Élections en Afrique : leçons du Burkina-Faso et du Nigéria

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DIALLO_Ousmane_2_01D’entrée de jeu, clarifions la notion même de démocratie. Dans la littérature, deux principales conceptions de la démocratie s’imposent : procédurale et substantielle. Dans la première, le degré de démocratisation des pays se mesure par des critères concernant la procédure démocratique : la tenue d’élections considérées libres et transparentes, le respect des libertés civiles, la garantie des droits des citoyens, l’alternance politique des dirigeants au pouvoir, etc. L’accent est mis sur des facteurs plus ou moins tangibles et qui sont observables par les citoyens, les médias, les observateurs étrangers ou les organisations non gouvernementales.

En revanche, ceux qui possèdent une conception substantielle de la démocratie vont plutôt s’intéresser à l’utilité de la démocratie, mieux, son essence. Dans cette perspective, on s’intéresse au fonctionnement et aux avantages quotidiens de la démocratie au-delà des échéances électorales. En fonction donc de la définition que l’on a de la démocratie, on peut qualifier un même pays de démocratique ou de non-démocratique. Donnons un exemple : pour les tenants de l’approche procédurale, des pays comme le Bénin et le Ghana sont démocratiques, car ils ont connu plusieurs alternances politiques. Mais leur niveau économique étant relativement faible, les tenants de l’approche substantielle diraient que le Ghana et le Bénin ne sont pas encore tout à fait démocratiques. 

Dans tous les cas, la tenue d'élections considérées libres et transparentes demeure l’une des caractéristiques fondamentales des régimes démocratiques. Or, pour tout parti politique, accepter de participer à une élection, c’est aussi et avant tout accepter un résultat éventuel : perdre ou gagner ! Dans le discours qu’Obama a tenu en 2009 au Ghana, on peut lire: « Les Ghanéens ont à maintes reprises préféré le droit constitutionnel à l’autocratie, et ont fait preuve d’un esprit démocratique qui permet à leur énergie de se manifester. Nous le voyons dans les dirigeants qui acceptent la défaite gracieusement – le fait que les concurrents du président Mills se tenaient là à ses côtés lorsque je suis descendu de l’avion en dit long sur le Ghana – et dans les vainqueurs qui résistent aux appels à l’exercice de leur pouvoir contre l’opposition de manière injuste. » Il s’agit donc d’un engagement et d’une responsabilité autant de la part du gagnant que du perdant éventuel.

Les évènements politiques récents au Burkina Faso sont bien connus : ce sont des journées d’insurrection populaire qui ont poussé Compaoré à l’exil, ouvrant ainsi le chapitre d’une nouvelle transition politique au pays des Hommes intègres. En fait, l’ancien récipiendaire du Galileo (pour sa médiation dans les conflits ethniques et sociaux) a tenté de modifier l’article 37 de la constitution burkinabé, ce qui lui aurait permis de briguer un autre mandat. Tentative qui a causé sa chute après 27 années de pouvoir. Dans le premier discours qu’il a tenu après sa démission, l’ancien chef d’État justifie son départ : « J’ai accepté de rendre ma démission de la présidence du Faso. J’ai décidé de quitter le pouvoir face à la tragédie que courait mon pays. J’ai refusé de voir couler le sang de mes compatriotes, le sang des filles et fils du Burkina Faso. J’ai quitté le pouvoir bien que président démocratiquement élu, légal et légitime, en vertu du droit constitutionnel du Burkina Faso, pour sauvegarder les acquis de notre évolution démocratique et notre progrès socio-économique. J’ai quitté le pouvoir parce que l’intérêt supérieur du Burkina Faso passe au-dessus de tout y compris de ma personne. » La chute de Compaoré va-t-elle dissuader d’autres présidents africains à tripatouiller la constitution de leur pays pour des fins électorales ? La question mérite amplement d’être posée. Passons maintenant au Nigéria.

Au moment où nous écrivons ces lignes, plusieurs représentants de la communauté internationale (Union africaine, Nations unies, chefs d’États, etc.) félicitent le nouveau chef d’État nigérian, Muhammadu Buhari, qui vient de remporter la présidentielle au détriment de Goodluck Jonathan. Durant la campagne présidentielle, les deux candidats ont multiplié les appels à la non-violence afin d’éviter des affrontements pré et/ou post-électoraux comme ce fut le cas, par exemple, en 2011. Appels au calme qui s’avéraient encore plus nécessaire en sachant que le Nigéria fait face à des attaques de plus en plus sanglantes de la part du groupe Boko Haram. Conscient de cette situation qui aurait pu être explosive en cas de conflits post-électoraux, le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, a félicité le vainqueur Buhari, mais aussi le perdant Jonathan :  Â« Je félicite le prochain président Buhari pour sa victoire, et aussi le président sortant Goodluck Jonathan pour les qualités d'homme d'État dont il a fait preuve en organisant des élections libres et équitables et en acceptant le résultat ». C’est la deuxième leçon à retenir.

En définitive, les élections présidentielles sont censées permettre le renouvellement légal du mandat du président de la République ou l’arrivée au pouvoir d’un opposant, mais pour qu’elles soient une réussite, il faudrait que tous les candidats s’engagent à respecter le résultat des urnes.

Qu’adviendra-t-il de de la prochaine présidentielle en Guinée ?


Ousmane Diallo
Ottawa, Canada


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Commentaires  

 
+2 #8 aly 03-04-2015 02:34

Dire que telle personne est mieux que l autre, est de vivre avec cette personne.AC était méconnu par les Guinéens, car il faisait sa lutte a distance. En cherchant a déstabiliser le pays, par les coups de force. Alors ce qu' il subit ajourd hui, est le retour de sa monnaie.
Tous les anciens opposants ont tous echoués,de Gbagbo a Wade.Alors,je dis AC ira comme les autres et pire.
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-5 #7 Mory Sylla 03-04-2015 00:27

Ehh Wotan,démokarassi gnakhûn dèhhh!!!
Quand un pays est sur la voie de la démocratie,mêmes les voleurs patentés aussi crient au vol.
J'aime vraiment la démocratie.
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+2 #6 lodia 02-04-2015 23:49

Jaime bien comparer la guinee aux pays voisins, alfa aux presidents des pays d'à côte. felicitations à Goodluck, comme Wade, ils ont felicité le gagnant immediatement, faudra qu'Alfa CONDE s'en inspire, Bakary FOFANA avec sa CENI de triche devra s'inspirer de ce qu'a fait la CENI du NIGERIA, c'est une question d'homme, d'integrité, de probité morale et intellectuelle, d'honneteté. De grace, des elections honnetes credibles saluées par la communauté internationale sans effusion de sang et perte de vie. Tous ces petits individus qui se nourrissaient d'apologie de legendes et qui croient que le pays leur appartient alors que cette terre appartient à ceux qui l'habitent, la terre de DIEU, vont se reveiller au lendemain de leur défaite avec une perte de reperes incroyables. Tous ces CONDES qui sont moins de 0,01% de la population et qui occupent pres de 50% des postes de l'administration, les 45% à leur clan et affidés. le reste de la population se partageant le reste soit à peine 5%. Il faudra à l'alternance definir une autre guinee, plus equilibree, plus democratique, plus soucieuse d'equité, de droits de l'homme. RIEN, NI PERSONNE NE POUURA EMPECHER CETTE ALTERNANCE, CETTE LIBERATION DES PEUPLES AFRICAINS CONTRE L'ARBITRAIRE, L'OBSCURANTISME, contre CES CLANS QUI LES PRENNENT EN OTAGE ET LES EMPECHENT DE S'EPANOUIR. ILS SERONT TOUS BALAYES jusqu'au dernier s'il plait à DIEU
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-6 #5 Mory Sylla 02-04-2015 22:52

Citation en provenance du commentaire précédent de CISSE IBRAHIMA:
Jamais une comparaison ne fera office de preuve car une comparaison a des limites..
...mais de toutes les manières ALPHA sera réélu.

C'est clair Manden-Mory.
Notre Président,inch'Allah,sera réelu proprement.Seul Dieu peut. Les soit disant opposants ne peuvent,à part le tapage médiatique.
Nous sommes prêts pour reconduire Alpha Condé car il le mérite amplement.
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+3 #4 amadudialamba 02-04-2015 22:37

Il ne faut pas oublier aussi que ces deux concurrents sont tous des Nigérians de souche. Donc n’ont d’autre choix que d’aimer leur pays. Certes, c’est la raison pour laquelle ils ont tous placé l’intérêt de leur Nation au dessus de toute ambition personnelle. Le résultat a été plus que payant. Puisque le Nigeria a réussit son alternance avec succès. Ces patriotes ont privilégiée l’alternance apaisée a la place d’une démocratie sanglante. C’est ça le vrai patriotisme. Les biens que le sortant a accumulés durant son règne lui profiteront et lui suffiront largement pour mener tranquillement sa vie a l’intérieur même du Nigeria sans être inquiété. l’Entrant n’a pas de sang a essuyer sur son nouveau fauteuil avant de s’asseoir et le pays est exempt de l’installation des tribunaux pour juger des genocidaires, encore moins les procédures complexes de réconciliation nationale. Et c’est tant mieux pour le géant africain. A travers ce bon exemple, le Nigeria verra ses acquis démocratiques renforcés. Une bonne leçon pour tous les dirigeants africains aimant leurs pays. Le fair-play dont ces deux protagonistes ont fait montre est très différent de l’attitude de ceux qui disaient tout récemment chez nous que : « le départ de Alpha signifierait la fin de la Guinée ».
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+3 #3 Bagnamoulengue 02-04-2015 21:10

Je crois qu'il faut saluer la maturite politique de Goodluck Jonathan au Nigeria et personnellement j'ai apprecie un passage de son discours de concession quand il disait "qu'aucune ambition personnelle ne vaut le sang d'un nigerian". Et par l'acte qu'il a pose pour organiser une election transparente et favoriser l'alternance dans la douceur sans aucune effusion de sang dans un pays ou les partis politiques sont definis suivant l'affiliation religieuse, il a envoye la democratie nigerianne a un niveau superieur.
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+4 #2 Gandhi 02-04-2015 21:06

Citation en provenance du commentaire précédent de CISSE IBRAHIMA:
mais de toutes les manières ALPHA sera réélu.

Puisque vous en êtes persuadé, pourquoi venez-nous nous tympaniser avec vos sornettes, consistant à refuser la comparaison, alors que vous ne faites que cela ?
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-14 #1 CISSE IBRAHIMA 02-04-2015 20:37

Jamais une comparaison ne fera office de preuve car une comparaison a des limites.Et surtout n'oubliez pas que BUHARI est un patriote qui aime son pays, la preuve en est que avant de remporter les élections de 2015,buhari perdit le vote 2003,2007 et 2011 successivement, il n'a jamais appelé ses militants a des manifestations de la rue, a l'affrontement en 2003 et en 2007.ce en 2011 uniquement que les élections ont fait source des violences meurtrières, et les nigérians ont eu conscience cette année car ils ont réussi a organiser des elections libres et pacifique.
Les opposants guinéens n'ont pas la patience,ils veulent rendre le pays ingouvernable et ils tireront les éventuelles conséquences le jour que eux aussi seront aux affaires.nous aussi, nous rendrons leur pouvoir impossible puisque nous allons multipliés les manifestations sur l'autoroute fidel castro comme ils(opposants)le font aujourd'hui sur la route prince. chacun a son tour chez le coiffeur.mais de toutes les manières ALPHA sera réélu.
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