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Élections en Afrique : leçons du Burkina-Faso et du Nigéria
Ousmane Diallo Jeudi, 02 Avril 2015 15:28
D’entrée de jeu, clarifions la notion même de démocratie. Dans la littérature, deux principales conceptions de la démocratie s’imposent : procédurale et substantielle. Dans la première, le degré de démocratisation des pays se mesure par des critères concernant la procédure démocratique : la tenue d’élections considérées libres et transparentes, le respect des libertés civiles, la garantie des droits des citoyens, l’alternance politique des dirigeants au pouvoir, etc. L’accent est mis sur des facteurs plus ou moins tangibles et qui sont observables par les citoyens, les médias, les observateurs étrangers ou les organisations non gouvernementales.
En revanche, ceux qui possèdent une conception substantielle de la démocratie vont plutôt s’intéresser à l’utilité de la démocratie, mieux, son essence. Dans cette perspective, on s’intéresse au fonctionnement et aux avantages quotidiens de la démocratie au-delà des échéances électorales. En fonction donc de la définition que l’on a de la démocratie, on peut qualifier un même pays de démocratique ou de non-démocratique. Donnons un exemple : pour les tenants de l’approche procédurale, des pays comme le Bénin et le Ghana sont démocratiques, car ils ont connu plusieurs alternances politiques. Mais leur niveau économique étant relativement faible, les tenants de l’approche substantielle diraient que le Ghana et le Bénin ne sont pas encore tout à fait démocratiques.
Dans tous les cas, la tenue d'élections considérées libres et transparentes demeure l’une des caractéristiques fondamentales des régimes démocratiques. Or, pour tout parti politique, accepter de participer à une élection, c’est aussi et avant tout accepter un résultat éventuel : perdre ou gagner ! Dans le discours qu’Obama a tenu en 2009 au Ghana, on peut lire: « Les Ghanéens ont à maintes reprises préféré le droit constitutionnel à l’autocratie, et ont fait preuve d’un esprit démocratique qui permet à leur énergie de se manifester. Nous le voyons dans les dirigeants qui acceptent la défaite gracieusement – le fait que les concurrents du président Mills se tenaient là à ses côtés lorsque je suis descendu de l’avion en dit long sur le Ghana – et dans les vainqueurs qui résistent aux appels à l’exercice de leur pouvoir contre l’opposition de manière injuste. » Il s’agit donc d’un engagement et d’une responsabilité autant de la part du gagnant que du perdant éventuel.
Les évènements politiques récents au Burkina Faso sont bien connus : ce sont des journées d’insurrection populaire qui ont poussé Compaoré à l’exil, ouvrant ainsi le chapitre d’une nouvelle transition politique au pays des Hommes intègres. En fait, l’ancien récipiendaire du Galileo (pour sa médiation dans les conflits ethniques et sociaux) a tenté de modifier l’article 37 de la constitution burkinabé, ce qui lui aurait permis de briguer un autre mandat. Tentative qui a causé sa chute après 27 années de pouvoir. Dans le premier discours qu’il a tenu après sa démission, l’ancien chef d’État justifie son départ : « J’ai accepté de rendre ma démission de la présidence du Faso. J’ai décidé de quitter le pouvoir face à la tragédie que courait mon pays. J’ai refusé de voir couler le sang de mes compatriotes, le sang des filles et fils du Burkina Faso. J’ai quitté le pouvoir bien que président démocratiquement élu, légal et légitime, en vertu du droit constitutionnel du Burkina Faso, pour sauvegarder les acquis de notre évolution démocratique et notre progrès socio-économique. J’ai quitté le pouvoir parce que l’intérêt supérieur du Burkina Faso passe au-dessus de tout y compris de ma personne. » La chute de Compaoré va-t-elle dissuader d’autres présidents africains à tripatouiller la constitution de leur pays pour des fins électorales ? La question mérite amplement d’être posée. Passons maintenant au Nigéria.
Au moment où nous écrivons ces lignes, plusieurs représentants de la communauté internationale (Union africaine, Nations unies, chefs d’États, etc.) félicitent le nouveau chef d’État nigérian, Muhammadu Buhari, qui vient de remporter la présidentielle au détriment de Goodluck Jonathan. Durant la campagne présidentielle, les deux candidats ont multiplié les appels à la non-violence afin d’éviter des affrontements pré et/ou post-électoraux comme ce fut le cas, par exemple, en 2011. Appels au calme qui s’avéraient encore plus nécessaire en sachant que le Nigéria fait face à des attaques de plus en plus sanglantes de la part du groupe Boko Haram. Conscient de cette situation qui aurait pu être explosive en cas de conflits post-électoraux, le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, a félicité le vainqueur Buhari, mais aussi le perdant Jonathan : « Je félicite le prochain président Buhari pour sa victoire, et aussi le président sortant Goodluck Jonathan pour les qualités d'homme d'État dont il a fait preuve en organisant des élections libres et équitables et en acceptant le résultat ». C’est la deuxième leçon à retenir.
En définitive, les élections présidentielles sont censées permettre le renouvellement légal du mandat du président de la République ou l’arrivée au pouvoir d’un opposant, mais pour qu’elles soient une réussite, il faudrait que tous les candidats s’engagent à respecter le résultat des urnes.
Qu’adviendra-t-il de de la prochaine présidentielle en Guinée ?
Ousmane Diallo
Ottawa, Canada
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Commentaires
Tous les anciens opposants ont tous echoués,de Gbagbo a Wade.Alors,je dis AC ira comme les autres et pire.
Quand un pays est sur la voie de la démocratie,mêmes les voleurs patentés aussi crient au vol.
J'aime vraiment la démocratie.
Jamais une comparaison ne fera office de preuve car une comparaison a des limites..
...mais de toutes les manières ALPHA sera réélu.
C'est clair Manden-Mory.
Notre Président,inch'Allah,sera réelu proprement.Seul Dieu peut. Les soit disant opposants ne peuvent,à part le tapage médiatique.
Nous sommes prêts pour reconduire Alpha Condé car il le mérite amplement.
mais de toutes les manières ALPHA sera réélu.
Puisque vous en êtes persuadé, pourquoi venez-nous nous tympaniser avec vos sornettes, consistant à refuser la comparaison, alors que vous ne faites que cela ?
Les opposants guinéens n'ont pas la patience,ils veulent rendre le pays ingouvernable et ils tireront les éventuelles conséquences le jour que eux aussi seront aux affaires.nous aussi, nous rendrons leur pouvoir impossible puisque nous allons multipliés les manifestations sur l'autoroute fidel castro comme ils(opposants)le font aujourd'hui sur la route prince. chacun a son tour chez le coiffeur.mais de toutes les manières ALPHA sera réélu.








