L’AN de Guinée n’a pas de règlement intérieur : elle est de jure illégale et anticonstitutionnelle

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CAMARA_Lamine_2_01Ici l’aveu de Kory Koundiano, président de l’AN, lors de l’ouverture de la session des lois 2015 : « vous convenez avec moi, que le règlement intérieur est le guide, sinon le parchemin, qui régit la vie de toute Assemblée, et en l’absence duquel aucun travail parlementaire sérieux ne sera possible ».

Selon l’article 67 de la constitution, le règlement intérieur est le moteur du fonctionnement de l’AN, son absence rend caduc le législateur.


Article 67

Le règlement intérieur de l'Assemblée nationale est fixé par une loi organique qui détermine :

  • la composition et les règles de fonctionnement du bureau de l'Assemblée ;
  • le nombre, le mode de désignation, la composition et la compétence des commissions permanentes ;
  • les modalités de création de commissions spéciales temporaires ;
  • l'organisation des services administratifs placés sous l'autorité du président de l'Assemblée nationale ;
  • les règles de déroulement des débats, des prises de paroles, des votes et le régime disciplinaire des députés ;
  • d'une façon générale, toutes les règles ayant pour objet le fonctionnement de l'Assemblée nationale dans le cadre des compétences que lui attribue la Constitution.

Ainsi le bureau actuel de l’AN, les commissions techniques… tout le système de fonctionnement est anticonstitutionnel.

L’opposition républicaine a dénoncé ce fait déjà lors de la première session de cette législature. La mouvance présidentielle, forte de sa majorité relative, ne voulait rien entendre, parce qu’elle voulait donner l’impression qu’elle est forte, qu’elle n’a pas besoin de l’opposition pour faire fonctionner le Parlement. Elle a voulu cacher au peuple qu’il faut le vote de l’opposition pour faire adopter les lois organiques indispensables, précieuses pour la gouvernance.

A titre d’exemples, les institutions républicaines telles la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, la Cour des comptes, la Haute Cour de justice, le Conseil économique et social, la Haute autorité de la communication, le médiateur de la République, la Commission électorale nationale indépendante. Pour chacune de ces institutions il faut une loi organique qui détermine leur composition, leur organisation et leur fonctionnement.

Même la CENI actuelle n’est pas légale, car sa composition et son fonctionnement n’ont pas été objet d’une loi organique.

Alpha Condé, son gouvernement et sa mouvance gèrent le pays comme un secteur informel.


Lamine Camara


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Commentaires  

 
0 #4 Lamine Camara, Frankfurt Allemagne 11-04-2015 06:56

A.O.T Diallo, pourtant l'opposition a fait dès la première session de cette législature des propositions allant dans le sens de doter le parlement d’un règlement conforme a son paysage actuel, mais la mouvance RPG étant majoritaire a dit niet.
Je suis entièrement d’accord avec vos critiques, l’opposition est aussi responsable. Mais la mouvance et Alpha Condé sont tombés dans leur propre piège :
L’opposition avait demandé d’appliquer la proportionnelle dans l’occupation des postes du bureau. Ainsi le président devrai venir du RPG, le 1er vice-président de l’UFDG, le 2eme président de l’UFR…..ainsi de suite. Les postes des présidents des commissions devraient suivre le même chema.
Le RPG arc en ciel ayant reçu un carton jaune lors des élections, surtout avec la perte des 5 communes de Conakry, voulait donner l’impression à ces électeurs qu’il contrôle entièrement l’assemblée nationale en occupant les principaux postes. Alpha Condé pouvait alors tranquillement renvoyer au calandre greq l’installation des institutions républicaines.
La cour suprême avait déjà annoncé son incompétence de juger les conflits électoraux. C’est quand l’opposition a fait rappeler les sieurs de la mouvance ainsi que le présidents de la république que sans la cour constitutionnelle pas d’élections, qu’Alpha Condé s’est précipité pour nous sortir ces institutions.
Du coup le Prof Alpha Condé, à la fin de son mandat, se rappel qu’il faut une loi organique pour chacune de ces institutions. Il faut 76 voix pour, pour une loi organique….il n’a pas 76 voix.
Ici le piège se referme !
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+5 #3 A.O.T. Diallo 09-04-2015 21:06

Mr Camara vous avez raison mais le principal responsable de cet état est l'opposition :le lendemain de son élection l'AN il a été largement et simplement expliqué ici, notamment par Gandhi Barry que forts de ces mêmes arguments ses députés devaient bloquer tout fonctionnement de l'AN avant d'accepter de siéger et lancer les activités.
Elle a préféré de voter pour ce bureau illégal, ses commissions illégales et cacher justement au peuple qu’elle pouvait justement le faire.
La mouvance n'aurait alors pas pu avoir la moindre réunion sans bureau et sans commissions.
Mais nos opposants ont pensé avant tout aux 15 millions par mois et aux Toyota 4x4.
La mouvance a donc bon jeu de profiter de leur "cupidité" pour ensuite leur faire avaler toutes leurs couleuvres (a sa place j'aurais politiquement fait pareil) et elle pourra maintenant faire voter toutes les lois qu'elle veut, s'il le faut même en transformant des lois organiques en lois simples car TOUT est possible en Guinée.
L'opposition a trahi tous les patriotes guineens ce jour-la pour des intérêts purement égoïstes, et cela l'histoire nationale ne l'oubliera pas...
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0 #2 Abdoul.H 09-04-2015 08:49

C'est un president hors-la-loi que nous avons. N'en deplaise à ses inconditionnels.
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+8 #1 amadudialamba 09-04-2015 05:02

Le voleur préfère 1000 fois marcher dans l’obscurité que d’avoir une lumière avec lui. C’est en quelque sortes ce qui explique le flou qui entour tout le système de l’actuel gouvernement. Sans règlement intérieur ou loi organique, ils sont assurés de pouvoir jongler comme bon leur semblera sans se faire rattraper.
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