Qui doit-on rappeler à l’ordre : le ministre de la Justice, le président de l’Assemblée nationale ou le député ?

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DIALLO_Saliou_Bobo_Taran_01Le député Ousmane Gaoual Diallo a déclaré sur les ondes d’une radio privée guinéenne : « il faut que chaque Guinéen assure sa propre sécurité dorénavant Â».

Ces propos semblent déranger les autorités guinéennes comme l’indique la lettre du ministre de la Justice en date du 26 septembre 2014 envoyée au président de l’Assemblée nationale (Claude Kory Kondiano). Selon le ministre, le député Ousmane Gaoual Diallo tomberait sous le coup de la loi pénale pour ses déclarations précitées, interdites par l’article 94 du Code pénal guinéen.

Cependant, aucune personne respectueuse du principe de séparation des pouvoirs (exécutif - législatif - judiciaire) ne peut  partager cet avis. De surcroît, la lettre du ministre de la Justice ainsi que la convocation du président de l’Assemblée nationale sont aussi abusives que scandaleuses  en comparaison des propos de l’honorable député Ousmane Gaoual Diallo


Sur la légalité des déclarations du député Ousmane Gaoual  Diallo

Ces déclarations sont parfaitement légales. En effet, depuis l’apparition de l’homme sur terre, ce dernier a toujours assuré sa propre sécurité. Que le député Ousmane Gaoual Diallo demande à  chaque citoyen d’assurer sa propre sécurité n’a aucun caractère répréhensible au regard de la loi.

Ce n’est pas parce que l’État a l’obligation d’assurer la sécurité de ses citoyens qu’il est interdit à ces derniers d’assurer leur propre sécurité. La sécurité étatique est collective, elle vient en complément de la sécurité que chaque citoyen a pour assurer sa propre défense. L’arrivée de l’État n’a fait que renforcer, compléter et consolider ce droit, mais ne l’a jamais ôté aux citoyens.

C’est l’un des droits naturels de l’homme. Ce droit est inhérent à la personne de l’être humaine. Ce droit est pour le citoyen ce que la légitime défense est pour la victime. Cependant il ne faut pas le confondre avec la justice privée c’est-à-dire se rendre justice par soit même. Donc les déclarations litigieuses ne violent en aucune manière l’article 94 du Code pénal guinéen.


Sur l’irrégularité des démarches du ministre de la Justice

La lettre du ministre de la Justice souffre de l’exception d’incompétence qu’il faut soulever in limine litis. Il n’y a pas de pouvoir hiérarchique entre un député et un ministre de la Justice ; encore moins un pouvoir d’injonction entre ce dernier et le président de l’Assemblée nationale. Cette lettre du ministre serait moins ridicule si elle s’adressait au procureur de la République, pour l’ouverture d’une information judiciaire.

Que le principe de séparation des pouvoirs soit violé par des citoyens Â«  lambda Â» peut être moins grave, mais que cela soit à l’actif d’un ministre de la Justice, de surcroît d’un ancien avocat au barreau de Montpellier en France, est inacceptable. Lorsque la Guinée va jusqu’en France pour importer son ministre de la Justice – de grâce – cela ne doit pas  avoir pour conséquence directe de  renvoyer la justice guinéenne au XVIIe siècle.

Le rapport entre le président de l’Assemblée nationale et le député Ousmane Gaoual Diallo se limite aux débats parlementaires ; en dehors de ceux-ci, ce rapport est nul. Mais comme les déclarations tenues par le député sont faites en dehors de l’hémicycle, il n’y a pas rappel à l’ordre. Même si par exception, il y a faute, elle est détachable du service. Donc, il n’y a pas lieu d’appliquer les articles 54 et 56 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Le président de l’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir discrétionnaire vis-à-vis du député. En agissant comme il l’a fait, il commet une erreur d’appréciation.

L’honorable député Ousmane Gaoual Diallo est, en tout état de fait, dans son  rôle  de représentant du peuple de Guinée. 

Dans ces conditions, qui doit-on rappeler à l’ordre ?


Saliou Bobo Taran Diallo
Docteur en Droit
Avocat au Barreau de Paris


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Commentaires  

 
+3 #12 Abraham bantignel 07-11-2014 13:55

Avec respect,je rappelle que la Guinée n'a pas encore un "Hémicycle"(demi-cercle)car la salle de l'AN est bel et bien rectangulaire. Tous les parlements ne sont pas appelés "Hémicycle". D'ailleurs dans les pays anglo-saxons comme la GB,le Canada,l'Australie et autres que nous copions pour le terme pompeux "d'Honorable",l'AN est un rectangle avec les Députés(qui est normalement le titre officielle en Guinée,article 59-titre IV de la Constitution)sont assis face à face et non en demi cercle comme en France. Si nous voulons a tout prix donner un titre autre que celui de la constitution, "Auguste" pour nos députés serait mieux selon mon humble avis.
C'était une contribution bien que je sais qu'en Guinée,on aime pas les remarques qui remettent en cause leur ...
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+6 #11 A.O.T. Diallo 01-11-2014 19:05

" Le député Ousmane Gaoual Diallo a déclaré sur les ondes d’une radio privée guinéenne : « il faut que chaque Guinéen assure sa propre sécurité dorénavant ».
Ces propos semblent déranger les autorités guinéennes comme l’indique la lettre du ministre de la Justice en date du 26 septembre 2014 envoyée au président de l’Assemblée nationale (Claude Kory Kondiano). Selon le ministre, le député Ousmane Gaoual Diallo tomberait sous le coup de la loi pénale pour ses déclarations précitées, interdites par l’article 94 du Code pénal guinéen. "
Dans ce cas le premier a recevoir cette mise en garde du ministre devrait être le PPAC :il assure sa propre sécurité avec des un cousin albinos, des burkinabés, des angolais et une trentaine de bidasses locaux pourris, tout juste pour aller en visite de 2 heures a Kassa..
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+6 #10 Segrega 01-11-2014 09:39

Ce ministre ignore t-il la diffence entre UN ELU DU PEUPLE et un ministre nomme dans des condition qu'on connait tous en Guinee?
Il devrait comprendre aussi qu'etre ministre de la Justice ne signifie pas qu' est avocat du gouverment.
Mais ben,c'est en rebublique tres democratique de Gbekan Djamana.Tous ceux qui y s'assemblent se ressemblent!
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+10 #9 Alhousseny 31-10-2014 20:02

M. Taran Diallo presente un point de vue nuance du propos du depute Gaoual Diallo que chacun est libre de partager ou pas. Mais le plus important ici est le rappel a M. Kondiano qu'il n'y a, en dehors de l'assemblee nationale, aucune forme de relation d'autorite entre le Depute Gaoual et lui. De fait ils ont tous les deux la meme legitimite "d'elu du peuple".
Plus generalement M. Kondiano est une vraie deception. Il n'a rien compris a son role et au principe de separation des pouvoirs. Il se conduit comme un fonctionnaire qu'Alpha Conde peut virer a sa guise. Finalement on comprend pourquoi ce dernier a tenu a l'avoir comme President de l'Assemblee nationale. Apres on s'etonne qu'a chaque vacance du pouvoir l'armee supplante le dauphin constitutionnel et nous embarque dans de sombres aventures.
Meme si tout le monde se rejouit de ce qui vient de se passer au Burkina, force est de constater que nous avons la une nouvelle preuve du surplace que fait l'Afrique depuis un demi-siecle: nous nous separons d'un dictateur pour tomber entre les mains de militaires avides de pouvoir. Enfin on peut quand meme se rejouir de ce qui s'est passe en Zambie ou l'armee a, pour l'instant, laisse la consitution operer. Esperons que notre Dadis national saura conseiller le General Burkinabe qui vient de s'auto-proclamer President.
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+8 #8 celloumbah 31-10-2014 18:14

Bienvennue dans ce Forum Mr Saliou Bobo Taran Diallo, et merci pour votre contribution la guinée a besoin de tout ses érudits.
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+7 #7 se 31-10-2014 17:03

Les Burkinabés viennent de chasser leur MONSTRE...les Guinéens n'ont cas continué a bavarder tout en revant d'un départ de notre MONSTRE en 2015!
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+7 #6 Segrega 31-10-2014 15:15

Il faut laver cet autre cerveau,il pense comme ses mentors au pouvoir!
@ousmane
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-11 #5 Youssouf Bangoura 31-10-2014 15:00

Merci maître Diallo, les textes de loi, sont très compliqués pour nous les profanes, on adore lire ceux qui nous les décortiquent pour les rendre plus accessibles ( comme le fait Gandhi, s'il parle seulement des droits ).
On comprend mieux que Ousmane Gaoual n'a pas violé la loi, chacun citoyen a le droit naturel de se protéger . Mais, ce qu'on peut craindre, est-ce que certains guinéens, peuvent faire la différence entre se protéger et se rendre justice ? D'où l'inquiétude, en plus, est-ce c'est le rôle d'un député de la république d'appeler officiellement les citoyens à se protéger ou à se défendre ?
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+8 #4 Abraham bantignel 31-10-2014 12:26

Citation en provenance du commentaire précédent de ousmane:
Monsieur Diallo,
Le contexte guinéen fait qu'on ne peut pas appliquer la loi comme dans une vieille démocratie(...)L'action du ministre doit être vu dans un savant mélange de droit et de politique lie au contexte guinéen.
En politique, et dans un contexte particulier, on n'applique pas le droit comme vous le pensez(...)Maintenant, personne ne dira qu'il n'a pas été averti.

Oooh!Encore un malin apologiste du "droit RPGiste". Une "vielle démocratie" et une jeune: quelle différence dans l'application du droit et son respect? Pourquoi cet Ousmane pense qu'un des symboles de la justice est une dame au yeux bandés(objectivité totale)avec une balance dans la main?
-"Savant(sic)mélange de droit et politique",etc: pourquoi les RPGistes prennent les Guinéens pour des incultes et des nigauds? En clair,vous dites PUISQUE c'est la Guinée, le droit est interprété et appliqué selon l'appréciation subjective de l’Exécutif.
Vous dites sans même réaliser ni plus ni moins que la Guinée est une république bananière! Vous corroborez ainsi les accusations de l'article en pensant les contredire.
Sacrés RPGistes! La seule chose dans laquelle vous excellez est l'affabulation et contre-vérités mais le raisonnement,l'intégrité et la droiture sont vos totems.
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-10 #3 ousmane 31-10-2014 06:39

Monsieur Diallo,
Le contexte guinéen fait qu'on ne peut pas appliquer la loi comme dans une vieille démocratie. C'est vrai que ce n'était pas au ministre d'écrire a l'assemblee mais, au procureur de la république qui engageait immédiatement une poursuite judiciaire en demandant la levée l'immunité du depute concerne. L'action du ministre doit être vu dans un savant mélange de droit et de politique lie au contexte guinéen. Il 'sinscrit beaucoup plus dans une mise en garde avant toute action judiciaire qui viserai toute personne de la mouvance ou de l'opposition qui tiendrai des propos pouvant mettre en péril la stabilité du pays.
En politique, et dans un contexte particulier, on n'applique pas le droit comme vous le pensez. Je pense que c'est l'expérience qui joue a ce niveau et, le ministre a parfaitement atteint son objectif. Maintenant, personne ne dira qu'il n'a pas été averti. C'est le but que cherchait le ministre. S'agissant des propos de ousmane Gaoual, chacun doit le juger selon sa perception.
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+14 #2 amadudialamba 31-10-2014 05:06

« DEPUIS L’APPARITION DE L’HOMME SUR TERRE, CE DERNIER A TOUJOURS ASSURE SA PROPRE SECURITE » Monsieur SALIOU BOBO, je vous vois très modéré dans votre argumentation. C’est salutaire ! Mais vous allez beau expliquer la loi à ces bandits de l’Etat, ils ne vont jamais vous écouter. Dans leurs têtes, ils sont les seuls habilités à violer perpétuellement l’inviolable sans conséquences. Sous nos regards impuissants, ils violent tout sur leur passage et en longueur de journée. Vous n’avez même pas besoin de fouiller jusqu’à l’ère primaire (le cambrien) pour faire comprendre à ces bandits de la République ce qu’ils ne veulent pas comprendre. Sans même faire référence à une quelconque déclaration, tout guinéen conscient sait incontestablement aujourd’hui qu’après les multitudes d’attaques, faisant souvent plusieurs innocentes victimes, chaque guinéen doit désormais assurer sa propre sécurité. C’est aussi simple que ça ! Quand les représentants de l’Etat manquent à leurs obligations vis-à-vis de leurs citoyens, ces derniers trouveront toujours leurs propres solutions. Demandez aux Burkinabé ! Ils ont tout essayé pour dissuader Blaise de ne pas tenter de modifier la constitution. Le Mec est resté de marbre, avec une attitude parfois même moqueuse. Boum !!! Ce qui devrait arriver arriva. Aujourd’hui le gentleman est dans une indescriptible merde. Alors si Monsieur le Ministre de l’injustice et la Mariotte de l’Assemblée ne veulent pas que les citoyens trouvent les moyens qui leur sont appropriés pour se défendre, ils n’ont qu’à nous retrouver les auteurs des tous les assassinats, restés jusque-là sans aucune enquête, même préliminaire, à plus forte raison sérieuse. Sans la bravoure du Député Soumah qui a osé faire une sortie très médiatisée pour prévenir, la série noire enclenchée par les tueurs de la République n’allait pas connaitre ce petit répit. Pour terminer, je rassure Monsieur BOBO DIALLO que je sais pertinemment, personne ne souhaite dans son pays que les citoyens se familiarisent avec la violation des textes. Encore moins la règle de Talion. Mais devant l’impossible, personne n’est tenue. Nos ancêtres nous ont souvent dit que lorsque vous dansez avec un aveugle, touchez souvent ses pieds, pour qu’il se rende compte que vous êtes deux dans l’arène.
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+11 #1 Oury Diallo 31-10-2014 00:42

Quelque soit les diplômes que l'on traîne, lorsqu'on s'acoquine à des voyous comme Aladji Professeurs et sa click d'aigris et qu'on a pas une once de dignité, on oublie vite ce qu'on a apprit à l'école pour faire place à la démagogie. Ce que j'aimerai demander à Mr. Sacko, est que, si un chien l'attaque, va-il attendre que l'Etat lui vienne en aide, ou se saisir de n'importe quel objet à sa porté pour se défendre ou au moins prendre ses jambes au coup? Puisque l'état ne s'est pas foutu de prendre la sécurité de tout le monde sans discrimination, chacun doit assurer la sienne pour ne pas finir comme monsieur Amadou Oury Diallo de l' UFDG, ou madame Boiro ( la liste est longue).C'est ce que le député essaye de dire en terme clair. Si c'est un crime, alors j'aimerai lui balancer une pierre en pleine gueule pour voir s'il va attendre que les Donzos de Aladji Professeur viennent le dévier de la trajectoire.
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