Naby Laye Camara Mardi, 01 Septembre 2015 18:00
Platon, Aristote, Machiavel, Thomas Hobbes, James Madison, John Locke, Montesquieu, etc., tous philosophes et théoriciens en politique, admettent que les évènements politiques ne sont pas le fruit du hasard ou du fatalisme. Tout s’explique par la raison.
L’attitude hypocrite et lâche de l’Etat guinéen dans le traitement du dossier Dadis Camara, pourrait infliger au président Alpha Condé la honte de sa vie, à l’instar de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo.
Le dossier Dadis Camara n’est pas compliqué ! Il s’agit seulement de ne pas mélanger deux situations qui ne doivent pas être mélangées. L’ex chef de la junte militaire n’est pas allé au Burkina Faso parce qu’il aurait commis des faits graves dans son pays. Il y est allé après quelques semaines passées au Maroc pour des traitements, suite à l’attentat armé qui aurait pu lui coûter la vie. En toute logique, aussitôt le traitement terminé, aussitôt il doit retourner dans son pays.
Mais pourquoi ce dossier, si simple, a-t-il pris alors une allure compliquée ? L’explication entière se trouve dans l’attitude indescriptible du gouvernement guinéen. Comme d’habitude, et depuis 2010, le président Alpha Condé est connu pour son incompétence et son irresponsabilité à résoudre des problèmes.
Lorsque Dadis Camara a manifesté son intention de participer aux élections du 11 octobre, le pouvoir guinéen est resté cloué dans un mutisme total sans y faire de commentaires juridiques. L’intention de Dadis Camara d’être candidat aux élections n’a jamais été questionnée par la justice guinéenne, même officieusement.
Au lieu de tout ça, malheureusement, le gouvernement d’Alpha Condé, avec son arrogance habituelle, a préféré démontrer qu’une candidature de Dadis Camara, et sa possible alliance avec l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, ne constituait aucunement une menace pour le RPG Arc-en-ciel. D’ailleurs, nous avions tous écouté les allégations du député et président du groupe parlementaire RPG, Damaro Camara : « Dadis Camara n’a aucun poids politique. Il n’a aucun projet de société, peut-être s’il a 2 ou 1%, ce serait bien pour lui. En Forêt, ajoute-il, les Guerzés ne sont pas majoritaires… ».
Mais si l’ancien commandant des Forces armées guinéennes n’a aucun poids politique, et qu’il ne représente pas une menace électorale pour la mouvance, pourquoi la justice guinéenne est-elle allée si précipitamment au Burkina Faso pour le mettre en examen ?
Une mise en examen de Dadis n’est pas mauvaise en soi. Mais il faut avoir les moyens légaux et communicatifs pour la soutenir jusqu’au bout. Alpha Condé et ses hommes n’en possèdent pas. Et voilà finalement, la grande bévue politique et le paradoxe inimaginable, qu’on mette un citoyen en examen pour des faits graves, mais qu’en même temps, on ne souhaite nullement le voir de tout près.
Une mise en examen est une « compétence exclusive du juge d’instruction. Elle vise la personne contre laquelle il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission d’une infraction ». La présence de Dadis Camara en Guinée, incontestablement, faciliterait le travail du juge.
Tous les faits en politique sont explicables par la raison. En Guinée, aujourd’hui, les « ingrédients » sont réunis pour que la pagaille éclate. L’attitude du gouvernement guinéen à traiter les questions de la chose publique dans la négligence et la lâcheté, est une mauvaise habitude qui, logiquement, s’est transposée dans le traitement du dossier Dadis Camara. Une situation qui pourrait conduire Alpha Condé à la retraite forcée.
Dans le dossier Dadis Camara, le paradoxe est de taille, mais la vérité des faits nous permet de comprendre mieux tout le brouhaha : la possible alliance annoncée entre Cellou Dalein Diallo et Dadis Camara, est la plus mauvaise nouvelle de toute la longue et inutile carrière politique d’Alpha Condé.
Naby Laye Camara
Bruxelles
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