Changer la Guinée (partie 1) : l’insurrection populaire comme moyen

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Prologue

Dans les années 90, le célèbre écrivain kenyan Ngugi Wa Thiong'o me raconta une histoire navrante à propos de son roman Matugari. Le personnage fictif du roman était un ancien héros de l’indépendance qui, désabusé par la corruption, entreprit d’organiser une insurrection populaire. À la publication du roman, les autorités kenyanes déclenchèrent une campagne pour faire arrêter le héros fictif. La répression s’abattit dans les zones que la fiction avait prises comme théâtre. L’auteur, Ngugi, fut arrêté pour incitations à la rébellion ; il fut emprisonné pour un an environ. Grâce à Amnesty International, il sera libéré et vit aujourd’hui aux USA où il enseigne – notamment à Yale.

Étant donnée la culture de culpabilisation collective et la paranoïa des pouvoirs en Guinée, il est fort possible que des écrits comme celui que je soumets ici, parlant d’insurrection populaire, puissent être utilisés pour justifier les « complots » préparés et la répression préméditée. Seront peut-être mis à l’index par les cercles du pouvoir, les organisations dans lesquelles je milite, mes amis et collaborateurs, la diaspora etc. Comme on est en plein délire ethnocentriste, les citoyens originaires du Fouta Djallon seront peut-être ciblés par les propagandistes du RPG. Le fait que j’existe et que je ne suis pas une fiction, pourrait bien être une aubaine pour les fabricants de complots.

Les séquelles de la répression politique dans notre pays veulent qu’on ne proclame jamais en public l’option d’une lutte politique fondée sur la violence. J’ai délibérément choisi de passer outre. S’il faut donner des raisons, il y a avant tout, le navrant constat d’une culture persistante d’impunité dans notre pays dont les exemples de l’histoire montrent qu’elle ne peut être éradiquée que par la violence. Ensuite, la pratique militante avec des sœurs et frères guinéens a consolidé en moi l’idée de la nécessité et de la viabilité de l’insurrection populaire. La pratique militante a assis en mon for intérieur la conviction que les sacrifices qui seront consentis lors d’une insurrection populaire dans notre pays ne seront pas vains et qu’ils restent le seul moyen pour que le peuple de Guinée se débarrasse du fascisme ethnique et de la corruption qu’il couve. L’effort ici fait est plus une forme indirecte de gratitude à des militants guinéens, dévoués dans leurs âmes et sincères dans leurs cœurs, que j’ai l’honneur de côtoyer. Nombreux sont nos compatriotes qui sont tombés dans les batailles obscures que notre peuple n’a cessé de mener contre le despotisme. Certains n’ont plus la force de lutter du fait de l’âge. D’autres ont baissé les bras du fait des échecs successifs. Les honorer en réaffirmant et en raffinant leurs combats inachevés est une obligation.


Introduction

La constante de l’histoire guinéenne a été la répression des moindres velléités de contestation et le détournement des aspirations des populations et c’est un lieu commun que de dire que le pays a du mal à se défaire de ces pratiques politiques. Une telle situation n’est certes pas spécifique à la Guinée. Le préambule de la déclaration d’indépendance des États-Unis remarquait : «l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés ».

Le débat sur les moyens d’arrêter cette infernale succession de systèmes répressifs en Guinée reste une question centrale. Le temps qui passe ne fait que le prouver. Cette série de papiers participe à ce débat dans le but d’explorer les voies et moyens par lesquelles les populations pourraient se débarrasser de l’oppression. L’exploration est faite sur la légitimité, la nécessité et l’organisation de l’insurrection populaire comme moyen de changement politique. Pour ramener le concept dans la sphère des possibilités à considérer, il fallait le débarrasser des connotations que les régimes guinéens lui ont données. L’interrogation sur les effets accumulés et les séquelles de la répression qui permettent la perpétuation du système et comment cette construction lente maintient les guinéens dans la sujétion permettra de pénétrer le conditionnement de la peur par l’identification de ses effet. Comment défricher des voies de combat et les structures autour desquelles regrouper les forces du changement est traité de façon spéculative. La question de savoir comment un tel combat peut-être livré pour minimiser les dégâts dans les rangs des forces démocratiques et réduire le potentiel répressif de l’état sera abordée comme un inventaire des possibilités, une analyse des risques et des atouts sur lesquels les circonstances du combat lui-même décideront. La série conclura par un thème plus facile et donc de prédilection. C’est-à-dire, comment organiser la transition de l’état d’insurrection à la démocratie.

Pour que cette transition ait lieu, une bonne préparation et une bonne exécution de l’insurrection populaire est indispensable. L’ampleur et le coût de l’insurrection elle-même seront conditionnés par l’usage qui sera fait d’organisation et de discipline sans lesquelles l’intelligence et la détermination psychologique ne sont rien.

La conviction de l’inéluctabilité d’une victoire dans un tel processus est la motivation de base de ce travail. Elle est doublée de la conviction corollaire que sans un tel combat la Guinée trainera son passé historique à jamais. Le temps n’arrange rien automatiquement dans l’histoire d’une nation. De nombreux exemples de nations en faillite sont là pour le prouver. Il y a plus de 25 ans que l’on a décrété le multipartisme en Guinée. Si la matérialisation de la démocratie en Guinée n’était qu’une question de temps ou de générations on aurait vu des effets tangibles. Il s’avère plutôt que sans un combat délibéré et conscient pour oblitérer le passé et des pratiques politiques qui ont montré avoir la vie dure, l’implantation de la démocratie dans notre pays se fera toujours attendre.


De la légitimité de l’insurrection populaire

En prenant comme guide l’expérience de la Guinée et le désir affirmé des Guinéens de se défaire de ce carcan d’Etat paria et en faillite, l’insurrection populaire apparait comme un devoir bienfondé, doublé d’une légitimité inaliénable. La perpétuation de la culture d’impunité l’a rendue incontournable. Pour la considérer et la ramener sur le terrain des possibilités, il est utile d’élaguer les confusions et les malicieux occultismes qui, à la faveur des effets de la complotite, l’ont écartée du débat politique public.

Tous les moyens ont été mis en œuvre pour noyauter le fait fondamental que les citoyens guinéens sont les seuls garants et les vérificateurs obligés de la légalité de tout gouvernement. Le régime totalitaire du PDG détourna la souveraineté du peuple et la ravala en slogans. Le concept de « prééminence du peuple » consacrait en fait la toute-puissance d’un homme, de sa famille et de ses courtisans. L’idéologie fasciste du PDG fit de cette prétendue prééminence un fétiche. Cela lui permit de nier toute valeur à l’individu pour mieux flouer la masse du peuple et justifier les crimes d’Etat. Depuis cette époque la dépossession des citoyens de toute volonté et de toute légitimité d’action a été continue.

Les régimes qui suivirent le PDG s’adaptèrent à l’air du temps et prirent des colorations «démocratiques» ou «libérales». Les moyens de perpétuation des mafias au pouvoir furent les élections truquées assorties de violence. Dans les systèmes politiques guinéens, les consultations électorales ne sont que des alibis pour masquer la même entreprise de dépossession des citoyens de toute marge de manœuvre et d’action. Tout en prenant refuge derrière la démocratie, les régimes guinéens se gardent bien d’aller dans la logique qu’elle impose. En démocratie la délégation de pouvoir que sont les élections n’est acceptable et légitime qui si le pouvoir soumet en permanence ses actions à la sanction constante par le peuple qui l’a investi et qu’il prenne des mesures correctives sur les dérives constatées. Les échéances électorales ne sont pas les seules occasions pour cette vérification ‒ qui doit être constante il faut le rappeler. Le moyen le plus sûr de ce contrôle est la division du pouvoir entre différentes branches de l’état. Chaque branche est dotée des moyens et du pouvoir de sanctionner l’autre. Toute branche du pouvoir qui fait le moindre manquement à la constitution, à l’un quelconque des impératifs de contrôle ou cherche à empiéter sur les privilèges de l’une des branches devient illégal. À défaut de sanctions par les autres branches, il est du devoir du peuple, à tout moment, de le balayer par tous les moyens nécessaires, y compris et surtout par la violence et l’insurrection. Ce devoir devient impératif si en sus, le pouvoir commet des crimes économiques ou de sang.

C’est dire que les personnes qui ont réellement lutté ou qui luttent dans le but de balayer ces régimes et de mettre fin à leurs abus sont dans leur parfaite légalité. Celles qui ont osé affronter ces régimes par des moyens violents sont de vrais patriotes. Ce ne sont ni des apatrides, ni des traitres, ni des saboteurs, ni des « comploteurs », ni des conspirateurs, ni des vendus. Tous les moyens dont dispose l’état sont utilisés pour masquer ce fait. Jusqu’à présent l’entreprise a réussi. Il y a donc lieu de restaurer le sens et la vocation du concept d’insurrection populaire afin de mettre fin à son emprise sur les esprits et à la connotation dangereuse qu’on lui a donnée pour le reléguer dans les zones des tabous.


Ourouro Bah


A suivre – Insurrection, conspiration et dangers de guerre civile en Guinée..


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Commentaires  

 
+6 #29 boubacar doumba diallo 11-05-2015 21:47

Autre définition
"La révolution n'est pas un dîner de gala; elle ne se fait pas comme une oeuvre littéraire, un dessin ou une broderie [...]. C'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. » Mao Tsé-toung, Le Petit Livre rouge, 1966
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+7 #28 boubacar doumba diallo 11-05-2015 21:43

UNE INSURRECTION ,c'est quoi même ?
Voici UNE définition du Toupictionnaire.
Définition d'insurrection
Etymologie : du latin insurrectio, action de s'élever.
L'insurrection est l'action de s'insurger. C'est un soulèvement armé ou non, une révolte d'un groupe ou d'une population (les insurgés), contre un pouvoir établi ou une autorité.
Les partisans de l'insurrection y rattachent une notion de droit et de justice (insurrection contre une armée d'occupation, un régime totalitaire, une dictature…).
Le droit à l'insurrection fut reconnu dans la Constitution de 1793, jamais appliquée, ainsi que dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 (article 35).
"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."
Synonymes : agitation, dissidence, émeute, fronde, jacquerie, mutinerie, rébellion, révolte, révolution, sédition, soulèvement, trouble.
Exemple d'insurrections :
- La Commune de Paris en 1871,
- Avant la Libération de Paris en août 1944,
- Budapest en 1956.
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+5 #27 Féla Barry 11-05-2015 19:46

Merci d'avoir relevé l'énorme coquille qui fausse tout le sens et le poids morale de mon objection. Je vous lis attentivement mon Doyen.
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+5 #26 boubacar doumba diallo 11-05-2015 18:22

Citation en provenance du commentaire précédent de Féla Barry:
DIOULDE: "Peut-être qu’après s’être fait mutuellement mal, les Guinéens trouveront enfin la vertu de se respecter à défaut de s’aimer".
la vie doit être honorée en tout temps et toute époque. On peut enlever en toute impunité, une vie que dieu a créée !!!

@ Fela Barry
Bonjour cher ami.Dans ta dernière phrase,j'ai l'impression qu'il manque la petite particule NE .Ou bien je me trompe?
Bien à toi
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+6 #25 Féla Barry 11-05-2015 18:15

DIOULDE: "Peut-être qu’après s’être fait mutuellement mal, les Guinéens trouveront enfin la vertu de se respecter à défaut de s’aimer".
la vie doit être honorée en tout temps et toute époque. On peut enlever en toute impunité, une vie que dieu a créée !!!
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+8 #24 Ourouro Bah 11-05-2015 14:00

Citation en provenance du commentaire précédent de boubacar doumba diallo:
Après avoir abordé le point de vue de plusieurs stratèges de l’insurrection, je vais donner les références d'un livre écrit par un grand spécialiste de la contre insurrection. Il s'agit de:"CONTRE-INSURRECTION, théorie et pratique de David GALULA. Ce livre est préfacé par le général d'armée David H. PETRAEUS.

Merci Frère Doumba pour l’abondante contribution. Merci aussi à Féla Barry d’avoir rappelé avec pertinence que l’insurrection est le droit de tout peuple opprimé. Les rections privées que j’ai reçues - toutes presque positives - auront été plus nombreuses que celles des web sites. Comme il fallait s’y attendre, quelques injures et menaces sont venues des proches du pouvoir qui crient à l’incitation au désordre. En filigrane la question qui revenait à travers la plupart des commentaires était sur la faisabilité de l’insurrection dans le climat socialement corrompu de la Guinée. A cette question de faisabilité il n’y a pas de réponse définitive. L’insurrection n’est pas le fait des peuples. Elle n’est qu’une réponse au despotisme. En filigrane aussi, revenait la question sur les risques de déstabilisation, de la répression, de guerre civile etc. Elle est liée à la question de la faisabilité. Comme promis dans l’introduction ces questions seront soumises au débat dans les prochaines livraisons.
Wa Salamou.
Ourouro Bah
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+9 #23 Diouldé 11-05-2015 12:59

L’insurrection comme moyen de dernier recours est l’arme de choix pour l’opprimé. Elle est légitime lorsqu’elle répond à une injustice entretenue de façon pérenne et imposée de façon discriminatoire, ciblée.
Dans une telle situation, ne pas recourir à l’insurrection relève de la lâcheté de la part des victimes. Lorsqu’un gouvernement ne respecte pas les droits de ses citoyens ou d’une partie de ses citoyens, ceux-ci doivent chercher un remède de façons pacifique, à priori. Mais, faute de solution acceptable, les victimes se donnent les moyens matériels et psychologiques pour éradiquer la source de l’injustice.
Le Guinéen qui prendra son arme pour se défendre contre la violence aveugle de l’Etat, ferait le plus sacré des devoirs.
Les Américains l’avaient fait en 1776, les Français en 1789, les Dioula de Cote d’Ivoire l’ont aussi fait après la preuve administrée par les Tutsi du Rwanda, et les Hutu du Burundi.
Or dans l’histoire du continent Africain, jamais un Etat ne s’est montré plus prompt à infliger la barbarie sur son peuple, ou une partie de son peuple, comme l’a été, et l’est toujours de façon spirale, l’Etat sauvage de Guinée.
Faute de pouvoir le faire à la Burkinabé (tout le peuple, ensemble, prend sa responsabilité), il me semble qu’en Guinée, un certain segment du peuple n’a pas de choix que de regarder la situation en face. Tout conflit est coûteux, l’insurrection encore plus, car elle procède souvent de l’émotion. Elle ne chercher à redresser, mais à éradiquer. Or, pour le cas qui prévaut en Guinée, la nature du problème exige de la victime de trouver son salut dans la défaite du bourreau. Le prix sera certes élevé. Or, la victoire viendra lorsque les pertes de l’éternelle victime se comparent et se contrastent avec celles de l’éternel oppresseur.
De toute façon certains meurent, directement et indirectement, par la volonté délibérée d’autres. Or, l’oppression n’existe guère que par la volonté de l’opprimé! Le Darwinisme ne démontre-t-il pas la survie du plus apte ?!
C’est maintenant limpide que la voie de Mahatma Gandhi ne marchera pas en Guinée, la voie raisonnable est que la violence doit être mutuelle, réciproque. Peut-être qu’après s’être fait mutuellement mal, les Guinéens trouveront enfin la vertu de se respecter à défaut de s’aimer.
Si on ne défend pas sa dignité en tant qu’homme, on pleure la perte de celle-ci comme un lâche!
Diouldé
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+9 #22 boubacar doumba diallo 11-05-2015 06:41

Après avoir abordé le point de vue de plusieurs stratèges de l’insurrection ,je vais donner les références d'un livre écrit par un grand spécialiste de la contre insurrection.Il s'agit de:
"CONTRE-INSURRECTION ,théorie et pratique de David GALULA. Ce livre est préfacé par le général d'armée David H. PETRAEUS .
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+13 #21 boubacar doumba diallo 10-05-2015 15:14

Autres ouvrages traitant de la question.Consulter Gérard Chaliand selon son cours donné à Sciences-Po en 2014-2015.Il donne une vaste bibliographie pour ceux qui aiment lire et ont surtout les moyens de se procurer les dits documents.Voici le lien:
http://formation.sciences-po.fr/sites/default/files/enseignement/2014/CAFF1725_plan.pdf
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+11 #20 boubacar doumba diallo 10-05-2015 14:44

LU POUR VOUS
Thomas Edward Lawrence et les principes de l’insurrection
31 juillet 2005
Au-delà du mythe, Lawrence d'Arabie reste l'un des officiers les plus influents dans le développement d'une doctrine insurrectionnelle au siècle dernier. Et ses réflexions restent pertinentes.
En 1946, le général français Raoul Salan a mené plusieurs entretiens avec Vo Nguyen Giap, le général vietnamien qui a planifié et conduit les opérations militaires contre les Français jusqu’à leur défaite à Dien Bien Phu. Salan faisait partie d’une mission de négociation créée pour finaliser le retour de l’autorité française au Vietnam. Plus tard, il commandera le Corps expéditionnaire français au Vietnam du 20 mai 1951 jusqu’à mai 1953, et il a conduit la dernière action militaire réussie contre Ho Chi Minh : une offensive nommée opération Lorraine, le 11 octobre 1952, dans laquelle les forces de Salan ont balayé la vallée de la Rivière Rouge et les jungles du Nord-Vietnam. L’année suivante, il remettra son commandement au général Henri-Eugène Navarre, qui présidera au désastre de Dien Bien Phu.
«... Lawrence combinait la sagesse, l'intégrité, l'humanité, le courage et la discipline avec l'empathie, soit l'aptitude s'identifier émotionnellement aussi bien avec les subordonnés qu'avec les supérieurs. »
Pendant ces entretiens de 1946, Salan a été frappé par l’influence d’un homme sur la pensée de Giap ; cet homme était Thomas Edward Lawrence. Giap a dit à Salan que « les Sept Piliers de la Sagesse de T. E. Lawrence est mon évangile du combat. Il ne me quitte jamais. » L’essence de la théorie de la guérilla à laquelle se réfère Giap peut être trouvée à deux endroits. Le premier et le plus accessible n’est autre que les nombreuses éditions des Sept Piliers de la Sagesse, notamment le chapitre 33. Le deuxième est un article portant le titre « The Evolution of a Revolt », publié en octobre 1920 dans le Army Quarterly and Defence Journal. Tous deux sont basés sur l’évaluation pratique et réfléchie par Lawrence de la situation à laquelle faisaient face les forces arabes dans la région du Hedjaz, au sein du désert saoudien, en mars 1917.
Algébrique, biologique et psychologique
Jusqu’à cette époque, Lawrence avait passé plus d’une année aux côtés des bédouins arabes contre les Turcs. Il avait tiré de cette expérience deux théorèmes de la guérilla qui forment une base théorique et un point de départ pour le reste de ses idées liées à la conduite d’une insurrection. Lawrence affirmait en premier que des troupes irrégulières sont incapables de défendre une position contre des forces conventionnelle, et qu’elles sont également incapables d’attaquer efficacement une position fortement défendue. Si ces théorèmes sont corrects, se demandait Lawrence, quelle valeur peuvent donc avoir ses forces irrégulières ? Cela devint la question de base qu’il chercha en premier à éclairer.
En se tournant sur lui-même, Lawrence comprit qu’à l’instar de tout autre officier éduqué dans la pensée et les traditions militaires occidentales, son attitude envers la guerre était dominée par le dogme de l’anéantissement : une obsession selon laquelle « le principe de la guerre moderne consiste à rechercher l’armée ennemie, le centre de sa puissance, et la détruire au combat. » Mais il apparut à Lawrence que malgré l’absence de toute bataille d’anéantissement, les Arabes étaient en train de gagner la guerre : « alors que j’y réfléchissais, j’ai compris que nous avions gagné la guerre du Hedjaz. Nous occupions 99% du territoire. Les Turcs étaient les bienvenus dans le reste. […] Ils étaient tranquillement assis [à Médine] ; si nous les faisions prisonniers, ils nous coûteraient de la nourriture et des gardiens en Egypte. […] A tous points de vue, il était préférable qu’ils restent là, qu’ils tiennent à Médine et veulent la garder. Laissons-les ! »
Lawrence se demanda ensuite s’il n’existait pas d’autres guerres, différentes des guerres d’anéantissement que vantaient des généraux français comme Ferdinand Foch et d’autres contemporains et dont ils parlaient avec un tel enthousiasme. Il en conclut, après une réminiscence de son étude de Clausewitz, qu’il y avait effectivement plus qu’un type de guerre, que le facteur déterminant était l’objectif pour lequel la guerre était initialement menée. Il n’entrait simplement pas dans le cadre des intérêts arabes, ni dans celui de leurs capacités, d’anéantir les Turcs. L’objectif des Arabes était géographique : occuper la plus grande partie possible du Moyen-Orient arabe. Maintenant, si l’objectif des Arabes était un intérêt géographique plutôt que la destruction des forces ennemies, il jetait une lumière entièrement nouvelle sur le rôle des irréguliers. Etant donné la validité de ces deux théorèmes, quel rôle l’insurgé arabe avait-il dans une guerre d’occupation ?
Afin de répondre à cette question, Lawrence a développé un cadre conceptuel simple, rien d’autre qu’une sorte de tableau à trous mental pour accrocher des concepts et des idées en relation l’un avec l’autre, mais avec une structure suffisante pour penser à toutes les idées comme un tout. Le tableau de Lawrence comprenait trois concepts ou catégories d’analyse, des crochets conceptuels qu’il appelait l’algébrique, le biologique et le psychologique.
Par algébrique, Lawrence entendait ces facteurs spatio-temporels qui sont sujets au calcul. Il a ainsi commencé à calculer la taille du secteur que les Arabes devraient conquérir et combien de Turcs il faudrait pour le défendre. Lawrence détermina qu’il faudrait au moins 600'000 soldats pour fournir une défense adéquate. Les Turcs n’avaient que 100'000 hommes et la plupart étaient concentrés à l’intérieur et autour de Médine. Lawrence reconnut également que les Turcs, avec leur bagage mental rempli d’idées sur les batailles d’anéantissement, approcheraient la rébellion dans la perspective d’une guerre totale. Mais cela serait une erreur, parce que faire la guerre « à une rébellion est lent et chaotique, comme manger de la soupe avec un couteau. »
Le biologique était le deuxième élément dans le cadre conceptuel de Lawrence. Plus tard, il a utilisé le terme de « bionomiques » pour représenter l’idée d’usure et de friction au sein d’un système militaire. Lawrence est parvenu à la conclusion qu’au lieu de détruire l’armée turque, les Arabes avaient simplement besoin de l’user. L’épuisement, et non la destruction, occasionnerait cela, par le biais d’attaques directes sur le matériel de l’ennemi : « la mort d’un pont ou d’une voie ferrée turque, d’une mitrailleuse, d’un canon ou d’explosifs nous était plus profitable que la mort d’un Turc. » De ce fait, la faiblesse des irréguliers – leur incapacité à affronter face à face les réguliers au combat – pouvait être rendue sans objet dès lors que les Arabes s’en prenaient au matériel accessible de l’ennemi. Mais la clef d’une telle stratégie était la disponibilité de renseignements presque parfaits. Lawrence, lui-même officier de renseignements, a noté que la connaissance de l’ennemi devait être « sans faute, ne laissant aucune place au risque. Nous avons fait davantage d’efforts dans ce domaine que n’importe quel autre état-major que j’ai vu. »
Le dernier facteur d’analyse était le psychologique. Lawrence comprit que dans une insurrection, la vraie bataille se jouait dans l’esprit des opposants. Pour être victorieux, les Arabes devaient « ranger leurs esprits en ordre de bataille, aussi prudemment et formellement que d’autres officiers alignaient leurs corps. » Cela signifiait aussi que le soutien moral au sein de la population devait être mobilisé pour la rébellion.
Les six principes de l’insurrection
A la lumière de cette analyse, Lawrence développa un plan de base auquel il s’est tenu virtuellement jusqu’à la fin de la guerre. Il était construit sur une évaluation réaliste des irréguliers arabes et de leurs opposants turcs. Son but consistait à imposer aux Turcs le fardeau d’une défense longue et constante qui finirait par les épuiser. L’emploi de petites unités offensives très mobiles constituait le moyen pour atteindre cet objectif. Lawrence reconnut que le rapport troupes / espace déterminerait le caractère ultime de la guerre. En termes pratiques, cette idée profonde signifiait que « en ayant [par exemple] cinq fois la mobilité des Turcs, nous devrions être en termes [égaux] avec eux avec un cinquième de leurs effectifs. » De ce fait, Lawrence en vint de plus en plus à considérer la guerre désertique comme équivalente à la guerre navale.
Pour Lawrence, le chameau était effectivement un vaisseau du désert. Il donnait à la guérilla désertique une incroyable autonomie, et donc une mobilité opérative à Lawrence et à ses forces arabes. Avec le chameau, les troupes étaient capables de transporter des vivres pour 6 semaines. Même sous les températures les plus élevées, les chameaux pouvaient avancer 3 jours sans eau. Selon Lawrence, cela signifiait que les chameaux pouvaient couvrir presque 400 km entre les points d’eau, à l’incroyable vitesse de presque 5,6 km/h. Cela signifiait aussi que les irréguliers arabes avaient une autonomie opérationnelle supérieure à 1600 km, suffisante pour jeter un filet menaçant sur toute la péninsule arabique – et au-delà. Lawrence lui-même a chevauché en un mois sur 2400 km sans ravitaillement.
Après avoir rejeté la nécessité de battre les Turcs dans une bataille décisive, Lawrence était capable de renoncer au maintien de formations denses et vulnérables qui caractérisent la structure des forces conventionnelles. La formation de manœuvre essentielle que Lawrence a employée exclusivement était le groupe de raid, alors que les Turcs utilisaient la division. Le but de Lawrence était d’atteindre une « articulation maximale » des forces arabes. Si son objectif stratégique était de s’étendre dans les étendues vides de la péninsule arabique, il était logique qu’il emploie des nuages de raiders pour occuper ce vaste territoire. Cette approche, cependant, exploitait l’indépendance innée des irréguliers arabes, et personne ne comprenait mieux cela que Lawrence.
Le guérillero arabe, monté sur son chameau, était en soi une force indépendante. Lawrence a écrit que « l’Arabe était simple et individualiste. Chaque homme enrôlé servait au combat et était autonome. Nous n’avions aucune ligne de communication ou troupes de soutien. L’efficacité de chaque homme était son efficacité personnelle. Nous pensions que dans nos conditions de combat, la somme fournie par des combattants individuels serait au moins égale au produit d’un système composé. […] Dans la guerre irrégulière, si deux hommes sont ensemble, un est gaspillé. »
De l’analyse précitée, Lawrence a extrait 6 principes fondamentaux de l’insurrection qui aujourd’hui encore conservent un bien-fondé remarquable.
Premièrement, un mouvement de guérilla victorieux doit avoir une base inexpugnable – non seulement contre les assauts physiques, mais également contre d’autres formes d’attaques, comme les attaques psychologiques.
Deuxièmement, la guérilla doit avoir un ennemi technologiquement sophistiqué. Plus la sophistication est grande, plus cette force étrangère s’appuiera sur des formes de communication et de logistique qui présenteront nécessairement des vulnérabilités.
Troisièmement, l’ennemi doit être en nombre suffisamment faible pour être incapable d’occuper le territoire disputé en profondeur, avec un système de postes fortifiés reliés entre eux.
Quatrièmement, la guérilla doit avoir au moins le soutien passif de la population, à défaut de son implication complète. Selon le calcul de Lawrence, « les rébellions peuvent être composées de 2% d’actifs dans la force de frappe et de 98% de sympathisants passifs. »
Cinquièmement, la force irrégulière doit avoir pour qualités fondamentales la vitesse, l’endurance, la présence et l’indépendance logistique.
Sixièmement, les irréguliers doivent disposer d’un armement suffisamment avancé pour frapper les vulnérabilités de l’ennemi dans le domaine de la logistique et des transmissions.
En résumant le bien-fondé pratique de sa propre théorie, Lawrence a cerné le point suivant : « Pour autant qu’ils aient la mobilité, la sécurité (ne pas fournir de cible à l’ennemi), le temps et la doctrine (l’idée permettant d’obtenir l’amitié de n’importe quel sujet), la victoire reviendra aux insurgés, car les facteurs algébriques sont finalement décisifs, et contre eux la perfection des moyens et la lutte des esprits restent vaines. »
Face aux guérillas modernes
De ce qui précède, nous pouvons déduire plusieurs caractéristiques de la guérilla et de la guerre d’insurrection qui ont une importance contemporaine. Premièrement, pour l’insurgé, la guerre est toujours offensive, jamais défensive ; toujours prolongée, jamais précipitée. Deuxièmement, les médias d’actualité, spécialement en mode électronique, sont une arme de l’insurgé ; il lui revient de les manipuler, et s’il le fait, il les possède. Troisièmement, les guérillas sont toujours organisées selon la structure la plus petite et la plus létale possible ; c’est leur manière principale de survivre. En langage actuel [au sein de l’US Army, note du traducteur], toutes sont des unités d’action ; aucune n’est une unité d’emploi. Quatrièmement, comme Lawrence l’a compris, le rapport troupes / espace détermine le caractère des opérations militaires. Les règles physiques font de la force conventionnelle un solide mécanique, soumis à la pression constante de forces insurgées presque liquides. Cinquièmement, parce que les insurgés exigent des informations précises concernant la force conventionnelle, leurs actions deviennent des frappes de précision. Enfin, parce que les insurgés ont les caractéristiques physiques d’un fluide et la structure cybernétique d’un essaim, ils forment le réseau humain le plus évolué.
Bien que les forces insurgées posent des défis importants aux armées conventionnelles, la patience, la diligence et le bon sens permettent d’en venir à bout. C’est déjà ce qui se produit dans des endroits comme l’Irak et l’Afghanistan. Pour commencer, nous devons penser comme un insurgé ; chaque mouvement, chaque plan, chaque concept et chaque action de notre part doit être évaluée et jugée à travers le regard de l’insurgé. D’autre part, l’action conventionnelle doit être caractérisée par la vitesse, le choc, la liberté d’action et l’endurance. Par ce dernier terme, j’entends l’endurance morale en tant que force de volonté et l’endurance logistique autorisant une action menée indépendamment d’un approvisionnement continu.
Par ailleurs, nous devons poser un regard permanent sur l’insurrection, par une surveillance durable et un ciblage de précision, tout en ne lui présentant aucune structure, aucune forme et aucun schéma évidents. Nous devons également battre les insurgés par une stratégie d’inoculation : organiser nos forces conventionnelles en petits anticorps offensifs qui vaccinent la population locale contre l’insurrection, dont la pathologie suggère que nous isolions les guérilleros physiquement, cybernétiquement et psychologiquement de leur base de soutien et des médias. Enfin, face à une insurrection, un dollar vaut souvent 10 cartouches ; ceux qui soutiennent les insurgés, de même que les insurgés eux-mêmes, peuvent être achetés par différentes sortes de paiements ou de flatteries.
Il existe cependant un autre aspect de la guérilla qui mérite une considération spéciale : le rôle du chef de l’insurrection. En définitive, le succès de Lawrence dans le désert d’Arabie a largement reposé sur ses capacités et ses talents de chef. Et ceci devrait nous rappeler que le leadership est la plus grande vulnérabilité des insurgés ; enlevez le chef, et vous aurez rendu l’insurrection impuissante et inefficace. Un bref examen du style de commandement propre à Lawrence offre un aperçu des qualités parfois rares ou uniques que doit avoir pour réussir le chef d’une insurrection.
En premier lieu, Lawrence combinait la sagesse, l’intégrité, l’humanité, le courage et la discipline avec l’empathie, soit l’aptitude s’identifier émotionnellement aussi bien avec les subordonnés qu’avec les supérieurs. Dans une insurrection, l’empathie joue un rôle spécialement crucial ; elle place le leader dans le cœur et les esprits de ses hommes. Il connaît immédiatement et intuitivement les limites physiques et psychologiques de ses propres troupes. Dans la guérilla, l’insurgé doit toujours opérer aux limites de l’endurance humaine normale – et souvent au-delà – pour maintenir un avantage moral sur un ennemi conventionnel plus puissant. L’empathie place également le leader insurgé dans l’esprit de son supérieur. Souvent privé de moyen de communication à de grandes distances du commandement supérieur, le chef doit toujours opérer comme si son supérieur était à ses côtés.
Ensuite, les chefs insurgés comme Lawrence sont victorieux parce qu’ils sont des instigateurs ; ils fournissent à leurs hommes la motivation, l’entraînement et l’habileté nécessaires pour accomplir une mission dans laquelle sinon ils échoueraient. Les instigateurs agissent largement comme des catalyseurs dans une réaction chimique, comme un facteur qui induit ou précipite le changement et l’action. Lawrence est parvenu à cela de trois manières. Premièrement, en tant qu’instructeur, il a enseigné à ses guérilleros les principes tactiques de base pour l’attaque. Deuxièmement, en tant que concepteur, il a établi les plans et les concepts qui ont été adroitement exécutés le long des lignes directrices stratégiques établies par le général Edmund Allenby. Enfin, en tant que gardien, il a conservé et préservé la puissance de combat de sa force létale mais fragile.
Thomas Edward Lawrence est mort le 19 mai 1935 après un accident de motocyclette, près de la maison où il s’était retiré dans le Dorset. Il était âgé de 46 ans. Malgré sa vie relativement courte, son influence était grande ; ses travaux écrits et ses liens personnels l’ont mis en contact avec des personnages tels que Sir Winston Churchill. L’un des liens intellectuels les plus forts était cependant celui avec B. H. Liddell Hart. L’association ici est spécialement évidente dans la plus grande part de son livre Strategy. La correspondance entre les deux rend très claire la dette intellectuelle que Liddell Hart doit à Lawrence, et de son côté Liddell Hart n’hésitait pas à exprimer sa gratitude. Il l’a fait par le biais d’une biographie bien conçue sur T. E. Lawrence, l’une des meilleures œuvres de Liddell Hart.
Ce dernier a reconnu le génie en Lawrence et, plus que la plupart, en a compris la source. Comme Clausewitz avant lui, il a vu que les hommes ne naissent pas géniaux, mais le deviennent par l’étude intensive et par l’application pratique. T. E. Lawrence et d’autres ont puissamment lutté contre les faiblesses et imperfections personnelles pour libérer ce génie. Lawrence lui-même l’a compris lorsqu’il a écrit à Liddell Hart, à propos de la biographie, « soulignez clairement que le commandement, au moins dans mon cas, n’est pas venu par instinct, de façon imprévue, mais par la compréhension, l’étude intensive et la concentration. S’il m’était venu aisément, je n’aurais pas autant réussi. Pour ma stratégie [insurrectionnelle], je n’ai pu trouver aucun enseignant dans le terrain ; j’avais derrière moi quelques années de lectures [et de rédactions] militaires. […] Avec 2000 ans d’exemples derrière nous, nous n’avons aucune excuse pour ne pas bien combattre. »
Sans le réaliser, T. E. Lawrence n’aurait pu écrire meilleure épitaphe.
Texte original: James J .Schneider, "T.E. Lawrence And the Mind of An Insurgent", Army Magazine, July 2005
Traduction et réécriture: Lt col EMG Ludovic Monnerat
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+8 #19 lodia 10-05-2015 12:51

je me demande comment de maniere pacifique, on peut sortir de ce piege à rats que nous a tendu sekou TOURE et qui se perpetue aujourd'hui encore. Et alfa conde en use bien, nous stigmatiser, essayer de bâtir la sainte alliance contre nous. A défaut apres avoir informé tous , il va falloir se decider, en ayant en vue, cet appel vers la liberation du joug de ce parti-etat qui se perpetue encore, de cette violence gratuite dont nous sommes victimes, de cet empechement de nous epanoir, de cette violence sectaire et ethnique dont alfa conde use et abuse contre nous dans ses discours, dans ses actes, si nous ne levons pas, nous subirons pire que ce que nos ancetres ont vecu. Il faudra à un moment donné faire face et je pense c'est ineluctable...pourtant c'est le piege qu'on nous tend et nous n'aurons point le choix, REFLECHISSEZ DONC
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+9 #18 Féla Barry 09-05-2015 23:25

Evidemment, c’est facile de bander son cervelet face à des populations désarmées !!! L’apologie cynique de la violence d’Etat, n’y changera rien.
C’est une loi de nature que le pouvoir d’un seul homme est forcément tyrannique et met en péril l’équilibre des institutions.
Les manifestants écopent d’amendes assorties de peines de prisons fermes pendant que les contre-manifestants en plus d’être fortement rémunérés courent encore, en toute liberté, avec leurs butins en bandoulière.
Un déni de justice qui en rajoute au scandale éthique d’inégalité de traitement entre les citoyens qui ébranlent l’honorabilité de l’Etat. Une justice aux ordres n’honore pas notre magistrature.
Même des manifestations « illégales» ne justifient pas un usage disproportionné de la puissance publique.
Faut-il en conclure que notre réforme des armées est un faux nez pour lisser l’image du pays. A l’aulne des faits et les faits sont têtus, cette armée de réformés est incapables d’encadrer une manifestation dans un civisme exemplaire de nature à imposer et honorer les lois de la république de leur professionnalisme, en lieu et place, d’un feu d’artifice meurtriers à balles réelles, dignes des célèbres pieds nickelés« frères dalton » en perdition dans un saloon du farwest.
L’honneur de notre armée est encore une fois souillé par des brebis galeuses qui se renient dans des commandements qu’ils savent manifestement illégitimes.
L’irresponsabilité présidentielle ne saurait couvrir toutes forfaitures !!!
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+1 #17 se 09-05-2015 21:49

Citation en provenance du commentaire précédent de Celloumbah:
Ah ! SE, j'avait une question pour vous? Vous qui êtes sympathisant de l'UFR que dites vous de la sortie de B.Aribot sur Guineenews après que CDD à décliner l'invitation du charognard ivrogne (Ac) qui squatte la maison hanté de Kaloum??

Bon, Je considere que B. Aribot s'exprimait en son nom personnel et pas au nom de l'UFR comme il l'a dit lui meme. Cependant, je n'ai pas apprecier cet acte qui ne contribue pas a l'unite de l'opposition dont nous avons tous besoin. CDD doit etre en mesure de refuser cette invitation meme si l'opposition lui demandait d'aller car apres tout ce sont les militants de CDD qui ont ete victimiser ces jours ci.
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+6 #16 Pokpa Holomo Lamah dit Patriote1 09-05-2015 21:46

Se,
Rectification ! Certes CDD est maître de son destin mais pas du bateau Guinée. Il n'est pas non plus son Capitaine. Il peut devenir son capitaine si le peuple de Guinée l'accepte. Pourquoi pas ?
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+5 #15 Celloumbah 09-05-2015 21:42

Citation en provenance du commentaire précédent de se:
UN papier excellent qui aborde un sujet tabou dans la tete du Guineen qui pense que la vie cest dormir, prier et aller au paradis. Felicitations Mr. Ourouro Bah pour avoir elever le niveau du debat ainsi que la mentalite inferieure des Guineens.
Nb: Jai fait des articles sur le role de la violence et on ma traiter de tous les noms.

Ah ! SE, j'avait une question pour vous? Vous qui êtes sympathisant de l'UFR que dites vous de la sortie de B.Aribot sur Guineenews après que CDD à décliner l'invitation du charognard ivrogne (Ac) qui squatte la maison hanté de Kaloum??
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+3 #14 Celloumbah 09-05-2015 21:35

Citation en provenance du commentaire précédent de shams deen:
Autant tout citoyen guinéen est libre de manifester son mécontentement vis à vis du pouvoir en place il n'en demeure pas moins que l'autre citoyen qui ne veut pas manifester est libre suivre le cours normal de sa vie et donc peut se nécessaire de faire entendre son point de vue en dégageant les détritus devant lui pour qu'il puisse rendre là où il veut.

Quel monologue?? On s'adresse pas à vous Monsieur, on s'adresse aux Guinéens, personne ne vous a interdit de faire ou dire ce que vous voulez, preuve en est que même sur ce forum, on vous laisse dire et montrer mauvaise foi et la haine que vous avez à l'égard des autres,
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+5 #13 se 09-05-2015 18:37

UN papier excellent qui aborde un sujet tabou dans la tete du Guineen qui pense que la vie cest dormir, prier et aller au paradis. Felicitations Mr. Ourouro Bah pour avoir elever le niveau du debat ainsi que la mentalite inferieure des Guineens.
Nb: Jai fait des articles sur le role de la violence et on ma traiter de tous les noms.
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+4 #12 se 09-05-2015 18:29

CDD doit lire cet article pour comprendre la REALITE POLITIQUE. Je suis plus que choquer que CDD pense qu'il s'agit de dire "NOUS PRIONS DIEU QU'IL Y'AIT UN ACCORD" pour qu'il yait un accord. Ceci me dit que ce leader ne comprend pas que lui et seul lui est maitre de son destin et du destin du bateau Guinee dont il a choisit d'etre le capitaine.
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+14 #11 boubacar doumba diallo 09-05-2015 17:47

Citation en provenance du commentaire précédent de Sanoussi Bah:
grand frère Doumba, Pouver-nous eclairer sur le role de la non-violence comme approche bien que nous a faire avec des gens sans foi ni loi quii mentent, manipulent et tuent sans etat d'ame
comme solution poiur sortir le pays de l'orniere je propose une decentralisation et une federalisaiton du pays avec presidence tournante. ainsi aucune region ne sera eloignee de la cantralite du pouvoir comme l'ont ete les peul".

Merci Monsieur Sanoussi Bah.Votre question me rappelle étrangement celle qu'un internaute sous le pseudo de Paykoun Fouta me fit en septembre 2011.Voici cette interpellation que j'ai retrouvée:
"Je voudrais demander respectueusement à Tonton Doumba..... et tous les ''fulbhés muttoubhès ha bhubhi'' de me convaincre sur les voies et moyens pacifiques, légaux, moraux et empreints de pulaaku de nous sortir du piège à rats que les chasseurs-cueilleurs nous ont tendu et dans lequel nous nous sommes engouffrés comme des moutons, pardon comme des vaches.
J'ai tellement hâte d'être convaincu que si vous remportez le pari, j'offrirai à chacun un bouc. Je ne veux plus entendre parler de vaches".
A cet internaute inconnu ,je fis la réponse suivante en empruntant comme il avait demandé le tryptique du pulaaku.
1".Du point de vue des vieilles théories révolutionnaires que sont le léninisme et le maoïsme ,je retiens les enseignements suivants:
"une classe qui n'apprend pas le métier des armes ne mérite que d'ëtre traitée en esclave " (Lénine)
"Le pouvoir est au bout du fusil "(Mao Tsé Toung "
Concernant la voie pacifique, je renvoie à la doctrine de la non violence du Mahatma Ghandi qui a également fait ses preuves en Inde et ailleurs.
Quelle vioe choisir ?
Un des tryptiques du pulaaku est le "hakkilo " , c'est à dire l'intelligence ou la faculté de pouvoir s'adapter à son environnement "le piège à rats " et de faire le bon choix.Il n' y a pas de recette toute prête.C'est ainsi que le Coran nous invite à réfléchir car Dieu nous a donné un cerveau et chacun est responsable.Nul ne peut décider à la place d'un autre.
Néanmoins, la concertation est recommandée.
A c e niveau, se situe le vrai problème: comment faire surgir une organisation de gens capables et unis ,solidement intégrés à leur population afin d'impulser une lutte pacifique ou violente ou les deux à la fois mais bien combinés Vous convenez qu'il n'est pas intelligent, ni sage de poursuivre cet échange"
2."Maitrise tes impulsions et ta colère
C'est le second tryptique du pulaaku : le semtende"
3." le troisième triptyque du pulaaku, à savoir la patience ou endurance ,le mounyal. ..
Paykoun Fouta donne moi le bouc !
Une dernière leçon gratuite: Paykoun Fouta , il faut sortir du piège à rats qui est l'ethnocentrisme "
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+1 #10 Sanoussi Bah 09-05-2015 16:52

grand frère Doumba, Pouver-nous eclairer sur le role de la non-violence comme approche bien que nous a faire avec des gens sans foi ni loi quii mentent, manipulent et tuent sans etat d'ame
comme solution poiur sortir le pays de l'orniere je propose une decentralisation et une federalisaiton du pays avec presidence tournante. ainsi aucune region ne sera eloignee de la cantralite du pouvoir comme l'ont ete les peul.
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-11 #9 shams deen 09-05-2015 15:46

Autant tout citoyen guinéen est libre de manifester son mécontentement vis à vis du pouvoir en place il n'en demeure pas moins que l'autre citoyen qui ne veut pas manifester est libre suivre le cours normal de sa vie et donc peut se nécessaire de faire entendre son point de vue en dégageant les détritus devant lui pour qu'il puisse rendre là où il veut.
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+14 #8 boubacar doumba diallo 09-05-2015 15:28

ATTENTION!
Certains indélicats vont commencer à s'agiter et à réagir n'importe comment en disant que Doumba prône une insurrection.C'est très mal me connaitre.C'est juste pour moi un débat intellectuel où j'apporte des éclairages des plus grands maîtres en matière de l'ART de l'insurrection.Un point c'est tout.
A bon entendeur salut!
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+13 #7 boubacar doumba diallo 09-05-2015 15:22

Retour au marxisme avec l'insurrection
Il faut s'arrêter sur un point qui n'est peut-être pas tout à fait clair pour tous les camarades, à savoir que le passage du pouvoir aux Soviets signifie en fait aujourd'hui l'insurrection armée. La chose pourrait bien sembler évidente ; mais tout le monde n'a pas approfondi ce point et ne l'approfondit pas. Renoncer maintenant à l'insurrection armée signifierait renoncer au mot d'ordre essentiel du bolchévisme (tout le pouvoir aux Soviets) et à l'internationalisme révolutionnaire prolétarien dans son ensemble.
Or, l'insurrection armée est une forme particulière de la lutte politique ; elle est soumise à des lois particulières, qu'il faut étudier attentivement. Cette vérité, Karl Marx l'a exprimée avec un relief remarquable, quand il écrivait que « l'insurrection armée, comme la guerre, est un art ».
Voici les règles principales de cet art que Marx a exposées :
1) Ne jamais jouer avec l'insurrection, et lorsqu'on la commence, être bien pénétré de l'idée qu'il faut la mener jusqu'au bout.
2) Rassembler à tout prix une grande supériorité de forces à l'endroit décisif, au moment décisif, faute de quoi l'ennemi, possédant une meilleure préparation et une meilleure organisation, anéantira les insurgés.
3) Une fois l'insurrection commencée, il faut agir avec la plus grande décision et passer coûte que coûte à l'attaque. « La défensive est la mort de l'insurrection armée. »
4) Il faut s'efforcer de prendre l'ennemi par surprise, saisir le moment où ses troupes sont encore dispersées.
5) Il faut remporter chaque jour ne fût-ce que de petits succès (on peut dire à chaque heure, s'il s'agit d'une ville), et maintenir à tout prix la « supériorité morale ».
Marx résumait le bilan des leçons de toutes les révolutions, en ce qui concerne l'insurrection armée, par les paroles «du plus grand maître de la tactique révolutionnaire de l'histoire, Danton : de l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace ».
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+10 #6 boubacar doumba diallo 09-05-2015 14:49

Vo Nguyen Giap et un de ses inspirateurs Lawrence d'Arabie sur la technique de l'insurrection
* "[...] Lawrence combinait la sagesse, l’intégrité, l’humanité, le courage et la discipline avec l’empathie, soit l’aptitude s’identifier émotionnellement aussi bien avec les subordonnés qu’avec les supérieurs".
Pendant ces entretiens de 1946, Salan a été frappé par l’influence d’un homme sur la pensée de Giáp ; cet homme était Thomas Edward Lawrence. Giáp a dit à Salan :
* "[...] les Sept Piliers de la Sagesse de T. E. Lawrence est mon évangile du combat. Il ne me quitte jamais."
L’essence de la théorie de la guérilla à laquelle se réfère Giáp peut être trouvée à deux endroits. Le premier et le plus accessible n’est autre que les nombreuses éditions des Sept Piliers de la Sagesse, notamment le chapitre 33. Le deuxième est un article portant le titre "The Evolution of a Revolt", publié en octobre 1920 dans le Army Quarterly and Defence Journal. Tous deux sont basés sur l’évaluation pratique et réfléchie par Lawrence de la situation à laquelle faisaient face les forces arabes dans la région du Hedjaz, au sein du désert saoudien, en mars 1917.
* Algébrique, biologique et psychologique
Jusqu’à cette époque, Lawrence avait passé plus d’une année aux côtés des bédouins arabes contre les Turcs. Il avait tiré de cette expérience deux théorèmes de la guérilla qui forment une base théorique et un point de départ pour le reste de ses idées liées à la conduite d’une insurrection. Lawrence affirmait en premier que des troupes irrégulières sont incapables de défendre une position contre des forces conventionnelles, et qu’elles sont également incapables d’attaquer efficacement une position fortement défendue. Si ces théorèmes sont corrects, se demandait Lawrence, quelle valeur peuvent donc avoir ses forces irrégulières ? Cela devint la question de base qu’il chercha en premier à éclairer.
En se tournant sur lui-même, Lawrence comprit qu’à l’instar de tout autre officier éduqué dans la pensée et les traditions militaires occidentales, son attitude envers la guerre était dominée par le dogme de l’anéantissement : une obsession selon laquelle "le principe de la guerre moderne consiste à rechercher l’armée ennemie, le centre de sa puissance, et la détruire au combat. " Mais il apparut à Lawrence que malgré l’absence de toute bataille d’anéantissement, les Arabes étaient en train de gagner la guerre :
* "[...] alors que j’y réfléchissais, j’ai compris que nous avions gagné la guerre du Hedjaz. Nous occupions 99% du territoire. Les Turcs étaient les bienvenus dans le reste. [...] Ils étaient tranquillement assis [à Médine] ; si nous les faisions prisonniers, ils nous coûteraient de la nourriture et des gardiens en Egypte. [...] À tous points de vue, il était préférable qu’ils restent là, qu’ils tiennent à Médine et veulent la garder. Laissons-les !"
Lawrence se demanda ensuite s’il n’existait pas d’autres guerres, différentes des guerres d’anéantissement que vantaient des généraux français comme Ferdinand Foch et d’autres contemporains et dont ils parlaient avec un tel enthousiasme. Il en conclut, après une réminiscence de son étude de Clausewitz, qu’il y avait effectivement plus qu’un type de guerre, que le facteur déterminant était l’objectif pour lequel la guerre était initialement menée. Il n’entrait simplement pas dans le cadre des intérêts arabes, ni dans celui de leurs capacités, d’anéantir les Turcs. L’objectif des Arabes était géographique : occuper la plus grande partie possible du Moyen-Orient arabe. Maintenant, si l’objectif des Arabes était un intérêt géographique plutôt que la destruction des forces ennemies, il jetait une lumière entièrement nouvelle sur le rôle des irréguliers. Etant donné la validité de ces deux théorèmes, quel rôle l’insurgé arabe avait-il dans une guerre d’occupation ?
Afin de répondre à cette question, Lawrence a développé un cadre conceptuel simple, rien d’autre qu’une sorte de tableau à trous mental pour accrocher des concepts et des idées en relation l’un avec l’autre, mais avec une structure suffisante pour penser à toutes les idées comme un tout. Le tableau de Lawrence comprenait trois concepts ou catégories d’analyse, des crochets conceptuels qu’il appelait l’algébrique, le biologique et le psychologique.
- L’élément physique des rapports de force militaire et du Pouvoir matériel.
Par “algébrique”, Lawrence entendait ces facteurs spatio-temporels qui sont sujets au calcul. Il a ainsi commencé à calculer la taille du secteur que les Arabes devraient conquérir et combien de Turcs il faudrait pour le défendre. Lawrence détermina qu’il faudrait au moins 600 000 soldats pour fournir une défense adéquate. Les Turcs n’avaient que 100 000 hommes et la plupart étaient concentrés à l’intérieur et autour de Médine. Lawrence reconnut également que les Turcs, avec leur bagage mental rempli d’idées sur les batailles d’anéantissement, approcheraient la rébellion dans la perspective d’une guerre totale. Mais cela serait une erreur, parce que faire la guerre "à une rébellion est lent et chaotique, comme manger de la soupe avec un couteau".
- Le facteur de l’usure du Vouloir.
Le “biologique” était le deuxième élément dans le cadre conceptuel de Lawrence. Plus tard, il a utilisé le terme de "bionomiques" pour représenter l’idée d’usure et de friction au sein d’un système militaire. Lawrence est parvenu à la conclusion qu’au lieu de détruire l’armée turque, les Arabes avaient simplement besoin de l’user. L’épuisement, et non la destruction, occasionnerait cela, par le biais d’attaques directes sur le matériel de l’ennemi : "la mort d’un pont ou d’une voie ferrée turque, d’une mitrailleuse, d’un canon ou d’explosifs nous était plus profitable que la mort d’un Turc. " De ce fait, la faiblesse des irréguliers - leur incapacité à affronter face à face les réguliers au combat - pouvait être rendue sans objet dès lors que les Arabes s’en prenaient au matériel accessible de l’ennemi. Mais la clef d’une telle stratégie était la disponibilité de renseignements presque parfaits. Lawrence, lui-même officier de renseignements, a noté que la connaissance de l’ennemi devait être " sans faute, ne laissant aucune place au risque. Nous avons fait davantage d’efforts dans ce domaine que n’importe quel autre état-major que j’ai vu".
- Le facteur du soutien populaire dans une “Guerre du peuple”.
Le dernier facteur d’analyse était le psychologique. Lawrence comprit que dans une insurrection, la vraie bataille se jouait dans l’esprit des opposants. Pour être victorieux, les Arabes devaient " ranger leurs esprits en ordre de bataille, aussi prudemment et formellement que d’autres officiers alignaient leurs corp". Cela signifiait aussi que le soutien moral au sein de la population devait être mobilisé pour la rébellion".
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+13 #5 boubacar doumba diallo 09-05-2015 14:25

L'insurrection selon LENINE Un grand maître de l'insurrection
Voici un petit extrait de la lettre suivante de 1917.
Lettre au comité central du P.O.S.D. (b.) R.
"Parmi les déformations du marxisme, l'une des plus malveillantes et peut‑être des plus répandues par les partis « socialistes » régnants est le mensonge opportuniste qui prétend que la préparation à l'insurrection et, d'une manière générale, la façon de considérer l'insurrection comme un art [1], c'est du « blanquisme [2] ».
Le grand maître de l'opportunisme, Bernstein, s'est déjà acquis une triste célébrité en portant contre le marxisme l'accusation de blanquisme, et, en fait, les opportunistes d'aujourd'hui ne renouvellent ni n'« enrichissent » d'un iota les pauvres « idées » de Bernstein, quand ils crient au blanquisme.
Accuser les marxistes de blanquisme, parce qu'ils considèrent l'insurrection comme un art ! Peut‑il y avoir plus criante déformation de la vérité alors que nul marxiste ne niera que c'est justement Marx qui s'est exprimé sur ce point de la façon la plus précise, la plus nette et la plus péremptoire, en déclarant précisément que l'insurrection est un art, en disant qu'il faut la traiter comme un art, qu'il faut conquérir les premiers succès et avancer de succès en succès, sans interrompre la marche contre l'ennemi, en profitant de son désarroi, etc., etc.
Pour réussir, l'insurrection doit s'appuyer non pas sur un complot, non pas sur un parti, mais sur la classe d'avant-garde. Voilà un premier point. L'insurrection doit s'appuyer sur l'élan révolutionnaire du peuple. Voilà le second point. L'insurrection doit surgir à un tournant de l'histoire de la révolution ascendante où l'activité de l'avant‑garde du peuple est la plus forte, où les hésitations sont les plus fortes (dans les rangs de l'ennemi et dans ceux des amis de la révolution faibles, indécis, pleins de contradictions ; voilàle troisième point. Telles sont les trois conditions qui font que, dans la façon de poser la question de l'insurrection, le marxisme se distingue du blanquisme.
Mais, dès lors que ces conditions se trouvent remplies, refuser de considérer l'insurrection comme un art, c'est trahir le marxisme, c'est trahir la révolution."
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+5 #4 Féla Barry 09-05-2015 08:43

C’est vrai que les contre-manifestants ont reçu une autorisation en bonne et due forme contre des espèces sonnantes et trébuchantes, et se retrouvent comme par hasard au même endroit à la même heure que ceux de l’opposition. Ce petit détail, qui vaut son pesant d’or, continue d’échapper à la sagacité et lucidité des commentateurs. Il y a des coïncidences ou infiltration sous la borgne et bonne bienveillance des forces de l’ordre qui ne trompent jamais. Personne n’est au dessus des lois, en commençant par le président qui ordonne des actes illégaux en dépassement des nécessités de l’ordre public républicain. Un Etat qui ne peut se maintenir que par la violence est un Etat mort !!!
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+8 #3 Koto Saliou 09-05-2015 01:00

L’insurrection:on ne fait pas une omelette sans casser des œufs comme le vieux adage le dit. C’est pour cela,les Criminels n’ont pas de bon cœur.Le ridicule ne tue dans ce Bled.Pas de militantisme convaincu, plutôt par intérêt personnel,de l’ingratitude et/ou égoisme. Plusieurs exemples sont disponibles.C’est dommage.On achète une carte de membre ou contribution financière par intérêt au sein des Partis politiques.
IL faut à priori définir l’Objectif et l’idéal souhaité pour enfin, vouloir changer les choses dans le vrai sens du mot. Une fois, l’isurpateur aura été chassé,ce sera d’avoir aidé à la renaissance démocratique qui existait avant la colonisation.L’exemple des Diwés et représentation régionale et sous régionale au sein des parlements ou conseils des sages en dit long. Mais,le plus beau et le plus enviable de l’imagination,c’est le coeur ou la conviction pour servir une cause réelle et empêcher la récupération par d’autres individus mal intentionnés; car tous sont condamnés à vivre ensemble sur le même territoire.Si on prend l’exemple des exemples de l’axe dit du mal (entre guillemet-Bambeto,Hamdallaye,Cosa,etc ):Il a fallu une certaine audace pour résister et pour combien de temps encore contre l’usage des forces disproportionnées et excessives des forces du désordre de la sécurité.Hélas!L’horreur est à son comble présentement et les jeunes, femmes et enfants sont réprimés violemment par une violence non justifiée et par des extrémistes zélés du pouvoir répressif. Les Gouvernnts et les magistrats ne respectent pas la loi.
Présentement, on arrête et emprisonne avec des sentences et condamnations des innocents de façon arbitraire. En plus, c’est bien beau de parler d’insurrection quand on est pas au front et/ou champs de bataille pour servir la plus noble des causes; il est plus difficile de faire l’insurrection à distance, sans la complicité interne. Enfin, il est plutôt préférable dans un premier temps, pour y parvenir à une solution. Tenter de poursuivre le criminel à l’international (1er responsable),définir quels crimes à t-il commis. Ensuite,conquérir simultanément, le pouvoir décisionnel.Et procéder à une décentralisation du pouvoir et du développement économique.Le tout est concentré à la Capital. Finaliser et adapter les mécanismes pour y parvenir…
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+16 #2 FOFANA 08-05-2015 22:29

Alpha Condé doit s'inspirer des cas Bagbo et Compaoré pour apprendre ses leçons.L'insurrection populaire est la seule arme pour le mettre à l'écart des affaires.
Ne comptons pas surtout sur l'armée guinéenne qui est la plus poltronne au monde.Elle est spécialiste en coup d'état mais uniquement contre des cadavres.Sékou Touré(avril 1984),Lansana Conté décembre 2008).
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+12 #1 Féla Barry 08-05-2015 22:03

À la différence de celle de 1789, la Déclaration précédant la constitution montagnarde du 24 juin 1793 n'en faisait pas un droit naturel, mais seulement (article 33) « la conséquence des autres Droits de l'homme ». L'oppression était ainsi définie par l'article 34 : « Il y a oppression contre le corps social lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé ». Les manières d'y résister étaient évoquées dans les articles 27 : « Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres », et 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
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