Alpha Amadou Sow Mercredi, 04 Mars 2015 10:40
Le récent décret opéré par Alpha Condé portant nomination d'un autre bourreau, Boureima Condé, à la tête du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation n'est en aucun cas un remaniement ministériel.
Ceci dénote, au-delà même de toutes considérations, une stratégie électoraliste et politicienne de militarisation radicale du gouvernement actuel, longtemps ambitionnée par Alpha Condé, en vue de commanditer de futures répressions lors des prochaines échéances électorales, communales et présidentielles de 2015.
Ainsi, sans vouloir personnaliser le débat, je reste cependant choqué, au-delà des conflits de compétence déjà existants entre de nombreux ministères, de cette autre nomination subjective et partisane. Puisqu'avec de telles pratiques, le gouvernement ne peut pas être efficace et à même ne peut pas faire des résultats.
Alpha Condé avait prétendu former, au départ, un gouvernement de mission, gouvernement dans lequel il avait pourtant reconduit la majorité de ses pseudo ministres.
Alpha Condé avait promis de faire partir les militaires, promesses qui sont restées, aujourd'hui, lettres mortes ; puisqu'à notre fort étonnement, ils reviennent aux affaires pour occuper des postes stratégiques comme à la Santé et à l’Intérieur.
La nomination d’un militaire à la tête de ce ministère stratégique n'inspire rien de bon quand bien même les décisions prises, les actes sournois posés par Alpha Condé, ne sont jamais dénués d’une arrière-pensée surtout à moins de huit mois de la présidentielle.
Nul doute que c'est certainement une stratégie électoraliste dont nous verrons plus tard probablement les causes réelles et les conséquences néfastes sur le processus électoral.
La transparence du processus électoral sera inévitablement mise en cause et en mal du fait que la présence au sein du gouvernement du général Boureima Condé, qui a toujours été un fidèle parmi les fidèles du cercle vicieux d'Alpha Condé, ne présage absolument rien de bon car Alpha Condé s'était depuis toujours inscrit dans une logique de fraude électorale massive et de caporalisation de toutes les institutions du pays depuis son ascension au pouvoir.
D'aucun qui se pose la question faut-il craindre la présence d’un militaire au ministère de l’Administration du territoire ? Je dirais « Oui ».
Même si un militaire n’est pas intrinsèquement quelqu’un qui est opposé au dialogue et qui ne peut jouer un rôle positif dans un ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.
Par contre, en Guinée, un militaire est amené à « tuer impitoyablement » quand il s'agit de faire son travail, surtout face à la politique de fraude généralisée qui est en train de se mettre progressivement en place à travers les actions menées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la présidence de la République.
Alpha Amadou Sow
Consultant à IBDDG - African Partnership
Créteil - Région parisienne
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