Peut-on absoudre des responsables qui ont participé à une dictature ?

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Nous avons constaté avec stupéfaction, que des hauts responsables du régime ethno-fasciste d’Alpha Condé ont entrainé après leur décès, de la compassion de certains « démocrates Â» sous prétexte que cette personne était consciente que le régime politique était une dictature ethno-fasciste donc pas une démocratie ; néanmoins, ces « démocrates Â» voulaient faire croire aux Guinéens que leur « ami Â» était lui contre le système ethno-fasciste qui est à l’œuvre en Guinée.

Ainsi dans sa sphère privée il a été un bon ami. Il a peut-être même, dans le cadre du privé, pu être sensible à la situation difficile des Guinéens, être en désaccord avec certaines injustices, c’est possible. Mais en quoi cela a-t-il soulagé notre peuple ?

Pour nous autres, ce qui nous intéresse et permet de « juger » son action ‒ car c’est de cela qu’il s’agit ‒, ce sont ses actes publics.

Le gouvernement Alpha Condé a assassiné directement 67 Guinéens (au cours de manifestions reconnues par la constitution Guinéenne) sans oublier les 350 mille Guinéens qui ont été pour les plus chanceux chassés de la Haute Guinée (Siguiri, Kankan et Kouroussa) et, pour les autres, tués parce qu’ils sont présumés peuls alors que certains ne parlaient pas un seul mot de peul et n’ont jamais connu le Fouta.

Aujourd’hui en Guinée, il y a près de 750 Guinéens qui participent à la gestion ethno-fasciste (ministres, directeurs de cabinet, secrétaires généraux de ministères, directeurs nationaux, directeurs des entreprises publiques, gouverneurs, préfets, sous-préfets, ...).

Ces personnes étant membres du groupe des 750 Guinéens les plus importants de l’administration publique (jusqu’à ce que mort s’ensuive) sont-elles pardonnables ? Pouvons-nous passer l’éponge comme s’il s’agissait d’un Guinéen lambda ? Ont-ils démissionné lorsque l’administration à laquelle ils ont participé s’est livrée à des actes inqualifiables, contraires à la justice et préjudiciables à la cohésion nationale ?

Sans préjuger de leurs qualités personnelles, ils sont TOUS SOLIDAIREMENT responsables de cette barbarie.

Un haut fonctionnaire qui participe à une dictature ne peut être absous que s’il devient lui-même « victime» de la machine à laquelle il a participé. Et dans ce cas, nous pouvons tout à fait reconnaître son innocence dans cette barbarie et très certainement son erreur de jugement, ou alors son aveuglement par ce dictateur.

Par contre, un homme qui occupe une haute fonction dans la structure d’un parti politique et à fortiori dans la haute fonction publique, et qui collabore à la mise en place et au fonctionnement d’une dictature ne pourra sous aucun prétexte être absout de sa forfaiture contre la population.

La Guinée est soumise à un régime dictatorial avec ses abus et ses exactions. Des crimes odieux restent impunis. Les populations sont amères et frustrées.

La promotion de la paix et de la stabilité ne se fera pas sans justice.


Alpha-Malal Barry


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Commentaires  

 
+4 #8 Youssouf Soumah 24-06-2015 14:47

M.BARRY ; je suis d’accord avec vous, il ne faudrait pas absoudre des collaborateurs qui ont pactisé avec le diable. Néanmoins, il y a des collaborateurs actifs (les 750 collabos) de votre exemple et des collaborateurs passifs qui pensent juste faire leur travail habituel alors qu’en faite, par leur travail ; ils participent à la machine infernale qui détruit le pays. Je suis d’accord que les victimes notamment par leur sacrifice ultime celui de leur mort, ne peut pas être comparé à un homme qui a juste été viré du gouvernement. Prenons un exemple :Emile Cissé (tortionnaire à Labé du temps de Sékou Touré)/Capitaine Diallo Thierno. Emile Cissé participait activement à la repression sanguinaire de Sékou Touré à Labé et au camp Boiro comme Ismaël Touré, Siaka Touré , Mamadi Keïta, N’Faly Sangaré…..Le Capitaine Diallo Thierno était responsable du renseignement au Bataillon du Quartier Général (BQG-actuel Camp Samory). Dès que le Capitaine Diallo a compris ce qui se tramait dans les prisons politiques, il a cru bien faire d’en informer sa hiérarchie et du jour au lendemain, il fut arrêter et assassinés au Camp Boiro. Emile Cissé a subi le même sort.Peut-on comparer ces deux hommes par rapport à leur responsabilité dans la dictature ethno-fasciste Sékou Touré ? Je dis non ! Capitaine Diallo pensait faire son travail et Emile Cissé savait qu’il faisait tuer des innocents pour faire plaisir au sanguinaire Sékou Touré. Ainsi, tous ceux qui ont travaillé avec des dictateurs ne sont pas forcément des « Collabos » au sens de participer à la dictature mais, cela ne veut pas dire que tous ceux qui ont été des collaborateurs ne sont pas des « collabos » d’où l’intérêt de la justice.
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+2 #7 mamadi dioubaté 24-06-2015 09:51

Monsieur Barry notre pays aime bien les dirigeants qui tuent qui ont du sang sur la main je suis étonné que vous le constatiez maintenant.
Il n' y a pas si longtemps qu'un capitaine a fait assassiner et violer des centaines de guinéens au stade du 28 Septembre,actuellement nous voulons le blanchir alors dites moi qui a tué ma nièce au stade du 28 Septembre?
De Sékou Touré,passant par Conté et Dadis et actuellement Alpha Condé leur règne fut souillé par des crimes horribles.
Comment peut on travailler avec les collaborateurs des dictateurs?en Europe il est impensable de voir les anciens nazis dans les rouages de l'état si non le scandale sera incalculable.
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+3 #6 Gandhi 23-06-2015 20:56

On ne s'exonère pas de ses propres crimes, en étant la victime soi-même d'un autre crime. Tout criminel a vocation à être jugé en tant que tel, et a vocation à obtenir réparation pour les dommages subis.
Concernant la responsabilité "solidaire" de membres de gouvernements dictatoriaux, il faut prouver la faute - même indirecte - d'un individu par rapport à une infraction prévue, autrement dit il faut être acteur et non simple spectateur.
L'absence de morale n'est ni un crime, ni un délit. C'est la notion de complicité qui entre en jeu éventuellement pour tenter d'impliquer un individu. Nous aurons l'occasion de revenir ultérieurement sur ces points, car la société civile (je ne parle pas des organismes guinéens) ne dort pas.
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+1 #5 Youssouf Bangoura 23-06-2015 10:51

Citation en provenance du commentaire précédent de K. Ba:
"Un haut fonctionnaire qui participe à une dictature ne peut être absous que s’il devient lui-même « victime» de la machine à laquelle il a participé. Et dans ce cas, nous pouvons tout à fait reconnaître son innocence dans cette barbarie et très certainement son erreur de jugement, ou alors son aveuglement par ce dictateur."
Abracadabran!!! C'est quel genre de justice cela?Un long chemin a faire dans ce pays.
K. Ba

K. Ba,
c'est facile à comprendre la justice de Mr Alpha-Malal, elle est de lui-même lol . Dès que j'ai vu ce passage, j'ai pensé tout d'abord aux collaborateurs de Sekou Touré avant d'être ses victimes . Donc pour Mr Barry, Emile Cissé et tant d'autres, sont innocents . Ils se sont battus pour la " démocratie ", on va se régaler avec cet article ici . Les seuls coupables d'après lui, ce sont uniquement les collaborateurs de Condé Alpha, sa justice à lui, est super belle .
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-4 #4 Youssouf Bangoura 23-06-2015 10:40

C'est très très beau cet article, et là, on trouve des super ressemblances . Gandhi ne sera pas content en lisant cet article de mr Alpha -Malal Barry car, c'est exactement le cas des anciens ministres et les premiers ministres du Général Conté . Peut -on condamner les collaborateurs de Condé Alpha et absoudre ceux de lansana Conté ?
Cependant, j'aimerais savoir où vous avez pris le chiffre 350000 concernant les peulhs chassés de Siguiri, Kankan et Kouroussa . Madame Mama Kaba dit que Kankan n'a jamais été touché par ces événements, elle a fait un très joli commentaire en bas d'un autre article .
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+2 #3 Aliou Baldet 23-06-2015 09:10

Le problème dans notre pays, c’est la capacité des gens à l’oubli. Vous entendrez souvent les Guinéens dédouanés des hommes qui ont participé à des dictatures, prétextant que ces derniers étaient « conscients et parfois peinés » de ce que subissait la population. Alors que cet individu était soit Ministre et parfois un haut responsable de la machine répressive. Pauvre Guinée !
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+2 #2 Kylé Diallo 23-06-2015 08:49

Comme K. Ba, je m'interroge ! Un criminel viré du gouvernement est donc blanchi?
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+5 #1 K. Ba 23-06-2015 02:35

"Un haut fonctionnaire qui participe à une dictature ne peut être absous que s’il devient lui-même « victime» de la machine à laquelle il a participé. Et dans ce cas, nous pouvons tout à fait reconnaître son innocence dans cette barbarie et très certainement son erreur de jugement, ou alors son aveuglement par ce dictateur."
Abracadabran!!! C'est quel genre de justice cela?Un long chemin a faire dans ce pays.
K. Ba
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