Thierno Fodé Sow Jeudi, 13 Octobre 2011 14:12
"Tout déplacement de sages, de coordinations régionales de femmes ou de jeunes de nature à apporter un soutien au président Alpha Condé suite à l'attaque contre sa personne est interdit jusqu'à nouvel ordre". C’est la teneur d’un communiqué émanant, en début de semaine, de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.
La mesure a dû être dure à être acceptée et pourtant, plus personne ne doit drainer du monde à la Présidence de la République pour apporter un quelconque soutien à l’issue de l’assaut perpétré contre le domicile privé d’Alpha Condé à Kipé, le 19 juillet dernier. En effet, depuis le raid perpétré contre le domicile du chef de l’Etat, on assiste à une véritable convergence de personnes vers le palais présidentiel. Tous venus pour témoigner leur soutien moral à Alpha Condé. Et en même temps, « condamner avec la dernière énergie » l’acte nuisible. Des mois après, ces mouvements commencent à agacer tant au niveau de Sékhoutouréya qu’au niveau du département de l’Administration du territoire.
Et c’est justement ces genres de mouvements dont il faut aujourd’hui débarquer les plus obséquieux des laudateurs qui poussent les chefs d’Etat à s’incruster, à rêver à de nouveaux mandats, à la révision de la constitution, etc., ça donne le goût du pouvoir avec une troublante rapidité. Il ne doit donc exister aucune place pour les escrocs camouflés et les petits malins qui sont bien doués dans les hommages de circonstance : ils rivalisent de lyrisme pour saluer chaque nouvel homme fort de la nation. Ce sont eux les artisans des rois, des despotes et d’autocrates. Ce sont eux aussi les prolixes architectes des stéréotypes anti-changement. Ils sont tous catalogués et donc bien connus de l’opinion. Ils ont une forte capacité de nuisance et sont passés maîtres dans l’art. Et inopportunément, ils font triste école. Car, là-dedans, on retrouve désormais d’autres couches sociales comme des étudiants et/ou diplômés fainéants, des flâneurs en quête de paternité, de simples faiseurs de roi en quête aussi de recevabilité. Bref, tout un cocktail d’opportunistes qui ne ratent jamais les circonstances : la politique du caméléon en est leur marque de fabrique.
Le moment est pourtant venu de poser enfin les vraies questions que mérite le destin des Guinéens, qui n’a finalement connu, en 51 années d’indépendance, que 51 ans de dictature et de dénuement. Aujourd’hui donc, l’on ne peut prétendre aider la Guinée à s’extirper de sa nuit profonde en se contentant de recettes passe-partout, parfois trop simplistes, alors que les cadavres des nombreuses victimes restent toujours sans auteurs inculpés. Et pourtant, les assassins se pavanent dans Conakry ou autour du cercle très fermé de la Présidence de la République. Haro donc sur tous mouvements de soutien liés au raid de Kipé.
Thierno Fodé Sow