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Guinée: Mon constat
Nouhou Badiar Diallo Vendredi, 07 Octobre 2011 20:22
Sur le plan politique, aucun changement positif n’a été enregistré sur le front des crises interethniques. Les différends entre Peulhs et Malinkés restent toujours sans issue malgré les appels à l’unité nationale lancés par le Chef de l’Etat et ses affidés.
Du haut de la tribune des Nations Unies, notre Président déclare à la face du monde que l’unité nationale est la clef de voute de son gouvernement. Dans ce discours, Alpha Condé s’appuie sur un mot qui est par excellence celui de l’unité nationale. Cette unité si souvent annoncée, suivra-t-elle cette fois le propos présidentiel ou restera-t-elle à jamais une sorte d’aspiration stérile, un vœu détaché de toute réalité ?
Parler de l’unité nationale sans agir en unificateur ne fera que nous diviser d’avantage et raviver nos tensions. « A KAA FOH, A KAA KEH » - Dans tous les cas, ce n’est pas la beauté d’un président qui intéresse les Guinéens, c’est sa capacité d’écoute des préoccupations de son peuple et sa promptitude à y apporter des solutions. La première mission de réconciliation nationale dépêchée au Fouta par le Président de la République est partie s’abimer auprès des sages de cette région naturelle de Guinée sans pour autant apaiser les tensions sociales. Ces sages ont prouvé à notre président que si les mots soulagent, ils ne guérissent pas.
Par ailleurs, des problèmes majeurs restent à résoudre et les tensions sociopolitiques toujours persistantes menacent tout doucement de paralyser le pays. Pour la Guinée d’aujourd’hui qui a connu plusieurs épisodes sanglants, la situation reste dans l’ensemble très fragile. Si hier, au nom d’une élégance démocratique, nous étions libres de supporter le candidat de notre choix lors du scrutin présidentiel, aujourd’hui, les exigences patriotiques nous interpellent tous à se consacrer sans réserve au développement de notre pays. Arrêtons donc de voir nos problèmes par rapport à Alpha Condé mais, par rapport à la République. Il est temps pour nous d’oublier tous les clivages politiques pour faire face à l’avenir. Certains d’entre nous pensent que la démocratie veut dire tout simplement gagner sans travailler.
Mes chers compatriotes, sans une autocritique sérieuse et constructive, nous ne pourrons pas corriger nos erreurs encore moins nous renforcer et assurer notre avenir.
Sur le plan économique, pour la première année de gouvernance d’Alpha Condé, les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des espérances du peuple. Par un manque de programme économique crédible aux yeux des partenaires au développement, le Président Condé est en train de reconstituer et de poursuivre les œuvres de ses prédécesseurs. Ses méthodes actuelles de gestion de la chose publique s’écartent graduellement de son projet de société avec lequel il avait enthousiasmé les électeurs. En réalité, ce n’est pas le candidat Alpha Condé que ses électeurs avaient soutenu mais, son projet de société qui paraissait à leurs yeux plus réalistes. Abandonner aujourd’hui ce projet est synonyme de trahison.
En effet, la Guinée suscite un intérêt grandissant à cause de son potentiel minier toujours fleurissant. Malgré tout, les revenus des Guinéens sont si modestes que les populations rurales réduites à l’autarcie sont immédiatement frappées de disettes dès lors que leurs greniers sont vides. Cela risque sans doute d’alimenter les crises sociales et de réactiver la mal-gouvernance. Alors que les produits miniers nous apportent des sommes astronomiques en dollars, les Guinéens continuent de se plaindre, tant de la baisse constante de leur pouvoir d’achat que de la persistance des inégalités dans la répartition de la rente minière.
Notre président nous promet que dans cinq ans la Guinée va rattraper ses cinquante ans de retard économique pour être un pays émergent. Vous le savez autant que moi, on ne peut pas être un pays émergent avec un faible taux de croissance ; surtout lorsque la formation de nos cadres ne repose pas sur une vision économique. Il ne faut pas se voiler la face, il n’y a pas de prospérité à brève échéance. Aussi, notre gouvernement s’attaque aux conséquences de la pauvreté plutôt qu’à ses causes. Le Chef de l’Etat doit se débarrasser de ce gouvernement nébuleux pour faire asseoir la transparence. Je propose à cet effet, que chaque chef de département ministériel soit invité au tour d’une table ronde télévisée pour expliquer au peuple le niveau d’exécution de son programme de travail. Des projets réalisés et ceux en cours de réalisation, ainsi que les perspectives d’avenir de son département.
Aussi, les récentes mesures impopulaires prises par le gouvernement, de démanteler les places privées de transfert de fonds au lieu de les fiscaliser, a sans doute contribué à attiser l’inflation pour rendre la vie encore plus chère qu’avant. Ce phénomène est longtemps sous-estimé mais qui, aujourd’hui, s’impose comme facteur de développement. Face à une économie meurtrie, les commerçants privés ont pris les devants et ont imposé des alternatives. Même si les sommes en jeu sont très difficiles à évaluer, une bonne partie revient à la Guinée de manière informelle. Il y a lieu donc de plaider pour une meilleure articulation de la loi régissant les banques commerciales privées de la place trop timides devant la demande massive en devises formulée par les guinéens de l’intérieur. Tant que la Guinée n’intègre pas l’UEMOA, ce phénomène existera et au contraire, aidera les Guinéens de l’intérieur comme de l’extérieur à survivre. Et s’il était fiscalisé, il y a fort à parier que l’économie guinéenne en tirerait profit. Notre pays, dont l’économie est entrée en récession depuis des années, doit faire la politique de ses moyens pour équilibrer ses dépenses en adoptant une stratégie plus agressive pour mobiliser de nouvelles ressources en faveur des PME, des microcrédits. La Guinée pourrait par exemple, se doter d’une institution bancaire spécialisée, et créer également des fonds de garantie et d’autres instruments financiers adaptés aux besoins des Guinéens, afin d’éradiquer ses difficultés de trésorerie, tout en rappelant tous les fonds domiciliés à perte dans des banques étrangères qui les font fructifier à leur seul bénéfice. Aussi, notre Banque Centrale doit avoir une flexibilité opérationnelle transparente afin de mieux sécuriser les fonds banquables.
Par ailleurs, il faudra aussi engager des mesures réglementaires et fiscales contre ceux qui se disent opérateurs économiques sans aucune légalité à la base. Il faut que ces gens puissent démontrer leur soutien à la croissance tant au point de vue emploi qu’au point de vue rentabilité fiscales profitables à la Guinée.
De façon concrète, l’enjeu est notamment de diversifier les sources de la coopération internationale et de développer davantage les montages de type partenariat public-privé en permettant de mobiliser des ressources innovantes et surtout de participer à l’allégement de la pression sur le budget de l’Etat.
Enfin, que le Tout Puissant bénisse la Guinée au sein de laquelle, le dialogue et la coexistence pacifique aspirent vers le bonheur de chaque Guinéen, sans distinction de race ni de religion. Amen !
Nouhou Badiar Diallo
New York, USA
Commentaires
Il n'y a pas de différents entre les peuls et les malinkés. Il existe quelques extrémistes du RPG et accessoirement quelques individus isolés, qui ne sont pas capables de créer quoi que ce soit. Ils phagocytent donc tous les postes administratifs, car il suffit d'y être pour obtenir sans travailler.
Pour avoir des soutiens dans cette entreprise, ils ont obligés de stigmatiser les peuls, qui généralement travaillent dans le commerce (donc ne dépendent pas de l'État). Enfin, ils font de grandes déclarations, et promettent des monts et merveilles, non pas par leur travail, mais par les investissements chinois, français ou étrangers. Autrement dit, ils comptent sur les autres pour faire ce qu’eux, sont incapables de faire.
AC n'avait pas de projet de société, j'ai même du signaler à plusieurs reprises, encore en Mai 2010, soit un mois avant les élections, que son programme ne figurait même pas sur le site du RPG, alors qu'il dit se battre depuis 40 ans. Vous allez finir par croire – à force d’être seriné inlassablement – qu’AC a été élu.
Par ailleurs, il ne suffit pas d’intégrer l’UEMOA pour résoudre les problèmes monétaires, sans compter que le fonctionnement actuel de la zone CFA n’est pas acceptable pour la Guinée.
« Prenez garde aux partisans de l’hypocrisie car ils s’égarent eux-mêmes, et égarent les autres. Leurs cœurs sont atteints d’infection même si, en apparence ils vous semblent sains »








