Mercredi, 08 Juillet 2015 14:10
Au moment de prendre en main l’Etat pour conduire la nation, le président de la République jure sur la constitution qui porte les sacrements du peuple. Tant qu’il respecte son serment, il est, en quelque sorte, en symbiose avec ses concitoyens : sa fidélité à ses engagements lui vaut l’estime du peuple. L’Etat de droit se trouve renforcé et la confiance qui l’accompagne installent le pays sur une voie vertueuse qui attire les investisseurs, met la société en mouvement par la création d’emplois et de richesses et permet à la nation d’être plus cohésive.
En revanche, si le président de la République rompt le serment pour asseoir son pouvoir sur le parjure, il entre en conflit avec le peuple et prend le risque de perdre son piédestal. En effet, violer impunément la constitution, en inféodant ceux qui sont en charge de la faire respecter, peut donner une sensation de puissance. Mais celle-ci est trompeuse: par un jeu de miroir, l’affaiblissement de ce qui est le socle de la République affaiblit le pouvoir de celui qui le détient.
Le président Alpha Condé a choisi de fonder son pouvoir sur le parjure. En effet, depuis qu’il a la plus haute charge du pays, il n’a cessé d’infliger des blessures à notre constitution. On peut citer le non respect des dispositions suivantes :
Les violations de la constitution sont connues des Guinéens. Tout comme ils connaissent les manquements aux autres lois de la République notamment celles régissant les élections. Ils ont pleine conscience des dysfonctionnements qui en dérivent dans la gestion d’ensemble du pays : impunité, corruption, ethnocentrisme exacerbé, une justice aux ordres, institutions de la République affaiblies et décrédibilisées. Deux anecdotes peuvent être citées pour illustrer l’état de désordre de l’administration actuelle et la volonté du pouvoir actuel de l’utiliser pour détourner les suffrages à la prochaine présidentielle.
La première concerne les employés du secteur public qui sont forcés par le pouvoir actuel à adhérer à la réélection du président Alpha Condé. C’est ce qui est exigé notamment des enseignants au motif « que Sékou Touré était syndicaliste, tous les syndicalistes l’ont soutenu jusqu’à sa mort, Lansana Conté était militaire, tous les militaires l’ont soutenu jusqu’à sa mort alors il n’y a pas de raison que les professeurs ne soutiennent pas le Professeur ». Les enseignants ainsi embrigadés serviront dans les bureaux de vote comme auxiliaires de la fraude qui est préparée pour la présidentielle.
La deuxième anecdote concerne l’administration communale. Au cours d’une rencontre avec les délégations spéciales des 5 communes et des 120 chefs de quartiers de la ville de Conakry, le gouverneur a mis en garde contre les chefs de quartiers qui ne s’investissent pas pour le pouvoir en place. Parlant des prochaines élections présidentielles, le gouverneur ne veut pas d’un échec : « Nous avons des soupçons sur plusieurs d’entre vous. On a vu ici le parti au pouvoir perdre les législatives. Cette fois, faites en sorte que cela ne se reproduise pas. » L’intermédiation de cette administration de proximité dont l’influence est importante en zone rurale sera ainsi utilisée dans l’ensemble du pays pour la propagande du pouvoir lors de l’élection présidentielle.
Tous ces dévoiements ont abimé l’image de la Guinée et impacté négativement sur le niveau des investissements directs étrangers (IDE) dans notre économie. Précisons qu’Ebola qui n’est apparu qu’au début de 2014 s’est plutôt inscrit dans un fond de mauvaise gouvernance marquée par le non-respect des contrats passés, la dépendance de la justice en matière d’arbitrage des différends commerciaux, la politisation de l’économie. C’est ainsi que les IDE se sont détournés de notre pays dès le début du mandat d’Alpha Condé
En effet, selon le classement des Nations Unies concernant les IDE dans le monde, les intentions d’investissement pour la Guinée n’ont cessé de baisser. Les investissements directs annoncés qui étaient en 2010 (dernière année de la transition) de 1,4 milliard de dollars (montant lié au projet Zogota de Vale et BSGR) se sont contractés en 2011 à 556 millions de dollars avant de se réduire en 2012 (année du PPTE) à 29 millions de dollars et en 2013 à 33 millions de dollars. En 2014 (année d’Ebola), ils se sont effondrés à moins de 6 millions de dollars. En comparaison, la Côte d’ivoire a vu les investissements passer de 817 millions de dollars en 2011 (année postélectorale après une guerre civile sanglante) à plus de 1,951 milliard de dollars, soit plus que le double en deux ans seulement.
Les dévoiements du pouvoir en place ne brident pas seulement nos libertés. Source d’instabilité politique et sociale dans notre pays, ils nous rendent encore plus pauvres avec une économie atone depuis 2011 avant d’être récessive en 2015. Le gouvernement d’Alpha Condé doit reconnaitre la supériorité du droit comme protecteur de nos libertés. C’est le droit appliqué à tous les citoyens de façon égale, sans discrimination, qui crée la confiance et attire les investissements facteurs de création de richesses.
L’UFDG veut la stabilité politique et sociale construite sur le droit. Elle appelle au respect de la constitution et des lois de la République.
La Cellule de communication de l’UFDG
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