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Dialogue politique en Guinée, pour quoi faire ? Les voies pour une alternance politique
Mahmoudou Barry Dimanche, 05 Juillet 2015 17:32
Avec les élections présidentielles guinéennes programmées en octobre prochain, l’année 2015 s’annonce décisive pour le destin du pays et les chances d’une alternance politique.
Face à la volonté affichée d’Alpha Condé de se succéder à lui-même, concrétisée par la décision d’organiser des élections présidentielles avant les communales afin que le pouvoir en place puisse s’appuyer sur les délégations spéciales et chefs de quartiers nommés par ses soins, l’opposition avait décidé de marquer le coup.
Par leur « déclaration de Paris » du 23 mars 2015, les principaux leaders de l’opposition avaient fixé le cap en décidant la suspension de la participation des députés de l'opposition aux activités de l'Assemblée nationale, la non-reconnaissance de la CENI, la contestation ouverte des délégations spéciales et autres chefs de quartier illégalement installés par le pouvoir et la reprise des manifestations citoyennes pour exiger la satisfaction des revendications légitimes de l'opposition républicaine.
La situation a évolué au gré des évènements sans apporter un début de réponse aux revendications de l’opposition.
Cette dernière avait fixé deux préalables à tout dialogue avec le pouvoir, à savoir l’arrêt des activités de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’inversion du calendrier électoral afin que les communales aient lieu avant les présidentielles.
Qu’à cela ne tienne ! Sous la pression internationale et pour montrer ses bonnes dispositions démocratiques, elle est allée quand-même au dialogue sans avoir obtenu la moindre concession.
Elle a également suspendu ses manifestations pour préserver les chances de succès du dialogue qui se profilait à l’horizon depuis le 18 juin dernier. Ce semblant de dialogue, qui s’est un instant esquissé entre les protagonistes, a rapidement montré ses limites comme nous a habitués le régime actuel. Aucune avancée n’a été enregistrée sur les quatre points majeurs de l’ordre du jour que sont les délégations spéciales, l’inversion du calendrier électoral, la réforme de la CENI et l’assainissement du fichier électoral.
Pendant ce temps, les activités de la CENI se sont poursuivies comme si de rien n’était et de nouvelles sources de mécontentement sont apparues. Le recensement frauduleux a vu l’inscription massive sur les listes électorales des enfants mineurs en Haute Guinée et le faible enrôlement savamment orchestré dans les fiefs de l’opposition et à l’étranger. Le pouvoir continue à dérouler sa stratégie de hold-up électoral aux futures présidentielles.
La Guinée se retrouve aujourd’hui dans une situation de blocage total, le pouvoir d’Alpha Condé n’ayant jamais dans le passé honoré ses engagements qui ont été pris avec l’aval de la communauté internationale. Sa duplicité et le non-respect de sa signature font qu’il n’est plus crédible aux yeux de l’opposition et de l’opinion nationale. Son attitude laisse à penser qu’il cherche plutôt à gagner du temps et à occuper l’opposition avant l’échéance présidentielle d’octobre qui approche dangereusement.
La situation est assurément bloquée et dans ces conditions, toute alternance politique est impensable. Comment obtenir l’organisation d’élections inclusives, transparentes et libres en Guinée et réunir les critères indispensables pour une alternance politique apaisée? Telle est la seule question qui vaille aujourd’hui.
Examinons les différentes options possibles pouvant mener à une alternance démocratique apaisée. La plus logique, parce que la plus normale, demeure le dialogue politique. On peut aussi envisager des élections sous la supervision des Nations Unies si une solution interne ne se dégage pas ; cela s’est déjà fait ailleurs. Si l’opposition n’arrive pas à vendre cette solution, la troisième alternative qui se présente à l’opposition serait de redonner la parole à la rue et d’organiser des manifestations de l’expression populaire.
Il est communément admis qu’il ne peut pas y avoir de démocratie sans possibilité d’alternance politique et pas d’alternance apaisée sans élections transparentes. Les élections démocratiques exigent notamment des dirigeants qui ont des qualités d’homme d’Etat, une opposition forte et unie, des personnalités à la tête des organismes en charge des opérations électorales conciliant capacités intellectuelle et morale et expertise et une société civile et des médias menant des campagnes d’information impartiales des populations.
Réussir le dialogue politique signifie que les conditions objectives sont mises en place pour organiser des élections inclusives, libres et transparentes. Concrètement en Guinée, le pouvoir accepterait toutes les revendications de l’opposition et prendrait des mesures fortes pour une nouvelle CENI neutre et compétente, la reprise totale du fichier électoral avec un nouvel opérateur et l’organisation rapide d’élections locales.
On voit bien que cela relève de l’utopie et que cette situation nouvelle marquerait la fin du régime actuel. Son bilan économique et social catastrophique poussent les populations à le sanctionner. Alpha Condé ne disait-il pas lui-même qu’étant au pouvoir, il ne pouvait pas organiser des élections et les perdre. C’est pourquoi, il est illusoire de croire qu’un vrai dialogue peut aboutir dans la situation actuelle en Guinée. Le pouvoir peut lâcher du lest sur l’une des revendications prise séparément sans que cela ne remette en cause sa stratégie globale de hold-up électoral d’autant plus qu’il nous a habitué à ne jamais respecter ses engagements. Il n’acceptera jamais une refonte profonde de tout l’édifice qu’il a patiemment bâti pour se maintenir au pouvoir. En somme, le dialogue politique est dans l’impasse.
D’autres voies sont insuffisamment explorées. On entend parfois l’opposition demander à la communauté internationale l’application effective des accords passés qu’elle a avalisés dans une action de « service après-vente » en quelque sorte. Dans la situation d’insécurité ambiante en Guinée, de division et de partialité du régime pouvant dégénérer en instabilité chronique si le suffrage démocratique ne pouvait pas s’exprimer, il est opportun que l’opposition milite vigoureusement en faveur d’élections présidentielles sécurisées et supervisées par les Nations Unies comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire. Elle a pour elle les arguments internes et le contexte régional instable pour convaincre nos partenaires internationaux et imposer cette solution qui peut sauver la Guinée.
Le dernier recours pour une alternance démocratique si rien n’aboutit passera par les mouvements populaires pour changer la vie des guinéens. L’opposition peut élaborer une stratégie de planification de manifestations décisives jusqu’à la satisfaction de ses revendications et l’alternance politique. Il ne s’agit pas des manifestations sporadiques habituelles qui ont montré leurs limites mais d’un mouvement décisif, en lien avec la société civile, définissant des objectifs clairement assumés, qui tiendrait la distance et qui ne s’arrêterait pas en chemin tout en gagnant la bataille de la communication. Elle aura besoin d’une forte cohésion politique et de la mobilisation forte des populations sans distinction.
Bref, le dialogue politique guinéen est illusoire et l’implication des Nations Unies dans la sécurisation et la supervision des élections guinéennes constitue la solution la plus rationnelle et la plus apaisée possible. Elle est à rechercher rapidement. Autrement, les revendications populaires seront le dernier recours de l’expression du dialogue politique.
Telles sont les options qui s’offrent à la classe politique, en espérant qu’elle choisisse la solution la plus apaisée dans l’intérêt supérieur de la Nation, au risque d’ouvrir la boîte de pandore et de pousser la Guinée vers des horizons dangereux et incertains.
Mahmoudou Barry
Paris, France
Commentaires
kotto balla, pour être plus clair: la crainte de cette CI, poussée par les USA, la France mais surtout la CEDEAO est qu'un conflit armé en Guinée débordent dans leurs pays pour remettre le feu chez eux.
Je sais que ADO, Sall mais surtout Sirleaf et Koroma poussent beaucoup dans ce sens actuellement d’où l'agitation de Chambas.
Pour cela ils craignent en particulier le PPAC qui n’hésiterait pas longtemps si il est totalement coincé a le faire et donc ils feront tout pour ne pas le pousser dans ses derniers retranchements.
C'est triste pour nous mais a leur place et dans le contexte de real-politik et de cynisme politique actuel cela je les comprends...
Tranquilo mes amis !!! C'est l'homme le plus poltron de l'Afrique noire. Au moindre crépitement, il s'en ira très loin pour ne plus revenir. Essayons voir !!!
" la Seule chose qui les motive Est d'empecher celui qui pourrait allumer un incendie en afrique de l'ouest soit " maitrise " .
J'arrive pas a comprendre l'assertion . Pouvez vous me l'expliquer ? Please !
kotto balla, pour être plus clair: la crainte de cette CI, poussée par les USA, la France mais surtout la CEDEAO est qu'un conflit armé en Guinée débordent dans leurs pays pour remettre le feu chez eux.
Je sais que ADO, Sall mais surtout Sirleaf et Koroma poussent beaucoup dans ce sens actuellement d’où l'agitation de Chambas.
Pour cela ils craignent en particulier le PPAC qui n’hésiterait pas longtemps si il est totalement coincé a le faire et donc ils feront tout pour ne pas le pousser dans ses derniers retranchements.
C'est triste pour nous mais a leur place et dans le contexte de real-politik et de cynisme politique actuel cela je les comprends...
J'arrive pas a comprendre l'assertion . Pouvez vous me l'expliquer ? Please !
Enfin de compte, l'opposition a bien gere cette affaire. Au moins ils ont reussi a demontrer a la face du monde la mauvaise foi du RPG. De plus, on ne peut plus leur reprocher de ne pas etre ouvert au dialogue.
Je ne suis pas aussi sur que vous, hélas : si c’était le cas au moins certains membres de cette C.I. qui ont assisté a tout ce show auraient reçu l'ordre d'en haut de ne pas signer ce faux avant que l'opposition revienne autour de cette table...
Encore une fois la seule chose qui les motive est d’empêcher celui qui pourrait allumer un incendie en Afrique de l'Ouest soit "maitrisé".
Pour le reste "c’est leur affaire, pas la notre"...
vous pouvez faire des commentaires sans utilizer des gros mots . Ne copiez pas LES AUTRES ."
Youssouf Bangoura , je suppose que quand vus dites " LES AUTRES " , vous parlez de ALPHA CONDE .
Souvenez-vous " UN MALINKE QUI VOTE POUR LANSANA CONTE EST UN BATARD " !
Le fruit ( meme pourri ) tombe toujours a cote de l'arbre !
Dialoguer avec ce régime est comme parler a une statuette en bois ou a un sourd. Vous ne serez ni écouté ni entendu, a plus forte raison satisfait. Attendons la fin du carême. Dès la reprise des manifestations, c'est sont les caciques même qui seront les premiers a changer de discours. Moi j'ai suffisamment observé ces diviseurs pour les comprendre.
Enfin de compte, l'opposition a bien gere cette affaire. Au moins ils ont reussi a demontrer a la face du monde la mauvaise foi du RPG. De plus, on ne peut plus leur reprocher de ne pas etre ouvert au dialogue. Seulement apres le ramadan il faut que les actions entreprises soient decisives parce qu'il serait suicidaire d'aller a la presidentielle dans l'etat actuel des choses.
Vous n'avez rien compri encore,ammener n'importe qelle organisation, n'importe quelle institution,n'importe quelle ONG, n'importe quelle deleguation,ce qui reste claire Alpha sera reelu.seul un batard peut organisé une election en afrique et la perdre.la guinee n'est pas la suisse ou la grece, la democratie se construit petit a petit, nous venons a peine de rentrer dans la democratie.Alpha s'est battu 50ans avant d'arriver au pouvoir.si vous pensez qu'il va faire 5 ans et partir, vous vous trompez.
Au moins les choses sont claires. Ce qui me plait avec ce genre de type, c'est que lorsque l'alternance aura lieu et que ce genre d'individu croupira au fond du trou, nous aurons quand même son soutien car lui il comprendra.
Vous n'avez rien compri encore,ammener n'importe qelle organisation, n'importe quelle institution,n'importe quelle ONG, n'importe quelle deleguation,ce qui reste claire Alpha sera reelu.seul un batard peut organisé une election en afrique et la perdre.la guinee n'est pas la suisse ou la grece, la democratie se construit petit a petit, nous venons a peine de rentrer dans la democratie.Alpha s'est battu 50ans avant d'arriver au pouvoir.si vous pensez qu'il va faire 5 ans et partir, vous vous trompez.
Cissé Ibrahima,
je soutiens Alpha Condé mais, je n'aime pas votre commentaire . Vous pouvez faire des commentaires sans utiliser des gros mots . Ne copiez pas les autres .
Mr Mahmoudou, ne soyons pas naifs, si les blancs voulaient qu'ils y aient des elections libres dans notre pays, ils auraient pu le faire avec l'implication des Ambassadeurs de la France et des USA. Pourquoi associez d'autres pays alors que quand il s'agit de la Guinee, ces deux pays seront les seuls a decider au sein de la communaute internationale?
L'UFDG n'echappera pas a son destin, il faut qu'elle soit en mesure d'affronter avec ses allies , la violence qui s'abat sur eux et qui risque d'amplifier en fin 2015. Ne nous leurrons pas.
Que ce machin onusien reste en dehors de notre pays. Il faut qu'en face de la millice du President, une autre prete aux memes violences pour faire respecter les urnes. C'est tout.
.seul un bâtard peut organisé une élection en Afrique et la perdre..
Bâtards sont donc :- Abdoulaye Wade et Abdou Diouf. Ces " bâtards" ont épargné à leur pays le sort des pays voisins. Les gens y vivent dans la paix. Sans aucune hantise d'affrontements ethniques.
Je préfère de loin ces " bâtards" aux nobles et légitimes qui vendent leurs fesses et les richesses de leur pays aux Kouchner, Soros, Blair pour gagner des élections avec des tueries.
K. Ba








