Ensemble changeons la Guinée

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BAYO_Abidine_2_01Mouvance présidentielle et opposition dite républicaine se disputent à couteaux tirés, le pouvoir suprême, avec comme principe de base à respecter, un « impératif catégorique Â» (SN Bokoum), qui est celui de la tenue d'élections libres et transparentes, pour assurer la sécurité, la justice et la paix dans le pays.

Cependant, les modalités d'organisation de ces joutes électorales, posent problème, en ce sens que les acteurs politiques peinent à trouver de manière consensuelle, des compromis sur les variables ajustables du processus, à même de garantir la régularité et partant, la crédibilité du scrutin, ce qui d'ailleurs, donne présentement lieu à débat de sourds, dans le cadre du dialogue politique. À ce stade des tractations, l’on n’ira pas jusqu'à se substituer aux acteurs politiques, ou leur intimer une quelconque démarche citoyenne patriotique, pour trouver une issue heureuse à la crise, puisqu'ils sont, estime-t-on logiquement, assez matures et surtout enclins à défendre leurs intérêts particuliers, qui ne sont d'ailleurs pas forcément ceux du peuple de Guinée, dont la principale exigence demeure à ce jour et à jamais, le maintien d'un climat de paix et de sécurité, favorable à l'amélioration des conditions de vie des populations à la base. Mais, force est de reconnaître qu'il est d'une nécessité impérieuse pour la survie de la nation guinéenne, qu'on en finisse une fois pour toute, avec ce cercle vicieux de violence politique, en prenant conscience du fait qu'avec le jeu de jonglage auquel se livrent les acteurs politiques, au gré des intérêts partisans, entre principe de respect des lois et consensus, les raccommodages de solutions conjoncturelles qui se trouvent hâtivement aux dissensions politiques et les convulsions sociales qu'elles engendrent, ne peuvent en aucun cas, garantir la stabilité politique et sociale et la consolidation des acquis démocratiques, nous contraignant ainsi, à un perpétuel recommencement. Ne dit-on pas que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? C'est pourquoi, nous avons besoin aujourd'hui en Guinée, d'une vraie rupture. Rupture de fond en comble, pour repartir sur de nouvelles bases et cela suppose naturellement, une remise en question totale de la donne politique actuelle et les méthodes désuètes de gestion étatique qui la caractérisent, afin de susciter un sursaut national, susceptible de favoriser l'adhésion populaire, sur la base d'un nouveau contrat social, pour la reconstruction des fondements structurels et institutionnels, d'un État de droit, respectueux des libertés individuelles et collectives et permettre ainsi, l'essor économique de la nation tout entière.

Mais, à y regarder de près, on devine aisément que le problème de fond dans cet imbroglio politico-social, est la question cruciale de la gestion du pouvoir, dont l'exercice actuel, jugé à tort ou à raison despotique et sectaire, crée et entretient de façon insidieuse, un sentiment d'exclusion, chez une frange non négligeable de la population. Une situation déplorable, qui donne politiquement matière à instrumentaliser, aux ethno-stratèges, dans leur macabre dessein du « diviser pour régner Â».

Finalement, entre autres ébauches de solutions, pour sortir de ce bourbier merdique, l'on est en droit de supposer que le partage du pouvoir entre belligérants pourrait sans nul doute, atténuer les tensions politiques et les clivages ethniques. L'idée à ce propos, étant de procéder dans un premier temps, à une répartition horizontale et verticale des postes à responsabilité.

À cet effet, les deux finalistes de la prochaine élection présidentielle doivent, et ce quel que soit le futur vainqueur, s'engager solennellement et officiellement, à observer une sorte de moratoire, en acceptant de partager le pouvoir, pour les cinq années à venir, avec des critères qui, au-delà des questions de compétence et de probité morale, tiennent compte d'une représentativité harmonieuse (l'équilibre ethnique étant utopique), des différentes tendances politiques et de la question du genre.
  
A) Répartition horizontale, par l'élargissement de la gouvernance aux différentes composantes socio-politiques :

  • 50% mouvance présidentielle
  • 30% opposition
  • 20% société civile

B) Répartition verticale, par l'élargissement de la gouvernance aux différentes catégories sociales :

  • 50% d’ « adultes et vieux Â» (plus de 35 ans)
  • 30% de femmes
  • 20% de jeunes (35 ans maxi)

La constitution d'un tel gouvernement d'union nationale, donnerait plus de légitimité à agir au nom du peuple, en s'attaquant prioritairement à certains dossiers brûlants, notamment:

  • liquidation du dossier du 28 septembre
  • révision de la constitution (revoir à l'occasion, par exemple, la question de la candidature indépendante aux élections, la procédure de nomination aux postes stratégiques de haute responsabilité et dans les grandes régies financières de l'Etat, actuellement un pouvoir exorbitant et exclusif aux mains du seul président, en soumettant ces nominations à l'approbation des représentants du peuple, à l'Assemblée nationale) ;
  • relance du dossier des audits ;
  • mise en branle du processus de Vérité-Justice-Réconciliation (contrairement à l'idée d'une foire d'empoigne, il suffirait pour cela, de constituer une commission pluridisciplinaire, qui aura à charge de produire une sorte de « livre blanc Â» restituant fidèlement et intégralement la vérité historique, qui sera ensuite rendue publique, au cours des journées dites de Réconciliation nationale), pour le sacrifice du grand pardon ;
  • les ressources financières issues du recouvrement des créances de l'Etat au niveau des délinquants économiques, pourront ainsi servir à indemniser symboliquement, toutes les victimes de la violence d'Etat, de l'indépendance à nos jours.

À méditer.....


Bayo Abidine


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Commentaires  

 
-3 #7 Gandhi 01-07-2015 12:40

Citation en provenance du commentaire précédent de Youssouf Bangoura:
Non la société civile n'est pas du PRG, elle est de tous bords politiques, à vrai dire, cette société civile ne l'est que du nom . les membres sont tous des partisans des partis politiques . Et donc, Mr Abidine devrait dire, la mouvance 50% et l'opposition 50% des postes . En Guinée, la neutralité n'existe pas .

Non la neutralité n'existe pas car le RPG totalitaire impose que tous les organismes soient sous sa coupe. Tous les organismes de la société civile, les organismes professionnels, les syndicats... se revendiquent du RPG. Au besoin, s'ils ne veulent pas se soumettre, on créé de nouvelles structures qui sont les seules reconnues par l'État.
Les choses sont très simples, donnez-moi des noms d'organismes indépendants du RPG. Moi personnellement je n'en connais qu'un seul.
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+1 #6 Youssouf Bangoura 01-07-2015 10:41

Citation en provenance du commentaire précédent de bah boubacar:
Mon cher Bayo,
Tu dis 20% société civile. Mais saches que la sociate civile c'est le RPG. La guinee n'a pas une societe civile a l'image des autres pays de la sous region telque: le senegal, or le burkina.
Pauvre Guinee!!

Non la société civile n'est pas du PRG, elle est de tous bords politiques, à vrai dire, cette société civile ne l'est que du nom . les membres sont tous des partisans des partis politiques . Et donc, Mr Abidine devrait dire, la mouvance 50% et l'opposition 50% des postes . En Guinée, la neutralité n'existe pas .
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-3 #5 bah boubacar 01-07-2015 00:06

Mon cher Bayo,
Tu dis 20% société civile. Mais saches que la sociate civile c'est le RPG. La guinee n'a pas une societe civile a l'image des autres pays de la sous region telque: le senegal, or le burkina.
Pauvre Guinee!!
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+2 #4 BAYO Abidine 30-06-2015 23:56

…les deux finalistes de la prochaine élection présidentielle doivent, et ce quel que soit le futur vainqueur, s'engager solennellement et officiellement, à observer une sorte de moratoire, en acceptant de partager le pouvoir, pour les cinq années …
50% Mouvance présidentiel, j’imagine parti au pouvoir (ça peut être le RPG Arc-en-ciel, comme ça peut aussi être un parti ou coalition de partis de l’opposition. C’est le résultat de la prochaine élection présidentielle qui le déterminera)
30% de femmes comme c’est actuellement requis dans nos textes de lois. Mais là encore on est dans la pratique, en-dessous des normes, l’Assemblée nationale en est un exemple type avec 24% de femmes présentement. Pourquoi pas, les 50% de femmes surtout que la Guinée est signataire du protocole de Maputo relatif à la parité et de toutes les résolutions du conseil de sécurité des Nations Unies relatives à la prise en compte des femmes dans les instances de décisions et de responsabilité.
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+2 #3 BAYO Abidine 30-06-2015 22:47

Pour ce qui est de la procédure de nomination des cadres, il peut bien y avoir d'autres mécanismes, plus efficaces, mais faudrait-il encore les trouver. Ce qui est évident, c'est que le nœud du problème réside à ce niveau, car comme on le sait tous, cette large prérogative, aux mains d'un seul homme (le Président), lui confère un pouvoir absolu de mort et de vie sur les cadres d’une administration publique, censée être une continuité, mais qui se trouve contrainte de suivre la cadence imposée par les tenants du pouvoir (en mal, plus qu’en bien, au regard de la situation chaotique que connait le pays depuis toujours).
Article 58: Le Premier Ministre dispose de l’Administration et nomme à tous les emplois civils, excepté ceux réservés au Président de la République…. Allez y comprendre quelque chose
Vous avez bien raison de souligner la non application des textes de lois. Manque de volonté politique, manque de culture démocratique, manque d’éducation, manque de….., on n’en finira pas de citer les maux de ce pauvre pays où tout est à construire.Les maux nous les vivons, les causes on veut les taire et on s'étonne de pas trouver de solutions ? Raison de plus d’insister sur la nécessité vitale, de mettre à contribution les compétences et les bonnes volontés, au-delà des divergences politiques et les clivages ethniques pour redresser la barre du navire en dérive constante.
Et puis, même en supposant que le pouvoir ait aujourd’hui le soutien de 60% de la population, les autres 40% de guinéens, accordent eux leurs voix, aux leaders politiques de l’opposition dans leur ensemble. C’est donc un non-sens de vouloir entretenir la haine et la division entre nous, car les hommes passent, mais la Guinée demeure éternelle et les défis sont tels que toute contribution aussi minime soit-elle, est à accueillir avec bienveillance et reconnaissance.
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-9 #2 Gandhi 30-06-2015 22:02

Pourquoi la mouvance à 50% et pas l'opposition ?
Pourquoi pas les femmes à 50% ?
Pourquoi une priorité à encore regarder derrière (il faut être serein et apaisé) et non regarder devant, pour une population dont les 2/3 ont moins de 35 ans ?
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-5 #1 amadudialamba 30-06-2015 20:43

Toujours des bonnes idées et des propositions à couper nos souffles pour sortir ce pays que nous aimons tous de son cercle vicieux. Malheureusement pour nous, a part quelques citoyens qui n’ont aucune voix au chapitre, personne ne se soucie de l‘état l’amentale actuel de la Guinée. En tout cas pas les responsables politiques qui ont la capacité de changer les choses. Car ils savent que sans pareil état, ils n’oseraient pas agir pareillement. Quand à la question des répartitions horizontale et verticale ainsi que la révision de la constitution, je peux être d’accord. Mais cela ne m’empêcherait pas aussi de dire ce qui suit . Ca ne sera que perte de temps, perte de ressources financières et d’énergie pour rien. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis notre indépendance, des lois ont toujours existées. Mais simplement pour la forme. Car toutes nos institutions, sans aucune exception, sont inféodées aux régimes qui se succèdent. Le peuple que nous sommes, par manque de patriotisme pour certains, n’avons jamais oser demander des comptes a qui que ce soit. Les lois sont violées en longueur d’année, sous nos yeux et nous trouvons cela tout a fait normal. Surtout que chacun se dit comme c’est mon parent, je dois fermer les yeux et les oreilles. En ce qui concerne la soumission des nominations à l’approbation des représentants du peuple. Croyez-vous par exemple que l’actuelle Assemblée nationale qui est a la totale solde du régime, sera en mesure de faire correctement ce travail ? Je ne crois pas du tout. Alors essayons de faire comme les burkinabés. Actuellement il (le peuple) a élaboré une sorte de Feuille de route a laquelle il tient beaucoup. Tout régime, tout parti qui accédera au pouvoir, sera obligé de la suivre à la lettre. Sinon son débarquement est garanti. Ils ont diminué drastiquement les pouvoirs du président et instauré un outil efficace de veille.
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