Les signaux virent de l’orange au rouge : assassinat et crise en Guinée

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BARRY_Moussa_Bella_01De toutes parts, les incertitudes ont fait place à l’angoisse et à l’amertume. Contre le rationnel, des querelles ethniques imbéciles, des assassinats ciblés voulus et entretenus par les entrepreneurs de l’ethnocentrisme et de l’impunité, sont venues s’additionner à la crise multidimensionnelle d’avant les élections de 2010. Une cohorte de criminels blindés par l’impunité est promue là où la justice est légitimement attendue. Le manquement au sommet de l’Etat aggrave la situation déjà trop trouble. La corruption et la délinquance sont sans bornes. L’absence d’Etat dans bien des domaines et l’insécurité ont atteint le seuil de l’intolérable dans nos villes et campagnes, où on tue et assassine avec mépris. Tellement l’insécurité est-elle présente, que personne n’est sûr de sortir de chez soi le matin et de rentrer indemne le soir, ou d’avoir un sommeil tranquille.

De par la déchéance au quotidien, l’honneur et la dignité sont devenus des mots insignifiants. Les conditions sont telles qu’aujourd’hui, le père de famille quitte le matin les siens sur la pointe des pieds, et rentre le soir, avant de s’assurer que les enfants se sont bien endormis. Quant à la mère de famille, elle ne sait plus à quel saint se vouer pour être en mesure de pouvoir mettre quelque chose dans son panier troué. Le changement promis est galvaudé et dévoyé par le clientélisme et la transhumance politique primitifs.

La norme sur laquelle reposait jadis l’harmonie entre les communautés nationales n’a jamais été aussi violentée qu’aujourd’hui. Pour un patriotisme de clan bête, des opportunistes pickpockets nous vendent des illusions et ferment toutes les opportunités d’émergence de leaderships. A cause d’une justice partiale, de l’impunité et d’une mentalité partisane mal-à-propos, l’entreprenariat ethnique et les disputes ont supplanté l’entente au sein de la collectivité nationale, l’unité nationale est sacrifiée pour des intérêts égoïstes. Pourtant le mal-vivre est la denrée la mieux partagée entre toutes les communautés.

C’est avilissant de constater qu’au sommet de la pyramide, ils font tout pour ne pas comprendre la gravité de situation calamiteuse du pays. Ou, ils font semblant de n’avoir ni vu, ni entendu. Le meilleur des détours pour berner le guinéen, pour une soi-disant recherche attentive et suivie d’auteurs des multiples assassinats est d’ouvrir, toutes les fois, une enquête qui ne se referme jamais.

Quoique des problèmes fondamentaux pour la bonne gouvernance s’accumulent les uns sur les autres, au lieu de porter plainte auprès des tribunaux et de jouer son rôle d’opposants au sens fort du terme, l’opposition passe son temps à pleurnicher sur les brimades qu’elle subit du pouvoir dans les perspectives d’accès à la mangeoire. Cependant pour la question de crédibilité des opposants aux yeux de la population, et, comme les démos qu’ils font pour avoir une élection transparente, l’opposition doit sortir aussi pour dénoncer les assassinats ciblés, en particulier, l’insécurité de tous les assassinats en général, etc.

Quant au premier magistrat du pays, il préfère la commodité des voyages incessants, inopportuns, voire inutiles et le luxe des hôtels hauts de gamme, plutôt que de s’occuper à solutionner les difficultés du changement réel pour l’amélioration du bienêtre du Guinéen, et de la bonne gouvernance démocratique qu’on nous chante à longueur de mamaya.

Le pays traverse actuellement une situation inédite. A la crise sécuritaire et collective est venue se rajouter la guerre de confession entre le Wahhabisme et le Tidjanianisme sous l’œil impuissant de l’autorité de l’Etat. Nous devons méditer sur ce qui est arrivé à nos frères maliens et nigérians.

Rien, absolument rien ne peut justifier l’incapacité du guinéen de prendre son destin en main.


Moussa Bella Barry


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Commentaires  

 
+4 #5 King Koly 14-02-2015 15:00

Les escadrons de la morts ou Le Djokémo Donzo dans la cite ou encore le Toumbalisme nouvelle version... Ça VA faire mal cette chasse à l'Homme! Que DIEU sauve...
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+2 #4 A.O.T. Diallo 13-02-2015 19:31

Mon frère Barry, tu vois la mafia militaro-civile guineenne se rapproche de plus en plus de son objectif de fermer le pays a son bénéfice exclusif :
1- plonger la majorité des guineens dans la misère, le découragement et le repli dans la prière.
2- plonger toute la diaspora au désespoir et a ne plus vouloir envisager le retour au pays.
La question qui reste maintenant est a notre niveau : on les laisse gagner ou on lutte plus efficacement afin de faire tourner la girouette ?
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+7 #3 amadudialamba 13-02-2015 02:46

La vérité est que la vie du citoyen guinéen ressemble aujourd'hui a celle d'un otage. Il ne peut avoir confiance a personne. Toute personne qui se présente en lui est considérée comme un potentiel exécuteur. Syndicalistes, opposants, élus, armée et même simple citoyen, aucun ne rassure plus l’autre. L'otage guinéen n'a donc de recours que la prière, l'espérance et en dernier ressort le miracle. Puisque les formations politiques sur lesquelles tout le monde compte ont montré leur limite. Sauf quelques rares exception, les opposants semblent se résigner ou tout simplement baisser les bras. Certains masquent a peine leur exil forcé. D'autres sont des ''collabos'' déguisés. Sur plus de 130 formations politiques que compte la Guinée, aucune n'est d'envergure réellement nationale, même celle au pouvoir. Les plus nombreuses n'étant créés que pour servir de boites postales politiques (juste l'adresse). Certaines n’existent que par le nom du leader de la formation. Ces sont ces profiteurs qui bondissent sur tout qui est opportunité pour se remplir les poches. Depuis un bon moment, la société civile est également dans sa généralité muette. L'armée, quant a elle, est au service exclusif du régime. La population encore dubitative n‘arrive pas a parler d’une même voix. Les médias ne pouvant qu’attirer l’attention ; voila parmi tant d’autres raisons, pourquoi le bout du tunnel est loin devant nous. Quant a la situation politique guinéenne, il ne faut pas trop compter sur le dépôt des plaintes pour faire évoluer quoi que ce soit. Pour le moment aucun recours n’est fiable. Pour preuve, nous avons été témoins de plusieurs plaintes déposées ici et la, sans la moindre considération des agents chargés. Puisqu'en ce que je sache, a un moment donné il était même question de déposer certaines plaintes au niveau de la CEDEAO. Mais la aussi la suite se fait toujours attendre. Que dire du dossier de crime perpétrée en septembre 2009 qui fait actuellement l'objet d'un jeu de pingpong entre la fameuse CPI et la boiteuse justice guinéenne ? Alors, a mon avis, rien ne sert a déposer des plaintes quand on sait qu'elles ne seront qu'ignorées sans que personne ne soit demander pourquoi.
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+6 #2 Bah 12-02-2015 17:28

Peut être vous ne conviendrez pas avec moi mais ce n'est pas tout le guineen qui est ciblé par ces crimes mais plutôt une bonne partie de guineens, les statistiques des tués ne me contrediront pas. Je pense que si tout le monde se sentait concerné, alpha condé n'allait pas pas passer même une nuit à sekoutoureah.
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+8 #1 se 12-02-2015 00:25

Jaime bien LA derniere phrase de CE texte. Rien absolument rien...
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