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Le sort de Moussa Dadis Camara servira-t-il de jurisprudence pour les chefs d’État africains ?
Ousmane Diallo Vendredi, 17 Juillet 2015 00:17
Loin de Conakry, le 8 juillet 2015 à Ouagadougou, Moussa Dadis Camara a été inculpé dans le dossier judiciaire relatif au massacre du 28 septembre 2009. Depuis lors, les Guinéens ne cessent de parler, d’écrire et d’analyser l’action ou l’inaction de l’ancien chef de la junte dans ce carnage qui, selon un rapport de l’enquête des Nations Unies, a fait 157 morts, des centaines de blessés et des dizaines de femmes violées.
Qui dirigeait la Guinée ce jour-là ? Aucun doute là -dessus : le président du Conseil national de la démocratie et du développement (CNDD) qui occupait aussi les fonctions de chef de l’État, de décembre 2008 à décembre 2009, n’était nul autre que Moussa Dadis Camara. Ce statut particulier suffira-t-il amplement pour que la justice le culpabilise ? L’avocat Me Jean-Baptiste J. Haba réussira-t-il à convaincre, ou plutôt à prouver, que la responsabilité de son client Dadis est, comme l’affirme ce dernier dans sa première audition en date du 13 juillet, uniquement « morale, mais pas pénale » ?
En attendant le verdict final, le sort du président des Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD) divise les Guinéens avec, en toile de fond, des alliances politiques qui se tissent ou se détissent dans la perspective de la présidentielle prévue le 11 octobre 2015.
Pendant que nous écrivons ces lignes, les réactions ne cessent de se multiplier et de se polariser, pourtant trois positions semblent s’imposer dans les médias et groupes de discussions, notamment sur les réseaux sociaux comme Facebook. En fait, tout se passe comme si, avant même le grand verdict final, une bonne partie des Guinéens s’était déjà fait sa propre petite idée. Finale ?
Pour certains, la question de la culpabilité ou de l’innocence de l’inculpé Dadis mérite amplement d’être posée car Moussa Dadis Camara serait « le grand perdant » des évènements meurtriers du 28 septembre (à qui profite le crime invitent-ils donc à se demander ?) ; pour d’autres, elle n’a tout simplement pas lieu d’être parce que, à les lire et à les écouter, l’ancien chef de la junte, assumant les fonctions de chef de l’État au moment des faits, serait « moralement et pénalement coupable » (il n’y aurait donc rien à redire, circulez écrivent-ils sur la toile !) ; pour d’autres encore, cette question ne se serait jamais posée si Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et Moussa Dadis Camara, à la tête du parti politique FPDD, n’avaient pas publiquement exprimé leur volonté de nouer une alliance dans le cadre de la prochaine présidentielle (ici, on parle, sans détours, d’une « instrumentalisation de la justice guinéenne par le président Alpha Condé », candidat à sa propre succession). Laquelle de ces trois versions est-elle plus proche de la vérité que du mensonge ? Bien malin qui possède déjà la réponse.
Toutefois, de « Douze hommes en colère », drame judiciaire américain sorti au cinéma en 1957, nous aurons compris, ô combien, qu’il est primordial d’être un bon avocat, voire un excellent avocat, pour blanchir son client d’une affaire incluant un ou plusieurs meurtres. Sans vouloir sous-estimer les capacités de Me Jean-Baptiste J. Haba, l’inculpé, Monsieur Camara, a intérêt d’avoir un avocat de taille, car il reviendra à ce dernier de prouver que, si son client est « moralement responsable », il mérite d’être innocenté sur plan pénal. Une tâche qui s’annonce plutôt ardue lorsque l’on sait que, pendant qu’il était au pouvoir, l’ex-capitaine de l’armée guinéenne ne s’est pas fait que des amis au niveau national et international.
Mas rien n’est joué d’avance : ceux qui voudraient culpabiliser l’ancien chef de la junte manqueront-ils d’arguments pour mettre en évidence que tout individu qui exerçait la fonction de chef de l’État en date du 28 septembre 2009 est forcément coupable ? Ce raisonnement ne voudrait-il pas insinuer que l’actuel président de la République serait, d’une manière ou d’une autre, pénalement coupable de tous les crimes commis durant son mandat ? Que dire alors des meurtres commis sous les régimes de Lansana Conté et Sékou Touré ? Voyez-vous où on pourrait en venir ? Souvenons-nous aussi que, le 3 décembre 2009 au camp Koundara de Conakry, Dadis Camara avait reçu une balle dans la cervelle. Balle tirée par son aide de camp Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba ». Si l’ancien chef de la junte avait trouvé la mort ce jour-là , aurait-il été jugé à titre posthume ?
Vous l’aurez compris, de nombreuses questions et zones d’ombre restent à éclaircir en ce qui concerne le massacre du 28 septembre 2009 en Guinée. Quoi qu’il en soit, du point de vue du droit national ou international, le sort de Moussa Dadis Camara pourrait bien servir de jurisprudence en matière de crimes commis par, pour ou contre les dirigeants africains en général, et guinéens en particulier.
Ousmane Diallo
Ottawa, Canada
«Nous ne connaissons pas le vrai si nous ignorons les causes », Aristote
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Commentaires
Merci Koto, j'ai trouvé sur ton blogue, pour ton livre j'aimerais savoir c'est dans combien de temps et également je voulais avoir le livre du Doyen Ansoumane Doré si tu as le titre que j'ai oublié l'autre fois je suis allé demandé un truc "Alamako" j'ai pas trouvé,
@Celloumbah
Pour plus de renseignement sur le dernier ouvrage du Professeur Ansoumane Doré
http://guineeactu.info/actualite-informations/culture/1069-retour-sur-le-dernier-ouvrage-du-professeur-ansoumane-dore-.html
Mignan, j'ai un chapitre dessus dans mon premier livre qui est phase de publication chez l'Harmattan-Paris.
Titre ? "Chronique et réflexions sur une transition militaire ratée"
Sous-titre: "la Guinée de janvier 2007 a décembre 2010"
En attendant cela cette expression veut dire:
1- Pour le monde moderne: la Guinée est de retour (dans la danse mondiale)
2- Pour le PPAC: la Guinée est derrière (et bientot dernière)...
Merci Koto, j'ai trouvé sur ton blogue, pour ton livre j'aimerais savoir c'est dans combien de temps et également je voulais avoir le livre du Doyen Ansoumane Doré si tu as le titre que j'ai oublié l'autre fois je suis allé demandé un truc "Alamako" j'ai pas trouvé,
Ah Koto A.O.T, j'avais oublié de te demander comme je sais que tu comprends bien la langue de Shakespeare ce que veut dire "Guinée(Guinea) is Back" il me semble que tu n'a pas développer cette phrase de notre cher aimer président PPAC dans ta chronique mensuelle ou peut etre j'ai raté une partie??
Mignan, j'ai un chapitre dessus dans mon premier livre qui est phase de publication chez l'Harmattan-Paris.
Titre ? "Chronique et réflexions sur une transition militaire ratée"
Sous-titre: "la Guinée de janvier 2007 a décembre 2010"
En attendant cela cette expression veut dire:
1- Pour le monde moderne: la Guinée est de retour (dans la danse mondiale)
2- Pour le PPAC: la Guinée est derrière (et bientot dernière)...
Gandhi, tu a été une nouvelle fois visionnaire sur un point : le tribunal de la CEDEAO vient de dire que le Burkina ne pouvait pas empêcher le pouvoir de la transition de modifier le code électoral.
Et le président Kafando a dit immédiatement que puisque son pays est signataire des accords de la CEDEAO il respectera cette décision.
Il n'y a que la justice qui peut régler définitivement les problemes d’impunité dans nos pays a pouvoir de criminels. Il ne faut pas discuter avec eux - il faut les juger et les enfermer - pour foutre la trouille a ceux qui les suivront...
Mais bon chez nous comme la justice c'est uniquement pour les forts et que notre signature est toujours au crayon noir avec gomme...
Ah Koto A.O.T, j'avais oublié de te demander comme je sais que tu comprends bien la langue de Shakespeare ce que veut dire "Guinée(Guinea) is Back" il me semble que tu n'a pas développer cette phrase de notre cher aimer président PPAC dans ta chronique mensuelle ou peut etre j'ai raté une partie??
Il n'y a que la justice qui peut régler définitivement les problemes d’impunité dans nos pays a pouvoir de criminels. Il ne faut pas discuter avec eux - il faut les juger et les enfermer - pour foutre la trouille a ceux qui les suivront.
On a conseillé à l'opposition la possibilité d'utiliser ces formes de contestation. Elle n'en a pas voulu. Le Collectif lui ne prendra pas de gants et agira eu égard aux intérêts du pays et non des politiciens quels qu'ils soient.
Uniquement lorsque nous le déciderons. Rien n'a été fait de concret jusqu'à présent... en termes de résultats. Pourquoi ne se pose t-on pas la question du pourquoi ?
Sans paraître prétentieux, je vous assure que tout ça c'est fini. Les citoyens vont se prendre en charge et ne resteront plus à la traîne des politiciens. En outre ils vont changer leur fusil d'épaule et donc se remettre eux aussi en cause, puisque rien ne s'est passé jusqu'à présent. En Guinée le problème est souvent un problème de méthode. On brasse beaucoup d'air autour d'un problème, on frôle le problème, on parle du problème, on refait le problème sous diverses formes.... mais on ne traite pas le problème.
Gandhi, tu a été une nouvelle fois visionnaire sur un point : le tribunal de la CEDEAO vient de dire que le Burkina ne pouvait pas empêcher le pouvoir de la transition de modifier le code électoral.
Et le président Kafando a dit immédiatement que puisque son pays est signataire des accords de la CEDEAO il respectera cette décision.
Il n'y a que la justice qui peut régler définitivement les problemes d’impunité dans nos pays a pouvoir de criminels. Il ne faut pas discuter avec eux - il faut les juger et les enfermer - pour foutre la trouille a ceux qui les suivront...
Mais bon chez nous comme la justice c'est uniquement pour les forts et que notre signature est toujours au crayon noir avec gomme...
la question de savoir a quand on va arreter ce systeme pour enfin commencer a construire un Etat serieux ou les personnes doivent repondre a leurs crimes?
Uniquement lorsque nous le déciderons. Rien n'a été fait de concret jusqu'à présent... en termes de résultats. Pourquoi ne se pose t-on pas la question du pourquoi ?
Sans paraître prétentieux, je vous assure que tout ça c'est fini. Les citoyens vont se prendre en charge et ne resteront plus à la traîne des politiciens. En outre ils vont changer leur fusil d'épaule et donc se remettre eux aussi en cause, puisque rien ne s'est passé jusqu'à présent. En Guinée le problème est souvent un problème de méthode. On brasse beaucoup d'air autour d'un problème, on frôle le problème, on parle du problème, on refait le problème sous diverses formes.... mais on ne traite pas le problème.
En tout cas, au cas ou la justice privilégierait ''la règle de ''TOUT INDIVIDU QUI EXERÇAIT LA FONCTION DE CHEF DE L'ETAT EN DATE DES FAITS EST FORCEMENT COUPABLE'', nous voudrions, pour en finir avec, que tous les vieux dossiers de Sekou et de Conte soient remis aussi sur table. Et pour mettre fin au traitement tardifs des dossiers de crime, nous voudrions également que l'actuel réponde de ses crimes. Puisque lui aussi a déjà beaucoup de morts a son actif (près de 60). Nous ne pouvons pas continuer a attendre la mort ou le départ des chefs pour les juger. Excusez-moi, c'est hypocrite de la part des ''jugeurs'' !
Il faut être réaliste et analyser au cas par cas.
Pour ce qui concerne AC, pas de problèmes, il sera quand même touché, mais indirectement puisque bénéficiant pour le moment d'une impunité.
Pour Dadis et consorts, 2016.
Pour ses prédécesseurs, l'affaire de 2007 est en cours, donc les collaborateurs de Conté en subiront les conséquences (mais pas Conté, sauf pour son image).
Quant à AST, un procès pour la mémoire (pédagogie par l'exemple) devra être tenu, mais sans conséquences pénales pour les bourreaux. En revanche des choses sont possibles, que je me réserve de dire ici.
Seuls les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles. Pour les crimes la prescription est en général de 10 ans, même si des exceptions peuvent la repousser jusqu'à 30 ans.
La cruaute et la violence politique en guinee depuis son independance ont tellement ravage ses filles et fils a tel enseigne que vous vous demandez s'il y a reellement la foi et la morale dans ce pays.
Ce pays a pendu l'individu sur les lieux publics, il a humilie l'individu en le privant de nourriture (la diete noire) pour le reduire a son etat le plus humiliant afin de lui pousser a supplier ses bourreaux pour juste avoir une tasse d'eau pour survivre. La gouvernance a ete repressive dans ce pays, elle a ete une veritable machine de repression contre la contradiction, elle a aussi pris la forme du reglement de compte que les individus au pouvoir, pour des raisons personnelles ont utlise contre des personnes ciblees pour les detruire. Les individus se sont toujours perennises ou ont eu la veillete de se perenniser au pouvoir. Et toute opposition a ete reprimee dans le sang, et l'ulisation des pratiques qui touchent a la pudeur comme le viol pour intimider ou faire peur les autres qui veulent emprunter ce chemin ou elever leur voix pour se faire entendre. Les medias d'Etat ont toujours cree l'environnement pour l'emergence du culte de la personnalite en chantant les eloges du maitre du moment, les religieux au service du pouvoir ont toujours fait comprendre a la masse populaire que c'est Dieu qui a mis l'individu au pouvoir (la fatalite) lui donnant le droit de vie a la tete du pays exposant ainsi le reste de la population aux intemperies du chomage, de la misere et de la pauvrete sans aucun moyen de se proteger contre des dictaures qui se succedent indefinement a la tete du pays. cette realite a ete possible grace a la complicite des hommes religieux, des hommes politiques et l'adhesion d'une partie importante de la masse populaire, donnant ainsi la carte blanche a l'individu au pouvoir d'avoir un droit de vie et de mort sur le peuple et la possession des ressources de l'Etat sans se soucier de rendre des comptes a qui que ce soit. Et la justice a toujours fontionne dans un sens unique c'est a dire au service du pouvoir en place pour vehiculer l'agenda de l'individu au pouvoir et reprimer toute opposition a ce pouvoir. Et tous ces amalgames ou coktails n'ont donne naissance qu'a un seul systeme de gouvernance appelee l'impunite. l'umpunite au niveau de la violation des lois, l'impunite dans la violence de l'integrite physique de l'individu et l'impunite dans le pillage des ressources publiques du pays. Voila le systeme de gouvernance de ce pays depuis l'independance et a la question de savoir a quand on va arreter ce systeme pour enfin commencer a construire un Etat serieux ou les personnes doivent repondre a leurs crimes?
Bonne fête a vous ainsi qu'a tous les internautes africains, particulièrement guinéens de de la zone CEDEAO.
En tout cas, au cas ou la justice privilégierait ''la règle de ''TOUT INDIVIDU QUI EXERÇAIT LA FONCTION DE CHEF DE L'ETAT EN DATE DES FAITS EST FORCEMENT COUPABLE'', nous voudrions, pour en finir avec, que tous les vieux dossiers de Sekou et de Conte soient remis aussi sur table. Et pour mettre fin au traitement tardifs des dossiers de crime, nous voudrions également que l'actuel réponde de ses crimes. Puisque lui aussi a déjà beaucoup de morts a son actif (près de 60). Nous ne pouvons pas continuer a attendre la mort ou le départ des chefs pour les juger. Excusez-moi, c'est hypocrite de la part des ''jugeurs'' !
Mon frère comment demander/exiger l'ouverture de procès de l’état guinéen pour ses crimes sous Satan Toure, Fory Coco et le PPAC si celui qui a fait plus qu'eux en 3 jours (entre le 28 et le 30 septembre 2009 il y a eu 160 morts, 100 viols de femmes et plusieures dizaines de corps enfouis dans des fosses communes)?
Meme pour Satan le record était de 80 morts en 2 jours pour "fêter" l'anniversaire de Houphouet...
Le PPAC avait bien dit a Kassa le fond de sa pensée: " Yandi "laissez-passer ça, les blancs " surement sous l'effet de l’excès Champonou.
S'il fait exactement le contraire aujourd'hui c'est uniquement parce qu'il n'en a pas le choix.
C'est juste le triste constat que La France et l'Allemagne ont eux aussi la rancune tenace - ou alors c'est un message aux autres petits dictateurs en herbe qu'il faut ménager son langage quand on parle d'eux.
Et crois-moi les concernés vont tous comprendre ce message.
C'est aussi ça, la neo-colonisation tranquille...
Oui, je le vois parfaitement : le premier pas concret vers la fin de l’impunité des dictateurs en Guinée.
Si Dadis n'est pas jugé, le PPAC partira du pouvoir en Guinée sans procès pour ses crimes, comme Satan Toure et Fory Coco.
Et croyez-moi cela l’empêche de dormir aujourd'hui, pire que Sarkozy...








