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Kaporo-Rails : 1997 - 2014, l'histoire se reproduit à la veille de la présidentielle !

Mamadou Barry  Vendredi, 05 Décembre 2014 21:08

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BARRY_Mamadou_01Le pouvoir actuel utilise tous les moyens à disposition pour continuer son processus de déstabilisation du principal parti de l’opposition guinéenne. Après avoir cherché à donner l’impression à Hollande que tout va bien en Guinée entre le pouvoir et l’opposition, Alpha Condé cherche à frapper encore là où cela fait le plus mal.

En effet, après les différentes tentatives plus ou moins réussies dans ce processus qui a tout de même du mal à donner entièrement satisfaction et qui sont :

le pouvoir revient encore à l’application de vieilles recettes qui avaient été utilisées en fin 1997 et qui avaient donné de bons résultats à la gouvernance de Lansana Conté.

A fin 1997, Lansana Conté, voyant la mobilisation et la détermination des militants de l’Union pour la nouvelle République (UNR) de Ba Mamadou et surtout le rapprochement possible avec le Parti du renouveau et du progrès (PRP) de Siradio Diallo pour la présidentielle de 1998, a décidé de passer à la vitesse supérieure.

Sous la bienveillance d’un certain premier président de l’Assemblée nationale de l’époque et d’un ministre de la République en charge de l’Habitat de la même période, la machine à destruction s’est mise en place pour casser Kaporo-Rails au début de l’année électorale de 1998. L’objectif était tout naturellement de casser l’électorat de l’UNR à Ratoma sous le faux prétexte de récupération de domaines de l’Etat.

Mais où était l’Etat au moment de l’octroi de ces terrains, de l’aménagement, du lotissement, de la construction et des installations d’EDG et de la SEG ?

Conséquences, l’électorat a été cassé avec les pertes et dommages que l’on a connu tant sur le plan des résultats que sur le plan surtout social du drame que ces populations ont et continuent de vivre encore de nos jours. Ce drame que je considère comme étant une crise humanitaire a été vécu dans l’indifférence générale et jusque maintenant, il n’y a pas eu réparation comme il se devait.

Avec une mise à la rue de plus de 120 000 personnes et la destruction de milliers de bâtiments d’habitation, de mosquées et d’écoles. Dans la haine et l’acharnement, certains bâtiments ont été cassés avec tout leur contenu. Ba Mamadou a été arrêté avec quelques uns de ses compagnons dont un est aujourd’hui ministre de la République.

Au second tour de la présidentielle de 2010, au nom d’une sordide eau « empoisonnée », l’électorat de l’UFDG a été cassé en Haute Guinée en général et à Siguiri et Kouroussa en particulier pour non seulement ne pas pouvoir voter là-bas, mais aussi et surtout pour ne pas pouvoir surveiller les bureaux de vote dans ces zones.

17 ans après, Kaporo-Rails première version, l’échéance de 2015 pointe à l’horizon et il faut à nouveau utiliser la bonne vieille méthode et finir le travail qui avait été commencé sous Conté.

A fin 2014, la machine de la haine, de la barbarie et de l’exclusion est à nouveau réactivée pour encore une fois tenter de casser l’électorat de l’UFDG à Ratoma, pour l’affaiblir en 2015. Bien entendu la raison de domaine réservé de l’Etat ne tient plus la route parce qu’on ne peut pas faire croire à un Guinéen saint de corps et d’esprit que Kaporo-Rails est le seul domaine réservé de l’Etat qu’il faut casser à des périodes bien précises dans le temps.

Le choix de Ratoma et de Kaporo-Rails est bien réfléchi parce qu’on peut aisément dire, et sans aucun risque de se tromper, que les victimes potentielles ont toutes les chances du monde d’appartenir à la même communauté, comme par hasard.

Le drame qui se prépare à Kaporo-Rails est un crime humanitaire qui doit attirer l’attention de tout citoyen épris de justice dans ce pays.

Oui, c’est vrai, on n’a pas encore cassé, c’est juste des croix rouges qui ont été portées sur les bâtiments. Mais le principe est de tenter et de voir s’il y a réaction ou pas et s’il n’y a pas de riposte, la machine fera le reste.

Voici le tableau qui prendra forme si rien n’est fait pour arrêter, dès maintenant, cette haine destructrice qui veut s’abattre encore une fois sur Kaporo-Rails :
 

tableau_Kaporo_Rails_04


Pour se battre contre cette barbarie qui n’a pas de nom, un collectif de victimes a été constitué pour entamer des démarches auprès des autorités à travers une lettre faisant état de la situation.

Mais comme ce fut le cas pour la crise de Womey, ce qui se prépare à Kaporo-Rails est un crime humanitaire et cela ne concerne pas simplement les victimes, Ratoma ou une certaine communauté, mais le pays tout entier doit réagir comme une nation responsable et légaliste.

A ce sujet, j’interpelle Monsieur Diallo Thierno Ousmane, hier VICTIME de l’injustice à Kaporo-Rails, et aujourd’hui, ministre de la République, afin qu’il prenne ses responsabilités :

A Monsieur Diallo, ne voyez plus les victimes d’aujourd’hui comme des militants de l’UFDG alors que vous, vous êtes de l’UPR, mais voyez plutôt la conviction, les valeurs et le sens de la justice que vous partagiez, à une certaine époque, avec Ba Mamadou au nom de la liberté dans une nouvelle république unie et prospère.

Faites comme Faya Millimouno (opposition) et l’Honorable Koni Kourouma (mouvance) qui se sont donné la main pour les victimes de Womey.

Monsieur Diallo, à vous donc de prendre vos responsabilités et sachez que Maire Mamadou Bhoye Barry, depuis les Etats-Unis, et Ba Mamadou, de là où il est, vous regardent avec la plus grande attention au nom de ce qui vous lie.

Aux députés de l’Assemblée nationale, toutes tendances confondues de manière générale, à ceux de l’opposition républicaine de manière particulière et à ceux de l’UFDG de façon encore plus directe, vous êtes actuellement en pleine session budgétaire pour décider de la meilleure manière de dépenser les fonds publics et de défendre l’intérêt national.

Ne gardez pas le même silence que vos devanciers dans Kaporo-Rails première version. Vous avez une responsabilité historique dans ce dossier. Un silence de votre part pourrait vous être fatal dans les échéances futures.

A ce niveau, Dr. Saliou Bella Diallo, vice-président, à l’époque, de l’UFDG et ministre de la Transition avait gardé le silence pendant le moment du dossier de l’eau « empoisonnée » avec toutes les conséquences de ce mensonge sur la vie des citoyens victimes et sur le parti. Il n’avait pas réagi comme il le fallait et aujourd’hui, il ne fait même plus partie de l’histoire.

Il y a un moment dans la vie d’un homme où il a l’occasion de montrer sa valeur pour rentrer dans l’histoire par la grande porte. Monsieur le ministre et honorables députés, le monde vous regarde et c’est à vous d’être à la hauteur de votre mission et surtout de l’attente des uns et des autres.

Que le Ciel protège le peuple et guide le chef !!!!!


Mamadou Barry
Analyste financier


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