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Réponses au président de l'Assemblée nationale sur le chronogramme
Gandhi Samedi, 20 Juin 2015 22:02
Dans son allocution de clôture des travaux de la session des lois 2015, Claude Kory Kondiano, président de l'Assemblée nationale guinéenne, déclarait que les élections locales ne pouvaient pas se tenir avant la présidentielle, prévue au mois d'octobre prochain. Il y exposait les principales contraintes techniques pouvant justifier son affirmation.
J'avais déjà répondu dans un papier récent aux soi-disant impossibilités de ne pas respecter la loi, mais d'autres contraintes ayant été ajoutées, il convient de s'y pencher, non sans avoir rappelé en préalable, l'essentiel de ce qu'il faut savoir en la matière.
Rappel succinct du modèle de décentralisation en Guinée
Il faut distinguer l'organisation déconcentrée avec les 8 régions administratives et les 33 préfectures, dont les représentants (gouverneur de Conakry, préfets et sous-préfets) sont nommés par la tutelle du ministère de l'Administration territoriale et de la Décentralisation.
Il existe également une organisation décentralisée – celle qui nous intéresse -, qui comprend les 33 villes chefs-lieux de préfectures érigées en Communes Urbaines (CU) ainsi que les 5 communes de Conakry, et les 303 sous-préfectures érigées en Communautés Rurales de Développement (CRD) dont les responsables sont élus. À cela il faut ajouter les 270 conseils de quartiers urbains et les 1700 conseils de districts ruraux.
Cadre général des CU
L’administration et la gestion de chaque commune est assurée par un Conseil communal (organe délibérant) et un maire (organe exécutif) dont les mandats sont de 4 ans.
Le Conseil communal est composé d'un collège des représentants de la population (élus au suffrage universel direct) et d'un collège des représentants des groupements à caractère économique et social (désignés par la tutelle). La tête de liste ayant obtenu le plus nombre de suffrage devient automatiquement le Maire.
Le nombre de conseillers communaux varie selon les dispositions suivantes :
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11 conseillers |
Population inférieure à 10 000 habitants |
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15 conseillers |
Population comprise entre 10 001 et 30 000 habitants |
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19 conseillers |
Population comprise entre 30 001 et 40 000 habitants |
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23 conseillers |
Population comprise entre 40 001 et 50 000 habitants |
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27 conseillers |
Population comprise entre 50 001 et 60 000 habitants |
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31 conseillers |
Population comprise entre 60 001 et 100 000 habitants |
Pour les communes de plus de 100 000 habitants, le nombre de conseillers augmente d’une unité par tranche de 25 000 habitants dans la limite maximale de 41 conseillers (ce qui signifie qu'à partir de 350 000 habitants ou plus, le nombre de conseillers est plafonné à 41).
La situation particulière de Conakry
La ville de Conakry constitue une des 8 régions administratives sous l'autorité du gouverneur et du Conseil de la ville de Conakry, qui comprend un collège de représentants des conseils communaux élus en leur sein (les 5 maires sont membres de droit + 25 représentants, soit 5 par commune) et un collège de 7 représentants des organismes à caractère économique et social (désignés par la tutelle). Le mandat des conseils est de 4 ans renouvelables.
Mais à Conakry il existe également 5 communes urbaines, dont le fonctionnement est identique à celui évoqué dans le cadre général.
Cadre général des CRD
L’organe délibérant de la CRD est le Conseil communautaire et l’organe exécutif est le président du Conseil communautaire.
Le conseil communautaire est composé de membres élus en leur sein pour 4 ans, par les conseils de districts et par les représentants des organismes à caractère socio-économique. Chaque district est représenté au sein du conseil communautaire par 2 délégués.
Les 6 arguments de CK Kondiano pour ne pas débuter par les élections locales
1- Sur le nombre de conseillers à élire dans une circonscription électorale
Claude Kory Kondiano rappelle que l'article 86 du Code des collectivités locales dispose que « le nombre des membres du Conseil local est fixé conformément au tableau ci-après », ce qui revient à dire que le nombre de conseillers à élire dans une circonscription électorale, doit être proportionnel au nombre d'habitants de cette localité, d'où la nécessité de déterminer ce nombre.
Puisque le problème des données statistiques fiables de la population pouvant permettre la détermination du nombre des conseillers par circonscription électorale n'est pas résolu, le dernier recensement général de la population ayant été récusé par l'opposition (et la société civile), Claude Kory Kondiano indique qu'il faudrait commencer par accepter le résultat de ce recensement, c'est-à -dire avaliser une fraude scandaleuse. Se rend-il compte de ce qu'il dit ?
La façon la plus consensuelle de régler ce problème – sauf à vouloir absolument tricher -, est de s'appuyer sur les anciennes données, sans tenir compte d'accroissements démographiques complètement incohérents, qui induisent forcément une suspicion légitime. De toute façon, le nombre de conseillers ne change strictement rien à la donne : si une ville possède 31 conseillers et que le RPG possède une majorité de 52%, le fait de passer à 36 conseillers ou plus parce que l'accroissement démographique l'imposerait, ne changera pas ces 52%, mais simplement le nombre de conseillers. Autrement dit, c'est un faux argument que d'évoquer cet argument pour tenter d'empêcher les élections communales de se tenir.
2- La simultanéité de toutes les élections locales
Claude Kory Kondiano rappelle également que l'article 3 du Code des collectivités locales dispose que « les Communes urbaines (CU) et les Communautés rurales de développement (CRD) constituent le cadre institutionnel de la participation des citoyens à la vie démocratique locale et garantissent l'expression de la diversité. Les quartiers et les districts sont des sections des CU et des CRD ». Cela revient donc à considérer qu'il y a obligation d'organiser toutes les élections locales au même moment. Il est vrai que l'article 113 du Code électoral précise que « les conseils communaux sont élus au scrutin proportionnel de listes à un tour, pour un mandat de 5 ans, renouvelable », alors qu'on a vu que la plupart des mandats locaux duraient 4 ans. Où est le problème ? Il suffit aux députés de faire ces modifications, qu'ils auraient du faire depuis longtemps – on se demande à quoi ils servent ? – via une loi organique, qu'ils sont les seuls à pouvoir voter.
3- Le viol du secret du vote
Les articles 100 et 102 du Code électoral instituent un mode d'expression du suffrage qui viole la règle du secret, en disposant que « les conseillers sont élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour pour les districts – le vote se fait à main levée ou par alignement [selon l'article 102] –, et au scrutin de liste à la représentation proportionnelle pour les quartiers ».
Selon Kondiano, le Code électoral doit donc obligatoirement faire l'objet d'une révision pour instaurer le secret partout, mais comme pour les petites modifications précédentes, 24 heures devraient être largement suffisantes pour y parvenir.
4- La durée des mandats
Selon Kondiano le mandat de ces conseillers (quartier et districts) est de 4 ans renouvelable, mais depuis qu'ils ont été installés en 1992, leur mandat n'a jamais été renouvelé. Raison de plus pour le faire maintenant.
5- L'organisation judiciaire au niveau local
Selon l'article 120 du Code électoral, les juridictions compétentes pour juger du contentieux électoral sont les tribunaux de première instance (TPI) et les justices de paix. Il convient donc de les restructurer, pour les rendre aptes à gérer les aspects juridiques des prochaines élections locales.
Il a néanmoins rappelé qu'une loi portant réorganisation judiciaire initiée par le Ministre de la Justice vient d'être adoptée par l'Assemblée nationale et sera bientôt promulguée par le président de la République. Mais, note-t-il, pour pouvoir l'appliquer, il faut d'abord combler le déficit de 350 magistrats qu'a décelé cette organisation en les recrutant et en les formant.
Il ressort donc que le déficit d'effectif indispensable de magistrats à combler, ainsi que la nécessité de les former, constitueraient des préalables juridiques incontournables à lever, avant d'aller aux élections locales.
Pourtant j'avais écrit dans mon texte précité, qu'il manquait un certain nombre de magistrats, ce qui prouve bien que le gouvernement n'ayant pas embauché ceux-ci entre 2013 et 2015, n'avait nullement prévu (anticipé) la tenue des élections communales. Et il ose évoquer le fait qu'il manque des magistrats. Il n'a même pas honte de se prévaloir de ses propres turpitudes.
S'il est vrai qu'il existe des Commissions administratives de centralisation des votes (CACV) dans chacune des circonscriptions électorales, composées de 5 membres, et obligatoirement présidées par un magistrat proposé par la Cour suprême, il est inconcevable de nommer de nouveaux magistrats en 2015, et de les former en si peu de temps. On pourrait donc mettre des juristes expérimentés pour les remplacer. Des officiers ministériels pourraient très bien faire l'affaire. Cela éviterait aussi d'alourdir le budget de l'État en nommant des magistrats, dont le ministère n'aurait pas forcément besoin.
Quant à la justice de paix, elle vient d'être supprimée. Peut-on arguer de l'inexistence de magistrats pour justifier son inaction, alors que les recours en dehors de Conakry sont quasiment inexistants, a fortiori en matière électorale. On peut donc prévoir d'éventuels recours au niveau préfectoral pour résoudre cette difficulté… purement formelle.
6- La hiérarchie des élections
Selon Kondiano « puisque aucun texte juridique, ni la constitution, ni le code électoral, ni le code des collectivités locales, ni aucun autre texte réglementaire n'établit de hiérarchie ou un ordre de priorité entre les différents scrutins en indiquant un ordre chronologique dans lequel ils devraient être organisés, il est impossible de prouver qu'on viole la loi en ne commençant pas par les élections locales », soutient-il précisant par contre, « l'obligation que nous impose l'article 28 de la constitution qui nous fixe une date limite qui ne saurait dépasser le 31 Octobre 2015 est irréfragable ».
Kondiano impute la responsabilité de la non-tenue des élections locales aux autorités de la 2e République et de la transition militaire, mais aussi aux leaders des forces vives, oubliant sans doute qu'Alpha Condé en faisait partie. En revanche, il se disculpe de sa propre responsabilité qu'il n'évoque même pas.
En outre, il dit n'importe quoi, car l'article 28 précise que « le scrutin pour l'élection du PRG a lieu 90 jours au plus et 60 au moins avant la date de l'expiration du mandat du PRG en fonction. Le PRG fixe le jour du scrutin au moins 60 avant celui-ci. S'il y a lieu de procéder à un deuxième tour de scrutin, celui-ci est fixé au quatorzième jour après la proclamation des résultats définitifs du premier tour ».
Chacun se rappelle que la notion d'irréfragabilité est à géométrie variable, puisque les 15 jours prévus par la Constitution sont passés à 4 mois en 2010. En outre, ce que la loi prévoit, peut parfaitement être remis en cause par le vote d'une autre loi. Une loi organique – il suffit simplement que la mouvance et l'opposition soient d'accord – est possible pour modifier éventuellement tout délai constitutionnel, et cela ne prend même pas 24 heures.
En outre, si l'on se réfère aux textes relatifs aux mandats électifs, la question de la hiérarchie des élections est très simple, car ce qui est clair s'énonce clairement. Pour savoir quelle élection doit se tenir en premier (locale ou présidentielle), il suffit de se poser la question de savoir quel mandat arrive à échéance en premier ?
Étant donné qu'aucun élu ne peut rester à son poste après la fin de son mandat, tout acte d'un élu dont le mandat est expiré, est illégal. Il est étonnant qu'on ait à le rappeler à celui qui se fait appeler abusivement « professeur de droit », ce dernier faisant mine de l'ignorer. Dans la situation actuelle, les mandats des élus locaux sont expirés depuis plus de 5 ans et doivent donc être renouvelés avant le mandat présidentiel, qui lui, n'est pas encore arrivé à échéance.
Les autres problèmes
Le coût des manifestations
Parallèlement à son intervention, Claude Kory Kondiano a évoqué une étude du Ministère de l'Économie et des Finances indiquant que le montant des pertes enregistrées par l'État du fait des marches de l'opposition, s'était chiffré à plus de 93 milliards de francs guinéens. Il omet parallèlement d'évoquer les pertes beaucoup plus importantes des commerçants.
Au lieu de botter en touche – c'est la politique menée jusqu'à maintenant ou l'absence de politique qui est responsable d'une absence de croissance –, il ferait mieux de publier cette étude pour nous permettre de la critiquer, car il y a longtemps que nous ne prenons pas pour argent comptant ce que ce régime nous raconte.
La relance du dialogue
Tout le monde sait que la révision et le recensement se terminent officiellement entre le 8 et le 15 Juin. C'est à cette date, au moment où plus rien ne sera possible sur le fichier électoral, que le gouvernement – qui se pose en arbitre entre l'opposition et la mouvance – a indiqué vouloir démarrer le dialogue, qui portera sur ce que la seule mouvance est prête à concéder, à savoir éventuellement – mais rien n'est sûr – le respect de la loi.
Pourtant le Secrétaire Général du RPG, Saloum Cissé a prétendu que le chronogramme électoral était maintenu, car on ne peut pas modifier la date du 11 octobre de l'élection présidentielle. Il est quand même incroyable que le vice-président de l'Assemblée nationale, dont la fonction est de voter la loi, affirme sans honte, qu'on ne peut modifier une date d'élection. Nous sommes dirigés par des ignares et des médiocres. En voilà une nouvelle illustration.
L'Assemblée nationale est la seule habilitée à voter la loi. Toute modification de la date des élections est du ressort d'une loi organique votée par elle seule. Si les deux camps sont d'accord pour repousser exceptionnellement les élections, afin de s'entendre au cours d'un dialogue sincère, il leur sera aisé ensuite, de voter ensemble cette loi organique. De qui se moque t-on ?
Dès lors, est-il utile de dialoguer sur des aspects secondaires ?
Comme le dit Bah Oury dans une interview récente, si l'attitude versatile et contradictoire de l'opposition n'avait de conséquences que sur les ambitions personnelles des leaders, alors le désastre ne serait pas grave, puisqu'il n'impliquerait que la carrière personnelle de ceux-là . Malheureusement il s'agit du destin de tout un pays et de l'avenir de millions d'individus qui sont en jeu. C'est la raison pour laquelle l'opposition doit se rendre à cette rencontre pour deux raisons essentielles :
- montrer sa bonne volonté et ne pas donner le sentiment que c'est elle qui bloque, la propagande gouvernementale ayant réussi à embrouiller les Guinéens, de sorte qu'ils n'en comprennent pas forcément les finalités et les enjeux ;
- faire des propositions réalistes qui montrent que si les deux parties sont de bonne volonté, on peut aboutir à une situation apaisée.
Dans le cas inverse, le pouvoir a montré la voie qu'il a lui même tracé. Le pouvoir tente de bâillonner la presse (voir les élucubrations de la HAC), vote des lois préventives (eu égard à ce qu'il pense qui pourrait arriver), mais en fait répressives, car Alpha Condé, ministre de la Défense, s'autorise à tirer sur tout manifestant qui rejetterait sa façon de voir.
Le pouvoir a bien compris que son attitude du taureau, consistant à foncer sans se préoccuper des réactions, ne peut que susciter la violence, et elle s'y prépare en conséquence, en autorisant légalement les gendarmes à tirer sur les manifestants. L'opposition doit donc en prendre la mesure et arrêter de demander des autorisations à ce qui n'est plus un gouvernement, mais un clan de vauriens, dont la seule finalité est de se maintenir.
À titre personnel, je ne pense pas que ce « dialogue » aboutira à quelque chose de concret, autre que celui de perdre du temps, en vue de rendre les élections locales impossibles à tenir avant les présidentielles. Je ne suis donc pas favorable à un dialogue stérile pour amuser la galerie et faire des photos, mais la plupart des Guinéens ne comprennent pas toutes ces subtilités. Il faut donc jouer un rôle pour attester de sa bonne volonté et faire œuvre de pédagogie. Les Guinéens doivent comprendre que les solutions de l'opposition sont les seules qui respectent les lois et la constitution et que c'est le gouvernement qui veut légaliser par les urnes, un hold-up électoral. Si l'opposition réussit cela, au moins le dialogue aura été utile.
Gandhi
Citoyen guinéen
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).
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Commentaires
@ Gandhi : Gaoual vient de dire sur lynx fm qu'à cause du manque d magistrats, si la proposition de l'opposition de tenir les communales avant la présidentielle était acceptée; il faudra pour contourner cet obstacle organiser les locales sur 2 jours en redéployant certains magistrats (c'est-à -dire que le premier jour un certain nombre de circonscriptions votent et le jour suivant le reste des circonscriptions va au vote)
un ratio Cooke ne ferait pas de mal pour rationaliser le nombre de magistrats eu égard à leur utilité en matière d'élections, mais en Guinée on sait dépenser l'argent qu'on ne sait par contre pas gagner.
Je maintiens que votre soutien à l’opposition est en train de vous glisser vers une tare guinéenne
Comme je le disais il ne faut pas tout mélanger. Je ne parle que des propositions que j'appuie, pas celles de l'opposition, et notamment la CENI. Sur ce point je n'ai pas changé d'avis. Quelle que soit la nullité de la CENI, l'opposition s'est faite avoir (c'est d'ailleurs à partir de cet instant que je me suis mis à publier des propositions jusqu'alors privées, afin que les gens comprennent qu'ils étaient avertis). On peut remettre en cause le travail de la CENI par différents moyens (et ils existent). C'est ce que je m'efforce de mettre en place, mais moi je ne suis pas pressé par le temps. Donc sur ce point nous sommes d'accord, la CENI ne bouge pas.
Pour ce qui est de la révision du Code électoral, c'est très simple. Des juristes peuvent s'y atteler assez vite, à charge pour l'AN de valider les conclusions. Le dialogue consiste aussi à prendre des décisions, à charge pour l'AN de les valider pour leur donner la valeur légale ou constitutionnelle qui convient.
Ne nous énervons pas. Mettons la balle à terre. Je ne répondrai pas avec des termes déplacés.
Je maintiens que votre soutien à l’opposition est en train de vous glisser vers une tare guinéenne : l’inconstance (ma parole n’est pas une montagne). Vous dites bien dans votre conclusion vous appelez le peuple de Guinée à comprendre que toutes les propositions de l’opposition sont conformes à la loi dans le bras de fer politique que connait notre pays. Et comme je n’ai pas la mémoire courte, je veux rappeler qu’il y a quelques semaines on partageait la même idée sur l’une des requêtes de l’opposition à savoir la nouvelle demande de recomposition de la Céni. J’avais dit dans un commentaire que l’opposition, sachant bien que les membres de cette institution ont prêté serment pour 7 ans, ne pouvait pas exiger une nouvelle recomposition et qu’elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même puisque c’est elle qui y a envoyé des parents et copains en lieu et place de personnes compétentes. Ce jour (il y a moins de 2 mois), vous étiez dans l’esprit d’accord avec mon commentaire en suggérant que l’opposition doit assumer son erreur. Aujourd’hui lorsque vous dites « , alors que l’un des points essentiels n’étaient pas conformes à la légalité il y a quelques semaines ; acceptez qu’on fasse remarquer votre inconstance à ce niveau. Et je dis que cela est dommage parce qu’à travers certains de vos écrits on sent de la sincérité en terme d’engagement civique. Ce qui est à craindre chez vous, c’est que votre engagement politique ne piétine l’engagement civique au point de vous rapprocher du commun des Guinéens.
Pour le reste, je dis bien que même si l'on doit aller vers propositions d'amendement de certains passages du code électoral, il faudra une session extra de l'AN pour toiletter les textes. Les députés actuels ne sont pas à mon avis capables de faire c travail en un temps record (24h comme vous le dites). A moins que vous soyez de ceux qui préfèrent que le dialogue actuel amende nos textes en lieu et place de l'AN. Dans ce cas, ne nous fatiguez plus avec vos soucis de respect des lois parce que vous accepteriez comme M. Tout le monde toute sorte d’accommodations.
La conclusion de votre texte est pathétique par rapport à votre niveau d'engagement citoyen.
On ne parle pas de politique, mais de DROIT, et en la matière il n'y a pas d'à peu près. Donc au lieu de nous asséner ton jugement de valeur, qui ne démontre rien du tout, montre moi en quoi les propositions de l'opposition seraient non conformes à la loi et celles de la mouvance correctes. Alors tu pourras parler. Je n'écrit pas des textes pour m'entendre dire que ce n'est pas bon. Ça peut ne pas être bon, encore faut-il le démontrer.
Par ailleurs il n'y a rien de contradictoire à dire que l'opposition respecte la loi ici, mais qu'elle prend des libertés ailleurs. Parfois AC viole la constitution, parfois il la respecte, il faut juger les actes un par un.
M. Gandhi : c’est bien beau de faire un texte de réplique mais vos arguments ne paraissent aucunement remettre en cause les dires du Président de l’AN.
Cisko, tu as de la confiture dans la tête, tout est confus chez toi, quand il s'agit d'essayer de comprendre une autre logique que la tienne. Tu mélanges tout.
Sur le point 1, tu ne parles pas de l'essentiel : quel que soit le nombre de conseillers retenus, seul compte le pourcentage obtenu. Le reste n'a aucune importance, la question du recensement est un faux problème. Ce n'est donc pas un argument pour empêcher les élections locales.
Sur les points 2 et 3, il ne faut pas confondre le réglement intérieur qui comprend de nombreuses dispositions sur de nombreux points, et remplacer le nombre 4 par 5. Tu mets plus de 24 heures pour faire ça ? Il ne s'agit pas d'amender l'ensemble du Code électoral (il est un peu tard), mais de ne répondre qu'aux arguments de Kondiano pour empêcher les élections locales.
Sur le point 5, il n'y a pas besoin de magistrats pour valider des élections. Là encore un faux argument, il n'y a qu'en Guinée où on devrait nommer des magistrats pour qu'ils puissent répondre éventuellement (rien n'est sûr à la campagne) à un recours contre une élection contestée. A raison d'une seule élection par an, cela fait cher le magistrat qui pourrait donc n'avoir jamais à travailler, sic...
La conclusion de votre texte est pathétique par rapport à votre niveau d'engagement citoyen. En politique il n'y a pas de vérité absolue et vous ne pouvez pas nous convaincre que tout se ce que propose l'opposition est conforme à la loi et que c'est la mouvance qui est seule récalcitrante. Alors qu'il y a pas longtemps vous disiez sur ce site que l'opposition ne faisait pas du respect de la loi une priorité. Mais peut être qu'avec le retour de Dadis à la politique et son éventuelle alliance avec votre camp, vous êtes devenu adepte de la célèbre phrase bien Guinéenne "ma parole n'est pas une montagne"
Le point 1 : Vous proposez de retenir les données de 1996 pour déterminer le nombre d’élus par localité car l’opposition n’a pas accepté le recensement de 2014. D’abord, il faut dire que les résultats définitifs de ce recensement ne sont pas encore disponibles et qu’il n’a pas pour vocation d’être avalisé par les politiques. C’est un recensement général de la population et de l’habitat qui est financé par les partenaires de la Guinée ; si ces derniers sont d’accord sur le produit final, on n’aura pas besoin des politiques car ce n’est pas un recensement électoral. Dans ce pays, vous voulez tout politiser finalement et cela ne fera pas avancer les choses. Aussi, comment pouvez-vous proposer que pour les 10 ou 20 prochaines années, toutes nos programmations de développement soient basées sur les données de 1996 parce que juste l’opposition dit ne pas être d’accord sur un travail dont il n’est pas censé d’être le garant (le RGPH)? C’est dommage de s’aligner mécaniquement sur des politiques alors que vous vous battez pour le développement.
Les points 2 et 3 : vous reconnaissez ce que dit Kory Kondiano mais pour vous en 24h les députés peuvent régler ce problème. Quelle simplicité vous avez comme solution. Des députés qui n’ont pas pu voter leur Règlement intérieur, qui boudent l’assemblée nationale (où ils doivent voter des lois) pour venir dans un dialogue politique où ils espèrent amender un code électoral ? Soyez un peu réaliste en ne disant pas qu’en 24h nos députés actuels seraient capables de telles prouesses.
Le point 5 : là aussi son constat est réel, il y a un besoin de magistrats supplémentaires pour que l’élection puisse se tenir. Je ne suis pas juriste mais j’ai entendu beaucoup de personnes évoquer ce problème et recommander la cooptation de jeunes avocats aguéris juste pour cette tâche. Que ce soit votre proposition ou une autre, il faut passer par des amendements que seule l’AN peut faire à mon avis.
Comme vous dites, personne ne doit se prévaloir de ses propres turpitudes. La classe politique dans son ensemble, depuis les accords de Ouaga ne fait que retarder ce pays car ils jouent tous à qui perd gagne ; chacun voulant tromper l’autre et personne ne s’occupe des lois. Et c’est maintenant que l’erreur de l’opposition (boycotter la session des lois qui précède une année électorale alors qu’il y a beaucoup d’incohérences dans nos textes) risque de lui coûter. Alors qu’on laisse maintenant le peuple tranquille.
C’est bien d’expliquer, avec arguments solides à l’appui, comment le régime en place et ses marionnettes tentent toujours de transformer le mensonge en vérité en utilisant des arguments taillés sur mesure. Mais vous allez beau le faire, ne l’entendront d’une bonne oreille que ceux qui veulent comprendre. Ce Président d’une Assemblée minoritaire n’est qu’une honte nationale parmi tant d’autres. Ces institutions de façades font honte à ce pays et a elles-mêmes. AN, Cour supérieure et constitutionnelle, cours et tribunaux, etc., partout c’est de la pourriture. Quand est-ce que Dieu nous dotera des hommes de parole et de cœur ?
Dieu vous en dote deja , Dadis.
Une chose est certaine, quelque soient les mic-mac de la politique politicienne de Alfa CONDE, du RPG et de la CENI, la voie est claire, si à l'issue des elucubrations de la classe politique, qu'on aboutit pas à des elections credibles, transparentes, garanties par la communauté internationale, cette m^m communaute internationale reviendra tres vite en guinee, parceque le feu parlera et la lutte de liberation sera declenchée contre ce CLAN QUI DEPUIS SI LONGTEMPS EMPECHE LA REALISATION DES OBJECTIFS DE LA GUINEE ET DES GUINEENS. Retenez le bien, si les elections ne sont pas credibles, loyales et franches, Il y'aura le FEU. Quand tu as une femme dans ta maison, et qu'elle ne soit pas capable d'assurer l'hygiene et la proprete dans ton foyer alors que tu lui as donné les moyens, alors il faudra divorcer. Ce que nous ferons SPD
Je puis vous croire qu'il y'ait feu car vous vous etes prepare pour cela depuis tres longtemps. Mais vous oublier que le gouvernement et le vaillant peuple (paisible de Guinee) ne sauront etre inquietes par ce que vous appeler par le "feu".
Il ne reste plus que 3 mois et la CENI est entrain de tout mettre en oeuvre pour que l'election d'Octobre soit un succes. Nous avons le soutien des USA, de l'UE et de la communaute ineternationale. Mais, surtout nous avons la volonte du peuple de Guinee pour aller aux elections en Octobre 2015.
2-Il faut que l'opposition trouve les voies et moyens (en est-elle capable avec les leaders actuelles?)de paralyser le pays ou Conakry obligeant le report de la présidentielle et une sorte de "mini transition" pour organiser des élections "consensuelles".
C'est la seule solution qui reste à l'opposition pour que la communauté Internationale s'implique réellement pour obliger Aladji Professeur et son clan à respecter les lois du pays pour éviter une guerre à la Guinée. Le dialogue qui se tient actuellement et qui semble rendre certains optimistes y comprit dans l'opposition, n'est qu'amusement de la gallérie.
C'est beau, on apprend toujours avec vous le droit, vous êtes un as lol sinon, j'aimerais bien savoir pourquoi " les guinéens doivent comprendre que les solutions de l'opposition sont les seules qui respectent les lois et la constitution et que c'est le gouvernement qui veut légaliser par les urnes, un hold -up électoral ? " cela est du droit ou c'est vous qui le dites ?
Si vous lisiez mes textes, la réponse serait pourtant évidente.
Citation en provenance du commentaire précédent de Youssouf Bangoura:
Ces gens là , ne se battent que pour eux-mêmes, aucun parmi eux, ne pense réellement au peuple sinon, ça saurait .
Je suis d'accord avec vous - en incluant AC dans cette clique -, mais le peuple ne doit pas rester passif, sinon de quoi se plaint-il ?
Autre chose, moi personnellement, je refuse d'accepter que " l'attitude versatile et contradictoire de l'opposition " ait une quelconque conséquence sur l'avenir de la Guinée . Ces gens là , ne se battent que pour eux-mêmes, aucun parmi eux, ne pense réellement au peuple sinon, ça saurait .
Deux scénarios(/scenarii)donc:
1- Alpha Condé persiste et l'opposition abdique; et Alpha Condé part encore pour 5 ans de dictature qui va vraiment être comme Yayah Jammeh de Gambie: autorisation de tuer tout contestataire, plus d'opposition en Guinée et une nouvelle constitution monarchique.
2-Il faut que l'opposition trouve les voies et moyens (en est-elle capable avec les leaders actuelles?)de paralyser le pays ou Conakry obligeant le report de la présidentielle et une sorte de "mini transition" pour organiser des élections "consensuelles".
Mais je suis vraiment inquiet car notre opposition montre beaucoup de fébrilité et peu d'assurance face à cette dictature.
Cela dit, comme toujours le RPG dit clairement ce qu'ils veulent mais l'opposition, elle, elle attend que quelqu'un leur propose une alternative.
Un bon politique dit non et propose sa solution pour arriver à un compromis. C'est toujours à partir des volontés du pouvoir que les négociations partent pour évoluer vers un compromis qui bien sûr sera toujours plus proche du point de départ que celui de l'opposition. En 8 ans(2007-2015)de nombreuses négociations, l'opposition ne l'a toujours pas compris. Qui sait ou lu ce que propose l'opposition en contrepartie du chronogramme de la Ceni de Alpha Condé hormis certains comme l'UFDG qui exigent les communales avant la présidentielle. Or Le RPG dit "Niet"!
La Guinée manque cruellement de ressources humaines dignes de faire avancer le pays. La qualité de ceux de la diaspora fait illusion en pensant qu'en Guinée il en est de même. Un pays qui est en transition politique et constitutionnelle depuis 2007 en dit long! C'est le manque de compétences qui explique aussi l'absence de conviction politique, d’opiniâtreté et surtout la trop grande facilité d'achat des conscience car pour beaucoup trop de Guinéens, seule la politique "du ventre" permet de gagner sa vie.
Cela aussi dit, que Dieu trouve un moyen pour nous débarrasser de cette génération de leaders politiques sans vision, sans stratégie sauf la volonté de devenir PRG.
Pour finir, si ceci se confirme, une éventuelle alliance ou collaboration Cellou dalein-Dadis Camara serait drôle et démagogiquement intéressante à suivre avec la réaction de Alpha Condé qui compte dans sa cour, Papa Kolly Kourouma, le tueur Pivi, ses Tiegboro et Bouba Barry (qu'il a fabriqués de toute pièce lors de la transition2008-2009).
Wait and see!








