne que vous vous demandez a quel saint se vouer. Je suis d'accord avec l'emergence d'un leadership competent et visionnaire mais il doit aussi trouver une plateforme patriotique au niveau de la societe guineenne debarrassee de toute consideration ethnique ou egoiste pour faire avancer son programme de societe dans une republique.
Le Fouta Theocratique a vecu et l'empire du mandingue a vecu, je crois qu'il est temps de classer ces souvenirs au MUSEE SANDREVALIA pourqu'on puisse penser maintenant en citoyen guineen vivant dans une republique. Notre pays est gravement malade!
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+2 #3 lodia 07-11-2015 13:58

AC n'a ni le charisme, ni l'intelligence, ni la competence , ni le leadership pour devenir le MANDELA de la guinee. Il s'est révélé plutot comme un ethnocentrique macabre pire que son mentor "Sekou Touré". Il chasse toutes les autres ethnies de l'administration guineene et met que des CONDES en premiers et les ASSIMILES en second. Quand je vais dans certaines ambassades ou bureaux, il y'avait une diversité au temps de CONTE, mais maintenant y'a que des CONDES et ASSIMILES. Est ce reelement un intellectuel, un homme équilibré soucieux de ses faits et gestes, j'en doute, nous avons à la tête de la guinee, un dangereux je m'en foutiste sans vergogne, ni scrupules, qui s'est habillé d'une carapace de crocodile et qui avance tête baissée, qui dit ce qu'il veut sans se soucier de rien sauf s'ilest devant ses maîtres Tony BLAIR et F. HOLLANDE. MEFIONS NOUS, le plus dur est à venir
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+3 #2 Gandhi 07-11-2015 10:59

Oui la CENI est à changer, mais le système politique guinéen également. C'est même ça la priorité, mais ça prendra 3 ou 4 générations.
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+4 #1 Abdoul 07-11-2015 08:05

Une CENI composée de qui et de qui ? Le probleme Guineen est énorme ! Qui va defendre la légalité, les valeurs de la République et non des interets partisans ? Qui ? Vraiment qui ?
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