L’Ignorance, mythe de l’ego : pollution mentale majeure de l’esprit, cause profonde de notre souffrance (3e partie)

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DIAKITE_Bakary_01Le mythe fondateur de tous les mythes, est celui de l’ego, principal polluant de l’esprit humain.


L’Ignorance, ou le mythe du « moi » est le principal polluant de l’esprit humain, car c’est elle qui fait naître en nous l’égocentrisme.

Dans un article publié le 19/08/2014, M. Diallo Boubacar, dans une approche islamique de «l’ignorance liée au culte des mythes et des conséquences dans les relations », a brillamment démontré la vanité de plusieurs mythes qui nous enchainent et nous maintiennent dans les ténèbres :

  • le mythe de la race ;
  • le mythe et le culte des traditions des ancêtres ;
  • le mythe et le culte de la personnalité ;
  • le mythe et le culte de l’autorité ;
  • le mythe et le culte de la force.

Mais le mythe fondateur de tous ces mythes est celui de l’ego ou du « moi », qui est lui-même un mythe. En effet c’est l’ego qui, pour sa sécurité se protège en créant tous les autres mythes.

Je souhaite que nous analysions ensemble ce « moi » dans sa définition, dans sa structure, pour la simple raison que c’est l’ego qui détermine toute notre psychologie et tout notre comportement. C’est pourquoi, je voudrais que nous allions ensemble au fond de cette question de l’égo qui engendre l’égocentrisme.

L’Ignorance, ou le mythe du « moi » est le principal polluant de l’esprit humain, car c’est elle qui fait naître en nous l’égocentrisme. L’ethnocentrisme est une forme particulière de l’égocentrisme. Et nous voyons nous subissons les conséquences destructrices de cet ethnocentrisme sur notre société,. C’est ce qui est à l’origine de nos divisions et de nos conflits. C’est l’égocentrisme qui la source du fanatisme, du nationalisme, du régionalisme, de tous les sectarismes, de l’intolérance, de la violence.

Essayons donc de comprendre. Qu'est-ce que le moi? Que sommes-nous ?

La question n'étant pas qui nous sommes. Mais ce que nous sommes véritablement.

C’est l’éternelle question de la connaissance de soi.

« Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n'es pas "Toi" alors que tu l'ignorais. Tu n'es qu'une bulle d'écume dans ce fleuve battu par la tempête ; une fois que tes yeux seront ouverts le monde t'apparaîtra comme un rêve. » Ibn El Arabi

« Chacun de nous a une image de ce qu’il croit être ou de ce qu’il voudrait être, et cette image nous empêche totalement de voir ce que nous sommes en fait. Nous sommes ce « moi », notre conscience et son contenu fait de désir-attachement, de jalousie, d’avidité, d’orgueil, de vanité, de colère-aversion, d’agressivité, de violence d’indifférence. Le "moi" n’est qu’un agglomérat d’angoisses, de plaisirs, de chagrins, de souffrance, d’attachements, de peurs dont celle de la mort. Â» Krishnamurti


Ego : identification, division, formatage

La pensée de l’ego crée des divisions entre les êtres humains, il y a clivage entre « moi » et autrui. Toutes les divisions résultent donc de l'ego. Force est de constater que le pouvoir en place cultive le sectarisme et la division. Il ne fait strictement rien pour une concorde nationale.

Dès qu’il y a division, il y a obligatoirement conflit, il y a violence. Regardons la société guinéenne d’aujourd’hui, la violence est partout, elle est endémique, elle a tué plus de compatriotes que le virus Ebola. Elle est le résultat de la division, pour ne pas dire de l’éclatement du tissu social. Cette violence est d’autant plus grande, qu’elle s’accompagne d’impunité, d’injustice et d’insécurité.

Par le processus de l’identification le « moi » prend toute sorte de visage : d’abord celui du « sentiment d’être », ce que le philosophe français Descartes a défini par la formule : « je pense, donc je suis ».

Le Â« moi Â» est un fantôme à multiple visages, par le processus de l’identification. Ce moi a sa source dans un formatage de notre mentalité. L’ego a une réelle propension à s’assimiler à tout ce qui le sécurise. Ainsi il s’identifie à la personne, à l’âge, au sexe, au pays, au continent, à la ville, voire au quartier, à la culture, à la religion, à la profession, à la croyance.

L’ego n’est rien d’autre qu’un paquet d’habitudes et de conditionnements. C’est un véritable formatage de notre esprit. Nos malheurs, nos conflits, notre souffrance viennent de notre propension à vouloir nous identifier forcément à quelque chose : l’ethnie, le clan, le parti, la religion, la race…

Lorsque nous critiquons un parti politique en présence d’un de ses adhérents ou sympathisants, ou lorsque nous parlons des travers d’une religion à certains de ses fidèles, nous voyons tout de suite les réactions qui ne se font pas attendre, comme si l’individu était le porte-parole ou le gardien de cette institution.

Nous sommes des otages volontaires d’institutions ou d’organisations diverses : politique, ethnique, régionale, religieuse, j’en passe, qui nous font croire qu’elles vont nous aider à résoudre nos problèmes.

Le président Alpha Condé est malinké ; est-ce pour autant qu’il règle les problèmes de tous les Malinkés ? Bien sûr que non !

Pour moi, le problème majeur de notre pays, est désormais la grande division ethno-régionale. Je reste persuadé qu’il ne pourra y avoir aucun décollage socio-économique tant qu’il y aura cette division de la société guinéenne. Aucune élection ne pourra régler cette déchirure du tissu social, au contraire.

Est-il possible qu’un Guinéen observe son égocentrisme, son ethnocentrisme pour pouvoir les dépasser ? Est-il possible que les leaders politiques, à commencer par le président de la République, mettent la Guinée au-dessus de leur ego ?

Aujourd’hui, si nous Guinéens voulons un vrai changement dans notre pays, nous devons procéder à une véritable Révolution psychologique, c’est-à-dire un changement radical dans nos mentalités ! Ce changement fondamental de mentalité consisterait à ce que chaque Guinéen se remette en question, en s’observant attentivement et en voyant ce que nous sommes dans la réalité des faits, dans nos relations aux autres compatriotes. La crise qui sévit dans notre pays est profonde, car elle est politique, religieuse, culturelle. Cette crise est au fond de nos cœurs, de notre esprit et de notre conscience ! Cette crise majeure résulte de notre égoïsme et de notre égocentrisme. Nous autres Guinéens avons besoin d'un changement mental radical, une vraie révolution psychologique pour faire taire nos ego ethnique ou politique face aux enjeux nationaux.

C’est un véritable défi que nous devons tous relever, chacun à son niveau, ici et maintenant. Ne tombons pas dans l’argumentaire facile de dire que « c’est long de changer les mentalités Â». Ceci n’est pas exact, il s’agit d’être réellement conscient du mal que nous sommes en train de nous faire à nous-mêmes et au reste du monde ! Chacun doit prendre conscience de son niveau d’égoïsme, d’ethnocentrisme pour y mettre fin.

« L’intelligence, n’est pas l’aptitude au maniement habile d’arguments, de concepts, ce n’est pas non plus la mise en actes de la pensée.

Il n’y a d’intelligence qu’en la connaissance de soi, en la profonde compréhension du processus total de soi-même. Sans la connaissance de soi, toute notre expérience engendre l'illusion.

Sans la connaissance de soi, nous ne pouvons guère réaliser, ni notre propre bonheur, ni le bonheur d’autrui »

Vive la paix.

Vive la Guinée.


Dr. B. Diakité


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Commentaires  

 
+5 #18 Diakite 05-10-2014 09:47

Bonjour A.O.T.Diallo. Vous avez 100% raison lorsque vous dites:
"Tous ceux qui ont été "formatés" dans une culture dont les fondements sont:
- Tout ce qui nous arrive est la volonté de Dieu
- Le chef est un envoyé de Dieu a qui il faut accorder TOUTES ses actions
Ne changeront pas de manière efficace pas la Guinée - ils subissent la tete baisée depuis 56 ans sans rien dire."
Cette attitude de nos compatriotes relève du mythe et du culte de la personnalité dont Mr Diallo Boubacar a parlé dans son approche islamique de l'ignorance...
Nos compatriotes oublient ce verset du Coran qui dit:
« En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les gens le composant ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes ».
Nous, Guinéens, devons être conscients que personne ne viendra construire ou reformer notre société à notre place. Par conséquent, la responsabilité incombe à tous de se remettre en cause, de s’engager dans une Révolution psychologique pour changer nos mentalités. Cela est non seulement possible , mais absolument nécessaire. Notre salut est à ce prix. Merci
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+7 #17 A.O.T. Diallo 04-10-2014 20:18

" A mon avis, les cultures ne sont pas des manufactures de « l’obscurantisme ou d’imbéciles », elles peuvent coexister avec la modernité et la clairvoyance. "
Mon frère Thierno Aliou je suis en partie d'accord avec cette remarque mais j'aimerais souligner ceci:
Tous ceux qui ont été "formatés" dans une culture dont les fondements sont:
- Tout ce qui nous arrive est la volonté de Dieu
- Le chef est un envoyé de Dieu a qui il faut accorder TOUTES ses actions
Ne changeront pas de manière efficace pas la Guinée - ils subissent la tete baisée depuis 56 ans sans rien dire.
Si on veut casser ce système il faut que les vrais jeunes, 18-28 ans (pas les Homo Traore) fassent comme en 2007 pour remuer le cocotier de la dictature.
Le risque bien sur c'est qu’après, faute de bonne formation, les vieux les bousculent pour reprendre le chapeau, comme en 2008, d’où mon accord total sur le point de l’éducation étant la base pour qu'ils puissent nous changer et ensuite s'imposer.
Eux ont tout a perdre s'ils ne font rien, beaucoup plus que nous autres les vieux qui se sont adaptés a la pourriture locale...
signé: un vieux qui regrette de ne l'avoir pas fait entre 18 et 28 ans...
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+4 #16 Diakite 04-10-2014 16:27

Bonjour Ousmane Ottawa
Merci de corroborer cette idée :«Il vaut mieux une ignorance qui se connaît qu'une ignorance qui s'ignore.» que j'ai évoquée dans la 1èere partie de cette réflexion.Merci
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+7 #15 Diakite 04-10-2014 14:48

Bonjour Madina et Bonne Fête de Tabaski. Bonne Santé à vous et à tous les êtres qui vous sont chers.
Madina un être humain ne peut pas et ne doit pas être privé d’ego.
L'ego nous est nécessaire et indispensable pour nous repérer dans le temps et dans l'espace. San l'ego nous aurions une désorientation dans le temps et dans l'espace. Le problème n'est de pas d’ avoir un ego, c'est l'utilisation que nous en faisons De toute façon nous sommes l’ego, c’est notre identité d’emprunt ; mais l'ego doit être comme un instrument pour nous orienter dans la vie. Ce n'est pas une fin en soi. C'est un outil, et comme tout outil, il faut simplement apprendre à bien s'en servir. Merci.
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+5 #14 madina 04-10-2014 13:39

Dr Diakité que se passe-t-il chez un etre humain privé d'EGO?
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+3 #13 Diakite 04-10-2014 12:28

Bonjour Monsieur Diallo Thierno Aliou.
Je commencerai par vous remercier sincèrement de votre contribution à notre réflexion sur les causes ou la cause de la souffrance de la Guinée et des Guinéens.
Ce qui me parait essentiel, c'est de bien comprendre le concept de l'ego. Comme je l'ai écrit dans ce papier,
l'ego, est un mécanisme psychologique, qui nous fait tous exister. C'est "le sentiment d’être », « je pense, donc je suis.» de Descartes.
Ce sentiment d'être est non seulement indéniable chez chacun d'entre nous, mais il nous est nécessaire et indispensable pour nous repérer dans le temps et dans l'espace.
Ce sentiment d'être se manifeste de mille et une manières! L'ego peut prendre tous les masques possibles et imaginables. Il se manifeste :
Par l'identité: la culture, les traditions, la profession, le pays, la nation, l'ethnie....
Il se manifeste également par la possession: ma famille, mon clan, mon ethnie, mon pays, mes compatriotes....
L'ego se manifeste enfin par le devenir. Il ne veut pas mourir, pour rien au monde. Au plus profond de lui, il rêve de sa permanence!
Mais l'ego, qui n'est pas notre vraie identité est le résultat de millions d'années de conditionnements de notre conscience. Et l'ego est quelque chose qui évolue dans le temps et dans l'espace. L’ego est également quelque chose de relatif. Prenez les enfants des guinéens nés, grandis en Europe, en Amérique; qu'est-ce qu'ils ont avoir avec leurs cousins de Kankan ou de Pita?
L’ego est notre identité d’emprunt nous permettant de vivre ensemble pour le peu de temps que nous avons à passer sur cette terre. Le virus Ebola ne fait de différence entre un Malinké et un Soussou, ou un Forestier, ou un Peul. Pour moi les guinéens ont une identité nationale, au-dessus de leur identité ethnique
L’ego pollue l’esprit, à partir du moment où l’on ne comprend pas son réel mécanisme d’existence, et d’action, avec toutes ses manœuvres manipulatrices de notre esprit. L’ego pollue l’esprit tant que nous sommes uniquement notre petit « moi-je ».
C’est cela la cause de toutes nos souffrances.
Je vous remercie.
Vive la paix
Vive la Guinée
Dr.B.Diakité
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+4 #12 Diakite 04-10-2014 10:18

Bonjour Monsieur Diallo Thierno Aliou.
Je commencerai par vous remercier sincèrement de votre contribution à notre réflexion sur les causes ou la cause de la souffrance de la Guinée et des Guinéens.
Ce qui me parait essentiel, c'est de bien comprendre le concept de l'ego. Comme je l'ai écrit dans ce papier,
l'ego, est un mécanisme psychologique, qui nous tous exister. C'est "le sentiment d’être », « je pense, donc je suis.» de Descartes.
Ce sentiment d'être est non seulement indéniable chez chacun d'entre nous, mais nous est nécessaire et indispensable pour nous repérer dans le temps et dans l'espace.
Ce sentiment d'être se manifeste de mille et une manières! L'ego peut prendre tous les masques possibles et imaginables. Il se manifeste :
Par l'identité: la culture, les traditions, la profession, le pays, la nation, l'ethnie....
Il se manifeste également par la possession: ma famille, mon clan, mon ethnie, mon pays, mes compatriotes....
L'ego se manifeste enfin par le devenir. Il ne veut pas mourir, pour rien au monde. Au plus profond de lui, il rêve de sa permanence!
Mais l'ego, qui n'est pas notre vraie identité est le résultat de millions d'années de conditionnements de notre conscience. Et l'ego est quelque chose qui évolue dans le temps et dans l'espace. L’ego est quelque chose de relatif. Prenez les enfants des guinéens nés, grandis en Europe, en Amérique; qu'est-ce qu'ils ont avoir avec leurs cousins de Kankan ou de Pita?
L’ego est notre identité d’emprunt nous permettant de vivre ensemble pour le peu de temps que nous avons à passer cette terre. Le virus Ebola ne fait de différence entre un Malinké et un Soussou, ou un Forestier, ou un Peul. Pour moi les guinéens ont une identité nationale, au-dessus de leur identité ethnique
L’ego pollue l’esprit, à partir du moment où l’on ne comprend pas son réel mécanisme d’existence, et d’action, avec toutes ses manœuvres manipulatrices de notre esprit. L’ego pollue l’esprit tant nous que sommes uniquement notre petit « moi-je » C’est cela la cause de toutes nos souffrances.
Je vous remercie.
Vive la paix
Vive la Guinée
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+5 #11 Diallo Thierno Aliou G. 03-10-2014 20:03

Bonjour Dr.B.Diakité
L'ego serait-il le résultat de la culture? Je suis tout à fait d’accord avec vous l'ego n'est pas notre identité véritable. Notre identité est quelque chose de plus complexe, qui ne se donne pas facilement et qui peut en l’occurrence changer selon les situations dans lesquelles nous sommes. Pour moi, l'identité est la somme de nos habitus, de nos modes de socialisation, et des dissonances cognitives liées à la remise en question de tous ces mécanismes d'acculturation. Puisque vous estimez que l'ego est le principal polluant de l'esprit et si par inférence, nous considérons que l'ego est une conséquence de nos cultures, Pensez-vous que nos cultures soient des sources indirectes de nos souffrances collectives? Par souffrances collectives, j'entends l'incapacité que nous avons à nous projeter au-delà de l’entre soi communautaire, incapacité que nous avons à remettre en question les atteintes normatives de nos communautés, incapacité que nous avons à reconnaître la compétence des autres même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Je pense qu’il faut faire beaucoup attention quand on aborde la culture ou qu’on essaye d’expliquer « des constantes sociétales » pour ne pas dire des réalités sous l’angle de la culture. La culture comme vous l’avez bien signalé est un tout à l’intérieur duquel des manières d’agir, de sentir, de voir et de penser le monde se chevauchent sans pour autant se cristalliser de façon définitive. A mon avis, les cultures ne sont pas des manufactures de « l’obscurantisme ou d’imbéciles », elles peuvent coexister avec la modernité et la clairvoyance. Le plus grand problème auquel notre Guinée est confrontée est un problème d’éducation, une personne bien éduquée aura toujours les moyens cognitifs pour juger de ce qui est bien pour lui et le collectif, de même qu’il aura la faculté de juger du bien-fondé de toute chose avant d’engager ses actions.
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+8 #10 Ousmane Ottawa 03-10-2014 13:19

"Mo anda o anda o andatta. Andoudho anda andhaye." Proverbe peul
Traduction: celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas ne saura jamais. Celui sait qu'il ne sait pas finira par savoir.
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+4 #9 Diallo Thierno Aliou G. 03-10-2014 13:08

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Merci

L'ego ne serait-il pas le résultat de la culture? Je suis tout à fait d’accord avec vous l'ego n'est pas notre identité véritable. Notre identité est quelque chose de plus complexe, qui ne se donne pas facilement et qui peut en l’occurrence changer selon les situations dans lesquelles nous sommes. Pour moi, l'identité est la somme de nos habitus, de nos modes de socialisation, et des dissonances cognitives liées à la remise en question de tous ces mécanismes d'acculturation. Puisque vous estimez que l'ego est le principal polluant de l'esprit et si par inférence, nous considérons que l'ego est une conséquence de nos cultures, Pensez-vous que nos cultures soient des sources indirectes de nos souffrances collectives? Par souffrances collectives, j'entends l'incapacité que nous avons à nous projeter au-delà de l’entre soi communautaire, incapacité que nous avons à remettre en question les atteintes normatives de nos communautés, incapacité que nous avons à reconnaître la compétence des autres même si nous ne sommes pas d'accord avec eux. Je pense qu’il faut faire beaucoup attention quand on aborde la culture ou qu’on essaye d’expliquer « des constantes sociétales » pour ne pas dire des réalités sous l’angle de la culture. La culture comme vous l’avez bien signalé est un tout à l’intérieur duquel des manières d’agir, de sentir, de voir et de penser le monde se chevauchent sans pour autant se cristalliser de façon définitive. A mon avis, les cultures ne sont pas des manufactures de « l’obscurantisme ou d’imbéciles », elles peuvent coexister avec la modernité et la clairvoyance. Le plus grand problème auquel notre Guinée est confrontée est un problème d’éducation, une personne bien éduquée aura toujours les moyens cognitifs pour juger de ce qui est bien pour lui et le collectif, de même qu’il aura la faculté de juger du bien-fondé de toute chose avant d’engager ses actions.
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+5 #8 Diakité 03-10-2014 11:21

Bonjour Tidiane.
Je condamne l'ethnocentrisme d'où qu'il vienne, je condamne l'ethnopolitique, l'ethnostragie de tous bords. Je pense que le drame de notre pays vient des ethnopartis.
Je suis guinéen, c'est pourquoi que j'ai amené pendant 10 ans des missions médicales humanitaires au coeur du Fouta à Lélouma!Pendant ces missions nous avons opéré plus 500 patients de cataracte.Nous consulté et traité plus 8000 malades.Pendant 10 ans(1997-2006), j'ai pris tous les risques en amenant des dizaines de médecins français, notamment des meilleurs ophtalmologiques de l'hôpital des 15/20 de Paris à Lélouma.Beaucoupe de guinéens savent que j'ai implanté l'U.F.D. sur les terres du RPG, où j'ai été combattu. Je milite pour une Guinée pour tous les guinéens égaux en droit et en devoir.Je milite pour un Etat de droit en Guinée.
Vive la Paix
Vive la Guinée.
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+4 #7 tidiane 03-10-2014 08:52

tu as raison c'n'est que par ignorance que le jeunes actifs de France t'ont aveuglement écouté en 2010. Je me demande pourquoi tu ouvres encore la bouche pour dire le contraire de ce que tu penses. j'attends toujours ta condamnation de ce qui s'est passé à Siguiri en 2010.
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+4 #6 Tut 03-10-2014 06:53

Merci Dr Diakite pour cette clarification
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+4 #5 Diakiité 02-10-2014 15:06

Bonjour TUT.
La culture est partie intégrante de l'ego.L'ego ,c'est l'ensemble de tous nos conditionnements, de toutes nos habitudes, de toutes nos identités: culturelles, religieuses, ethniques,professionnelles, politiques, raciales, sexuelles, nationales...Mais l'ego n'est pas notre identité véritable. Merci
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+4 #4 Diakiité 02-10-2014 14:57

Bonjour Madina.
Un proverbe africain dit" Se connaître, c'est mieux que de connaître le cheval" et Socrate disait à ses disciples: " « Connais- toi, toi-même, ainsi tu connaîtras l’univers et les dieux »
Connais- toi, toi-même" :
Signifie, s'interroger sur son savoir. Se connaître c’est prendre conscience de soi et par là de son ignorance.
« Il vaut mieux une ignorance qui se connaît qu'une ignorance qui s'ignore. »
La connaissance de soi, nous permet de débusquer l'ego ou le "moi-je", source de nos problèmes.Lorsqu'on ne se connaît, on est incapable de se remettre en question, ainsi on ignore ses forces et faiblesses. Regardez les guinéens: tout le monde sait tout! Merci
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+8 #3 Tut 02-10-2014 12:00

Entre la culture et l’ego qui manipule qui ? Est-ce que ce n’est pas la culture qui crée l’ego? Pour moi le mythe fondateur de tous les mythes, est celui de la culture. C’est à cause de la culture que les moutons se comptent par millions en Guinée. En guinée nous sommes des moutons contrôlés et manipulés par la culture. En Guinée nous avons plusieurs cultures, ce qui est tout à fait normal comme dans tout pays. Le problème est que chez nous, il ya une culture qui pense que la guinée l’appartient, et une autre culture qui pense que recevoir beaucoup de gifles est normal.
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+4 #2 madina 02-10-2014 10:25

Qu'est ce que la connaissance de soi Dr.B.Diakité?
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+2 #1 J. Koly 02-10-2014 10:14

En voici UN,ils sont tapis dans l'ombre comme la VERITE qui tarde a voir le jour.
Grand merci pour votre esprit lucide Dr DIAKITE!
Avec des intellectuels de votre trampe,on peut croire a un avenir certain pour notre pays.
Cependant le chef de ce regime nous avait promis un CHANGEMENT apres avoir observe la ou ses predecesseurs ont echoue sur tous les plans mais presques 5ans de gouvernance apres, la realite est la,amere et catastrophique.Un bilan qui n'est ni "globalement negatif ni globalement positif" est comment?Nega!Sans changer sa propre mentalite,on ne peut changer influencer positivement pour autrui.
Ca veut dire qu'ils(gouvernants actuels) n'ont simplement pas de "MIROIR" sinon!
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