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Election n’est pas Démocratie… !!!

Bakary Diakité  Mercredi, 05 Août 2015 18:56

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DIAKITE_Bakary_01« Une élection, même reconnue par la communauté internationale, ne suffit pas. Le secret de l’harmonie sociale est dans le débat, le respect du droit et l’alternance.» Edgar Pisani

Sans débats contradictoires et sans consensus, il ne peut pas y avoir de démocratie.

Voici ce que j’avais écrit le 07 octobre 2013 après les élections législatives frauduleuses de septembre de la même année : Aucune élection transparente et équitable ne peut se faire dans un système de parti-Etat qui reste corrompu, opaque et incompatible avec la démocratie. Le président Poutine gagnera toutes les élections qu’il organisera !

Dans un système politique comme celui de la Guinée où il n’y a pas de débats d’idée sur les questions de fond ni sur notre passé ni notre avenir, ni même sur notre présent, comment pouvons-nous prétendre à une démocratie ? Il ne peut y avoir de démocratie sans citoyenneté, sans un Etat de droit qui garantit la liberté et l’égalité des citoyens.

Bien malin celui aujourd’hui qui pourra dire aux Guinéens de façon sérieuse quel est le programme de telle ou de telle formation politique. A part les grandes déclarations généreuses sur l’unité nationale, la paix sociale, jamais appliquées en pratique.

Ce que je dis, je le dis à titre strictement personnel et n’engage que moi ; je parle en tant que citoyen guinéen.

L’opposition guinéenne est aujourd’hui face à une question essentielle à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle dans notre pays.

Faut-il participer ou non à cette mascarade électorale du 11 octobre 2015 ? Voilà la Question, voilà le Dilemme.

Pour moi, il est clair que dans les conditions actuelles, si l’opposition prend part à l’élection présidentielle, elle sera battue, discréditée, disqualifiée. Et elle perdra tout après tant d’années de lutte, de perte en vies humaines. Et pire elle n’aura aucun recours, comme après les élections législatives de septembre 2013.

Le RPG-Arc-en-ciel continue exactement les mêmes méthodes que les deux partis-Etat qui l’ont précédé, qui ont cultivé à la perfection l’arbitraire et le conformisme. Ainsi le pouvoir en place fait pression sur les fonctionnaires, licenciant certains, cassant ou déplaçant d’autres, pour obtenir leur docilité et soumission sans état d’âme.

Cela fait au moins deux ans que la mouvance, à travers ministres, députés ou autres personnalités, est en campagne électorale avant l’heure ! Tous les espaces médiatiques sont désormais occupés par les mouvements de soutien pour la réélection du président.

Si l’opposition républicaine prend part à cette élection présidentielle, elle ne fera que légitimer le second mandat du président Alpha Condé pour l’opinion nationale et internationale.

Tout le monde sait que le fichier électoral est bidon avec plus d’électeurs dans la région de Kankan qu’à Conakry.

Je rappelle encore ici les conclusions provisoires de la Mission d’observation de l’Union européenne lors des élections législatives de septembre 2003. Elles sont plus qu’édifiantes pour ce qui concerne la survivance des pratiques du régime actuel de parti-Etat en matière électorale :

Dans ces conditions, étant donné que les mêmes causes donnent toujours les mêmes effets et tant que la cause est là, l’effet est là, « la folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent » (Albert Einstein). A chacun de tirer sa conclusion !

Devant une telle situation on est en droit de se demander : que peut faire l’opposition ?

Car c’est le système de parti-Etat qui continue. Le RPG-Arc-en-ciel a déjà tout verrouillé comme au  bon vieux temps du PDG-RDA ou du PUP.

L’opposition républicaine a un besoin vital d’unité, de cohérence, car elle constitue historiquement et légitimement l’alternative démocratique au pouvoir en place. C’est maintenant qu’elle doit poser des actions en élaborant une stratégie commune, un projet politique commun, auxquels tout le monde doit se tenir. Voici ce qu’elle déclarait le 06/03/2015 dans la Déclaration de Paris :

« De renforcer l’unité et la cohésion de l’opposition qui va s’atteler dès maintenant à l’élaboration d’un programme commun de gouvernement.»

Elle doit mettre la Guinée au-dessus et par-dessus tous les intérêts et tous les calculs partisans. De cela dépend la survie de la nation guinéenne. Il nous faut ce sursaut pour une vraie rupture avec le système de parti-Etat. Ce sera l’occasion unique de rompre avec les mensonges. Cesser l’ethno-stratégie. Réhabiliter la justice et le droit.

Le véritable enjeu actuel pour l’opposition républicaine reste la disparition définitive du régime du parti-Etat que le RPG veut perpétuer. Pour ce faire elle devra s’armer de courage et de détermination pour continuer la lutte dans une dynamique unitaire.

Car « l’enjeu chez nous, dépasse désormais le destin d’un homme, d’une ethnie d’un régime et d’une formation politique et concerne en réalité un pays sinistré et des populations dans la détresse » (Pr Alfa I. Sow). Paix à son âme

Vive la Paix

Vive la Guinée.


Dr. B. Diakité


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