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La voix du citoyen V1
Amadou Saikou Diallo Vendredi, 24 Octobre 2014 18:10
La fin de la transition survenue en Guinée après la mort du président, le général Lansana Conté, qui n’avait que trop duré, suivie de l’élection du président de la République, de ses quatre années d’exercice, d’une Assemblée nationale fonctionnelle depuis près d’une année et qui s’est ajoutée à la situation d’instabilité antérieure du pays, des conséquences de l’épidémie de la fièvre Ebola… Une longue période qui a fait empirer dramatiquement la situation économique et sociale du pays et a anéanti complètement les structures déjà fragiles des pouvoirs publics, qui doivent nous interpeller tous en tant que citoyen.
Après constat, la reconstruction du pays, le mettre sur les rails du développement et l’insérer dans la modernité et la gouvernance démocratiques reste un défi énorme. Car offrir du service de protection civile à la population, assurer l’aménagement et l’attractivité du territoire, répartir rationnellement les richesses sur le territoire afin de limiter le niveau de la pauvreté, réformer et moderniser l’État et rendre effective la décentralisation exigent des moyens et des compétences à la hauteur des besoins et des enjeux. Actuellement, les ressources internes, aussi importantes qu’elles soient, ne sont pas seules suffisantes pour couvrir les dépenses nécessaires à la construction nationale. Pour y arriver, la Guinée doit impliquer la diaspora dans un partenariat stratégique de développement et bénéficier d’une solidarité internationale à la dimension d’une stratégie solide et étalée dans le temps. Cette solidarité doit se traduire en termes de prêts, de dons, d’argent, de matériels, de biens d’équipement et d’assistance technique venant en appui aux efforts nationaux qu’il convient de déployer pour la construction d’un tissu économique, social, technologique et institutionnel évoluant dans un contexte global résolument tourné vers le développement durable.
Dans l’intérêt du pays, l’accompagnement de la communauté internationale doit s’effectuer à partir d’un cadre référentiel autre. Les enjeux et les défis de la construction exigent de nous un degré de dépassement et d’engagement sans pareil. No more politics as usual !
À ce titre, il faudra éviter un accompagnement au coup par coup, couteux et inefficace car il est nuisible par rapport à une intervention et des actions coordonnées à tous les niveaux : institutionnel, infrastructurel, écologique, économique et social ce qui pourra faciliter la prospérité et établir les bases durables d’une démocratie républicaine qui protège véritablement les citoyens.
Dans les lignes qui suivent, vous trouverez des propositions suivies d’un petit canevas aux institutions qui nous gouvernent, la société civile, les partis politiques,… qui s’inscrit dans une logique de renforcement des capacités institutionnelles de l’État et dans un projet novateur de développement économique et de transformation sociale regroupées dans une appellation:
« La voix du citoyen V1, V2, … ». Il comporte des propositions permettant au pays de mieux négocier ses axes de développement.
Depuis des années, le pays ne dispose pas de stratégie de développement situé dans un cycle temporal long. Ce n’est donc pas par hasard que nous constations tous qu’au cours de ces 25 dernières années, l’État guinéen s’est effondré en plusieurs occasions, le PIB per capital divisé par deux, la dégradation de l’environnement accélérée et que les poches de pauvreté se sont multipliées à l’infini dans le pays. La gestion du long terme a été négligée au profit de la gestion de l’urgence, de l’immédiat et de l’aide d’urgence. « La voix du citoyen », par son ampleur, sa consistance et ses innovations, prescrira un nouveau management public afin de divorcer d’avec l’immédiateté et proposera des solutions susceptibles de mettre la société sur les voies du progrès démocratique et du développement économique et social, tout en restaurant et en préservant le capital écologique par la promotion du développement durable. Exile indiquera les choix à faire et les voies à suivre pour :
- changer structurellement la société ;
- refonder l’État, assurer la sécurité, l’attractivité et l’animation économique du territoire, promouvoir la croissance économique, restaurer et préserver l’environnement, maîtriser la pression démographique, combattre la pauvreté et l’exclusion ;
- assurer le développement humain, garantir l’intégration et l’implication des divers secteurs dynamiques de l’économie, promouvoir et institutionnaliser la démocratie, respecter les droits de l’homme et prendre en compte l’équité du genre dans les politiques publiques.
Les propositions qui seront prescrites dans ce canevas sous le nom « VOIX DU CITOYEN » mettront l'État, la nation, la République et le développement global de la société guinéenne au-dessus des oppositions binaires traditionnelles : opposition/mouvance, riches/pauvres, intellectuels/analphabètes, paysans/citadins, Fouta/Haute Guinée, Basse Côte/Forêt, … de même que des querelles politiciennes suicidaires. L’esprit qui sous-tendra reposera exclusivement sur l’intérêt général.
V1- La modernisation de l’État et de la décentralisation
La réforme de l’État en Guinée trouve son fondement juridique dans la Constitution qui, dans ses préambules, réclame l’établissement d’un État stable et fort assurant la participation de toute la population aux grandes décisions engageant la vie nationale par la mise en place d’une décentralisation effective. Durant les 25 dernières années, des rapports ont été commandés et des textes légaux ont été adoptés par les pouvoirs publics en vue d’amorcer le processus de la réforme de l’État. Faute d’une volonté politique clairement exprimée, les initiatives de ces dernières années n’ont pas été couronnées de succès. Mis à part quelques déclarations ponctuelles et la création de nombreuses commissions, les autorités n’ont rien fait concrètement pour doter le pays d’une administration publique moderne, efficace et décentralisée permettant aux pouvoirs publics de s’acquitter de leurs missions de services publics.
Les crises multiples qu’a connues le pays au cours de ces 25 dernières années démontrent l’inefficacité des relais institutionnels pour les gérer ou les éviter. La nécessité de mettre en place une administration publique efficace et efficiente n’est plus à justifier. Le besoin de mettre en œuvre des politiques publiques justes, articulées aux besoins des populations, la nécessité d’avoir des mécanismes clairs de gouvernance administrative et les impératifs de prélèvement des impôts et des cotisations sociales ont mis la réforme de l’État au cœur du débat public. Le dysfonctionnement de l’appareil administratif exige des réformes en profondeur dans la conduite des politiques administratives, demande la modification de l’architecture ministérielle et réclame la restructuration des mécanismes de passation des marchés publics et la révision générale des politiques publiques. La réforme de l’État vise à assurer l’adaptation de l’administration publique centrale au contexte économique et social particulier, accroître le travail interministériel, favoriser le maillage territorial des institutions publiques, donner les moyens et déléguer les pouvoirs de décision aux services déconcentrés et extérieurs de l’État. Cette réforme de l’État participe dans une entreprise de modernisation de l’administration publique. Elle doit contribuer à :
- améliorer l’organisation et le fonctionnement de l’administration ainsi que la qualité de la gestion des affaires publiques ;
- augmenter l’efficacité de l’action administrative, accroître les performances de l’administration et chercher à économiser les deniers publics ;
- améliorer la qualité et l’efficacité des services publics ainsi que les relations qu’entretient l’administration avec les administrés ;
- renforcer les contrôles non-juridictionnels des actes posés par l’administration en apportant un appui aux structures de contrôle interne, en soutenant le contrôle hiérarchique, en multipliant les corps d’inspection dans les différents ministères tout en consolidant le contrôle financier et budgétaire ;
- assurer le contrôle juridictionnel du Parlement sur l’ensemble des actions gouvernementales ; le pouvoir législatif exerce son contrôle juridictionnel par les séances de questionnement du gouvernement, par les commissions d’enquête parlementaire et par la motion de censure du gouvernement ; le contrôle juridictionnel est exercé également par la Cour des comptes et du contentieux administratif et par le Protecteur du citoyen ;
- rationnaliser les procédures administratives et les règles de droit ayant un impact sur la qualité des services fournis par l’administration aux usagers ;
- simplifier les relations qu’entretiennent les usagers avec l’administration par la dématérialisation des procédures administratives afin d’adapter l’État à son temps, rendre les services publics plus accessibles et réduire l’utilisation du papier dans la vie des usagers ;
- permettre à l’État de concentrer ses structures et ses moyens sur les attentes et les besoins des citoyens ;
- réviser les politiques publiques afin de clarifier l’organisation de l’État à tous les niveaux ;
- recentrer les administrations sur le cœur de leurs missions et leur mandat juridictionnel, fusionner celles qui doublonnent et remédier à l’émiettement des structures en cherchant les synergies chaque fois que l’occasion se présente ;
- rendre effective la politique de décentralisation et de déconcentration ;
- renforcer les administrations territoriales et locales ainsi que les services extérieurs de l’État ;
- accroître la performance du personnel en instituant un passeport de formation pour tous les agents de la fonction publique tout en leur permettant de suivre des sessions de formation continue ;
- assurer aux fonctionnaires de meilleures conditions de travail et de salaire ;
- recruter des cadres de haut niveau de conception en vue d’assurer le pilotage stratégique des structures vitales de l’administration.
Il est important d’éviter de mettre en place une structure ministérielle incohérente et budgétivore. Car elle a donné peu de résultats dans le passé. La maintenir dans les mêmes conditions, c’est faire preuve de l’incapacité à saisir les enjeux nationaux et privilégier l’inefficacité et le gaspillage comme mode de gouvernance. Sachant que l’homme public ne produit pas mais il consomme le superflu du particulier qui devient le nécessaire du publique ; il y a nécessité que l’État puisse se doter d’une architecture ministérielle simple et cohérente afin de relever les grands défis du développement économique, social et culturel du pays.
A suivre…
Amadou Saikou Diallo
Washington DC
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Commentaires
…Depuis des années, le pays ne dispose pas de stratégie de développement situé dans un cycle temporal long. Ce n’est donc pas par hasard que nous constations tous qu’au cours de ces 25 dernières années, l’État guinéen s’est effondré en plusieurs occasions, le PIB per capital divisé par deux, la dégradation de l’environnement accélérée et que les poches de pauvreté se sont multipliées à l’infini dans le pays.
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Monsieur DIALLO Amadaou Saikou,
J’apprécie votre approche dans ce papier qui est dénuée de toute intention perfide, partisane voir propagandiste comme il est de coutume ici dès qu’il s’agit de parler de l’intérêt général ou national.
Néanmoins, quelques remarques s’imposent :
1) « L’Etat guinéen s’est effondré », pas par absence ou l’inexistence de stratégie de développement à moyen ou à long terme, mais par ce que toutes les réformes entreprises ont « foiré » ou ont donné des résultats qui restent à désirer. Mieux encore, nous avons même assistés aux premières heures de la 2ème république un empilement de réformes et de programmes notamment macro-économiques qui se chevauchaient : Il avait des réformes et autres programmes « montés » par les cadres nationaux ou locaux et aussi la déclinaison locale des différentes réformes et programmes « montés » par le FMI et la banque Mondiale : Lisez Messieurs Kaba K. et Barry I. « La Guinée face à la mondialisation », L’harmattan 2008 pour mieux appréhender ce constat.
2) Dans le prolongement de ce premier point et contrairement à ce qu’on peut sous-entendre tout au long de votre texte ou plus particulièrement au début du paragraphe susdit; les pages n’étaient donc pas aussi « blanches » en parlant des reformes ou de stratégie de développement en Guinée. Il me SEMBLE qu’il manque dans votre texte un bilan succinctement explique des échecs des réformes entreprises de ces 25 dernières années et les causes de ses échecs dont vous dénoncer les conséquences ici. Il était donc judicieux de nos décrire même laconiquement les causes des échecs de ces réformes et les conclusions que vous tirées ou que vous avez retenues. Citons entres autres les réformes retenues ces 25 premières années, ce qui correspond à l’ère feu Général Conté :
 La réforme administrative : nouvelle structure et décentralisation (8 régions administratives avec le statut particulier pour Conakry, 33 préfectures ……), le contrôle des effectifs de la fonction publique en 86 et repris par les différents gouvernements qui se sont succédés etc… ;
 Les réformes économiques et financières (réformes monétaires et bancaires sous la houlette de la banque mondiale comme il est de coutume ou d’actualité même aujourd’hui etc…) ;
 Les réformes sociales (l’éducation : PASE ; la santé : le fameux Soins de santé primaires, la réforme hospitalière etc…) etc… ;
 Les programmes macros économiques : Programme de réformes Economiques et financières (PREF I et II) ; programmes triennaux ou Facilités d’Ajustement Structurel Renforcé (FAS-R pour les intimes) ; programmes de facilités de Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance etc…
Ma question est la suivante : Quels résultats avez-vous retenus des réformes et programmes susdits. J’ose espérer que vous avez au moins entendu parler de ses réformes. En tout cas elles ne ressortent pas de façons structurées ou aussi cliares dans votre papier ou du moins je vous trouve « flou » (pardonnez-moi de l’expression) dans vos explications comme par exemple : « …Mis à part quelques déclarations ponctuelles (les QUELLES ?) et la création de nombreuses commissions (les QUELLES ?...) »
3) La prochaine fois, merci de nous décrire succinctement comment vous comptez vous y prendre pour la mise en place de vos propositions, bref le côté pratique des choses.
Bien à vous.
Pour en revenir au texte présent, il manque des propositions concrètes, celles qui permettent à ces mesures d'être comprises par le plus grand nombre, donc d'être sollicitées par tous. En effet, TOUS les partis politiques peuvent reprendre à bon compte les 15 propositions qui sont faites, car elles sont suffisamment générales, pour leur faire dire ce que l'on veut. D'autres sont proprement irréalistes à court terme (la dématérialisation par exemple). En revanche lorsque vous dites actuellement, il y a 38 préfets, et désormais il n'y en aura plus que 8, cela parle davantage aux gens.
Je suis donc surpris et étonné d'entendre Mr CDD dire qu'il attend plus de contributions et suggestions que des critiques et que l'Ufdg est ouverte aux conseils. Et pourtant, les sites Web ne font que cela;et depuis toujours!
Ce qui surprend,c'est que les leaders politiques de l'opposition sont insensibles,passifs,résignés et inactifs face aux nombreuses violations de la constitution depuis janvier 2010 et aux nombreux dénis de justice. Par contre,tout ce qui touche aux élections pouvant leur attribuer un statu avec les avantages,ils sont prompts à mobiliser et affronter Alpha "Conté"(CONTE car il a tout hérité de Lansana Conté et il le plagie en pire en tout. Regardez! Il n'y a que Sidya et CDD qui ne sont pas dans sa cour). Logique de nos opposants que je ne saisis pas! Comme cela s'est avéré, sans justice et respect des lois comment des élections peuvent se tenir de façon transparentes et libres?
A mon humble avis, l'inverse aurait dû se faire: manifester et s'opposer à Alpha "Conté" pour violation de la constitution devrait primer sur les revendications politiques.








