Le rôle de la violence dans la mise en place des pouvoirs en Guinée (1954-58)

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Première partie


« Toute l’histoire est fondée sur l’usage de la force et de la violence ; si notre leader et fondateur a jeté les bases de quelque chose, ce sont les principes d’une politique d’État de violence et de teneur. » Ce jugement porté récemment par un historien sur l’évolution soviétique de son propre pays nous paraît aussi s’appliquer singulièrement au cas de la République de Guinée et à son fondateur Sékou Touré. Que la violence soit au coeur même de ce régime, il n’est que de se rappeler la succession quasi annuelle des « complots » qui défrayèrent la chronique et leur répression avec ses deux paroxysmes en 1971 et 1975.

Mais la violence, dans ses diverses formes, n’est pas apparue brusquement dans un régime qui se voulait révolutionnaire et qui, par là même, générait la contre-révolution, selon les termes de Sékou Touré. On la trouve aux origines mêmes du régime touréen, lors de sa mise en place dans les années qui précédèrent l’indépendance, soit de 1954 à 1958. Dans cette brève communication, nous nous efforcerons de saisir quel fut son rôle dans la dislocation de l’ordre colonial en Guinée, dans l’établissement des bases du pouvoir personnel de Sékou Touré, dans la neutralisation ou l’élimination des adversaires, dans le contrôle de la population et dans la mise en place des institutions du nouveau régime. Nous nous appuierons tant sur les archives officielles qui commencent à être ouvertes aux chercheurs que sur les documents rassemblés au fil des années depuis 1959.


Intensité et extension de la violence

Si des incidents impliquant l’usage de la violence physique eurent lieu dès 1945, c’est surtout à partir de 1954 qu’ils se produisirent systématiquement jusqu’au référendum du 29 septembre 1958 par lequel la Guinée accéda à l’indépendance. Trois paroxysmes (juillet 1954-février 1955 ; septembre-octobre 1956 ; avril-mai 1958) ne sauraient faire oublier qu’ils s’échelonnèrent en fait tout au long de ces cinq années. Ils accompagnent une vie politique effervescente et ponctuée par une succession d’élections législatives (juin 1954, janvier 1956), municipales (novembre 1956), territoriales (mars 1957) et aux conseils de circonscription (mai 1958) avec leurs innombrables réunions publiques, un corps électoral multiplié par trois. L’enjeu est très clair : d’abord la conquête du pouvoir, puis sa consolidation par tous les moyens.

S’insèrent dans ce continuel remue-ménage électoral les activités des partis politiques. Le PDG, branche du RDA, qui, après avoir failli disparaître en 1949-1951, retrouve des forces au sein des masses par le biais des syndicats cégétistes et se pose en parti largement majoritaire. Face à lui s’érigent la DSG (octobre 1954), branche du MSA (en janvier 1957), et le BAG (décembre 1954) qui s’uniront en 1958 pour former la section guinéenne du PRA aux fins du référendum de 1958. Les syndicats ne manifestent pas moins de vitalité par-delà leurs divergences idéologiques et leurs affinités politiques : CGT qui, par scissiparité, devient CGTA en s’affranchissant de la métropolitaine tout comme procédera la CFTC. Chacun, parti ou syndicat, ayant ses congrès à l’échelle du pays ou à celle de l’Afrique occidentale française …

Le tout sur marche accélérée vers l’indépendance et remise en cause des clivages sociaux.

Certes, d’autres territoires de l’Ouest africain français connurent semblables bouillonnements. Peu, semble-t-il, furent autant marqués par la multiplicité des incidents, près de quatre cents ayant troublé l’ordre public, et le recours à la violence physique. Les rapports affluent quasi journellement chez les responsables signalant ici un groupe de femmes s’en prenant à un chef de canton, là des bagarres au marché entre partisans de Barry Diawadou et fidèles de Sékou Touré, ailleurs que des maisons sont assiégées par plusieurs centaines de manifestants, qu’une fête est troublée par un groupe du parti adverse ou que les passants se voient contraints d’acheter des cartes d’adhérent.

Les campagnes électorales, si fréquentes, peuvent être suivies à la trace avec leur cortège d’interventions policières, gendarmes ou gardes de cercle. Et c’est à qui empêchera l’adversaire de tenir ses réunions, organisera des contremanifestations et des défilés où pleuvent de part et d’autre pierres, insultes et coups.

Mais l’intensité des incidents et leur extension sont sans doute spécifiques de la Guinée. Pour ne s’en tenir qu’à une définition simple de l’incident « grave» quant aux personnes, c’est-à-dire celui qui entraîne des morts ou blessés on peut en effet recenser, de juin 1954 à octobre 1958, un minimum d’environ 75 pour l’ensemble de la Guinée, certains pouvant s’étendre sur plusieurs jours. Ils occasionnèrent, selon les chiffres officiels, 48 morts et plus vraisemblablement au-delà de 70. Les plus dramatiques éclatèrent à Conakry du 29 septembre au 5 octobre 1956 et du 1er au 5 mai 1958. Un paroxysme est atteint dans ce dernier cas puisque le rapport transmis au ministre de la France d’outre-mer considère, comme « très loin de la réalité », le bilan officiel des victimes qui dénombrait cependant 26 morts (il faudrait en compter plus de 40) et plus de 400 blessés.

Une évaluation même grossière du nombre des blessés est encore plus difficile à établir puisque, souvent, les rapports de police se contentent de signaler de « nombreux blessés» et que les victimes ne se font pas toujours connaître, bien loin de là, ni ne sont revendiquées par les partis antagonistes.

Au total, pour la même période, le chiffre minimal devrait s’établir aux environs de 1 500 victimes, dont un millier pour Conakry. Les deux régions du pays les plus affectées seraient, et de loin, la Basse Guinée (avec principalement Conakry, Forécariah, Boké), et la Guinée Forestière (N’Zérékoré et Macenta) tant par le nombre d’incidents graves que par celui des victimes. Pour les années 1954-1959, on en trouverait une confirmation avec l’indemnisation des victimes : 8,7 millions de CFA sur 10 inscrits au budget local pour 166 sinistrés de la basse Guinée (Conakry, Boffa, Dubréka et Forécariah) Toutefois, si on tient compte de l’ensemble des incidents, ils se seraient produits à 70 % en Basse Guinée, le reste se répartissant à peu près également dans les trois autres régions : Fouta, Haute Guinée et Guinée Forestière.


Psychose de violence et d’insécurité

Pour obtenir une impression plus précise encore du caractère tumultueux de la période, il faut prendre en considération d’autres manifestations de la violence comme le nombre de cases et maisons brûlées, saccagées ou pillées pour raisons politiques ou autres (antagonismes ethniques , terrains de culture) ; les innombrables lapidations d’adversaires et du service d’ordre, les pierres ayant été l’arme par excellence des fauteurs de troublé ; les centaines d’arrestations dont le chiffre semble avoir été fortement exagéré par les divers antagonistes ainsi que les condamnations, elles aussi beaucoup moins nombreuses, eu égard aux événements, que ne le laissent entendre les propagandes partisanes. Dans le rapport déjà mentionné sur les troubles de mai 1958 à Conakry, son auteur indique « chiffre dérisoire » pour les arrestations et condamnations !

Autre exemple, le gouverneur signalait en septembre 1958 qu’un village entier, celui de Koundara, avait été incendié. Dès lors, il n’est pas surprenant que se soit établie une psychose de la violence provoquant des réactions de crainte, voire de terreur, et enclenchant le cycle des représailles où se diluent les responsabilités des affrontements. Déjà en 1955, un président signalait que les « incidents ont engendré parmi les patrons africains membres de notre syndicat une psychose de crainte pour le présent et d’anxiété pour l’avenir ». Maints autres exemples touchant les diverses catégories sociales pourraient être fournis : « atmosphère de terreur » à Siguiri en juillet 1956. Aussi devient-il souvent illusoire de rechercher qui a déclenché les troubles, tout au moins au niveau des simples exécutants.

Dans un tel climat, un autre élément acquiert une importance primordiale. Les incitations à la violence jouent un rôle de détonateur et d’amplificateur. Les effets peuvent en être suffisamment dissuasifs pour éviter de passer aux actes. A cet égard, les discours des chefs de parti ou des candidats aux élections sont très révélateurs ainsi que les démarches auprès de l’administration qui prennent souvent un ton comminatoire ou d’ultimatum. La « violence verbale» est de règle. C’est le langage de l’agressivité, de la lutte, du combat à finir. Nouveau député en 1956, Sékou Touré s’écrie à Macenta : « Si vos chefs vous obligent à des travaux forcés, refusez. S’ils vous injurient, injuriez-les à votre tour. Si quelqu’un vous frappe, frappez-le même si c’est un gendarme. Si vous êtes incapables de frapper vous-même, allez chercher des camarades militants. » 

L’adversaire doit être non seulement combattu, mais détruit moralement à défaut de l’être physiquement ; il faut le discréditer totalement. Donnons-en quelques exemples qui pourraient être multipliés à loisir. Dans une lettre du 10 avril 1957 au commandant de Forécariah, le chef de canton de Morebayah-Kaback dénonce ses adversaires RDA qui auraient déclaré au cours d’une réunion : « Nos partisans sont libres de faire ce qu’ils veulent, nous pouvons saccager la concession du chef de canton … Cette fois il ne faudra pas le rater, il faudra l’égorger comme un poulet. Personne ne nous blâmera, car l’administration est avec nous. » 

Dans un éditorial du 16 mai 1958, le journal du PDG écrit, sous le titre « Ils ne passeront pas » : « Il leur faut engendrer le désordre et la haine, la destruction et la misère. Il leur faut des morts et des victimes expiatoires pour payer leurs fautes et se sortir de l’oubli où les a relégués la volonté populaire.

Espèrent-ils donc dans leur criminel orgueil pouvoir rétablir leur fortune sur les cadavres de nos morts, les cendres de nos cases et les ruines de nos maisons ? [ … ] Et pour quelle fin ? Pour aucune autre fin que celle de leur seule ambition d’hommes qui ont échoué et ne s’y résignent pas. Pour rien d’autre que le rétablissement de leurs dérisoires privilèges, l’assouvissement de leur dangereuse vanité. » 

Pour sa part, le député Barry Diawadou, chef du PRA, se déplaçait alors avec une mitraillette en bandoulière et n’hésitait pas à répéter en public, voire devant de hauts fonctionnaires, que son parti riposterait immédiatement aux provocations : « Cent pierres pour une pierre jetée, cent coups de fusil pour un coup de fusil reçu ». Il s’écriait : « Nous sommes prêts, même si nous devons installer ici l’anarchie et le désordre, à nous battre pour notre cause. »

Dans le même temps, Sékou Touré, son adversaire de toujours, devenu vice-président du Conseil, lançait à la population, un curieux appel au calme en précisant : « Nous savons que ceux que le suffrage universel a éliminé de l’arène politique et ceux qui sont privés des moyens d’exploitation des masses paysannes du fait de la mise en application de nouvelles structures administratives, économiques et sociales et des institutions démocratiques votées par l’Assemblée territoriale sont en désarroi et se livrent à des provocations ouvertes contre l’ordre public. » 

Et Barry Diawadou de lui rétorquer, deux mois plus tard, dans un éditorial cinglant : « Il se déroule actuellement en Guinée française un véritable drame qui, pour être couvert par des officiels, n’en est que plus horrible […]. En d’autres termes, le leader RDA a célébré sans risques les funérailles de la légalité pour qu’enfin la force prime le droit, transformant sa majorité en hystérie guerrière […]. Le martyr de la Guinée dure depuis quatre ans […]. De larges couches de la population livrées au matraquage inhumain du RDA se posent la question lancinante : "Qui arrêtera le drame ?" » 

A suivre... 


Bernard Charles

Transmis par Boubacar Doumba Diallo


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Commentaires  

 
-22 #16 shams deen 05-05-2015 12:32

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Il est vrai que vous êtes né vers 1960 mais dites-nous au moins ce que le tunisien Mongi Slim en avait dit lors du petit-dej a Satanya...

Mr AOT
Je ne connais pas satanya par contre je sais qu'il y a une Présidence à cky;donc il m'est impossible de savoir une chose qui s'est passée dans un lieu qui n'existe pas.
Par ailleurs, je constate que vos remarques que vous me faites-vous vont bien en raison du refus de lire la vérité surtout concernant l'histoire récente de la Guinée.
Je lis tout ce qui me tombe sous la main et même les écrits des éternels falsificateurs de l’histoire
Monsieur Sidiki Kobélé nous a ébranlés dans nos certitudes d'où ce qualificatif « historien officiel » il reste entendu qu’on ne réécrit point histoire on la raconte a sa façon mais le « core » lui reste inviolable.
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+18 #15 A.O.T. Diallo 04-05-2015 21:53

Citation en provenance du commentaire précédent de boubacar doumba diallo:
Des témoignages concordants sur l'usage de la violence et des commandos (dont un de Mr Keita Kobélé):
"Les contestataires au sein du parti sont donc exclus sans ménagement. Et que dire des moyens mis en oeuvre pour briser l'influence des adversaires politiques du PDG et pour annihiler l'influence de la chefferie coutumière ? Il est désormais clair que pour parvenir à leurs fins, Sékou et ses amis ne redoutent pas de recourir à la violence. De provocations en opérations de commandos, de représailles en arrestations immédiatement qualifiées d'arbitraires, de bagarres en émeutes, des incidents sans nombre vont émailler les diverses consultations populaires qui jalonnent les deux années-clef 1956 et 1957. Ainsi en est-il en particulier des élections de novembre 1956 où le PDG remporte de très nombreux succès, Sékou, pour sa part, réussissant à conquérir la municipalité de Conakry, dont il devient le maire. Organisés en brigades de vingt hommes, les gones du PDG sont armés de barres de fer.
Le cycle contestation - repression - terreur commence desormais à fonctionner. L'historien officiel Sidiki Kobele Keita l'atteste, montrant que dorénavant le PDG garde l'offensive : Ses commandos, assure-t-il, dressent des barricades, procédant a des contrôles sévères, exigeant la carte du PDG pour démasquer les provocateurs […] Dès lors, la terreur populaire est organisée: la réaction est prise de panique.

Vous voyez Shame II, certains lisent tout texte en entier et ensuite l'analysent pour en extraire les contradictions - vous vous le zapper et ensuite inventez !
le Net met toujours a nu ceux qui racontent des mensonges tellement gros que certains pensent que c'est la réalité sans demander des preuves réelles.
Vous en êtes l'un des maitres sur notre forum et tous les autres sont maintenant connus, donc des qu'ils déclament leurs légendes certains vérifient directement.
J’espère que ces claques journalières vous feront plus réfléchir avant de dire n'importe quoi sans preuves.
Meme Kabele Keita reconnait que Satan Toure était un machiavélique sanguinaire qui tuaient tous ceux qui ne voulaient pas adhérer a son parti - après avoir encaissé ce coup de poing, allez-donc le frapper chez lui demain matin...
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+15 #14 A.O.T. Diallo 04-05-2015 21:40

Citation en provenance du commentaire précédent de shams deen:
Monsieur Diallo bonjour ,n'etant pas avant cette periode je ne saurai vous dire grand chose autre que ce que j'ai pu lire les livres de KOBELE par exemple

Il est vrai que vous êtes né vers 1960 mais dites-nous au moins ce que le tunisien Mongi Slim en avait dit lors du petit-dej a Satanya...
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+16 #13 boubacar doumba diallo 04-05-2015 13:45

Des témoignages concordants sur l'usage de la violence et des commandos (dont un de Mr Keita Kobélé):
"Les contestataires au sein du parti sont donc exclus sans ménagement. Et que dire des moyens mis en oeuvre pour briser l'influence des adversaires politiques du PDG et pour annihiler l'influence de la chefferie coutumière ? Il est désormais clair que pour parvenir à leurs fins, Sékou et ses amis ne redoutent pas de recourir à la violence. De provocations en opérations de commandos, de représailles en arrestations immédiatement qualifiées d'arbitraires, de bagarres en émeutes, des incidents sans nombre vont émailler les diverses consultations populaires qui jalonnent les deux années-clef 1956 et 1957. Ainsi en est-il en particulier des élections de novembre 1956 où le PDG remporte de très nombreux succès, Sékou, pour sa part, réussissant à conquérir la municipalité de Conakry, dont il devient le maire.
Organisés en brigades de vingt hommes, les gones du PDG sont armés de barres de fer.
Le cycle contestation - repression - terreur commence desormais à fonctionner. L'historien officiel Sidiki Kobele Keita l'atteste, montrant que dorénavant le PDG garde l'offensive :
Ses commandos, assure-t-il, dressent des barricades, procédant a des contrôles sévères, exigeant la carte du PDG pour démasquer les provocateurs […] Dès lors, la terreur populaire est organisée: la réaction est prise de panique.
Même son de cloche chez Jean-Paul Alata, alors nouveau venu sur la scène politique guinéenne, qui retracera plus tard dans son livre Prison d 'Afrique les exactions des hommes de main de Sékou Touré:
Les gônes 15 du PDG, sous la conduite de leur "général" Momo Jo, une petite gouape, brutale et delurée, s'exercent nuit et jour. Organisés en brigades de vingt hommes, ayant de solides liaisons cyclistes, ils sont tous ouvertement armés de matraques et de barres de fer. Leurs groupes déambulent dans les rues de Conakry, agressifs et provocants. En culotte courte et maillot de corps, ils convertissent les récalcitrants. Ils envahissent en groupe les concessions, exigent la présentation de la carte du parti, obligeant ceux qui ne l'ont pas exhibée à la prendre immédiatement.
La presse locale donne un large écho à ces luttes à la fois tribales et politiques".
C'est un court extrait du livre de l'historien guinéen Ibahima Baba Kaké intitulé:Sékou Touré le héros et le tyran
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+16 #12 boubacar doumba diallo 04-05-2015 13:23

@ Sogue !Merci ! vous avez dit malgré tout des choses intéressantes.Votre référence ce sont les écrits de Mr Kéita Kobélé. Nous en prenons note.
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-19 #11 shams deen 04-05-2015 13:08

Citation en provenance du commentaire précédent de boubacar doumba diallo:
Salut "SOGUE"!Dites nous ce que vous savez de cette période 1954-58 ?Dans la seconde partie l'auteur abordera le cas de la chefferie et de l'assassinat de M'Balia Camara à Tondon.Vous voyez je vous tends même le bâton . C'est une histoire que vous pouvez nous narrer car vous aviez commencé une fois à nous raconter dans un commentaire en réponse à une de mes questions relatives à la localité de Badi.

Monsieur Diallo bonjour ,n'etant pas avant cette periode je ne saurai vous dire grand chose autre que ce que j'ai pu lire les livres de KOBELE par exemple
je pense bien que vous avez lu ses livres qui sont basés sur la stricte vérité parce que faisant appels a plusieurs sources et une demarche scientifique difficlement attaquable.
Mr KOBELE en raison de sa origine sociale e n'a aucune raison de défendre le PDG parce que lui est le fils d'un des vice-présidents de BAG et surtout d’un père cité parmi les premières fortunes du pays et je ne sais pas si KOBELE doit sa formation au PDG.
Malia Camara notre Jeanne d'Arc à nous a été le sang de trop que le colon a versé sur la terre de Guinée (le jugement du meurtrier a été fait par le colon et donc pas le PDG, et la sanction a été d'aller servir à Kouroussa).
Pour couper court a tout ,il faut exiger que la grande france genereuse et respectuese des droits de l'homme daigne nous restituer notre memoire volée en declassifiant ses archives afin que les points soient mis sur les(i).
Bàdi est chez moi tout simplement et donc j'ai une certaine connaissance de labas.
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+15 #10 boubacar doumba diallo 04-05-2015 12:14

Un témoignage de Mahmoud Bah extrait de son livre:Construire la Guinée après Sékou Touré:
"De 1954 à 1958, les affrontements et coups de main ne cesseront pas, en particulier en Basse-Guinée et au Fouta.
De la plaine de Donka, les élèves pouvaient observer les incendies à Dixinn, Madina, Coléah.
Les commandos reçoivent des ordres précis: briser tous ceux qui ne se déclarent pas militants du PDG et ne présentent pas leur carte de membre. Leur mission est permanente. Ils sèment la violence et la peur partout où ils passent. Ils agiront ainsi jusqu'en 1958.
Momo Jo, un de leurs chefs, est particulièrement connu et redouté pour sa cruauté et ses actes de flibustier.
Pour les commandos, tout membre du parti de Diawadou Barry est anti-PDG. Diawadou appartenant à l'ethnie peule, beaucoup de commandos vont assimiler les Peuls aux anti-PDG. Au point que les affrontements apparaîtront souvent comme des oppositions entre groupes ethniques.
D'autant que ces commandos sont recrutés dans la masse des chômeurs et déracinés de Conakry, donc des éléments marginaux de la société, des gens sans instruction, quelquefois sans foi ni loi.
Cette terreur instaurée par le PDG s'apparente sur beaucoup de points à celle utilisée par les nazis allemands pour des objectifs analogues: la conquête du pouvoir. Suivant le milieu sur lequel ils agissent, les agents du PDG utilisent tantôt l'affrontement physique, tantôt les insultes grossières, tantôt le chantage, tantôt l'humiliation. Par cette attitude constante de ses hommes de main, le PDG se révèle une organisation de nature nazie (national-socialiste), plus que social-marxiste.
Aucune déclaration d'apaisement, même hypocrite, n'est faite par Sékou Touré, et pour cause: il est le chef d'orchestre, le metteur en scène de cette tragédie! Il applique un plan politique mûrement arrêté et entraîne la Guinée dans les filets qu'il a tissés.
L'administration coloniale suivra de près ces événements, mais ne fera pratiquement rien pour arrêter les affrontements. La raison en est donnée par un des pionniers du PDG, Deen Oumar Camara, qui dira :
«Le directeur de la Sûreté était un Eurasien, M. Imbert. C'était un progressiste. Il était en contact permanent avec le PDG-RDA. Il nous laissait les mains libres. Nous bénéficiions de la complicité de l'administration.»
Ainsi, Sékou Touré avait trouvé des bras droits dans l'administration coloniale. Son plan mûrissait bien et son parti s'implantait chaque jour plus fortement dans le pays."
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+15 #9 boubacar doumba diallo 04-05-2015 12:01

Citation en provenance du commentaire précédent de shams deen:
La réécriture de l'histoire conduit forcement à s'arranger avec des vérités, des demi-vérités etc...
On lit l'histoire du pays parce qu'elle est déjà écrite et comme l'histoire n'a pas de brouillon on ne réécrit donc pas notre histoire.
Par contre on peut bien exiger un jour comme l'a fait le Rwanda que la grande FRANCE nous rend les archives en les déclassifiant totalement et non de façon parcellaire.
Il ne doit pas y avoir de volonté à moitié, autant la France exige de la TURQUIE son passé autant nous avons le droit de demander que les archives dont les reclassifications semble être prévues seulement en 2045 le soit maintenant pour que certaines voix se fassent discrètes.

Salut "SOGUE"!Dites nous ce que vous savez de cette période 1954-58 ?Dans la seconde partie l'auteur abordera le cas de la chefferie et de l'assassinat de M'Balia Camara à Tondon.Vous voyez je vous tends même le bâton . C'est une histoire que vous pouvez nous narrer car vous aviez commencé une fois à nous raconter dans un commentaire en réponse à une de mes questions relatives à la localité de Badi.
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-19 #8 shams deen 04-05-2015 10:05

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
J'ai eu le privilège de discuter longuement avec le prof. Charles, ex-chef de chaire d'histoire Africaine dans une très grande universite. Par ailleurs sa collection d'ouvrages sur notre pays ferait pâlir d'envie tout chercheur sur la Guinée.
- par ailleurs lire des 'guineens nouveaux" qui veulent décrédibiliser ses recherches est tout simplement...guinéen nouveau !
- J'ai toujours pensé a lui comme l'une des ressources essentielles le jour ou il faudra ré-écrire la vraie histoire de la Guinée...

La réécriture de l'histoire conduit forcement à s'arranger avec des vérités, des demi-vérités etc...
On lit l'histoire du pays parce qu'elle est déjà écrite et comme l'histoire n'a pas de brouillon on ne réécrit donc pas notre histoire.
Par contre on peut bien exiger un jour comme l'a fait le Rwanda que la grande FRANCE nous rend les archives en les déclassifiant totalement et non de façon parcellaire.
Il ne doit pas y avoir de volonté à moitié, autant la France exige de la TURQUIE son passé autant nous avons le droit de demander que les archives dont les reclassifications semble être prévues seulement en 2045 le soit maintenant pour que certaines voix se fassent discrètes.
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+17 #7 Paul Thea 04-05-2015 08:43

Je savais sur les maisons brulees a Macenta, ce qui a ete l'origine du texte la Paix de Mgr Tea que j'ai publie sur ce site.
Recemment a Paris, un parent ma raconte la meme chose:Pour sa part, le député Barry Diawadou, chef du PRA, se déplaçait alors avec une mitraillette en bandoulière.
J'aimerais bien rencontrer ce prof pour l'interviewer sur l'histoire de la Guinee. Il y a du boulot a faire pour notre pays.
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+24 #6 boubacar doumba diallo 03-05-2015 23:57

Alpha Condé est bien entrain de reprendre la Guinée là où AST et le PDG-RDA l'ont laissée:les morts par balles après chaque manif.
Pour savoir où l'on va il faut savoir d'où l'on vient.
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+21 #5 A.O.T. Diallo 03-05-2015 23:43

J'ai eu le privilège de discuter longuement avec le prof. Charles, ex-chef de chaire d'histoire Africaine dans une très grande universite. Par ailleurs sa collection d'ouvrages sur notre pays ferait pâlir d'envie tout chercheur sur la Guinée.
- par ailleurs lire des 'guineens nouveaux" qui veulent décrédibiliser ses recherches est tout simplement...guinéen nouveau !
- J'ai toujours pensé a lui comme l'une des ressources essentielles le jour ou il faudra ré-écrire la vraie histoire de la Guinée...
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+20 #4 boubacar doumba diallo 03-05-2015 22:14

Au vu de ce rapport ,il apparaît clairement que la violence est consubstantielle au PDG-RDA.Elle n'est pas apparue après 1958,bien au contraire elle a jalonné le parcours de ce parti dès 1954.
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+16 #3 boubacar doumba diallo 03-05-2015 22:04

Selon Bernard Charles:
Liste des incidents graves survenus en Guinée (juillet 1954-septembre 1958)*
Lieu Date Conséquences
Conakry 3-7 oct. 54 1 blessé
31 janv. 55 1 mort, 44 blessés
10 janv. 56 29 blessés
9 avr. 56 6 blessés
29 sept.- 5 oct. 56 8 morts, 263 blessés
20 nov. 56 5 blessés
29 nov. 56 1 blessé
20 fév. 58 15 blessés
29 avr. 58 27 blessés
1-5 mai 58 26 morts, 392 blessés
Forecariah 19-23 sept. 55 2 blessés
28 sept. 55 8 blessés
31 mars 57 20 blessés
31 mars 57 3 blessés (à Moribaya)
2 avr. 57 10 blessés (à Benty)
19 mai 57 4 blessés (à Kaback)
3 mai 58 4 blessés (à Moussaya)
4 mai 58 2 blessés (à Koffio)
Coyah 21 nov. 54 3 blessés
2-3 oct. 55 1 mort, ? blessés
16 mars 57 1 blessé
Dubreka 9 déc. 54 7 blessés
8 fév. 55 1 mort, 30 blessés
Boffa 17 oct. 55 1 mort, 4 blessés
31 mars 57 1 mort, 3 blessés
Boke 15 juil. 55 23 blessés
2 mars 57 9 blessés
12 juil 57 5 blessés
18 juil. 57 5 blessés
11 fév. 57 5 blessés
Kindia 8 mai 58 1 mort, 3 blessés
Pita 21 mars 57 2 blessés
5 mai 58 2 blessés (à Gongoré)
Gaoual 20 mars 57 3 blessés
Youkounkoun 11 déc. 55 1 mort, 22 blessés
12 sept. 58 1 mort, 15 blessés
Kankan 5 mai 57 2 morts, 15 blessés
Kouroussa 16 fév. 52 blessés
Faranah 23 jan. 57 6 blessés
15 nov. 57 1 mort, 33 blessés
4 déc. 57 1 blessé
Dabola 20 mars 57 ? blessés
5 mai 58 2 blessés
Siguiri 21 mars 57 18 blessés
25 avr. 57 8 blessés
Nzerekore 8 déc. 56 38 blessés (à Lola)
18 déc. 56 10 blessés (à Boouon)
1er avr. 57 2 blessés (à Pela)
25 août 57 3 blessés (à Bounouma)
11-20 sept. 57 22 blessés
22 sept. 57 1 blessé
Macenta 30 mai 55 11 blessés
3 jan. 57 23 blessés (à Daro-Koadou)
23 août 57 2 morts, 7 blessés (à Kassandra)-
23-28 août 57 19 blessés
Kissidougou 17 sept. 57 3 blessés
11 déc. 54 5 blessés
22 nov. 57 1 blessé
Gueckedou 1 juin 55 1 mort
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+17 #2 boubacar doumba diallo 03-05-2015 21:50

L'auteur a pris soin de donner ses sources.
Bernard Charles
Université de Montréal
Notes
1. M. Manassiev, cité par B. Guetta, « M. Gorbatchev qualifie de “décision illégale” la proclamation de la Lituanie de son indépendance}), le Monde, 14 mars 1990.
2. Ce décompte a été établi à partir de diverses sources, de rapports d'enquête sur les incidents les plus graves de Conakry ainsi que sur une partie de la presse Afrique nouvelle, la Liberté, le Montagnard) dont je n°ai pu dépouiller qu'un certain nombre de numéros.
3. Rapports de M. Boyer, inspecteur général de la FOM, à monsieur le ministre de la France d'outre-mer, sur les incidents en Guinée, 2 et 4 juin 1958.
4. Lettre n° 1513 de G. Defferre, ministre de la FOM, à Bangoura Karim. conseiller de l'Union française, 12 juin 1956.
5. Le chiffre doit approcher le millier pour l'ensemble de la période, avec une recrudescence de 1954 à 1958 (plus de 130 pour les troubles de mai 1958 à Conakry).
6. « Le RDA lapide les maisons du chef de village et de deux notables» à Kénindé/Dubréka en décembre 1954. Rapport de H. Pruvost sur les incidents de 1954-1955 en Guinée française.
7. Gouverneur J. Mauberna, télégramme n° 334 du 14 septembre 1958 au ministre de la France d'outre-mer. Dans un autre cas, le chef local du PDG put dissuader 7 villages d'aller en démolir un autre où. résidait le chef de canton (rapport n° 755/4 du commandant du groupe de gendarmerie de Guinée, 10 octobre 1957).
8. Lettre de L. Deleau, président du Syndicat patronal agricole de Guinée, au gouverneur, 5 octobre 1955.
9. Motion de la sous-section RDA de Guinée, 12 juillet 1956.
10. Allocution à Macenta, 29 mai 1956.
11. Services de police, renseignements, n° 892/371, 18 avril 1957.
12. La Liberté, n° 2, 16 mai 1958.
13. Rapport M. Boyer, op. cit., 4 juin 1958.
14. Appel au calme radiodiffusé, 3 mai 1958 in « La vérité sur les événements de Conakry », Livre blanc, ministère de l'Intérieur, Guinée française.
15. La Voix du peuple, éditorial, « Qui arrêtera le drame? », 10 juillet 1958.
16. Voir J. Suret-canale, « La fin de la chefferie en Guinée}), Journal of African History, VU, 3, 1966, pp. 459-493.
17. Pour une thèse diamétralement opposée, voir S.K. Keita. Le PDG, Artisan de l'indépendance nationale en Guinée (1947-1958), Conakry, INRDG, 1978.
18. H. Pruvost, Incidents de 1954-1955 en Guinéefrançaise, 11 mars 1955, p. 21.
19. H. Pruvost, note sur les incidnets de 1954-1955 en Guinée, 12 mars 1955. Dans l'un de ses quatre rapports, il relèvera explicitement comme l'une des caractéristiques des troubles d'avoir été « délibérés et systématiques ».
20. O. Coulibaly, « Instructions aux responsables du PDG », in H. Pruvost, Incidents … annexe 3. Voir aussi J .R. de Benoist, l'Afrique occidentale française de 1944 à 1946, Nouvelles Éditions africaines, 1982, p. 216.
21. Communiqué du bureau du PDG, 18 février 1955, signé parles cinq membres du bureau exécutif (S. Touré, Abdourahamane Diallo, N'Famara Keita, Sinkoun Kaba, Camara Bengaly). Il semble qu'un ou deux membres du bureau furent alors contraints de le quitter.
22. « Rapport d'information fait au nom de la commission de politique générale sur la mission d'information chargée de rechercher les causes et les responsabilités des récents événements de Conakry, par MM. Chiarisini, Max André, Odru, Roulleaux-Dugage, conseillers de l'Union française ». Documents — Assemblée de l'Union française, annexe n° 135, 2e séance, 29 novembre 1956, pp. 168-176.
23. « Sa carence […] atteint un degré te! que l'on peut la considérer comme une véritable complaisance}) (elle serait d'ailleurs à 90 % pro-PDG). Rapport … op. cit., p. 174.
24. L'un de ses membres, M. Odru, ne s'est pas rallié au texte des 2e et Y parties du rapport parce que, pour lui, « dans les événements de Guinée, ce sont les responsabilités gouvernementales [françaises) qui sont essentielles ».
25. Rapport n° 2726 du gouverneur Bonfils au haut commissaire à Dakar, 16 octobre 1956.
26. Lettre n° 520 au haut commissaire à Dakar, 22 octobre 1955.
27. Rapport n° 2726, op. cit.
28. Il est devenu vice-président du conseil du gouvernement qu'il a composé uniquement de militants ou sympathisants du PDG. Le gouverneur sera pour une courte période président dudit conseil. Le PDG détient la majorité absolue à l'assemblée territoriale.
29. Il s'agit de J. Ramadier qui a pris ses fonctions en novembre 1956.
30. Le conseil de gouvernement voulut imposer un prélèvement de 2 % sur les pensions et rentes viagères. Face à l'émotion suscitée par cette mesure chez les anciens combattants et militaires (150 000), il du la retirer. Rapport Boyer, op. cit., 4 juin 1956.
31. Dans une lettre n° 126, adressée le 2 août 1957, au comité directeur du PDG, la section affirmait que « sorti victorieux du scrutin du 31 mars […], le PDG n'a cependant cessé de péricliter dans sa vie intérieure en tant qu'organisation démocratique populaire ». Elle s'en prenait au non-respect des règles du parti par le comité directeur, au refus d'assurer l'indépendance dudit comité par rapport au conseil de gouvernement, à la décision d'attribuer un traitement mensuel de 85 000 francs aux membres de l'assemblée … [Texte gracieusement communiqué à l'auteur par M. Bela Doumbouya.)
32. S. Touré, « Appel au calme radiodiffusé », 3 mai 1958.
33. Tracts intitulés « Mouvement de la volonté du peuple » où on pouvait lire: « Le leader du parti majoritaire a menti, trompé, trahi le peuple ouvrier » ou encore « Venez à notre aide (…) contre cet intolérable dictateur. »
34. Gouverneur J. Mauberna, télégramme n° 80-81 du 14 avril 1958 au minime de la France d'outre-mer.
35. Rapport M. Boyer, op. cit., 2 juin 1958. 36. Témoignage du Dr Najib Roger Accar, qui était alors minime de la Santé publique et chirurgien-chef de l'hôpital Ballay de Conakry. Entretien avec l'auteur (novembre 1989).
37. Sur ce point, il a souvent été rapporté que les commandos, les perturbateurs obéissaient au clairon, arrêtant net toutes actions de violence. De même celles-ci, en 1955 comme en 1956, cessèrent-elles aussitôt après que furent diffusés des consignes et des appels au calme sans équivoque.
38. Services de police, renseignements n° 125,31 octobre 1954.
39. Agression contre un juge d'instruction (services de police, renseignemenrs n° 971/369, 24 mai 1958) ; attaque de 2 Européens par un groupe de jeunes à Coyah (9 mai 1958)
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-33 #1 mohamed diaby 03-05-2015 21:24

ATTENTION . ne falsifier pas tendancieusement lhistoire de notre pays.TOUT A COMMENCE QUAND DES AFRICAINS ,CERTAINS AFRICAINS ONT EU A MANIFESTER DES VEILLEITES DINDEPENDANCE NATIONALE....LA VIOLENCE A COMMENCER LA.NE MAQUIEZ PAS LHISTOIRE.....SEKOU TOURE NA POINT INVENTE LA VIOLENCE AVANT SEPTEMBRE 1958
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