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Ousmane Gaoual : on ne lave pas l'honneur avec un verre d'eau

Madina Masriah Sow  Vendredi, 07 Août 2015 21:26

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SOW_Madina_Masriah_3_01Je dédie ce petit article à l'illustre Guinéen, le jeune héros immortel : Tijane Keita

A tous ceux qui pensent qu’Ousmane Gaoual aurait dû se conformer au droit pour revendiquer ses droits, je souhaite la réalisation de notre rêve commun d'un Etat de droit et de justice dans notre patrie.

Mais puisqu'il brille comme le soleil que notre Guinée est une jungle qui sert de tombeau à la loi et au respect des droits, face à tous ceux qui reprochent à Gaoual son combat, je ne sais s'il faut verser un torrent de larmes ou étouffer de rire aux éclats du matin au soir.

Ce que moi je reproche à Gaoual, est que lui, tout en sachant qu'il n'a aucun recours légal fiable dans ce pays sans Etat, il se soit permis d'aller réclamer son droit les bras ballants.

J'ai jubilé d'apprendre qu'il a commis des dégâts pour défendre un droit mais ô combien j'étais triste de voir qu'il s'agissait seulement d'une petite égratignure sur le visage d'un collabo de l'occupation nazie.

Il caressa un visage au lieu de casser une gueule, il balança un verre d'eau au lieu de dégoupiller une grenade.

S'il était établi que Gaoual fut muni d’une kalachnikov, que le visage du collabo était en lambeaux et qu'il grilla bureaux et véhicules à coups de rafales, je parie que son domicile n'eût jamais été perquisitionné et que le procureur, plutôt que d'émettre un mandat, eût filé dans son village en quête de sacrifices pour ne jamais croiser le chemin de Gaoual. Ousmane Gaoual aurait pu ainsi bannir à jamais l'injustice à l'Assemblée. Nul n'oserait à l'avenir bloquer le véhicule ou les primes d'un député par discrimination.

Si Gaoual avait fait sa revendication dans les règles de l'art, un communiqué eût été passé dans les médias qui eût magnifié le respect qu'on doit aux élus du peuple et la réserve qu'il est seyant à ceux-ci d'observer en dépit de toute colère.

Je voudrais ici dire ma compassion au lieutenant Sidibé qui fut défenestré, à toutes les autres victimes assassinées et enfouies par les officiers de police judiciaire de notre pays. Ma compassion va également à cette pauvre dame accusée de coup d'Etat qu'elle aurait perpétré avec du riz et des ustensiles de cuisine. Ma compassion va à tous ces enfants de Guinée qui croupissent injustement dans les geôles du RPG. Ma compassion va également à tous ces enfants de Guinée exilés et bannis de leur patrie par notre justice.

S'il y a un Guinéen qui pense qu'on peut se fier à une telle justice, alors, je lui donne raison de blâmer Ousmane Gaoual.


Madina Masriah Sow
Esclave d'Allah


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