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Lettre ouverte au président de la République de Guinée Alpha Condé
Adam Rabi Youla Mardi, 11 Novembre 2014 10:33
Monsieur le Président,
La présente lettre ouverte a pour unique objet d`attirer votre attention sur le sort de nos prisons et surtout de ceux qui les peuplent en cette période où la Guinée est durement touchée par la fièvre hémorragique, Ébola.
Comme vous le savez, la contamination a atteint la plupart de nos préfectures. Ensuite, des travailleurs humanitaires guinéens et étrangers, des médecins et infirmières en contact avec les patients ont été affectés à leur tour. Le gouvernement a par la suite interdit des regroupements et des assemblées pour minimiser les risques d’infection. Conséquence de ces décisions : plus de manifestations des partis politiques, moins de monde dans les baptêmes, mariages et autres activités relevant des affaires sociales et les enterrements sont réduits à leur plus simple expression.
Monsieur le Président,
Après toutes ces mesures prises pour minimiser les risques de contagion de la population générale, avez-vous songé à nos prisonniers ?
Imaginez un seul instant qu`un gardien de prison vienne au travail après avoir été contaminé dans sa famille sans le savoir. Que va-t-il se passer dans nos prisons poreuses et comment stopper l’épidémie ?
Les prisons en Guinée sont des mouroirs. Elles sont vieilles, vétustes, inadaptées et l’on n’y observe pas les règles les plus élémentaires de l`hygiène. Ce sont des lieux où les infections peuvent très facilement élire domicile avant de se propager à une très grande vitesse.
Monsieur le Président,
Le meilleur moyen en l’état actuel des choses pour prévenir Ebola dans nos prisons est de réduire la population carcérale. Nos prisons sont surpeuplées.
C’est le moment M. le Président d’accorder le pardon et la grâce présidentielle à nos prisonniers politiques, comme madame Fatou Badiar ou aux prisonniers de droit commun, comme Ablaye Mbaye et Malick Kebe, etc. Libérez les et donnez leur une chance de survie en cette période de menace de catastrophe que représente le virus Ebola
Ils sont jeunes et le pays a besoin de leurs contributions futures.
Monsieur le Président,
Il y a des gens qui ont été injustement accusés et il y a aussi les bandits de grand chemin. C`est le moment de sortir tous ceux qui ne devraient pas être dans ces endroits surtout en ces moments durs pour notre nation.
Quant aux grands bandits qui constituent un danger pour la société, il faut les garder, mais tout en renforçant les capacités des infirmeries des prisons et en les protégeant avec une meilleure hygiène.
Monsieur le Président,
Vous êtes le seul à pouvoir accorder cette grâce présidentielle et éviter en même temps une catastrophe dans nos institutions pénitentiaires. Je vous remercie et compte sur votre sens élevé de sagesse et de responsabilités.
Dr Adam Rabi Youla MD Msc
Médecin au Canada
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Commentaires
Je crois que vous vous trompez (sincèrement)sur la bonne foi du président. On peut gager sur la capacité de chaque être humain de s'amender mais en ce qui concerne AC, les espoirs sont à mon avis minces. Voici pourquoi:
1. Comment avoir confiance en lui quand «en ces moments durs pour notre nation» AC continue de toucher plus de 100 000 euros par jour?
2. Comment croire en sa bonne volonté quand la santé ne figure pas parmi les principaux postes de dépenses et que pire, celui-ci est en recul?
3. Comment espérer en lui quand la gestion des dons faits à la Guinée est mauvaise et instrumentalisée politiquement?
Notre pays ne doit son salut qu'au bon Dieu, à la vaillance de sa population et la charité des «oreilles rouges».
Pour ce qui est de la justice, ses récentes déclarations sur les évènements du 28 septembre vous situeront peut-être sur «son sens élevé de sagesse et de responsabilités».
Mme Youla, AC est l'incarnation même de certains maux du pays et l'ennui c'est qu'il prétend en être le traitement.








