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Ismaël Bah, vice-président du GPT à l’Assemblée Nationale française

Ismaël Bah  Samedi, 24 Septembre 2011 12:07

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BAH_Ismael_2_01Ismaël Bah, le vice-président du Parti Guinée Pour Tous (GPT) de Kassory Fofana s’est rendu à l’Assemblée Nationale française pour demander aux députés français de soutenir le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition invitant à une marche dite "pacifique" le 27 septembre 2011.

A l’initiative du parti Guinée Pour Tous, des membres de tous les partis politiques, de la société civile et d’associations se sont réunis le 17 septembre autour des grands problèmes de développement, de sécurité, de paix et de société de la Guinée. Je les remercie d’avoir participé, les débats furent riches et argumentés.

En ma qualité de vice-président de GPT, j’ai développé un certain nombre de points à mon sens très importants. En tout premier lieu, il me semble nécessaire que le Président de la République, Alpha Condé, poursuive le dialogue amorcé avec l’opposition dans le but d’organiser les prochaines élections législatives. Car, il ne faut pas oublier que son élection à la tête de notre pays est une victoire de la démocratie qui n’aurait pas été possible sans le soutien de la France et de la communauté internationale. Surtout grâce à la décision courageuse de Cellou Dalein Diallo de reconnaître ce résultat pour éviter le déclenchement d’hostilités armées qui auraient pu déboucher sur une guerre civile.

Quarante années de combat politique d’Alpha Condé pour 18% des suffrages au premier tour, sans l’engagement d’Ibrahima Kassory, M. Kouyaté, et la Basse côte surtout qui n’a pas saisi le slogan du RPG lors du second tour : « Wontanara, voulait comprendre anbhansanlé », alors qu’il fallait dire Wonbirin Nara :« Tous ensemble ». Mais le jour où le peuple soussou se rendra compte qu’il a été floué, son réveil sera redoutable.

La meilleure récompense que pourra nous apporter la Guinée est que la Guinée se comporte comme un Etat de droit.

Cependant, je déplore qu’Alpha Condé, loin de pratiquer l’ouverture et de composer avec toutes les ethnies de la société guinéenne, répète les erreurs des précédents dictateurs en ne s’entourant que de cadres de son ethnie et excluant presque systématiquement les communautés et plus particulièrement les Peulhs de la gestion du pays. Il va d’ailleurs à l’encontre de ses propres déclarations du temps où il était dans l’opposition. Il s’indignait dans mon bureau du 7e arrondissement de Paris, accompagné d’un ami commun, celui-là chef d’une agence de voyage, que 90 % des ambassadeurs sous le règne du Président Conté étaient d’origine soussou. Un ordre qui consacrerait la prééminence de son ethnie et de son clan, les combinaisons de couloir et les ambitions personnelles, cet ordre-là ne serait qu'un désordre puisqu'il consoliderait l'injustice."

Sur l’enquête de l’attaque perpétrée contre sa résidence le 19 juillet dernier, Alpha Condé avait dénoncé le Sénégal et la Gambie comme base-arrière à la déstabilisation de son régime.

Il accuse en outre Bah Oury, vice-président de l’UFDG. Comment a-t-il pu être au courant ? C’est une violation flagrante de l’instruction. En vertu du principe de séparation des pouvoirs, l’exécutif ne peut avoir accès aux pièces d’un dossier d’instruction. Le code de procédure pénale stipule que le procureur de la République est le seul magistrat habilité à révéler des éléments du dossier. Il est amené à rédiger des rapports qu’il remet au procureur général, lequel les transmet au ministère de la Justice afin de lui permettre, si nécessaire, de donner des instructions en vue de la poursuite d’une enquête. Mais en aucun cas à Alpha Condé.

Peut-être a-t-il oublié qu’il est désormais le Président de tous les Guinéens et que son mandat, accepté lors de son investiture, incluait le devoir de régir, d’administrer et de protéger tous les Guinéens sans exception dans un esprit démocratique.

De ce fait, je soutiens la déclaration du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition invitant à une marche dite "pacifique" le 27 septembre 2011. Cette marche peut aider à consolider la démocratie et les droits de l’Homme, pour le peuple de Guinée, puis pour la paix et ainsi encourager les investissements nationaux et étrangers.

Alpha n’est pas un mauvais bougre, mais c’est un grand frère qui n’écoute pas, et ne supporte pas les contradictions. De plus, il s’est entouré de quelques grands guignols, qui comme au bon vieux temps disent être de toutes les réunions stratégiques et susurrent à l’oreille d’Alpha les turpitudes des partis qu’ils ont désertés par opportunisme, Capi ou Com, une méthode digne de la Corée du nord. Il y a aussi ceux qui n’aiment pas la diaspora, qui appellent le président M. le Président-Professeur le matin et se fichent de sa tronche la nuit dans les maquis en l’appellent notre Diaspo paumé.

Un président doit avoir comme premier devoir de rassembler les Guinéens. Nous nous devons d’être respectueux les uns des autres et conscients que nous devons nous rassembler et ne rien faire qui puisse altérer de la moindre façon les chances de celui ou de celle qui sera choisi.

Les Guinéens doivent se rassembler et travailler ensemble parce que les problèmes présents et à venir sont suffisamment graves et sérieux qu’ils nécessitent que nous conjuguions nos énergies pour enfin bâtir une équipe de personnalités capables d'offrir à nos compatriotes des réponses liées aux problèmes de sécurité d’éducation, santé, etc.

Les Guinéens, ce 28 septembre vont commémorer le référendum historique qui a conduit notre pays à l’indépendance, le premier d’Afrique à avoir voulu prendre son destin en main. Depuis cette date glorieuse a été entachée durablement par les massacres et viols perpétrés par la junte au pouvoir en 2009 dans le stade du même nom contre une manifestation pacifique de l’opposition. Le bilan du drame, selon l’ONU : plus de 150 morts et une centaine de femmes violées. N’oublions pas les victimes et leurs familles et réclamons que justice leur soit rendue. C’est pour toutes ces raisons que j’ai sur le sujet, demandé au Pr. Bernard Debré, député UMP, à Georges Pau-Langevin, à Harlem Désir, premier secrétaire du parti socialiste français et au journaliste Ivan Levaï de soutenir mon action.

La stratégie de la panique par l'incendie des villes et l'affolement délibéré de la population fut théorisée il y a un siècle et demi par le nihilisme russe, Bakounine, Netchaïev – voyez Les Possédés, de Dostoïevski.

L’étranglement ne se fera pas dans le silence ou dans l’ombre. Nos frères guinéens peuvent compter sur notre détermination pour être leurs interlocuteurs auprès de la communauté internationale.

Il est essentiel que l’enracinement du processus démocratique dans notre pays puisse se poursuivre, notamment par la tenue de prochaines élections législatives et la première loi que je souhaite voir adoptée est celle « d’or dites des 25% » pour régler provisoirement le dosage ethnique. Ensuite la seconde, une loi d’orientation portant sur l’Education Nationale en vue de mettre le paquet sur l’éducation et permettre dans les années à venir de voter pour un candidat en fonction de son programme au lieu de son ethnie.


Ismaël Bah
Vice-président de Guinée Pour Tous (GPT)


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