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La crise électorale en Guinée est-elle importante ?
Peter Pham Dimanche, 26 Avril 2015 15:17
La communauté internationale a poussé un soupir collectif de soulagement après les récentes élections présidentielles, législatives et des gouverneurs au Nigeria. Bien que la compétition fût la plus féroce que les Nigérians aient jamais vue, et que les élections eussent été entachées par des irrégularités et quelques épisodes regrettables de violence, la concession gracieuse du président sortant et la magnanimité de son challenger ouvrent la voie à une passation de pouvoir historique, pacifique et démocratique, le mois prochain, dans le pays le plus peuplé d'Afrique. C’est une étape importante, non seulement pour le Nigeria, mais pour l'Afrique dans son ensemble.
Mais, imaginez ce qui serait arrivé si le président Goodluck Jonathan avait truqué le processus électoral ou tout simplement refusé d'accepter la victoire du président élu Muhammadu Buhari suite au scrutin. C’est ce que le président Alpha Condé tente de faire, dans un pays proche du Nigeria ‒ la Guinée. Une nation géopolitiquement sensible dans la même sous-région de l’Afrique de l'Ouest, où les risques de bouleversement politique et où des conflits ethniques pourraient facilement déborder dans les pays voisins, notamment le Mali, le Libéria, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire, qui tous, viennent de sortir de longues périodes de guerre civile. Par conséquent, il y a un besoin urgent pour un engagement plus conséquent de la communauté internationale en Guinée. La bonne nouvelle en provenance du Nigeria ne doit pas être une occasion de complaisance dans la considération des perspectives de la démocratie et de la stabilité, ailleurs dans la région.
En outre, nous ne devrions pas voir simplement la Guinée à travers le prisme du virus Ébola, malgré les efforts du président sortant de tout blâmer sur l'épidémie dont son pays a été le malheureux épicentre, comme il l'a fait sans vergogne, la semaine dernière à Washington. Avant la mortelle épidémie qui a fait des ravages à l'économie, la pauvreté urbaine et rurale a été en constante augmentation durant le mandat du président, selon le rapport de son propre ministère des finances, au Fonds monétaire international. Incapable de faire campagne sur un maigre bilan, Condé, en poste depuis une élection contestée en 2010, est en train d'utiliser tous les trucs afin de rester au pouvoir. Le trucage du processus électoral par le régime, afin de s'assurer lors des élections prévues dans moins de six mois, est de plus en plus flagrant.
L'opposition politique se rend compte qu'elle est en train de se faire piéger par le gouvernement, qui contrôle la soi-disant Commission électorale nationale indépendante. Cet organe a réarrangé le calendrier électoral pour donner un avantage insurmontable au président sortant, qui, pendant presque un an, a refusé d'engager un dialogue politique avec l'opposition.
Frustré par l'intransigeance du gouvernement et le manque d'attention de la communauté internationale, la coalition représentant les principaux partis d'opposition a pris la rue pour exiger des élections libres, justes et transparentes. Les manifestations pacifiques, avec une prévue pour ce jeudi (19 avril 2015 – ndlr), ont continué malgré les tentatives du régime pour réprimer violemment. Le lundi (16 avril 2015) – ndlr), par exemple, plusieurs manifestants, dont un garçon de 15 ans, ont été blessés par des balles réelles tirées par la police.
À la suite de ces manifestations, le gouvernement de Condé a finalement offert de renouer le dialogue avec l'opposition. Cependant, Cellou Dalein Diallo, un économiste partisan du libéralisme et ancien premier ministre, ainsi que d'autres dirigeants de la coalition de l'opposition ont refusé de participer à des discussions avec le gouvernement jusqu'à ce que deux conditions soient remplies: la Commission électorale pro-gouvernementale doit cesser de fonctionner et elle doit être remaniée ; le calendrier pour les élections que la Commission a annoncé unilatéralement doit être abandonné au profit de celui autour duquel il y a un consensus de toutes les parties prenantes. Depuis Paris, le mercredi, Condé a rejeté toute modification du calendrier électoral.
Ces conditions préalables sont nécessaires parce que les dirigeants de l'opposition ne font pas confiance à Condé et pensent que l'offre de négociations n’est qu’un piège habile de plus, dans un dialogue de sourds, conçu pour gagner du temps alors que l'horloge électorale continue à tourner.
L'opposition est convaincue qu'elle a le soutien des masses. Bien sûr, elle devra prouver cette affirmation dans les urnes. Mais pour que cela se produise, l'ensemble du processus électoral doit être libre, équitable et transparent. Et, ce processus doit commencer bien avant la date 11 octobre 2015, choisie pour l'élection présidentielle. L'opposition exige, tout à fait raisonnablement, que les élections locales que Condé a reportées, sous un prétexte ou un autre, pour plus de quatre ans se tiennent avant le scrutin présidentiel, en conformité avec les lois de la Guinée ainsi que les promesses répétées du président lui-même.
Pourquoi tout cela est-il si important? Tout d'abord, il n'y a pas de provisions dans la constitution guinéenne pour des reports répétés de ces élections et ‒ comme l’ont souligné les politiciens de l'opposition et les leaders de la société civile ‒ ceux qui occupent des responsabilités locales ‒ maires, membres des conseils locaux, chefs de quartiers, etc. – n’ont aucun mandat légal. Deuxièmement, comme de nombreux observateurs l'ont noté, les critères en vertu desquels les responsables locaux ont été retenus, sans le consentement de leurs électeurs, ont été leur allégeance au président. Troisièmement, ces mêmes responsables non élus locaux, dépendants qu’ils sont dans leur survie de l’actuel président, sont les mêmes personnes qui, au niveau local, vont déterminer qui peut s’inscrire pour voter et qui peut voter le jour de l'élection, en même temps qu’ils seront en charge du dépouillement et du compte des résultats.
Les candidats de l'opposition et les défenseurs de la démocratie craignent, à juste titre et sur la base de leur expérience dans l’élection présidentielle controversée de 2010, sur laquelle de nombreux rapports donnent des indications de fraude, que le processus sera corrompu. Ainsi, ces militants ont appelé la communauté internationale, notamment les Nations-Unies, l'Union africaine, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest, l'Union européenne, la France et les États-Unis, à s’engager plus énergiquement en Guinée pour assurer la transparence des prochaines élections locales et présidentielles. Le déploiement des observateurs étrangers pour surveiller les bureaux de vote le jour du scrutin viendrait trop tard et aura peu d’effet.
Pourquoi la Guinée serait importante ? Pourquoi la communauté internationale, avec tant de crises demandant son attention, devrait-elle faire attention à ce pays ? La Guinée compte parce qu’elle constitue un cas typique de développement avorté, un pays qui n'a jamais réalisé les ambitions à la hauteurs de ses ressources humaines et naturelles extraordinaires ‒ entre autres choses, elle détient les deux tiers des réserves mondiales de bauxite, des quantités prodigieuses d'or, de diamant, de minerai de fer, de graphite, de manganèse et d'autres ressources minérales ‒ qui pourraient faire de la Guinée l'une des nations les plus riches en Afrique. Hélas, depuis l'indépendance en 1958, le pays a été dirigé par une série de leaders autoritaires qui ont gouverné pour le bénéfice de quelques privilégiés, et non pas pour l'ensemble de la nation. En outre, sans des élections crédibles, la Guinée risque de plonger dans une crise politique profonde, voire de véritables conflits. Les tensions ethniques sont déjà attisées et, dans une région dont les frontières sont si poreuses comme l’ont très récemment montré la propagation rapide du virus Ébola, de tels conflits seront impossibles à contenir.
Pour parer à cette menace très réelle, la communauté internationale doit s'engager maintenant pour garantir des élections libres, justes et transparentes donnant des résultats crédibles acceptables pour tous les Guinéens. Cela importe non seulement pour le peuple de Guinée, mais est essentiel au maintien de la paix, de la stabilité et des acquis démocratiques de toute la région.
J. Peter Pham
Directeur du Centre de l'Afrique de l’Atlantic Council, Washington DC
Traduction : Ourouro Bah
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Commentaires
Mr Ourouro Bah, j'ai juste une question à vous poser...Cellou a-t-il ou pas rencontré Mr Pham lors de sa dernière visite dans le BELTWAY? Elle est affirmative la réponse a cette question et je crois que vous n'allez pas soutenir le contraire. Mr Pham est un lobbyiste pure et dure qui vend ses services au plus offrant.
Jesse Jackson a rencontré Alpha Condé et s'est même mis à chanter des louanges. Cela fait-il de lui un lobbyiste ? Que le directeur du secteur Afrique du Council rencontré un homme politique c’est tout à fait normal. C’est pour cela qu’il est payé. N’importe quel africain peut demander à rencontre Peter Pham. Il peut accepter à sa guise.
Quant à le traiter de lobbyiste «qui vend ses services au plus offrant » c’est de l’intox de bas niveau pour dévaloriser son message. J’ai pris le temps de définir pour toi le rôle et les régulations des lobbyistes aux US. Mais quand on est sous l’emprise du mensonge organisé, il est impossible d'avaler les explications claires.
La mauvaise conscience - d’avoir mal agi sur tous les fronts , de l’unité de la nation avec des tensions stériles entre citoyens, de la justice avec tant de crimes impunis et de n’avoir rien accompli de bon sur le plan économique durant 4 ans – devient de plus en plus élevée dans les rangs du RPG et de ses défenseurs. Toute rencontre, tout déplacement, tout article qui ne chante pas le leader doit être du COMPLOT PERMANENT. Tout est fait pour discréditer les vues indépendantes et tuer les vues opposées. La mauvaise foi était la chose la mieux partagée au monde. Avec Guinean – qui a prouvé ne pas avoir peur du ridicule de surcroit - elle ne l’est plus.
Ourouro Bah.
Kylé
Pitié pour ce soldat, pardon !
Moi j'ai lu et relu le titre et le contenu depuis un bon moment mais j'avoue que j'ai rien compris dans cet article (est-ce un problème avec la traduction ou le traducteur ?)
Le Président est revenu au pays vendredi passé un article sur ça vaut mieux que cet article quand même, Ou bien proposer nous la réaction de CELLOU à Abidjan a la convention du rhdp.
Bien sûr, le retour au pays de FAMA Elhadj-Professeur est bien plus important qu’une analyse sur les risques des élections et un appel de la communauté internationale pour qu’elle s’implique. Alors, que tu doutes de la traduction, du traducteur et du contenu, ça s’explique non?
K. Ba
Le Président est revenu au pays vendredi passé un article sur ça vaut mieux que cet article quand même, Ou bien proposer nous la réaction de CELLOU à Abidjan a la convention du rhdp.
Guinean, tu vois trop le monde sous le prisme de la Guinée actuelle.
Guinean ne voit pas le monde, il n'est même pas binaire (avec ou contre AC), il est tordu, pour la simple raison qu'il annonce, mais n'a jamais prouvé dans les faits, qu'il est pour Sydia. Il est avec Sydia donc contre AC, mais tous ses écrits montrent qu'il est avec AC (donc contre Sydia). La seule chose qu'il faut comprendre en réalité, c'est qu'il est contre CDD, peu importe les moyens de le torpiller, y compris de se contredire, en espérant que les Guinéens raisonnent comme lui ou plutôt résonnent comme le tambour qu'il est.
Ce monsieur est patron d'une lobby a D.C. Kötö Cellou lui a glissé quelques billets verts lors de son passage d'il y'a quelque semaines. Il faut reconnaitre qu'il fait un boulot remarquable ce monsieur.
Les lobbyistes constituent un corps de métier aux US. Du fait de la mauvaise perception du public sur les lobbies, et de leur impact sur la législation américaine, le métier est de plus en plus soumis à des règles très complexes. Faillir à ces règles peut mener en prison. Beaucoup de lobbyistes en en fait les frais.
Ceci dit, Peter Pham n’est pas lobbyiste. Il est le directeur de l’AFRICA CENTER dans l’Atlantic Council. L’Atlantic Council a été créé en 1961 pour supporter l’OTAN et la coopération entre les US et l’Europe. L’AFRICA CENTER lui fut créé en 2009 pour supporter l’engagement des US en Afrique. Peter Pham est un professeur d’université, journaliste, écrivain et ancien haut fonctionnaire à l’USAID notamment. Il est un fervent supporter de la coopération entre les US et l’Afrique.
Le financement de l’Atlantic Council est de 3 sources. Des compagnies, des gouvernements et des fondations poursuivant le même but. Le financement provenant de gouvernements étrangers (28 au total) est soumis à un rigoureux processus pour éliminer les conflits d’intérêt et garder le focus du Council dont la mission est d’éclairer les choix pour les intérêts des US avant tout.
Le Council est composé d’intellectuels et de hauts fonctionnaire américains de tous les bords politiques – exemples : Susan Rice, Colin Powell, Kissinger, Madeleine K. Albright, etc. Le président actuel du Council est John Huntsman. John Huntsman est républicain, businessman et ancien gouverneur de l’état de UTAH. Il fut ambassadeur de Bush et d’Obama à Singapore et en Chine. Il parle couramment le mandarin. Son père est milliardaire. Quand il se porta candidat aux élections présidentielles de 2012, son père proposa de l’assister financièrement. Il refusa.
Si Kotto Cellou peut «glisser» quelques poignées de dollars pour commander des articles en sa faveur, à des personnalités dans ce milieu, c’est qu’il est réellement fort. Guinean, tu vois trop le monde sous le prisme de la Guinée actuelle.
Ourouro Bah
Ce monsieur est patron d'une lobby a D.C. Kötö Cellou lui a glissé quelques billets verts lors de son passage d'il y'a quelque semaines.
Vous avez fait un lapsus. C'est l'Algérien Joan Tilouine (non journaliste au Monde) qui a reçu une commande du célèbre journal, financé par qui vous savez. Comme quoi l'argent ça va ça vient. C'est AC l'expert politicien, qui donne le ton. Si d'autres utilisent éventuellement ses pratiques, elles ont de qui tenir.
Les visions de ce Monsieur sur la Guinee et ses politiciens sont totalement différentes de celles de l'ambassadeur des USA et de l'UE. Mieux son texte est à une proportion élevée totalement partisan. Donc, nous n'accordons aucun crédit a ce que vous dites.
Peter Pham, l’ambassadeur des USA et l’UE, demandent tous des élections transparentes, avec l’implication de la communauté internationale, pour éviter des affrontements meurtriers. Les uns soutiennent mordicus le gouvernement même quand il y a mort d’homme. Peter dénonce les manœuvres d’Alpha et demande que la communauté internationale ne se contente pas seulement d’envoyer des observateurs le jour des élections. L’honnêteté intellectuelle demanderait qu’on leur reconnaisse au moins le point commun de se soucier de la paix civile en Guinée – ce qui est aussi partagé par tous les guinéens. Quand alors d’un revers de la main vous balayez ce qu’il dit on se demande bien qui est partisan dans l’affaire. Un effort encore Sylla Démocrate ! Tu pourras dompter ta peur d’élections transparentes. Ce qui est en jeu est bien plus grand qu’Alpha Condé ou Cellou Dalein. Ces deux sont en passe d’appartenir au passé.
K. Ba
Ce Monsieur surement se trompe de pays. Peut etre qu'il fait allusion a une Guinee, un autre CDD liberal democrate. Sauf qu'il a oublie d'ajouter que c'est le maitre inconteste avec tant d'autres de la malgouvernance.
Les visions de ce Monsieur sur la Guinee et ses politiciens sont totalement differentes de celles de l'ambassadeur des USA et de l'UE. Mieux son texte est a une proportion elevee totalement partisan. Donc, nous n'accordons aucun credit a ce que vous dites.
Les promesses qui vous sont faites ne pourraient pas etre realisees cette fois ci, helas.
la qualité et la profondeur de ce démenti officiel du RPCé ("Donc, nous n'accordons aucun credit a ce que vous dites.") est bien du niveau de ses "cadres"...
Vous n'accordez aucun credit a ce qui dit PETER , mais vous "AVALEZ " LE TORCHON de TILOUINE .
Visitez US NEWS !
Mais bon , vous ne saurez faire la difference entre UN ARTICLE COMMANDE a un FREELANCER ( tilouine ) et UNE ANALYSE qui engage un journal .
WAKE UP BRO !
Les visions de ce Monsieur sur la Guinee et ses politiciens sont totalement differentes de celles de l'ambassadeur des USA et de l'UE. Mieux son texte est a une proportion elevee totalement partisan. Donc, nous n'accordons aucun credit a ce que vous dites.
Les promesses qui vous sont faites ne pourraient pas etre realisees cette fois ci, helas.








