Abdoulaye Aziz Bah Mercredi, 22 Octobre 2014 00:14
Je commence cette contribution par une citation du grand philosophe Thomas Carlyle qui, parlant de la santé, disait « He who has health, has hope; and he who has hope, has everything ».
L’actualité internationale est dominée par le sujet Ebola, une maladie hautement mortelle et sans remède médical dirait-on. Partie d’un petit village dans la région forestière de la Guinée, cette maladie serait devenue aujourd’hui une urgence mondiale et, selon les experts, elle pourrait devenir une catastrophe mondiale si rien n’est fait dans les semaines à venir. La mobilisation des organisations internationales dès le début cette épidémie, malgré leurs maigres moyens financiers, mérite admiration ; sans oublier l’appui des organes de la presse nationale et internationale. C’est le lieu de saluer les efforts particuliers de MSF (Médecins sans frontières), OMS (Organisation mondiale de la santé), UNICEF, les Corps de la Paix, la Croix Rouge, et tous les volontaires qui ont bien voulu participer, malgré les risques et la peur, à la lutte contre ce virus d’Ebola, ah ! combien mortel. Par contre, la réplique tardive de la communauté internationale face à une situation d’urgence aussi grave qu’Ebola, et de surcroit en ce 21e siècle, devrait attirer les patriotes du monde à s’interroger sur la capacité de celle-ci à jouer son rôle en pareille circonstance. En effet, malgré les promesses ça et là de la communauté internationale, le virus continue de se propager à un rythme sans précédent. Le nombre de victimes s’accroit du jour en jour, alors que des citoyens venus des pays fortement touchés font l’objet de rejet par les autres ; comme si le seul fait d’être des citoyens d’un de ces pays affectés signifiait de facto qu’ils sont porteurs du virus Ebola.
Sans prétendre être un spécialiste en la matière, je récuse tout même tous ces hommes politiques, gouvernements et medias internationaux qui, dans l’ignorance, continuent de propager des fausses informations allant jusqu'à appeler à une interdiction des vols commerciaux vers et en provenance des pays touchés. L’irresponsabilité des pays limitrophes de fermer leurs frontières communes aux pays touchés est une des pires bestialités connues de l’Africain en perpétuel complexe d’infériorité devant les maitres d’hier qui n’ont jamais eu et n’auraient jamais de considération humaine pour l’Africain en perpétuel mendicité. Mais ce que ces parasites africains en manque d’arguments ignoreraient, est que les Occidentaux en général considéreraient l’Afrique non pas comme un continent d’une cinquantaine de pays dits indépendants, mais plutôt comme un grand pays régional. C’est ainsi que dans les medias alimentaires occidentaux, vous n’entendiez que le mot « Africa » ou « West Africa ». Par conséquent, les dirigeants africains qui penseraient qu’Ebola est une affaire des trois pays fortement touchés se tromperaient. Il est temps pour ces derniers de revenir à la raison puisque les impacts social et économique de cette épidémie se sentiraient partout sur le continent. Il serait plus sage de promouvoir la libre circulation des citoyens et de leurs biens tout en renforçant les tests de dépistage de la maladie le long des frontières officielles entre les différents pays. D’ailleurs, la meilleure façon de circonscrire cette maudite épidémie est d’éduquer les gens sur les mesures préventives, tout en encourageant les cas suspects à se rendre volontairement aux centres de réception.
Aux citoyens des trois pays fortement touchés, et plus particulièrement à mes compatriotes guinéens, je rappellerai que c’est l’ultime occasion de donner un sens à ce qu’on appelle communément « patriotisme ». D’ailleurs, je rappelle cette citation du célèbre Mark Twain qui, parlant du patriotisme, disait « Patriotism is supporting your country all the time, and your government when it deserves it. » Ainsi, même s’il y a eu des défaillances de communication de la part du gouvernement guinéen dès le début de la lutte contre cette épidémie, il serait tout de même illogique et malhonnête pour tout patriote de vouloir politiser cette affaire allant jusqu'à interpréter ces erreurs de communication comme étant un refus délibéré du gouvernement face sa responsabilité. En tout cas, je refuse de croire qu’un gouvernement, fût il africain, soit aussi irresponsable. Par conséquent, il est temps que tous se lèvent et soutiennent les efforts que le gouvernement ne cesse de déployer ces dernières semaines pour enterrer définitivement cette épidémie catastrophique.
Je ne pourrai terminer sans partager mon point de vue sur les points suivants :
De la lutte contre Ebola
Comme je l’ai dit tantôt, la réponse de la communauté internationale face à cette épidémie a été tardive et le peu de promesses obtenues tardent à se concrétiser. Heureusement, les récentes rencontres internationales de haut niveau donnent de l’espoir quant à l’engagement de chacun des bailleurs de fonds d’aider à combattre et à mettre fin à la propagation du virus. Comme dirait l’autre, « il vaut mieux tard que jamais ». En attendant l’arrivée des aides logistique et financière, les gouvernements des trois pays touchés, aidés par les experts nationaux et internationaux, devraient adopter un plan commun de lutte contre Ebola. A suivre les interventions des responsables des trois pays, on se rend compte que bien que les objectifs soient les mêmes, les démarches et priorités pour atteindre ces objectifs sont fondamentalement différentes. Pourtant, sans un plan commun bien établi, il sera difficile sinon impossible de vaincre ce virus mortel. D’ailleurs, ne dit-on pas que « Unity is strength... when there is teamwork and collaboration, wonderful things can be achieved ».
Avec un plan d’urgence commun aux trois pays que sont la Guinée, la Sierra Leone, et le Libéria, et la concrétisation des promesses d’aide de la communauté internationale, Ebola serait vaincu d’ici à fin janvier 2015, au plus tard. Mais, comme en Afrique les habitudes ont la peau dure, surtout quand il s’agit de la corruption, il faudrait que les bailleurs de fonds exigent des mesures préventives et la criminalisation de toutes les formes de corruption dans la lutte contre Ebola.
De la vie de la nation
Certes, Ebola est un danger qu’il faut coute que coute vaincre. De ce fait, tous les citoyens devraient conjuguer le même verbe dans cette lutte contre Ebola. D’ailleurs, cette lutte doit être une priorité ultime du gouvernement guinéen. Mais de là à dire qu’Ebola devrait être le seul focus du gouvernement serait trop léger et simpliste. Vouloir tout abandonner au profit d’Ebola serait plus catastrophique pour la Guinée. En effet, la vie de la nation ne devrait pas être contingente au seul fait d’Ebola. Par conséquent, les activités économiques, sociales et politiques du pays devraient continuer normalement. Par exemple, il serait illogique d’envisager la fermeture des établissements scolaires jusqu'à l’éradication d’Ebola. Il serait plus efficace que les enfants aillent à l’école que de les confiner dans les quartiers. De même, il serait mieux d’éviter les tensions politiques qui pourraient résulter en des troubles sociaux, surtout en ces moments difficiles de panique, de convalescence et de vaches maigres. Le gouvernement devrait rassurer les citoyens et les citoyens devraient faire confiance au gouvernement. D’ailleurs comme le disait Barack Obama, « If the people cannot trust their government to do the job for which it exists ‒ to protect them and to promote their common welfare ‒ all else is lost ».
Mes propositions au gouvernement dans cette lutte
Ainsi je conseillerais au gouvernement de prendre les actions suivantes :
Enfin, je dirai Oui à l’éradication d’Ebola, non à la stigmatisation des citoyens ! Comme les Américains l’avaient fait au lendemain du 11 septembre 2001, les Guinéens devraient tous se lever pour sauver la nation en soutenant les efforts du gouvernement dans cette lutte difficile contre Ebola.
A bon entendeur salut !
D’ici là, merci de contribuer au débat.
A Aziz Bah
MBA/MIS/PMP
Information Technologies Consultant
Chef d’entreprise
![]()