Cherif Zawiya Diallo Samedi, 07 Mars 2015 21:45
Premier mois du calendrier, Romain Mars, vient du mot latin « Martis », Dieu de la guerre chez les Romains. Plus qu'un mois dans le calendrier et une divinité, Mars, symbolise aujourd'hui, un renouveau, une saison nouvelle.
Plus qu’un almanach, Mars est le mois de l’espoir, de la célébration et de la reconnaissance. C’est le mois dédié aux femmes. Marquons une pause et reconnaissons le mérite à l'être le plus prolifique de notre humanité. Un être fait de beauté, de gentillesse, de générosité, de compassion et d’amour. Plus que quiconque, elles le méritent. Célébrer les femmes, c’est célébrer l’humanité !
Avec l'esprit du printemps, tendons la main à nos braves femmes, qui sont encore dans les profondeurs de l'histoire sous le poids de notre société macho. Tendons-leur la perche pour les ramener à la lumière du vingt et unième siècle en les honorant, et leur exprimer notre reconnaissance. Une femme digne est un gage d’un monde meilleur et d’espoir.
Les difficultés des femmes ne doivent pas être une affaire d’une fois l’an, mais une affaire de tous les jours. Il est temps d'arrêter de jouer à la roulette législative à leur détriment. N’ayons pas le regard que sur ce qui a été fait au cours des douze derniers mois, depuis la dernière journée des femmes, mais plutôt sur ce qui nous attend et reste à faire.
Un jour et un mois dédiés aux femmes ne suffiront pas à changer quoi que ce soit sans une réelle volonté de faire les changements. Si éduquer une fille c’est éduquer un village (proverbe africain), alors une opportunité à une femme c’est une opportunité au monde entier.
Faisons l’économie des long discours et des promesses creuses, en appliquant la Déclaration de Beijing. Faisons en sorte que le mois et la journée de la femme fassent partie de l’histoire en appliquant la déclaration de la conférence des femmes de 1995. Combien de temps allons-nous retarder et reporter son application ? Vingt ans, n’est-ce pas assez ? En retardant et reportant la mise en œuvre de la déclaration de Pékin (Chine 1995), nous refusons une opportunité au monde entier.
Notre société macho, comme d'habitude se réfugie toujours derrière une autosatisfaction en utilisant la rhétorique bien connue « beaucoup a été fait » pour justifier l’injustifiable. Notre réaction à cela devrait être que tant que les femmes n’obtiendront pas un salaire égal pour un travail égal, il y aura toujours de la place pour l'amélioration. L’action vaut mieux que les mots. Une femme victime de violences conjugales et abusée, est une femme victime de trop. Une femme victime de discrimination de toute sorte est une femme victime de trop.
Deux décennies d’attente, c’est le martyr de l’indifférence. Trop c’est trop ! Ne cherchons pas seulement à réduire, mais à combler l’écart une fois pour toute. Réhabilitons les femmes en restaurant leur dignité une fois pour toute. C’est un devoir moral. Le droit des femmes est un droit humain. « Le succès doit être mesuré non pas tant par la position que l'on a atteint dans la vie que par les obstacles qu'il a dû surmonter tout en essayant de réussir » dit Booker T. Washington. Dans ce cas-ci, les obstacles ne sont autres que notre société macho, ses politiques et coutumes d’une autre époque. Nous les peuples sommes les obstacles, supprimons-les !
En écrivant ces mots, mon cœur et mes prières vont aux femmes dans les zones de guerre comme le Darfour au Soudan, le Sud Soudan, l'Irak (Yézidis), la Syrie et le Nigeria, où Boko Haram fait régner une terreur jamais vécue dans cette partie de l'Afrique. N’oublions pas les braves femmes de Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, qui depuis plusieurs mois sont en première ligne pour le combat contre le virus de la fièvre hémorragique Ébola.
Je veux profiter de cette occasion pour rendre un hommage à deux femmes exceptionnelles, Maria Hinojosa de l’émission radiophonique Latino-Unis de New York, et Mariam Dao Gabala d'Oikocredit en Côte-d'Ivoire (Afrique de l’Ouest). Ces deux femmes, pendant deux décennies, ont servi leur communauté avec un dévouement désintéressé et ont fait une énorme différence dans de nombreuses vies.
Cherif Zawiya Diallo
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