Frédéric Bangoura Samedi, 25 Octobre 2014 20:37
A trois mois de la fin de son mandat, le président Alpha Condé n’a toujours pas pu électrifier la Guinée (ou au moins Conakry), lui qui clamait haut et fort à qui voulait l’entendre qu’il allait donner le courant à la Guinée en six mois (l’humour ne tue pas). A côté, les besoins primaires, à savoir l’eau et l’autosuffisance alimentaire ne sont que des chimères. En d’autres termes, les Guinéens peuvent rêver, le maître de Conakry a d’autres préoccupations, voyager à outrance et vider les caisses de l’Etat.
Le bilan à défendre est catastrophique, les ressources minières sont devenues des OPCVM à la merci du seul chef et de son clan, le code minier fait fuir les investisseurs, les luttes interethniques croissent, la population vit dans la paupérisation, les politiques se battent les uns contre les autres, et c’est encore et encore les mêmes qui sont présumés coupables ce chaos (les anciens premiers ministres) par les autorités en place. Et vint Ebola, ce virus maudit, que d’aucuns voient comme étant une bombe biologique à la solde du pouvoir, un virus fabriqué dans les laboratoires en Sierra Léone, et dont d’autres nient même l’existence. Dans tous les cas, le virus est là, et ça personne ne peut le nier tant les chiffres parlent d’eux-mêmes.
C’est dans cet imbroglio que se trouve aujourd’hui le troisième président en Guinée, démocratiquement élu. La pente est rude, très rude, même les refrains des mamayas, ne peuvent éviter à Alpha de tomber dans le piège qu’il a lui même orchestré.
Aujourd’hui, l’auteur sait que l’heure est grave, et que la seule solution reste et demeure celle qui aurait dû être empruntée depuis le départ, à savoir utiliser l’ancienne mayonnaise pour en faire une meilleure. Sur ce fait, nous avions déjà attiré l’attention dans nos anciennes publications : « on ne peut pas tout démolir pour rebâtir un Etat, car l’Etat est une continuité ». Il y a beaucoup de bons cadres qui ont servi feu le général Lansana Conté, et pourquoi s’abstenir d’utiliser ces compétences dans les secteurs d’activités, plutôt que de faire avec des personnes qui n’ont jamais travaillé et donc n’ont aucune connaissance du fonctionnement de l’administration en général, et ne font qu’induire le chef de l’Etat en erreur au profit des seuls et méchants intérêts du parti, ou de leur communauté.
Le président lui même ne cesse de le clamer haut et fort dans toutes ses sorties, que dorénavant, il ira chercher les compétences où elles se trouvent, et non dans le seul grenier du RPG qui n’est constitué que de nullités. La preuve en est que cela fait quasiment un mandat (5 ans) qu’ils n’arrivent même pas à faire passer la communication de leur mentor, et se restreignent à casser les bons cadres auprès du président, car ils ne savent que casser, mais lorsqu’il s’agit de construire et aider une personne, ils en sont incapables.
Alpha va-t-il en fin de compte prendre le taureau par les cornes, et poursuivre le nettoyage qu’il a commencé par la nomination de Kassory Fofana, nous le saurons. Ceci étant, cette nomination est un non-événement, car l’heure n’est pas aux investissements, c’est une peine perdue avec Ebola et l’approche des élections, l’heure est plutôt à la sanction du binôme qui a causé le développement d’Ebola, c’est à dire ceux qui ont nié son existence au départ, et ceux qui ont fait foirer le communication, c’est à dire Makanéra de la Communication, Lamah Rémy de la Santé, et bien d’autres qui sont incompétents, et continuent de parler au nom du président de la République, créent la zizanie, et tiennent même des propos incongrus. C’est là que le peuple attend Alpha Condé, il doit sévir et sanctionner immédiatement sans faire de commentaires (comme la dernière fois lors de sa conférence de presse). Un chef ne parle pas, il prend des actes, il agit. Reste à savoir qui est le vrai chef en Guinée, est-ce Apha ou le RPG ?
Aujourd’hui, ce qui peut sauver le président de la République, c’est de nouvelles équipes de communication, au niveau de la présidence et au niveau du ministère de la Communication. N’avons-nous pas de cadres compétents en Guinée qui ont été mis au placard ? La réponse appartient au président de la République, et l’urgence est là, car dans trois mois c’est la fin du mandat, et il risque d’y laisser sa peau.
Frédéric Bangoura
Economiste à Paris