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Mon message personnel à François Fall, ministre des Affaires étrangères

Naby Laye Camara  Dimanche, 29 Mars 2015 20:50

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CAMARA_Naby_Laye_4_01Pendant son passage à Paris, très récemment, François Fall déclare à l’Agence France Presse que l’opposition souhaite que le pays soit ingouvernable, et veut pousser les militaires à prendre le pouvoir. « Mais, précise le ministre, l’armée a subi une réforme bien réussie, elle a rejoint les casernes, elle n’interviendra plus dans la vie politique guinéenne ».

Monsieur le ministre !

Je suis l’une des rares personnes très critiques à l’encontre du pouvoir actuel, à admettre que le président Alpha Condé a échoué dans presque tout, sauf dans un aspect de la réforme de l’armée guinéenne.

Un aspect, je le précise ! Aujourd’hui à Conakry, les militaires ne se promènent plus dans les rues, ou dans les quartiers, avec les kalachnikovs en main. C’est une réussite, il faut le reconnaître.

Cependant, dans un autre aspect de ladite réforme, c’est la confusion. Et là, se trouve le danger. Le critère évoqué pour l’administration des différents états-majors de l’armée, repose sur les considérations ethniques. L’ethnie du président s’est bien taillée, de loin, la plus grande partie du gâteau.

Comme vous le voyez, M. le ministre, la réforme de l’armée faite par votre gouvernement n’est pas rassurante. Il y a forcément beaucoup de mécontents dans les rangs de nos forces de sécurité. De la même manière l’opposition se bat, aujourd’hui, pour le respect de l’ordre institutionnel, une bonne partie de l’armée guinéenne attend et souhaiterait aussi l’émergence d’une réelle réforme dans les structures de commandement des états-majors.

Le fait que l’armée soit dans les casernes, ce n’est pas une raison costaude qu’elle ne renverse pas un pouvoir devenu corrompu, démagogue et récalcitrant. L’armée n’interviendrait pas pour s’éterniser au pouvoir (dans le monde devenu rationnel, ce n’est plus possible), mais elle interviendrait pour mettre de l’ordre et permettre une véritable transition politique, pouvant se conclure avec des élections libres et transparentes.

Monsieur le ministre des Affaires étrangères !

L’opposition républicaine qui se bat pour que votre gouvernement respecte la constitution, ne souhaite pas que le pays soit ingouvernable, ni ne veut pousser l’armée à prendre le pouvoir. Elle souhaite l’arbitrage de l’armée. Comme cela s’est impeccablement produit au Burkina Faso.


Naby Laye Camara
Bruxelles


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