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Neuf propositions pour changer la Guinée : réponse aux interrogations des internautes (2e partie)
Alpha Sidoux Barry Mercredi, 08 Octobre 2014 20:57
Depuis l’effondrement et la dislocation de l’Union Soviétique le 26 décembre 1991, la Russie, qui en a réchappé, a été rétrogradée, du rang de superpuissance mondiale comparable à l’autre superpuissance que sont les Etats-Unis, à celui de simple pays émergent. Les uns après les autres, les 14 pays socialistes qui formaient l’URSS avec la Russie, tombent dans l’escarcelle de l’Europe occidentale. L’Occident triomphe et jubile.
Partie, au tournant de la décennie 1980, des Etats-Unis de Ronald Reagan et de la Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, la doctrine libérale se répand dans le monde entier à une vitesse phénoménale devant le vide créé par la disparition de l’URSS. Dans la foulée, le FMI et la Banque mondiale convertissent les pays en développement du Tiers monde au « consensus de Washington ». Il n’y a plus d’alternative au libéralisme. C’est du moins ce qu’on va faire croire pendant longtemps à l’opinion publique. On verra plus loin qu’il n’en est rien.
Pour sortir du chaos résultant de la chute de l’Union Soviétique, Boris Eltsine appelle au secours les deux institutions jumelles de Washington, FMI et Banque mondiale, qui accourent avec leurs remèdes classiques, des remèdes de cheval : il faut céder les entreprises d’Etat au capital privé. Mais il n’y a pas de capital privé. Ce sont donc les apparatchiks de l’ancien Parti communiste et les membres de l’ex-nomenclatura soviétique qui s’emparent de ces entreprises. Tout est bradé. Il naît une nouvelle catégorie sociale : les oligarques, qui bâtissent du jour au lendemain des fortunes personnelles colossales. Résultat, la Russie perd 50% de son PIB et risque de ne jamais s’en remettre.
Dans les années 1980, le consensus de Washington se met en œuvre aussi dans le Tiers monde. De quoi s’agit-il ? C’est un arsenal de recommandations inspirées du libéralisme et portées par le FMI et la Banque mondiale qui se résument ainsi : stricte discipline budgétaire (lutte contre les déficits) ; vérité des prix (abolition des subventions de l’Etat, dévaluation des monnaies nationales) ; réduction drastique des dépenses publiques et leur réorientation vers le tout productif ; privatisation des entreprises d’Etat ; libéralisation des taux d’intérêt (qui s’envoleront mécaniquement) ; défense du taux de change de la monnaie nationale à coup d’interventions massives sur les marchés de change à l’aide des réserves de change disponibles à la Banque centrale, en rachetant la monnaie nationale avec des devises étrangères lorsqu’elle tend à baisser ou, au contraire, à en approvisionner le marché si la monnaie nationale commence à se faire rare ; élimination des barrières à l’investissement direct étranger (IDE), libéralisation du commerce extérieur ; et défense absolue de la propriété privée.
C’est le retour en force de la théorie néoclassique. Le consensus de Washington marque la rupture avec toutes les autres théories du développement jusque-là en vigueur, notamment les stratégies latino-américaines de développement autocentré, orienté vers le marché intérieur et mettant l’accent sur l’intervention de l’Etat. Les recommandations de Washington sont présentées dans les Programmes d’ajustement structurel (PAS) portés par la Banque mondiale et les Facilités d’ajustement structurel (FAS) véhiculées par son frère jumeau le FMI. Au bout de trente ans de ces politiques draconiennes, on s’aperçoit qu’elles sont inefficaces, et même pire, elles sont nocives. FMI et Banque mondiale sont amenés à de profonds déchirements et à modifier radicalement leur discours. En 2007, dans son Rapport sur le développement dans le monde, la Banque mondiale reconnaît la nécessité de l’intervention de l’Etat. Divers experts, dont le prix Nobel Joseph Stiglitz, qui avait démissionné en 1999 de son poste d’économiste en chef et de vice-président de la Banque mondiale (pour protester contre la politique poursuivie par cette institution), montrent que pour faire reculer la pauvreté, il faut un « Etat fort ». Le FMI lui-même finit par admettre que les Etats peuvent recourir au déficit budgétaire pour éviter la dépression. Et que la libre circulation des capitaux met en danger les économies nationales, de même que la régulation étatique apparaît indispensable. C’est le serpent qui se mord la queue.
En Afrique, les politiques libérales du FMI et de la Banque mondiale sont parties du Sénégal en 1980 et ont gagné tous les autres pays. Abdou Diouf passera vingt ans à gérer en vain la dette extérieure et le déficit des finances publiques. Vingt ans perdus pour le Sénégal. Avec sa culture d’inspiration marxiste, la Guinée résiste et traîne des pieds pendant longtemps, mais finit par y succomber à partir de 1986. Elle connaîtra successivement, entre 1986 et 2002, le PREF I (Programme de réformes économiques et financières), le PREF II, trois Facilités d’ajustement structurel renforcée (FAS-R) et deux Facilités de réduction de la pauvreté et pour la croissance. Résultat, la Guinée a été classée régulièrement et chaque année, entre 1992 et 1995, au dernier rang de l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement).
Après trente ans de régime libéral triomphant, on s’aperçoit que dans nos pays la puissance publique est incontournable et qu’elle doit jouer un rôle clef dans le processus de développement. Il ne s’agit pas d’étatiser l’économie. On sait, de par l’expérience des pays socialistes, que cela ne marche pas. En Guinée, l’Etat doit détenir au moins un tiers du capital des sociétés minières pour préserver l’intérêt national et empêcher les grandes firmes internationales qui sévissent dans ce secteur de nous dépouiller de nos ressources naturelles. La puissance publique doit être le moteur dans ce qu’Albert Hirschman, l’un des grands pionniers de l’économie du développement, appelle les infrastructures économiques et sociales (IES), autrement dit les activités collectives (ports et aéroports, routes et autoroutes, chemin de fer, barrages hydroélectriques, logement, santé publique et éducation). On sait que les performances éclatantes des Dragons asiatiques (Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan et Singapour) dans les années 1990 ont été réalisées à partir de politiques qui réhabilitent de façon décisive le rôle économique de l’Etat.
C’est l’Etat, à travers une superstructure donnée, qui doit fixer les objectifs à atteindre pour l’ensemble de la nation. Et c’est cette superstructure qui trace le cheminement à suivre pour atteindre les objectifs visés. Même dans les pays occidentaux, en France par exemple, on parle de la « main visible » de l’Etat, par opposition à la « main invisible » du marché libéral.
A propos du taux de croissance économique nécessaire pour assurer le décollage économique (ce que les économistes appelaient dans les années 1960 le « Take off »), il est vrai qu’on ne peut pas le décréter. Cela tombe sous le sens. Mais on peut aisément concevoir que l’économie nationale soit comparable à un avion lourd sur la piste de décollage. Celui-ci doit rouler d’abord sur la piste avant de s’envoler, mais pour qu’il puisse décoller, il faut une grande poussée (théorie du Big Push). Dans les années 1960, on pensait qu’un taux de croissance économique annuel de 5% y suffirait. Mais 50 ans d’expérience ont montré qu’un tel taux est insuffisant. Les pays africains, par exemple, ont un taux de croissance démographique élevé, qui avoisine 3% par an (il faut donc au moins 3% de croissance économique pour compenser cela), un taux de chômage de l’ordre de 50% de la population active (pour le réduire de manière significative, il faut encore au moins 3% de plus), et ils peuvent réaliser un taux presque « naturel » d’accroissement de la productivité de l’ordre de 4% par an sans grand effort. On voit qu’il faut donc réaliser au moins 10% au total de croissance économique par an pour obtenir des résultats significatifs et engager l’économie nationale sur la voie du développement.
K. Ba estime que la justice est la clef du changement. La justice n’est pas une question d’institution ou de réforme à faire. C’est une question d’hommes, à commencer par le premier magistrat du pays, à savoir le président de la République. Le jour où nous aurons à la magistrature suprême un homme honnête, intègre, qui pense à la Guinée avant de penser à lui-même, le problème de la justice sera réglé, ipso facto.
Il faut remercier Amadudialamba pour sa tournure d’esprit foncièrement positive et qui a bien noté que, pour éradiquer la pauvreté, et en vertu de l’impératif de solidarité nationale, il faut accorder aux familles les plus démunies un revenu minimum. Selon les chiffres de la Banque mondiale et du PNUD, 20% de la population guinéenne se trouve dans une situation d’extrême pauvreté (moins de 1 dollar par jour et par personne). La population totale est estimée actuellement à 11 500 000 habitants, soit 2,3 millions de personnes dans cette situation. Si l’on estime à 7 personnes la taille moyenne d’une famille, cela fait 320 000 familles en dessous du seuil de pauvreté. Il faudrait que la rente minière contribue à la réduction de cette pauvreté. On peut tout à fait envisager une mesure d’urgence s’inspirant du programme « Bourse familiale » de l’ancien président brésilien Lula da Silva (2003-2010), qui allouait un montant moyen de 24 euros par famille et par mois, touchant 40 millions de personnes sur une population totale de 180 millions, selon des critères très précis de revenu, de niveau d’éducation et de conditions de logement. En Guinée, un programme de « Bourse de sécurité sociale » pourrait octroyer aux 320 000 familles concernées un montant moyen de 15 euros par famille et par mois, ce qui représenterait 55 millions d’euros par an, soit 1% du PIB, à faire supporter par le secteur minier. Cette allocation mensuelle de 142 000 FG par famille n’est que le tiers du salaire minimum interprofessionnel garanti. Elle n’entre donc pas en concurrence avec le travail salarié. Il ne s’agit point d’assistanat, mais d’une mesure de justice sociale et de répartition équitable de la manne minière, une aide aux plus pauvres et aux plus vulnérables de la population, tout comme ailleurs la manne pétrolière profite aux plus pauvres. Et ce ne serait pas une exception guinéenne. Au Sénégal, le président Macky Sall envisage de créer la « Bourse de sécurité familiale » destinée aux plus démunis, d’un montant de 100 000 F CFA par famille et par an, soit environ 1 457 000 FG (121 500 FG par mois), comparable à ce qui serait octroyé en Guinée.
Il est vrai que dans le domaine de l’éducation, avant de passer à l’ordinateur, il faut d’abord alphabétiser les populations, assurer la scolarisation pour tous les enfants. Cela va de soi. Mais, pour ceux qui sont déjà scolarisés, il faut les initier à l’informatique et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, pour leur permettre d’entrer de plain-pied dans l’ère du XXIe siècle.
Contrairement à ce qu’affirme Sylla Démocrate, le Conseil économique et social (CES) ou une autre superstructure chargée de piloter le développement de la Guinée, ce pas bonnet blanc et blanc bonnet. Cette superstructure, qu’on pourrait appeler Haut commissariat au développement (HCD), mais qui pourrait aussi être dénommée autrement, serait composée de techniciens et d’experts de haut niveau. Ce n’est pas une structure politique. C’est elle qui aurait à déterminer la voie à suivre pour atteindre les objectifs économiques et sociaux fixés par la sphère politique. C’est un super-ministère de la Planification, avec des compétences et des attributions plus larges, qui est indépendante et se trouve placée au-dessus du Gouvernement, ce qui n’exclut pas un ministère du Plan au sein de celui-ci, qui serait chargé quant à lui de mettre en œuvre les grandes orientations déterminées par le HCD.
Chaque fois qu’on évoque le retour éventuel de la Guinée dans la Zone franc, les cadres guinéens, notamment ceux nés après l’Indépendance, se raidissent. C’est un véritable épouvantail pour eux. Ils invoquent aussitôt le cas du Ghana, comme contre-exemple. Il ne faut pas ignorer que le Ghana se situe dans la tradition anglo-saxonne, qui enseigne à ses cadres l’autodiscipline et l’orthodoxie monétaires. Ce que nous n’avons pas pu apprendre en 50 ans d’expérience. En Guinée, à la moindre difficulté de trésorerie, l’Etat demande à la Banque centrale de faire des avances au Trésor public pour financer des dépenses publiques ordinaires d’entretien de l’appareil administratif et non pour financer des dépenses d’investissement. Ces avances doivent normalement être remboursées au bout de 90 jours. Cela n’est jamais fait par le Trésor public guinéen. Ces avances se sont accumulées depuis des décennies pour atteindre une montagne himalayenne aujourd’hui insurmontable. Il faut y mettre un terme une fois pour toutes.
Nous ne pouvons pas dire que nous sommes plus nationalistes et plus souverainistes que nos frères voisins les Maliens (chaque Malien se considère comme un descendant direct de Soundiata Kéïta). Le Mali avait quitté la Zone franc en juillet 1962, pour créer le Franc malien. Mais, il y est revenu en mai 1967, après une dévaluation de 50%. Il reste dans cette sorte d’antichambre de la Zone franc jusqu’à sa réintégration totale en juin 1984. Bien sûr, un retour éventuel de la Guinée ne passerait pas par un si long chemin. Et cela favoriserait la constitution d’une Zone monétaire autonome élargie avec les huit autres pays ouest-africains déjà membres.
Il serait souhaitable que Gandhi explicite son idée selon laquelle la Guinée peut revenir dans la Zone franc, mais pas « dans les conditions actuelles », dit-il. La voie que je préconise n’est pas à rejeter d’un revers de la main, d’autant plus que l’espérance soulevée par la ZMAO (Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest) depuis plus de 30 ans et qui devait regrouper les pays ouest-africains non membres de la Zone franc, s’est définitivement envolée car cette zone monétaire ne verra jamais le jour, par manque de volonté politique.
La proposition visant à ériger le Haut conseil des collectivités locales (HCCL) en une seconde chambre du Parlement à côté de l’Assemblée nationale présente deux avantages :
- Cette montée en puissances du HCCL permettra de mieux prendre en compte la représentation des collectivités publiques (villages, centres urbains, collectivités à l’échelle des préfectures et à celle des régions) et leurs intérêts.
- Cela évitera de vouloir créer un Sénat comme c’est le cas actuellement au Sénégal ou au Burkina Faso, faisant réaliser ainsi à la Guinée une économie d’échelle, c’est-à -dire qu’au lieu d’avoir à la fois le HCCL et le Sénat, on n’aura qu’une seule structure. Avec deux chambres au Parlement, on consolidera la démocratie.
Dernière proposition, la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur l’utilisation des entrées massives de fonds publics en Guinée dont tout le monde a entendu parler. Les principaux leaders de l’opposition sont d’accord pour la création de cette commission. Cela permettra de savoir, dès la prochaine session parlementaire, ce que sont devenus les 700 millions de dollars de Rio Tinto, les 150 millions de l’Angola, les 56 millions du Congo Brazzaville, … et jusqu’aux 20 millions saisis à Dakar. Il ne reste plus à Cellou Dalein et à Sidya qu’à joindre le geste à la parole. Si Condé Alpha s’y refuse, ce sera un aveu de culpabilité. Il faudra dans ce cas le prendre à la gorge et prendre la communauté internationale à témoin. S’il y est contraint, ce sera une grande victoire du peuple. Et le premier pas vers la sortie pour le dictateur.
Alpha Sidoux Barry
Président de Conseil & Communication International (C&CI)
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Commentaires
Et encore, on n'a pas évoqué les problèmes institutionnels (droit de veto de la France pour les décisions essentielles), taux de couverture (dépôt de 50% de ses réserves), ce qui conduit à emprunter son propre argent ???
Le problème essentiel qu'on veut mettre en avant en souhaitant l'entrée dans la zone CFA, c'est la nécessité d'avoir des gestionnaires compétents et rigoureux, capables de respecter un budget. Cela passe par une formation qui n'existe pas en Guinée.
Enfin la Guinée ne possède pas de politique économique propre (seulement une politique financière consistant à tenter d'équilibrer les comptes), dont la politique monétaire constitue l'une des composantes. Si une politique économique future était définie ailleurs (sur le plan institutionnel), nous serions réduits à n'être que ce que la France souhaite pour nous, un fournisseur perpétuel de matières premières.
Des neuf propositions de l'économiste Alpha Sidoux,une seule vaut la moitié du développement:soulager la pauvreté des Guinéens.
Il est ahurissant de se faire nourrir,loger,de se taper officiellement un milliard et demi par jour pour réfléchir et travailler au développement,mais de n'avoir jamais rien proposé depuis des années!
2) Mr. Barry, je tire cet extrait de www.economist.com qui represente juste une des facettes de Joseph decrit comme suit :"There is no doubting Mr Stiglitz's distinction as an academic economist. By itself, his brilliant work on the economics of information assures him a Nobel prize (provided only that he lives long enough to collect it). But when it comes to practical policy Mr Stiglitz is, more often than not, the kind of economist who is better at saying what we don't know than what we do" en date de 16 decembre 1999.
3) Quand vous dite la puissance publique doit etre le moteur, reellement je ne comprend pas et s'attaquer a l'investissment direct etranger a mon avis c'est une erreur. Je vais partir d'un ncas tout simple, la Chine (ce que vous connaisser de la chine aujourd'hui) n'est pas autant vieux que l'existence de l'empire. Il remonte de la fin des annees 70. Moins de presence d'Etat ou pas du tout ou autrement, ils ont applique cette politique neo liberale en recevant massivement des investissements directs etrangers, je dis bien massivement. C'est cette politique apres Mao qui a tire a un peu plus de 30 ans plus de 500 million de chinois de la pauvrete. La politique neo liberale suppose comme tout effort humain du sacrifice et du "serieux". Ce qui malheureusement n'existe pas du tout ou existe peu en Afrique. C'est tres facile de dire que tous les maux de l'Afrique viennent de World bank et de IMF, mais qu'en est-il de notre responsabilite?
4) Alseny, comme tu le dis, l'argent est le nerf de la guerre mais la bataille qu'on a recu contre les rebelles est une autre dimension difference de la credibilite de notre monnaie. Les financements ont ete essentiellement recus des USA et d'autres pour jeter hors du pays les bandits qui sont restes plus de deux semaines a Yende et ailleurs. Le regime de change fixe est une utopie par ces temps de circulation incessante des monnaies partout ou il y'a plus de rentabilite, remunere certains diront.
5) Enfin, tout ce que nous disons n'aura d'importance que si nous donnons une consideration a nos institutions, and lois que nous elaborons.
La situation actuelle est simple: comme dit BAM il y a des voyous qui gèrent tout l'argent des guineens. En attendant que le pays soit "prospère" pour régler ce problème soyons pragmatique et proposons des solutions réalistes a moyen terme pour arrêter hémorragie.
Tout ce débat n'a d’intérêt a mes yeux que dans ce sens-la...
NB: il est faux de dire que la Grèce, l'Espagne et le Portugal n'ont pas bénéficié de l'Euro et de l'UE. Avant cela ils étaient a peine mieux que le Maroc et la Tunisie.
Maintenant ils ont ensuite refusé d'en suivre les règles et ils en ont récolté les fruits parce que justement l'Allemagne rigoureuse a refusé d’épongé leurs dettes.
Dans ces pays les fuites de capitaux, les éléphants blancs et l'absence presque totale de paiement des impôts n'est pas très loin de celles que nous connaissons si bien...
" le Compte d'opération " comme dit Alsény Camara, n'est rien d'autre que le moyen de maintenir les pays africains utilisateurs de franc CFA, dans la " dépendance et dans l'esclavage monétaire ".
Il est intéressant de lire et d'écouter les économistes des pays de la zone franc CFA ( sur youtube ).
Nicolas Agbohou, prfosseur et économiste Ivoirien , donne des leçons intéressantes sur le sur CFA > dit -il .Enfin, il dit que le franc CFA, n'est rien d'autre qu'une servitude imposée par la France au peuple africain . L'idée de Franc CFA est venu, du système imposé à la France par l'Allemagne pendant l'occupation, à la libération, la France a, à son tour, retourné ce système contre ses colonies africaines, d'où la naissance de CFA en 1945. Ces économistes africains, sans concession, nous permettent nous, les profanes en économie monétaire, de comprendre la mécanisme de cette monnaie .
En résumé, le CFA n'apporterait rien à la Guinée sinon que de la servitude . Notre problème, n'a rien à voir avec la monnaie, c'est un problème d'hommes .
Youssouf ,il est difficile de resoudre le probleme guineen ,de mon point de vue les bonnes questions que les guineens se sont posees depuis depuis peinent a trouver de bonnes réponses.
Le CFA est très bien mais je crois pour ceux qui ont opter pour la servitude sinon la chine n'avait pas une monnaie convertible ou d'ailleurs les pays du Maghreb mais ils se portent mieux que les utilisateurs de CFA.
Je crois le prof Barry ne trouvera de répondant chez les patriotes
Il est intéressant de lire et d'écouter les économistes des pays de la zone franc CFA ( sur youtube ).
Nicolas Agbohou, prfosseur et économiste Ivoirien , donne des leçons intéressantes sur le sur CFA > dit -il .Enfin, il dit que le franc CFA, n'est rien d'autre qu'une servitude imposée par la France au peuple africain . L'idée de Franc CFA est venu, du système imposé à la France par l'Allemagne pendant l'occupation, à la libération, la France a, à son tour, retourné ce système contre ses colonies africaines, d'où la naissance de CFA en 1945. Ces économistes africains, sans concession, nous permettent nous, les profanes en économie monétaire, de comprendre la mécanisme de cette monnaie .
En résumé, le CFA n'apporterait rien à la Guinée sinon que de la servitude . Notre problème, n'a rien à voir avec la monnaie, c'est un problème d'hommes .
Juste une (autre) question: quels seraient les désavantages de rentrer aujourd'hui dans la zone CFA ?
Augementation du coût de production des biens et services en guinée. N oublie pas que nos voisins ont un niveau de vie plus élévé que celui du guinéen (exception pour le paradis de Plastiquecariat). Exemple: à Dakar quand je stoppe un taxi, je l' emprunte seul pour le trajet. Chose qui n' est pas encore possible à conakry sans deplacement. Conséquence de la rentrée: le coût de la vie sera élévé pour le guinéen. La pomme de terre de Timbi vendue au Sénégal apportera peu de recette au producteur.
L' intégration monetaire n' est pas en soi mauvaise, mais il faut savoir en tirer profit. La Guinée avant d' intégrer la zone CFA doit mettre de l' ordre chez elle en reniant (ou inversant) à son slogan majeur: préferer l' anarchie dans la pauvrété, que l' opulence par le travail! Comme Mamdou l' a indiqué, developper les infrastructures (eau, electricite, routes, hopitaux...) et l' enseignement professionnel. La richesse suivra automatiuement.
J' étais primairien à Yimbering quand le Faama d' Africain a décidé de revenir à des meilleurs sentiments avec son voisin du nord en 1978. Les frontieres ouvertes et le senegal disposant de peu d' arbre fruitiers (je ne me rappelle pas avoir vu à Dakar un manguier ou un orangerai) des bus et des camions arpentaient la route defoncée Mali (prefecture)- Yembering pour venir acheter des fruits (oranges et mangues) au village. A l' epoque j' avais une qualité trés prisée qu' on ne retrouve que chez le singe africain: arpenter un arbre. Les habitants du village tiraient profit de ce business à chaque fin de moisson. Je rappelle ce fait pour montrer que nous disposons de richesses. Il suffit à nos dirigeants d' avoir une petite vision pour nous rendre riche.
On peut garder sa monnaie et profiter de ses voisins riches. La Pologne et la Rep. Tcheque sont membres de la zone euro, mais ne dispose pas encore de l' euro comme monnaie et refuse d' appliquer la parité fixe. Mais comme ces deux pays sont entourés par des voisins riches (Alemagne, Russie, Autriche), ils produisent des biens et services à bas coup (grâce à leur monnaie) pour les vendre à leur voisins. Berlin se trouve à 70 Km de la frontière polonaise et les hotels de la ville emploient des firmes polonaises pour la lessive. Celles-ci vienent chercher le linge et le transportent en pologne pour le rendre propre et le retourner. Les oligarches de l' enclave russe Kalingrad vienent en pologne pour la reparation de leurs luxueuse allemandes (porches, audi, bmw, mercedez) et profitent du séjour pour visiter le dentiste, qualifié et moins cher que celui de russie éloigné. Qui ne se rappelle pas de Chirac et son plombier polonais?
De cequi précede la guinée ne peut que gagner dans les deux cas de figure, si ses habitants acceptent de prendre leur destin en main. En gardant sa monnaie ses dirigeants doivent assurer le traffic des produits (fruit et légumes) envers ses pays frontaliers disposant de monnaie forte, mais moins nantis par la nature (Gn bissau, Senegal, Mali). La Guinée forestière -un grenier- reste coupée du pays pendant l' hivernage. Bamako (son marché), ville sahelienne, se trouve à moin de 500 km de la fôret. la Guinée doit être un support en integrant la zone CFA et non un mandiant. Sinon bonjour la catastrophe à la greque, puisque sa banque centrale ne pourra plus utiliser sa planche à billet pour calmer les revoltes.
Merci à Sidoux pur la qualité de l' article.
- quels seront les "pros and cons" pour les guineens moyens qui n'ont pas accès a une valise de devises de la banque centrale par semaine ? Ceux qu'on appelle les "maudits" au pays...
C'est cela l'erreur principale au Mali: ils ne l'ont découvert qu’après avoir réintégrer la zone, sans préparation psychologique minimale mais il est vrai que la préparation de fuite des capitaux aurait aussi été a la hauteur du desastre...
- Quel sera le cout-bénéfice pour nous a court, moyen et long terme, en dehors que la dévaluation probable de 1000% de notre monnaie de singes actuelle ?
Juste une (autre) question: quels seraient les désavantages de rentrer aujourd'hui dans la zone CFA ?
Ceci dit compte tenu de la pourriture totale des gestionnaires actuels des ressources financières, en progression constante lace depuis 56 ans, je pense effectivement que nous devrons passer par la.
Je ne suis pas d'accord sur ce point avec mon frère Alseny Camara : pour que notre économie s’améliore (comment dans le contexte actuel ??) cela passera préalablement et obligatoirement par la mise au garage des prédateurs financiers actuels et ils ne partiront pas sans un "fouet" contre lequel ils ne pourront RIEN, y compris confier l'orthodoxie financière a d'autres avant que tous les pays de la zone CEDEAO ne créent leur propre zone avec des contrôles similaires, soit après après après demain...
Pourquoi Mr Barry serait un "complexé"? Il a émis une option,c'est tout! En fait,les vrais complexés sont ceux qui veulent prétendre être émancipés alors qu'ils dépendants presque a 100% de la Communauté internationale, pour tout. Certains Africains sont handicapés par ce sentiment de vouloir exister,traumatisés par la colonisation,ils pensent que tout doit se faire dans la défiance. Les gens qui progressent dans la vie sont ceux qui savent se défaire de leurs émotions et être pragmatiques:qu'est-ce qui est a mon avantage et ce qui ne l'est pas? Comme disait ce leader Chinois,peu importe que le chat soit gris ou noir, l'essentiel est qu'il attrape des souris.
Qui a pris la peine de faire un bilan objectif de l'apport du CFA dans l'Uemoa? Avantages vs inconvénients?
Les pays que vous citez avec des monnaies locales dont certains sont des "réussites" ne le sont pas a cause de leur monnaie locale mais bien parce qu'ils sont mieux gérés plutôt. Pour exemple,la Guinée depuis toujours, le Ghana dans le passé comparés a la Cote d'Ivoire sous Houphouet, au point de parler "du miracle Ivoirien" dans les années 1970 malgré le CFA. L'économie de C.I a commencé a péricliter avec le vieillissement d'Houphouet qui a laissé la mauvaise gestion s'installer sans avoir su adapter l'économie au fur et a mesure; et non le CFA qui en est la cause. Le Ghana d'ailleurs après plusieurs années de croissance et de progrès économique a besoin aujourd'hui du FMI pour redresser son économie avec sa monnaie en qui perd de sa valeur,notamment contre le CFA. Chaque cas a ses avantages et ses inconvénients mais les grands ensembles sont l'avenir a condition que les pays membres soient disciplinés et contraints a suivre la rigueur du groupe(le contre exemple est celui du laisser-faire de l'Euro).
Et en plus,hormis le Ghana et le Nigeria dans la Cedeao, le niveau de vie des populations est plus élevé dans l'Uemoa-zone CFA.
Bomber la poitrine avec la main tendue pour demander continuellement de l'aide et plus pitoyable que celui qui le fait par nécessité mais en travaillant durement pour s'en passer. Il y a un mythe qui a la vie dure en Afrique qui fait croire que les pays avec le CFA sont exploités par la France en sous-estimant la valeur que la caution de la France apporte au CFA. Il y a une contre-partie dans tout deal. Les Africains ne peuvent pas avoir que les avantages et la France tous les inconvénients. Maintenant certes,l'Uemoa a atteint sa maturité économique pour pouvoir couper ce cordon ombilical sans tomber dans cet Africanisme primaire. Ce qui me déçoit entre autres, c'est que la plupart de ceux qui parlent ainsi et jouent aux "fiers" ont des nationalités occidentales(Français surtout, Belges, Allemands,etc.)et vivent en Occident. Pas en Afrique!








