Boubacar Bah Jeudi, 16 Octobre 2014 22:18

L’ouverture des classes habituellement prévue début octobre de chaque année, n’a toujours pas eu lieu cette année et pire, cette ouverture n’est pas encore d’actualité alors qu’on tend vers la fin de ce mois d’octobre. Et pour cause, la fameuse et terrible épidémie d’Ebola.
Ouvrir les classes en ce moment serait une énorme catastrophe vu le flux d’élèves vacanciers, d’étudiants venus de toute les villes. On ne pourra pas par exemple faire des classes exclusivement pour les élèves et étudiants venus des villes touchées, et dans cette optique la maladie risque de toucher toute les villes du pays.
On espérait que d’ici décembre l’épidémie serait maitrisée et par ce fait on a envisagé de reporter les festivités du 56e anniversaire de l’indépendance de notre pays prévues à Mamou, en décembre prochain.
Mais à cette allure je crains qu’il n’y ait ni fête d’indépendance, ni ouverture de classe. Dans le même cadre les nouveaux étudiants n’ont toujours pas été invités à choisir les options dans lesquelles ils seront orientés, choix qui avait lieu mi-septembre.
D’après les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en date du 15 octobre dernier (même si le gouvernement n’aime pas qu’on parle de cela) en décembre on aurait entre 5000 et 10000 nouveaux cas par semaine dans les 3 pays touchés (Guinée, Libéria et Sierra Leone).
Vu les mesures du gouvernement que je trouve insuffisantes pour mettre fin à ce fléau on risque de voir le nombre de cas augmenter jour après jour, mois après mois, et on risque de ne pas ouvrir les écoles cette année.
Au lieu de s’attaquer à bras le corps, on fait de la propagande en essayant selon la coordination de riposte face à Ebola, de mettre en place des radios communautaires alors que tous les moyens manquent pour les rares radios existantes dans le cadre de la sensibilisation pour lutter Ebola. Comme aimait le dire Jacques Chirac, « là on est en train d’enculer une mouche qui ne nous a rien demandé ».
Le président de la République vient d’appeler tous les médecins et agents de santé à la retraite à se mettre à la disposition du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique. Je salue cet appel mais quand les médecins ne perçoivent pas la totalité de leur prime, quand les familles des agents de santé souffrent de manque de soutien, quand le chef de l’Etat promet des sommes d’argent aux familles des agents de santé tués par Ebola et qu’aucune famille ne reçoit cet argent, on se rend compte donc qu’il ne fait qu’emberlificoter le peuple. Comment avec tous ces facteurs, ces médecins auront-ils le courage de servir ?
Je sais qu’on me répondra avec un argument de patriotisme, mais quel patriotisme à sacrifier sa vie, voire même celle de toute sa famille, sans aucune reconnaissance de l’Etat ? Je suppose humblement que pour endiguer ce fléau d’Ebola, il faut forcément prendre des mesures courageuses, comme:
Pour conclure je demande enfin que le gouvernement au gouvernement de tout faire pour que ces nombreux dons dont on entend chaque jour puisse arriver aux personnels soignants des toute les villes du pays.
Je ne comprends pas par exemple comment des structures sanitaires en plein centre ville de Labé puissent manquer de tout, pas de gants, pas d’eau de javel, … ni rien.
Elhadj Boubacar Bah
![]()