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5e hommage à nos victimes
Mohamed Kann Diallo Lundi, 29 Septembre 2014 14:39
On se souvient : 28 septembre 1958, 28 septembre 2009, deux dates de même nom, mais de réalités très différentes. Quand l’une, « date du referendum qui a conduit à l’indépendance guinéenne » est nostalgique de la joie du combat remporté par toute la Guinée, l’autre, «date du massacre perpétré par le CNDD et son armée » évoque le massacre prémédité, le viol et l’humiliation de mon peuple encerclé dans un stade par une armée de voyous sans scrupules et n’ayant aucun sens de l’honneur et du patriotisme.
Nous voici donc à la cinquième année de ce massacre, et la question qu’il faut se poser aujourd’hui, c’est de savoir où en est ma Guinée, et est-ce que des leçons ont été tirées de ce bain de sang qui avait été organisé par des assoiffés de pouvoir ?
Mais le constat est d’autant plus grave actuellement avec tout ce qui s’y passe, que je ne me gênerai pas de dire haut et fort que NON, à mon sens, aucune leçon n’en est tirée, car jusqu’à nos jours les coupables sont libres de leurs mouvements et les seuls perdants ont été les pauvres victimes, qui ont voulu et cru à la démocratie sans la violence, sans savoir que le prix à payer était leur vie.
Pauvre peuple de ma Guinée, qui n’a que tant souffert. Jusqu’à quand tes fils seront-ils sacrifiés inutilement ? Car quand on voit les agissements de nos actuels dirigeants, on se demande s’ils sont vraiment conscients de tous ces sacrifices qui ont été consentis pour qu’ils soient où ils sont aujourd’hui.
M. le Président professeur, êtes-vous conscient de ce qu’a vécu, et continue de vivre mon peuple ? Souvenez-vous quand il mourrait au stade du 28 septembre, vous étiez très loin, en Occident, à vous exprimer au nom de ce peuple que vous dirigez aujourd’hui d’une main de fer.
Où est donc passée votre conscience dans tout ça ? Car il ne suffit pas de rendre hommage chaque année et continuer à massacrer les autres comme si de rien n’était, à l’image de ce qui se passe actuellement en Guinée.
Je suis témoin de ce massacre, car j’étais encore en Guinée à cette époque et j’ai vécu ce qui s’était passé.
Même si j’ai échappé à tout cela, d’autres n’ont pas eu les mêmes chances malheureusement et parmi eux, j’avais des amis, des connaissances, des cousines, des cousins, bref de la famille et j’ai vu leurs proches souffrir, et depuis ce fameux matin jusqu’à nos jours, leur tristesse n’a fait que grandir, car aucune justice ne leur a été rendue ni de près, ni de loin, et le monde continue son cours normal comme si leurs âmes n’avaient aucune valeur.
Mais je veux que vous sachiez que, sans ces vies que vous estimez perdues pour rien, vous ne seriez pas où vous êtes aujourd’hui. Certes les uns sont morts, d’autres portés disparus, ou toujours arbitrairement emprisonnés comme Baba Alimou Barry et ses codétenus, mais, par leur courage, leur patriotisme et leurs volonté et soif sans fin de liberté et de démocratie, ils avaient empêché les dirigeants de l’époque de faire de la Guinée ce qu’ils voulaient.
Alors à votre tour de tirer les leçons de cela et de savoir que nous ne laisserons pas leur sacrifice vain, car si vous ne rendez pas justice et si vous ne vous pliez pas à la volonté du peuple de céder le pouvoir au moment opportun en 2015, et de sortir par la grande porte, nous continuerons à lutter afin que justice, démocratie, liberté soient instaurées en leur nom, pour que leur mémoire soit à jamais perpétuée et vive en tout Guinéen.
Je ne saurais terminer sans rendre hommages à toutes ces victimes, et dire à leur famille que nos différents combats trouvent la force et la motivation en leur mémoire, et que jamais nous ne nous arrêterons jusqu’à ce que justice leur soit rendue. Mais surtout aussi qu’ils sont, resteront et vivront toujours en nous, dans nos têtes, nos cœurs et nos prières, à jamais et pour toujours.
Vive la Guinée libre, unie, démocratique et surtout juste.
M. Kann Diallo
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Commentaires
Amen!
Franchement y a blocage a quelque part.








