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Le calvaire des diplômés

Boubacar Bah  Lundi, 17 Août 2015 17:05

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En Guinée, comme dans aucun autre pays de l’Afrique et même du monde, les jeunes sont désœuvrés quelle que soit la classe sociale dans laquelle ils sont. Les jeunes diplômés (sans emploi) sont parmi la couche juvénile, l’une des plus démunies.

En Guinée le dernier parmi les jeunes est celui qui ne se fie qu’à la fonction publique, en d’autres termes, celui qui ne s’attend qu’à être recruté à la fonction publique, c’est pourquoi partout dans le pays les jeunes sont en première ligne dans tous les domaines et métiers de débrouillardise, les diplômés sans emploi (la majorité des diplômés d’enseignement supérieur ou technique) sont presque tous des débrouillards (petits commerçants) ou tiennent des télécentres, font du taxi-moto…, à ceux-ci s’ajoutent les rares qui travaillent dans le secteur privé. Malgré cet état de fait, tous accourent vers la fonction publique une fois un concours de recrutement organisé car un adage dit : « Faute de grives on mange des merles ».

Pour en être sûr, combien de fois les jeunes de ce pays s’intéressent à un emploi quel qu’il soit ? Le ministère de la Fonction publique organise ce dimanche un concours de recrutement de 2.000 nouveaux fonctionnaires dans le secteur de la santé répartis comme suit :

Parallèlement un autre concours de recrutement à la fonction publique sera organisé en septembre prochain dans divers domaines : éducation, sécurité, environnement, ...

Ces types de concours sont organisé de façon très rare, avec cinq, voire parfois dix (10) ans d’intervalle ; ces concours ne sont parfois que des formalités selon les dires de certains observateurs, en effet, « les gens y accèdent après versement de pots de vins aux responsables du ministère de tutelle pour être admis ». En plus de cela même les promus à la fonction publique travaillent parfois plusieurs années sans être pris financièrement en charge par le gouvernement.

L’engouement que ces concours de recrutement a causé est si énorme que tout le monde (tous les diplômés) quelle que soit leur option, optent pour ce concours, la plupart dans l’éducation ; des ingénieurs, sociologues, et même médecins optent pour l’enseignement.

Face à cette situation scandaleuse de la jeunesse, d’autres rencontrent un autre problème pire que ce dernier : des jeunes gens diplômés des institutions d’enseignement supérieur se présentent dans les lieux réservés pour les dépôts de candidature et les cadres chargés de récupérer ces dossiers rétorquent que « vous n’êtes pas destinés à la fonction publique ». Je me demande personnellement quel est le moral de ces jeunes quand on leur dit après un minimum de 17 ans sur les bancs qu’ils n’ont pas la formation requise pour être de la fonction publique.

La seule solution que je conseillais à ces jeunes était de se lever, de manifester pacifiquement voire même d’empêcher le concours qui était prévu jusqu’à ce que leurs dossiers soient pris en charge, car ils sont nombreux pour pouvoir se faire entendre (plus de 400 diplômés), car dans ce pays ce n’est que par la manière forte qu’on peut avoir satisfaction de revendications, aussi légitimes soient-elles.

Le gouvernement devrait mettre en place des systèmes et programmes pour permettre aux jeunes de se trouver de l’emploi que ça soit dans la fonction publique mais aussi dans le secteur privé. Le chômage des jeunes est en tout cas un facteur majeur dans la prolifération de la criminalité, du banditisme, de l’insécurité… Des jeunes sans emploi et sans aucun espoir d’emploi sont facilement manipulables par les groupes rebelles, et même terroristes. Par contre des jeunes employés seront très occupés pour entrer dans le banditisme.


Elhadj Boubacar Bah
de Monfoutamaguinee


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