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Le totalitarisme guette la Guinée
Naby Laye Camara Lundi, 21 Septembre 2015 21:22
Le 11 octobre prochain, les Guinéens se rendront aux urnes pour élire leur président de la République. Parmi les huit candidats en lice, le président sortant, Alpha Condé, mérite une attention très particulière.
Le mandat présidentiel de cinq ans du président Alpha Condé a pleinement suffi pour qu’il prépare et structure dans tout le pays les bases essentielles du totalitarisme. Désormais, il cherche un second mandat pour passer aux actes, et relancer cette forme de dictature aux apparences d’un régime démocratique transparent.
Le totalitarisme politique est une forme exceptionnellement élargie de la dictature, dans laquelle l’Etat monopolise le contrôle non seulement des institutions du gouvernement, mais aussi les moyens de communication, le système éducatif, les lieux de culte (mosquées, églises), en laissant peu d’espace à la liberté privée.
Dès ses premières instances au pouvoir, le président Alpha Condé n’a pas tardé à nous impressionner, négativement. Les maires dans certaines communes sont démis de leurs fonctions, pour faute grave, et sans aucune suite de procédure judiciaire possible. Les chefs des partis politiques sont fustigés et considérés comme des bandits. Les gouverneurs, préfets et sous-préfets ne sont plus les représentants de l’Etat, mais du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel. Les fonctionnaires de l’administration qui n’agissent pas en faveur du parti au pouvoir sont intimidés, mutés, ou tout simplement rétrogradés de leurs postes. Les ministres ou hauts fonctionnaires de l’Etat sont nommés sans aucun critère de compétence, et en fonction de l’humeur du président. Des obstacles sont inventés et placés pour éviter le fonctionnement normal des structures démocratiques. Des accords à propos des conflits institutionnels sont minimisés et violés. Bref, tout un mandat jonché d’un ensemble de signes avant-coureurs du totalitarisme politique.
Rien de surprenant ! Le président Alpha Condé a bien appartenu aux mouvements socialistes dans les années antérieures. Un socialisme pur où le parti au pouvoir ne peut être dissocié de l’Etat. Le parti-Etat, la seule forme de combinaison exécutive que connaisse Alpha Condé.
Dans l’ignorance que nous ne sommes plus dans des formes de gestion politique des années 70, le président guinéen comprend autrement le sens du système présidentialiste dans la démocratie électorale.
Pendant la période de transition, il remua terre et ciel pour que les élections présidentielles aient lieu avant les législatives. Et dès qu’il fut élu président de la République, il se positionna en disant que les conflits entre l’opposition et la CENI, ou entre les partis politiques, ne l’intéressaient plus. « Je suis chef de l’Etat, je ne m’occupe pas des choses qui ne sont pas sous ma responsabilité », soutenait-il.
Pourtant, cet homme qui semble avoir la mémoire de poule ne se rappelait plus sa fameuse phrase : « quand je suis arrivé au pouvoir, j’ai trouvé un pays, pas un Etat ». Est-il possible qu’un chef d’Etat rétablisse les véritables vertus de son Etat en fuyant ses propres responsabilités ? Car si l’Etat avait disparu, c’est parce que les Guinéens n’avaient aucun respect pour les lois du pays. Par conséquent, la première préoccupation du président de la République, c’est d’agir en créant, en encourageant les contacts entre les différents acteurs politiques dans la résolution des conflits institutionnels. La responsabilité dans la prise des décisions politiques est fondamentale dans le fonctionnement du système présidentialiste.
Le système présidentialiste en démocratie électorale signifie que le président de la République est le chef de l’Etat, c’est-à -dire, l’unique tête effective du gouvernement qui possède constitutionnellement des pouvoirs effectifs pour prendre des décisions. Le système réussit inévitablement lorsque les autorités sont responsables. Sans cela, les gouvernants sont des monstres pour les gouvernés. D’où d’ailleurs le système de séparation des pouvoirs pour contrôler et contrebalancer l’autorité des autres.
Le président Alpha Condé est irresponsable et tous ses actes politiques vont dans le sens de l’abus et de la confiscation du pouvoir. Cette attitude autoritaire prépare une autre beaucoup plus musclée et destructrice qui guette présentement la Guinée : le totalitarisme.
Naby Laye Camara
Bruxelles
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Commentaires
Naby Laye Camara,
Il vous arrive souvent de définir des concepts dans vos écrits sans toutefois indiquer la source. C'est le cas dans ce texte du totalitarisme et du système présidentialiste. Je voudrais savoir si ces définitions sont de vous ou d'autres personnes. S'ils sont d'autres personnes alors que vous ne citez pas la source, vous plagiez. Sur le plan intellectuel, vous seriez en train de voler.
Monsieur Lamah! Pour avoir étudié la philosophie politique, je n'ai nullement besoin de tergiverser pour définir, en un clin d’œil, les concepts "totalitarisme" ou "le système présidentialiste".
Il vous arrive souvent de définir des concepts dans vos écrits sans toutefois indiquer la source. C'est le cas dans ce texte du totalitarisme et du système présidentialiste. Je voudrais savoir si ces définitions sont de vous ou d'autres personnes. S'ils sont d'autres personnes alors que vous ne citez pas la source, vous plagiez. Sur le plan intellectuel, vous seriez en train de voler.
En dehors des partis, citez moi une structure indépendante en Guinée, ou qui n'ait pas de concurrent dans son domaine. A une époque (peut-être non révolue), on a même choisi une RPGiste pour représenter l'association des éleveurs !!! c'est tout dire.
Dernièrement on avait laissé entendre qu'une vingtaine de structures microscopiques de Bambetto ou créées pour l'occasion (soit l'ensemble du quartier voulait-on faire croire) soutenait AC. Cela permet ensuite de faire croire que l'axe est désormais derrière AC. Même des supporters du RPG en ont marre de l'indigestion de propagande d'AC à la RTG, devenue la TV de la Corée du Nord.
J'ose espérer que les guinéens puissent comprendre qu'on n'accorde jamais tous les pouvoirs à un seul homme. Le pouvoir qui dure est celui qui est bâti sur des institutions solides et qui respecte des règles et principes ancrés dans le respect de la vie humaine et de l'éthique.
Les hommes passent mais les institutions demeurent mais dans la dictature plus les hommes passent plus le pays se désagrège.
L'héritage du dictateur féroce est toujours est le chaos.








