Mohamed Kann Diallo Mardi, 10 Février 2015 18:41
« La Guinée is back, le train qui est en marche ne s’arrêtera jamais, je reprendrai la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée, réforme de l’armée …».
Tels sont les propos de notre cher professeur depuis son accession au pouvoir.
Mais après une analyse approfondie de ce qui se passe chez nous, on comprend mieux le sens de tout ceci quand on voit qu’il s’applique avec l’aide de son armée à priver la Guinée de ses fils capables, à l’instar de celui dont ils viennent de nous priver encore en la personne de Thierno Aliou Diaounè, ancien ministre et fervent combattant guinéen, meurtre survenu le vendredi 06/02/2015, qui vient s’ajouter à la longue liste déjà à son actif comme : Madame Boiro du Trésor public, Mohamed Ghussein du ministère des Finances, ou encore le président des motards de l'UFDG…
Qui sont les prochaines ??? Et c’est pour quand ? Telles sont les nombreuses questions que doivent se poser les pauvres populations guinéennes.
On m’a toujours dit que : « Qui ne dit rien, consent, et moi j’ajoute que : qui ne protège pas du danger et ne punit pas, expose et autorise ».
A défaut que le gouvernement ne mène des enquêtes qui aboutissent et punisse les responsables, je pense qu’ils doivent alors y être pour quelque chose, car à chaque fois qu’il y a un meurtre, on nous sert toujours le même discours sur l’ouverture d’une enquête qui n’aboutit jamais. Tous ces meurtres, ne peuvent pas être le fruit du hasard, car les personnalités visées, ne sont pas des gens lambda comme tous les autres, ils relèvent tous, soit de l’élite guinéenne, ou du moins des gens qui osent ouvertement critiquer les gouvernants et leur politique.
Alors serait-ce cela, la continuité de la Guinée, là ou Sékou Touré l’a laissée pour vous monsieur le président ??? Des meurtres dont vous n’êtes jamais au courant et que vous n’éluciderez jamais ? Ou serait-ce cela pour vous, le train enclenché qui ne devra jamais s’arrêter de sa marche, ce à quoi vous faites souvent allusion dans vos discours ?
Le peuple vous a élu (je le dis avec réserves) car il avait confiance que vous pourriez le protéger de tout danger, sans savoir que ce danger viendrait de vous et de votre armée, incapables de protéger la population.
Honte à cette armée guinéenne qui nous tue alors qu’elle a juré de nous protéger.
Honte à la justice guinéenne qui est au service des politiques au lieu d’être au service de ce peuple qu’il a juré de protéger.
Honte à ce régime qui nous spolie, nous affame, nous prive de liberté et se moque de nous en faisant croire qu’il fait son travail.
Sachez qu’à chaque fois que le sang d’un Guinéen coulera par injustice, cela nous aidera à gonfler nos rangs, car si hier on était divisé pour vous permettre d’asseoir votre règne dans cette insécurité, aujourd’hui, vous nous avez permis de voir clair dans votre jeu, et cela nous a poussé à nous donner la main et vous chasser du pouvoir et chasser quiconque d’autre ne fera pas la volonté du peuple, car à ce niveau vous avez fait preuve d’incapacité notoire de nous protéger, nous unir et nous faire vivre dans un pays démocratique et libre où personne ne sera tué pour ses convictions, ou ses idées.
Et je ne pourrais terminer, sans présenter mes sincères condoléances à toute la famille du défunt, et à tout le peuple de Guinée, car c’est toute la Guinée qui a été touchée dans son combat, par cet acte ignoble et barbare. Je voudrais aussi les rassurer que quand on voit l’amour qu’il portait à son pays et les services qu’il a rendus à ce pays, on ne se réjouit pas certes qu’il soit mort, mais on se réjouit qu’il soit mort en martyr, car pour tous les Guinéen cet homme de grande valeur qu’il a été, et a toujours mis au service de son pays, est un martyr.
Sachez que son combat qu’il a toujours mené, ne sera jamais vain, car le flambeau est repris partout et ne s’éteindra jamais jusqu’à l’aboutissement final qui est le vivre ensemble dans un Etat ou il n’y aura plus ce genre de barbarie et de lâcheté.
Vive la Guinée et ses fils, et que triomphe la justice un jour.
M. K. Diallo
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