Présidentielle guinéenne : ces observateurs qui ne voient jamais rien

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Un chef d’Etat africain avait eu ce constat implacable selon lequel, sur ce continent noir, un président en exercice ne peut pas organiser des élections et les perdre. Effectivement, l’histoire lui donne raison car, en dehors de quelques cas rares, notamment les exemples de Goodluck Jonathan au Nigeria, Abdoulaye Wade au Sénégal, les chefs d’Etat africains ont toujours remporté, les doigts dans le nez, les scrutins organisés sous leur règne. Et ce sera très probablement aussi le cas pour le Professeur Alpha Condé en Guinée Conakry, dont la victoire se dessine de plus en plus. Remporter au « quart de tour Â» ce scrutin, il faut être Alpha Condé pour le faire, envoyant ipso facto ses principaux concurrents, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, au tapis. Ainsi, comme beaucoup de ses homologues africains, l’opposant historique devenu président de façon « extraordinaire Â» en 2010, a montré que dans la pratique démocratique sous nos cieux, le « pouvoir sortant, bénéficiant du large soutien de tout l’appareil d’Etat, pouvait à loisir dicter l’issue d’un scrutin Â». Il ne nous revient pas de contester la régularité de la victoire de Condé, ni de dire que ses opposants ne méritaient pas de perdre. Seulement, un certain nombre d’éléments dans cette ambiance d’embrouillamini électoral, laissent perplexes quant aux conditions de déroulement du scrutin. Bref, au-delà de la victoire plus que probable du président Condé, c’est l’acceptation des résultats qui pose problème. Faut-il encore le rappeler, les sept candidats opposés à Condé rejettent en bloc les résultats et réclament une annulation pure et simple du scrutin. Et ce n’est pas tout. Le principal opposant, Cellou Dalein Diallo, très remonté contre le président de la CENI, annonce qu’il se retire du processus électoral. Car malgré les appels pressants de l’opposition et les récriminations fondées sur les défaillances du système électoral, le responsable de la CENI n’a jamais donné l’impression que la transparence et la crédibilité des élections étaient sa préoccupation. Bien au contraire, il se comportait en homme-lige du pouvoir de Condé.


Malheureusement, c’est la population qui paie toujours le prix fort, dans les mascarades électorales

Dans cette histoire, les Guinéens n’ont pas été aidés, d’autant que la communauté internationale n’a, à aucun moment, exercé une quelconque pression sur le pouvoir dans le sens d’améliorer les règles de la compétition électorale. Elle a plutôt passé le temps à s’égosiller pour que le scrutin soit apaisé, en brandissant même des menaces. C’est le cas de Fatou Bensouda de la Cour pénale internationale (CPI) qui a occulté le fait que l’ambiance post-électorale est tributaire de la transparence, de l’équité, de la crédibilité, et donc de règles acceptées de tous. Ce faisant, la communauté internationale pourrait avoir entériné une mascarade électorale en Guinée, tout en indiquant aux princes du continent que ce qui compte, c’est de gagner les élections, quelle que soit la manière. Toute chose qui a fait dire à l’ancien président français Jacques Chirac, que « la démocratie est un luxe pour l’Afrique Â». Pour revenir aux élections guinéennes, outre la communauté internationale coupable de n’avoir pas su mener en amont le combat dans le sens de la transparence du scrutin, l’on doit s’offusquer du comportement des « observateurs internationaux ». Ils sont à la fois l’œil et la garantie d’une élection transparente et équitable. Du moins, leur « certification » permet d’apprécier la crédibilité d’une élection. Mais, hélas, l’histoire a montré qu’il ne faut jamais s’en remettre à ces « observateurs Â» dont on se demande finalement ce qu’ils observent sur le terrain. Ils ne voient jamais grand-chose. Le tapage médiatique autour de leur présence à une élection, sonne creux. A ce rythme, on se demande si les gros moyens mobilisés pour les envoyer dans un pays pour une mission d’observation électorale, ne gagneraient pas à être alloués à des structures d’observation nationale, notamment la société civile. Dans tous les cas, on peut agir de sorte à rendre plus performant le système d’observation électoral domestique. Sinon, on aura toujours des missions d’observation qui entérineront des dictatures. Et malheureusement, c’est la population qui paie toujours le prix fort, dans ces mascarades électorales. Au total, on a bien peur pour la Guinée et les Guinéens qui ne méritent pas ce qui leur arrive. Ils sont pris au piège à la fois par une classe politique « incorrigible Â» et par une communauté internationale qui refuse de s’assumer jusqu’au bout, cautionnant au passage des résultats électoraux bien souvent fabriqués à l’avance par les princes régnants. Ce faisant, l’on retarde l’avènement d’une Afrique véritablement démocratique. Avec ce qui s’est passé en Guinée, on est obligé de reconnaître avec René Dumont, que « l’Afrique noire est mal partie Â» et que cette affirmation afro-pessimiste demeure une réalité cruelle, pour le grand malheur des populations africaines aspirant à la démocratie.


Michel Nana
lepays.bf


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Commentaires  

 
+3 #17 kourouma karamoko 19-10-2015 13:23

Les observateurs des élections en Afrique: tous aveugles mais très bavards, exactement comme les malades d'onchocercose!!!
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+1 #16 Gandhi 18-10-2015 09:37

Citation en provenance du commentaire précédent de Abraham Bantignel:
la Cour ait refusé d’assumer ses responsabilités, lui étant pourtant attribuées par la Constitution;

Qu'est ce qui a été fait concrètement contre la Cour suprême depuis 2 ans ?
Rien.
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-2 #15 Abdoul 17-10-2015 22:43

Citation en provenance du commentaire précédent de ousmane B.:
Michel Nana se préoccupe de la Guinee et semble tancer les observateurs internationaux. C'est a peine s'il ne les déclarent RPGistes pur sang.

Il y a aussi ca : http://www.guineepresse.info/index.php?id=11,16408,0,0,1,0
et ca : http://www.guineepresse.info/index.php?id=11,16414,0,0,1,0
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+4 #14 DK.DIABY 17-10-2015 20:12

Où est passé Ousmane Gaoual Diallo ?
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0 #13 Abraham Bantignel 17-10-2015 19:40

Voici pourquoi CDD ne se fatiguera pas à faire recours envers une justice sans dignité ni honneur en Guinée: Rapport de la MO-EU pour les législatives en 2013- Point 38 de ce rapport en 2013 :
« 38.La Cour suprême a confirmé, le 15 novembre, les résultats provisoires proclamés par la CENI. En dépit de onze requêtes jugées recevables, la Cour a rejeté l’ensemble des griefs introduits, arguant un manque de temps et de preuves tangibles. De surcroît, la Cour s’est déclarée incompétente en invoquant que le traitement des plaintes relatives aux questions électorales relevait des compétences de la CENI et des tribunaux de premières instances. La MOE UE déplore que la Cour ait refusé d’assumer ses responsabilités, lui étant pourtant attribuées par la Constitution; une telle posture représente un déni de justice et ne garantit pas les nécessaires vœux d'indépendance et de crédibilité de cette institution compétente dans le traitement du contentieux. »
Donc en octobre 2015, avec les mêmes griefs et fraudes la Ceni qui a de façon arrogante refusé de considérer les recommandations de la MO-EU récidive avec en profil le même scenario de la justice que la MO-EU a qualifié de « déni de justice » pour l’opposition.
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0 #12 moussa diallo 17-10-2015 19:21

en excluant les autres et faire votant que sa communaute on aura un score stanlinien .
on connait le niveau de chacun des des candidats
et tout le monde sait cette simulacre d election .
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-2 #11 DK.DIABY 17-10-2015 18:42

Yandi laissez nous fêter notre victoire dans la paix.
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0 #10 Koto Saliou 17-10-2015 18:25

@Ousmane B.:"Par cette attitude, ce parti prépare encore son échec en 2020 et Cellou, sa crédibilité face a une communauté internationale exaspère des "enfantillages" politiques.
A bon entendeur."
Avant 2020,AC va modifier la Constitution Guinéenne pour se faire élire Président à vie,sous prétexte qu'il n'a pas fini ses actions de Développement de la Guinée émergente...La Guinée est un pays atypique et l'intérêt personnel passe avant l'Unité du tissu social.La Guinée est comme une viande de panse (déchet et viande réuni en même temps).Enfin,il appartient à la jeunesse patriotique Guinéenne de prendre son Destin en mains comme au Burkina,le Rwanda,la Tunisie et autres pays,parce que la charité bien ordonnée comme par soit-même.
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+1 #9 A.O.T. Diallo 17-10-2015 18:01

Citation en provenance du commentaire précédent de ousmane B.:
Michel Nana se préoccupe de la Guinee et semble tancer les observateurs internationaux. C'est a peine s'il ne les déclarent RPGistes pur sang. Le malheur de l'opposition africaine et en particulier celle guinéenne est de manquer notoirement de cohérence et d'être d'une mauvaise foi inouïe. Qui a voulu que les "blancs" viennent superviser nos élections si ce n'est l'opposition?
On a attache qui pour qu'il participe a ces élections?
On se rappelle tous du leve de bouclier que cela a suscite au sein de l'opposition quand le gouvernement a voulu se passer de l'Union Européenne dans l'organisation de ces élections. Aujourd'hui, on veut nous faire croire que ceux qu'on a appelle pour venir "arbitrer" ces élections sont en fait des militants patentes d'Alpha condé.
Je me demande vraiment ce que la Guinée vaut pour que ces observateurs viennent soutenir un camp contre un autre.
Si la communauté internationale, (en fait les blancs) dont la présence a été particulièrement sollicitée par l'opposition (par pur complexe d'infériorité) dit que ces élections sont satisfaisantes et que les différentes anomalies ne remettent nullement en cause les résultats de ces élections alors, l'opposition devient ridicule et montre son immaturité politique.

I support this message- ils pensaient vraiment que la CI viendrait les aider a gagner les élections ?
Donnez moi un seul exemple ou elle l'a fait sans une détermination inébranlable au départ.
Si l'analyse et bilan finaux des opposants portent la responsabilité même a 10% sur la CI alors les élections de 2020 seront comme dit ci-dessus encore identiques...
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+1 #8 A.O.T. Diallo 17-10-2015 17:54

Citation en provenance du commentaire précédent de Celloumbah:
ce qui s'est passé en guinée pendant ces soi-disante elections ne se passe nul part ailleurs dans le monde a part en Guinée; déjà en 2010 la guinée a été le 1er pays au monde à organiser le 2éme tour d'une election aprés 4 mois du 1er tour. Mais cette fois on dirais que c'est la françafrique qui a été utilisée (kouchner, Laskaris, T.Blair, Soro.........ONT bien joués ........),

Eh mignan laisse la CI tranquille pardon - c'est pas elle qui est le responsable de tout ca - elle a fait ce qu'elle fait partout dan le monde , y compris au BF : elle soutient les plus temeraires...
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-3 #7 ousmane B. 17-10-2015 17:07

Michel Nana se préoccupe de la Guinee et semble tancer les observateurs internationaux. C'est a peine s'il ne les déclarent RPGistes pur sang. Le malheur de l'opposition africaine et en particulier celle guinéenne est de manquer notoirement de cohérence et d'être d'une mauvaise foi inouïe. Qui a voulu que les "blancs" viennent superviser nos élections si ce n'est l'opposition?
On a attache qui pour qu'il participe a ces élections?
On se rappelle tous du leve de bouclier que cela a suscite au sein de l'opposition quand le gouvernement a voulu se passer de l'Union Européenne dans l'organisation de ces élections. Aujourd'hui, on veut nous faire croire que ceux qu'on a appelle pour venir "arbitrer" ces élections sont en fait des militants patentes d'Alpha condé.
Je me demande vraiment ce que la Guinée vaut pour que ces observateurs viennent soutenir un camp contre un autre.
Si la communauté internationale, (en fait les blancs) dont la présence a été particulièrement sollicitée par l'opposition (par pur complexe d'infériorité) dit que ces élections sont satisfaisantes et que les différentes anomalies ne remettent nullement en cause les résultats de ces élections alors, l'opposition devient ridicule et montre son immaturité politique en voulant nier ce que tout le monde (UE, USAID, UA, Observateurs nationaux, Journalistes ) semble dire.
L'opposition et, notamment Cellou Dalein a perdu ces élections parce qu'il a été incapable de tirer les leçons de 2010. L"UFDG a l'exception de Saliou Bella, n'a jamais eu le courage d'analyser objectivement son échec de 2010. Il s'est toujours contente comme c'est le cas aujourd'hui de mettre cet échec sur le compte de la fraude dont il serait victime.
Par cette attitude, ce parti prépare encore son échec en 2020 et Cellou, sa crédibilité face a une communauté internationale exaspère des "enfantillages" politiques.
A bon entendeur.
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0 #6 Celloumbah 17-10-2015 14:10

Citation en provenance du commentaire précédent de Juger Hussein Habre A la barre:
Que vient faire Aleksander Laskaris, un americain dans la france-africaine? Voulez-vous dire Amerique-afrique? ou Amerique-Guinée ou Amerique-Alpha?

Laskaris est un lascar, j'ai utilisé le terme Françafrique parce qu'il y a plus d'européens (surtout F16) que d'Américains dans cette mafia internationale qui se partage la Guinée,
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-10 #5 Juger Hussein Habre A la barre 16-10-2015 23:19

Citation en provenance du commentaire précédent de Celloumbah:
ce qui s'est passé en guinée pendant ces soi-disante elections ne se passe nul part ailleurs dans le monde a part en Guinée; déjà en 2010 la guinée a été le 1er pays au monde à organiser le 2éme tour d'une election aprés 4 mois du 1er tour. Mais cette fois on dirais que c'est la françafrique qui a été utilisée (kouchner, Laskaris, T.Blair, Soro.........ONT bien joués ........),

Que vient faire Aleksander Laskaris, un americain dans la france-africaine? Voulez-vous dire Amerique-afrique? ou Amerique-Guinée ou Amerique-Alpha?
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+9 #4 Gandhi 16-10-2015 22:45

Excellent texte
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+4 #3 amadudialamba 16-10-2015 22:33

"Ce faisant, la communauté internationale pourrait avoir entériné une mascarade électorale en Guinée, tout en indiquant aux princes du continent que ce qui compte, c’est de gagner les élections, quelle que soit la manière". Depuis une semaine déjà les chaines des radios et télévisions occidentales sont en train de parler d'une victoire certaine et écrasante de leur professeur, avant même le début du dépouillement des bulletins. Je trouve cela vraiment scandaleux. Pour l'avenir, je ne voudrais plus jamais entendre les chefs d'Etats français en visite en Afrique nous parler de la démocratie. Ils n'ont qu'a faire la promotion des dictatures qu'ils supportent. Un point c'est tout ! ON EN A ASSEZ d'eux.
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0 #2 Celloumbah 16-10-2015 20:14

ce qui s'est passé en guinée pendant ces soi-disante elections ne se passe nul part ailleurs dans le monde a part en Guinée; déjà en 2010 la guinée a été le 1er pays au monde à organiser le 2éme tour d'une election aprés 4 mois du 1er tour. Mais cette fois on dirais que c'est la françafrique qui a été utilisée (kouchner, Laskaris, T.Blair, Soro.........ONT bien joués ........),
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+5 #1 Koto Saliou 16-10-2015 19:42

@Michel Nana:"Avec ce qui s’est passé en Guinée, on est obligé de reconnaître avec René Dumont, que « l’Afrique noire est mal partie » et que cette affirmation afro-pessimiste demeure une réalité cruelle, pour le grand malheur des populations africaines aspirant à la démocratie."
Mr René Dumont (Ingénieur agronome)avait vu juste dans sa Théorie de la mentalité d'assisté africain et/ou la politique de la main tendue lors de la famine en Ehtiopie et Biafra (Nigeria).Le rapport Willy Brandt abordait dans le même sens en 1978 aux Nations-Unies.Le constat est que les ex-Colons ont maintenant des nègres serviteurs qui effectuent le Boulot à leur place...Au finish,au lieu de produire sur place ceux dont nous avons besoins,on consomme des pacotilles importées de toutes sortes.Les ressources minières en Guinée sont déjà hypothéquées pour longtemps,en plus aucun plus value (valeur ajoutée).Les jeunes générations doivent se battre pour récupérer leur patrimoine.Les exemples (comme le Rwanda de Paul Kagamé,le Burkina,le Viet Nam,l'Équateur,etc.)n'en finissent pas.Point.
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