Bakary Diakité Mercredi, 15 Juillet 2015 00:42
La Guinée est toujours enfermée dans un cycle infernal de violence, de corruption, d’insécurité, d’impunité pour une raison évidente : le non-respect de la loi.
La loi me protège en arrêtant la liberté d’autrui et vice-versa, elle arrête ma liberté en protégeant autrui. Ainsi : « Si tu veux être libre, obéis à la loi ! »
Nous autres Guinéens, nous devons noter un fait marquant de notre histoire politique : depuis l’indépendance de la Guinée, la gouvernance des affaires publiques s’est toujours faite sous le sceau :
Dans notre pays on a cultivé l’arbitraire, la violence d’Etat, le conformisme, l’endoctrinement et le culte de la personnalité. La société guinéenne connaît une culture de violence.
Le Guinéen a peur. Seul soutien de famille, il a peur de perdre son emploi ou d’être muté à un endroit peu recommandable.
Le Guinéen a peur d’être embastillé injustement.
Le Guinéen a été martyrisé par différents régimes autoritaires et violents.
Le Guinéen a peur car il est lourdement conditionné par la famille, le clan, l’ethnie… dont il est encore sous l’emprise.
Ce sont les séquelles de la dictature du parti unique du PDG-RDA où aucune justice équitable n’a été possible.
Depuis 1958 il n’y a pas eu de véritable rupture dans cette manière de gouverner
C’est probablement une des raisons essentielles du blocage actuel.
Je pense que l’immense majorité des Guinéens, aujourd’hui, se posent cette sempiternelle question, à savoir comment notre pays peut-il s’en sortir ?
Cette question vient encore d’être posée par M. Amadu Diallo dans son récent article où il écrit : « Depuis l’accession du pays à l’indépendance, chaque 5 ans, pour ne pas dire chaque année, nous nous retrouvons toujours un pas ou même plusieurs pas, derrière l’indépendance (ou cage de départ). La POLITIQUE : nous avons tenté plusieurs chemins « NADA ». La DEMOCRATIE : échec total. Les COUPS d’ETAT contre les cadavres : RIEN. Les PRIERES : les mosquées guinéennes, principalement celle dite Grande mosquée de Conakry « Fayçal » en tête, ont été témoins de toutes sortes de prières. Malin qui me dira si c’était pour le bonheur de tous les citoyens ou pour la pérennisation des dictatures. »
Ce n’est pas dans mon intention de faire la morale ou de donner des leçons à qui que ce soit.
Mais en tant que Guinéen, je cherche à établir le bon diagnostic des causes de cette situation catastrophique de notre pays aussi bien sur le plan politique, économique, que social et spirituel
La vie en société est fondée sur un ensemble de règles émanant de l’Autorité que tous les citoyens sont censés respecter. Ces règles qui régissent la société sont des lois, elles peuvent être civiles ou morales, d’ordre public ou privé, dans tous les cas elles sont faites pour être respectées afin que la société fonctionne de façon harmonieuse. Dans une République démocratique, nul n’est censé ignorer la loi et tous les citoyens doivent la respecter.
Je répète donc, pour moi, la confusion, le désordre, la violence, l’insécurité, l’impunité et le blocage que connaît la Guinée ont pour cause le non-respect de la loi.
C’est le respect de la loi qui garantit la liberté de chacun et de tous. Il y a un adage est connu qui dit : « Ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ».
La vraie liberté consiste à éviter faire le mauvais acte et poser le bon acte ou acte juste, pour la simple et bonne raison est toujours payé en retour.
« Il existe une loi établie universelle d'après laquelle les humains ne peuvent en définitive recevoir que ce qu'ils méritent. »
Lorsque la loi n’est pas respectée, qu’il n’y a donc pas de justice ni de sanction, c’est l’impunité, l’insécurité, le désordre et le chaos qui s’installent ! Aucune société humaine ne peut s’épanouir sans le respect de la loi.
Que la loi soit civile ou morale elle est transgressée en Guinée.
En Guinée personne ne respecte la loi, à commencer par le sommet de l’Etat. Le président actuel suit bien les traces de ses « illustres » prédécesseurs dans ce domaine.
Il a bien pris la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée.
Dans un régime démocratique tous les citoyens sont égaux devant la loi. Dans le préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme, il est écrit : « La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».
Une société sans justice, où chacun fait la loi, sa loi ; c’est la loi du plus fort ou la loi de la jungle. C’est cela qui déshumanise la société guinéenne.
Vive la Paix.
Vive la Guinée
Dr. B. Diakité
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