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Goby fossilise le bled !
Benn Pepito Dimanche, 07 Septembre 2014 23:04
Goby, ça suffit ! Ça suffit, on te dit ! Qu’est-ce que tu fais comme ça ? C’est vrai que tu ne peux pas être à ta fenêtre et te voir passer dans un cercueil dans les rues de la capitale guinéenne. C’est vrai que les cancans ne contrôlent pas trop souvent leur langue fourchue. Sinon ton heure n’a pas encore sonné. Et Dieu seul sait quand les carillons tinteront pour signer ta mort certaine. Mais arrête quand même ton cinéma. Arrête ta gloriole délectation dans ces rues misérables de Kaloum à Cona-cris contre ces diffuseurs de nouvelles sur ton trépas. Tu promènes ta carcasse comme une vieille barque tanguant dans des eaux sales, déambulant au milieu de tes huit gardes corps costumés et de ta cargaison de bérets rouges armés jusqu’aux couilles dans Kaloum sous les applaudissements de quelques grappes de gens qui crient à ton adresse juste pour oublier un peu la hantise de Ebola et le désœuvrement.
Ecoute, Goby ! Les images diffusées par la télé bidon guinéenne ne te font pas honneur. Afakoudou ! Ce n’est pas beau à voir tout ça à la télé bidon. Entouré de cette horde de bérets rouges, kalachnikov aux poings, tu rappelles dangereusement le guérillero Jonas Savimbi de l’Angola. Et la présence du ministre Alhousseny Makanera Kaké en sueur, qui parade à ta droite, les jambes écartées comme s’il souffrait d’une hernie, n’améliore pas les choses. La télé bidon ne cache rien. Elle montre tout : le délabrement total de Cona-cris la proprette, les rues défoncées et gorgées d’eaux sales, ces gens miséreux et pitoyables qui cherchent juste à se faire filmer et à se faire flasher.
Dieu de miséricorde ! Dieu de justice ! Goby Condé siphonne les dollars et les euros devant servir au développement de la Guinée. Il les expédie à Dubaï. Il va ensuite se livrer aux quatre cents coups à Tunis loin de l’ambiance délétère qui gangrène la Guinée, il laisse qu’on bougonne qu’il est mort pour revenir brusquement en fier luron sprinter dans les ruelles de Kaloum. Il joue le joyeux drille et aguiche les quelques désœuvrés et quelques péronnelles qui bordent les rues sales de Kaloum. Et la nuit venue, il cuve son vin dans son palais. Ses supporteurs qui le flagornent hurlent à tue-tête : « Honni Soit Qui Mal Y Pense ». Traduisez : « Honte à celui qui y voit du mal. » Bien sûr que nous y voyons du mal. Et rien ne va nous empêcher d’étaler là nos dissentiments.
Goby croit-il ainsi faire taire ses contempteurs ? Parce qu’on s’est tout simplement interrogé sur son sort après qu’il ait disparu des radars de la télé bidon en chaloupant sur ses deux béquilles au tour d’une piscine dans cet hôtel tenu secret à Tunis. On ne va pas la boucler pour autant. On va s’épancher.
Goby ! Tu es un déprédateur, un voleur des deniers publics alors mobilisés pour la construction des écoles, des universités, des hôpitaux et des dispensaires dans le patelin, pour faire des routes goudronnées dans tout le pays, pour créer des emplois pour la jeunesse guinéenne, pour lutter contre le sida et la fièvre hémorragique à virus Ebola. Tu as bien vu que l’argument de ton gouverneur de la Banque centrale de Guinée pour couvrir ta magouille sur ces millions de dollars débusqués par la douane sénégalaise à l’aéroport de Dakar ne convainc pas Bah Oury, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré, Madiambal Diagne du journal dakarois Le Quotidien par lequel le scandale a été ébruité à son de fanfare, Babacar Justin Ndiaye, et tous les hiérarques du monde de la finance. Tu ne les convaincras pas sur la sortie douteuse de cette somme homérique de la banque centrale à destination de Dubaï. Foin ! Pendant que tu cries au voleur tu voles les deniers publics de la Guinée. Pendant qu’Ebola endeuille et décime des familles entières dans la contrée, tu te casses pour aller t’amuser à Tunis et tu reviens, environné de tes gardes corps, de tes poulets et de tes bérets rouges ethniquement sélectionnés, plastronner devant des affidés miséreux qui se laissent entraîner dans des envolées subliminales et participent à la théâtralisation de ton retour précipité au pays.
A réfléchir un tantinet sur l’ineptie du comportement de Gobykhamé à la tête de la Guinée, l’on devient chèvre. Mais Augusto Roa Bastos a raison : « Quand on doit décrire le comportement d’un scélérat, le sarcasme et l’indignation ne suffisent pas, et moins encore quand on traite de la désintégration d’un caractère. » Hé ! L’on ne le répétera jamais assez : Goby Condé est têtu comme un âne. Il a une boulimie du pouvoir insatiable et n’écoute pas ce que le conseille là Augusto Roa Bastos : « Faites usage de votre souveraineté et de votre pouvoir absolu dans un acte libérateur pour tout le peuple de votre pays et pour vous-même : l’unique et dernier acte de salut qui peut encore vous soustraire à l’anathème infamant de la postérité. Renoncez à l’absolutisme personnel et rendez le pouvoir aux citoyens de la République dans les élections libres, en dehors de la répression et de la coercition des armes. » Voilà un conseil qui va faire se cabrer les thuriféraires du pouvoir ethnique de Goby Condé. Pour tous les ruffians, tous les aigrefins, tous les laveurs de chat ou « ngnarimakha » qui font des yeux doux à ce pouvoir en place, le tyranneau doit absolument garder le trône pour lui et pour son ethnie. Et ils mettent tout en marche pour l’aider justement à fortifier ce régime mandingue, clanique dont ils ont tant envie. A l’instar du tribaliste Yamoussa Sididbé, le minable directeur de la télé bidon, qui avec son esprit de lucre se fait le chantre de ce régime honni révèle avec fierté que son ami du nom de « Soundjata Keïta » lui « répète tous les jours que le pouvoir a une ethnie, il est mandingue. » Et Yamoussa Sidibé de publier sur-le-champ : « Et moi aussi j’ai choisi, je suis avec Alpha Condé. Et je me convainc chaque jour que lui seul peut et doit tenir les brides du pays. » Wallahi ! Billahi ! Tallahi ! Si les opposants guinéens ne font pas attention, ce vœu obsessionnel de Yamoussa Sidibé et de tous ses semblables deviendra une réalité démoniaque en Guinée. C’est déjà bien ancré dans les esprits tordus comme celui de Yamoussa Sidibé. Et dire que nous vivons dans un monde planétaire, à l’orée du développement des esprits et des lettrés dépouillés de tout ethnocentrisme. L’on est foncièrement contre le clanisme, le tribalisme et le racisme. A un temps récent, on a bravé et empêché le pouvoir dictatorial de Lansana Conté de trucider Goby Condé. On n’est pas des malinkés. On l’a fait parce que motivés par le respect des droits humains. Et depuis trois ans et une éternité, Gobykhamé trône. Il instrumentalise une politique clanique, sape les esprits de sa communauté en vue de se maintenir au kibaniyi. Le RPG est incontestablement un club politique à relent communautaire. En témoigne ce récent propos va-t-en-guerre que Goby vient de lancer à l’assemblée hebdomadaire du RPG à Hamdallaye dans Cona-cris : « Nous allons restructurer bientôt le parti en terminant par un congrès pour qu’il soit en ordre de bataille. Ce qui s’est passé récemment vous a donné beaucoup à réfléchir, ce n’est plus la politique, c’est plutôt la haine. » Voilà comment maugrée un antidémocratique président mal élu !
En prélude à cette bataille annoncée, l’on a besoin d’avoir des leaders politiques décidés d’en découdre avec Goby Condé et son RPG aux prochaines farces électorales. Des chefs politiques qui n’accepteront pas de se faire pigeonner. On a besoin d’un Cellou Dalein Diallo plus que jamais décidé à aller à la conquête du pouvoir démocratique. On a besoin d’un Sidya Touré ferme dans ses convictions républicaines pour dégommer Goby du pouvoir : « Nous devons porter un nouvel espoir pour la Guinée. Pour cela, seule l’alternance en 2015 permettra à notre pays de relever le défi de la médiocrité et de la misère qui se sont abattues sur nous. La Guinée mérite mieux que l’image que le RPG en donne aujourd’hui au monde. C’est une honte ! » On a besoin surtout et surtout du concours des électrices et des électeurs guinéens imbus des idéaux républicains et démocratiques pour voter cette impérieuse alternance dans les urnes et chasser Goby et les tribalistes du pouvoir.
Ce n’est nullement une faute politique si Cellou Dalein Diallo va parler à Chicago sa langue maternelle à des militants de la même ethnie que lui pour les mobiliser. Ce n’est pas viral de parler peul en meeting politique devant des gens qui, majoritairement ne comprennent que le peul. On reproche à Cellou Dalein Diallo d’avoir déconné verbalement en peul à Chicago. Foutre ! Traduire c’est trahir. Cellou parle bien la langue de Molière. Il la parlera pour mobiliser tout le monde. Cellou Dalein Diallo n’est pas un raciste, un ethnocentrique. Il est respectueux des différences. Le « porboulème » ce n’est pas de pérorer en soussou pour pigeonner les pauvres électrices et les électeurs à des fins purement électoralistes. L’essentiel est que le futur président soit compétent, capable d’impulser un développement durable en Guinée, qu’il soit à mesure de permettre l’épanouissement économique de chaque Guinéenne et de chaque Guinéen. Cellou est meilleur que Goby Condé à tout point de vue. Goby n’atteint pas Sidya à la cheville. On l’aime, on l’aime pas : Gobykhamé est un médiocre par excellence. Il est incompétent pour la tâche de président de la république. Il est mégalomane. Il est incapable d’asseoir un développement économique autour de l’unité nationale. Sa façon de gérer Ebola rappelle tristement quand il était opposant face au régime de Lansana Conté qu’il avait décidé de culbuter par une rébellion armée. Il était arrivé à collecter de l’argent en tendant la main à ses relations et à monter une branche armée du RPG contre la Guinée. On a parlé de plus de deux mille (2000) morts du fait de ces attaques armées sous les ordres de Goby Condé. Des imams à Guéckédou, des étudiants en vacance à Macenta, des femmes, des enfants, des vieillardes et des vieillards à Forécariah et ailleurs massacrés à la machette. Aujourd’hui pour aller en guerre contre Ebola, certes Goby ne prend pas la machette mais il tend toujours sa sébile aux hommes d’affaires et autres grippe-sous qui opèrent dans le bled en leur réclamant de casquer pour masquer l’argent qu’il a détourné. Demain matin, il pompera les pauvres populations à casser leurs soi-disant tirelires pour contribuer à éliminer Ebola en Guinée. Pourquoi ne pas rapatrier carrément ces vingt millions de dollars domiciliés illicitement à Dubaï et sauver ainsi sa fierté, son honneur sa dignité d’individu intègre ?
Goby est un méchant, un égoïste, un dangereux manipulateur. Il fragilise, fossilise les populations guinéennes et gouverne comme bon lui semble. En réalité, il s’en fout éperdument que des Guinéennes et des Guinéens crèvent de misère et de fièvre hémorragique virale. Son rejeton, ses proches, ses intimes et lui sont à l’abri de tout ça. Arrêtez donc de lui casser les couilles avec cette histoire de Ebola ! Ce qui compte pour lui et ses affidés c’est le trône. Et il a juré avec tout son sérieux d’aller à la rencontre des jeunes banlieusards de Bambeto et de Matoto, sans une cargaison de bérets rouges dans ses talons, pour palabrer avec eux sur des sujets de détournements de deniers publics et pour jeter l’anathème sur tous ces anciens ministres voleurs sous le magistère de son prédécesseur au Kibaniyi. Lui, Goby ! C’est un immaculé. Alléluia saint Goby ! Alléluia saint Gobykhamé ! Alléluia ! Ah ! Ah ! Ah ! On attend ta prochaine sortie face aux journalistes du bled. Ça va se savoir ! Ah ! Ah !
Benn Pepito
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Commentaires
Ce qui a été reproché à Cellou Dalein dans son discours de CHICAGO, c’est sa confidence d’une stratégie politique fondée sur l’ethno-stratégie à savoir se prévaloir du soutien « des soussous à leurs maîtres coraniques les peulhs » en cas de guerre suite aux élections en 2015. Alors, comment peut-on fustiger Alpha Condé et le RPG Arc-en-Ciel avec leur slogan « Trois régions contre une » et prêter le flanc à cette sortie malheureuse de Koto Dalein qui revendique la stratégie du « Deux contre Deux » dans un pays à quatre régions naturelles, et surtout pour quelqu’un qui veut incarner un destin national, à savoir présider aux destinées de la Guinée, donc de toutes les régions naturelles du pays.
Sans entrer dans le détail du contenu de discours de Chicago (en cas de... synonyme de conditionnel), je vous invite à comprendre le sens du mot CHRONOLOGIE. Certains tendent l'autre joue, d'autres répliquent, mais cela ne reste toujours qu'une réponse. Autrement dit où sont les critiques premières ? Vous n'êtes pas crédible à accuser quelqu'un de ce que vous faites vous-même (en admettant que cela soit comparable).
Personne ne dénie à Cellou Dalein Diallo le droit de s’adresser à mes militants en langue maternelle pular. Je pense qu’il faut être conséquent avec soi-même et arrêter de verser cette poubellisation de l’ »INETELLECTUEL » guinéen qui n’analyse jamais avec objectivité un problème pour servir de guide à la grande masse, mais se complait dans le deux poids, deux mesures et les critiques subjectives et sélectives du camp opposé. Ce qui a été reproché à Cellou Dalein dans son discours de CHICAGO, c’est sa confidence d’une stratégie politique fondée sur l’ethno-stratégie à savoir se prévaloir du soutien « des soussous à leurs maîtres coraniques les peulhs » en cas de guerre suite aux élections en 2015. Alors, comment peut-on fustiger Alpha Condé et le RPG Arc-en-Ciel avec leur slogan « Trois régions contre une » et prêter le flanc à cette sortie malheureuse de Koto Dalein qui revendique la stratégie du « Deux contre Deux » dans un pays à quatre régions naturelles, et surtout pour quelqu’un qui veut incarner un destin national, à savoir présider aux destinées de la Guinée, donc de toutes les régions naturelles du pays. Oui, j’allais oublier, de vous dire qu’on ne vous pas non plus entendu lorsque Cellou Dalein recevant les imams de la Basse Guinée s’est dit surpris que la Basse Guinée ait voté pour Alpha Condé qui était opposant à Lansana Conté, alors que lui Dalein qui était un courtisan zélé de ce dernier n’a pu bénéficier de leur soutien. Bref, de l’ethno-stratégie, de l’instrumentalisation communautaire, de la cristallisation identitaire. D’ailleurs votre champion, Sidya Touré de l’UFR n’a pas manqué de rappelé à Cellou Dalein que la Basse Guinée n’est engagée auprès de quiconque pour faire la guerre à une quelconque ethnie et/ou région en Guinée suite au discours de Chicago. Faites Monsieur Benn Pepito, amende honorable en faisant un nouvel examen de conscience pour voir au discours de Chicago, les mêmes fadaises que vous vilipendez dans les propos, discours et actes non républicains du pouvoir. Pour toute conscience intellectuelle, le discours de Chicago est un discours antirépublicain et un discours contre le vivre ensemble de communautés ethniques diverses.
Tape le nom de Yamoussa Sididbé dans google et tu pourras lire ses dires que j'ai cités textuellement. J'ai copié le texte de Yamoussa pour toi et le voici : « Mon refuge, mon seul, le royaume de mon enfance ». Chaque fois que je me rappelle mon enfance, je voue une absolue gratitude à l’enfant de Joal, l’auteur de ce vers. Ma reconnaissance relève d’une empathie profonde pour Léopold Sédar Senghor. A toutes les étapes de ma vie, persiste cet esprit d’enfance. Et ce refuge seul, m’aide à m’échapper des bêtises, des incompréhensions, et des stupidités d’aujourd’hui.
Le royaume de mon enfance est le plus doux pays. Je le dois à ceux qui m’ont fait le monde, à ceux avec lesquels, je posais les pièges à oiseaux sur les vallons de Sabendè, avec lesquels je jouais au ballon sous les immeubles, au centre de la ville Fria.
J’étais l’ami et le camarade de Bah Boubacar “Everaldo”, Minkaël Yattara “Gianny Rivera”, Paul Haba “Elga”, Alpha Amadou Diallo “JB”, Soundiata Kéita « le chétif » tous insouciants, n’attendant que la fin des cours pour nous retrouver et nous balader sur les plateaux de Sabendè et de Tigué. Nous étions nubiles pourtant nous étions amoureux de Elisa Cécé, de Oumou Traoré, de Fofana Aïssata, de Fanta Diané, de Mariama Djélo Barry, de Justine Togba, de Bountou Sylla…. Mais n’osions leur déclarer notre flamme. Nous le clamions entre nous avec beaucoup de sérieux et d’enthousiasme, et chacun connaissait “la femme” de l’autre.
Nous rêvions de construire des voitures ”made in Guinée ‘’, nous rêvions de jouer pour le Syli national ou le Hafia et battre toutes les équipes du monde même le Brésil. Pour nous, la Guinée était le plus beau pays et les Guinéens, les hommes les plus fiers devant lesquels le monde entier devait courber l’échine.. J’ignorais que Bah Boubacar dit Everaldo était peulh, je ne savais pas que Minkaël Yattara dit Gianny Rivera était sosoé, que Soundiata Keita, maigre et frileux, était un prince maninka, que Paul Haba dit Elga était kpèlè. Nous parlions tous soso. Parfois nos parents nous obligeaient à parler la langue de notre ethnie à la maison. On obéissait. Mais c’était juste pour la maison.
Mais nous avons grandi, nous nous sommes trouvés des identités. Paul est devenu soldat, et il avait été appelé par le Capitaine Dadis. Minkaël Yattara n’a jamais compris qu’il puisse souffrir alors que le Général Lansana Conté est au pouvoir, c’était leur pouvoir, en plus, il était de Bouramaya. Bah Boubacar, c’est curieux, il est devenu commerçant. Il est dans le camp des opposants depuis la fin de nos études. Opposé à Sékou Touré, à Lansana Conté, à Alpha Condé… Soundiata Kéita répète tous les jours que le pouvoir a une éthnie, il est manding. Et moi aussi j’ai choisi, je suis avec Alpha Condé. Et je me convainc chaque jour que lui seul peut et doit tenir les brides du pays.
Il arrive que nous nous rencontrions, mais nous ne sommes plus ces enfants insouciants, dévalant les vallons de Fria. Nous sommes devenus des pantins politiques. On sent dans nos propos un choix méticuleux de mots. En vérité, nous ne savons plus nous regarder qu’à travers le prisme de nos ethnies. Et que ne donnerions-nous pas pour que notre ami d’enfance, celui avec lequel nous posions des pièges à oiseaux, échoue dans son service ou dans son projet ? Parce qu’il est devenu l’autre, à écarter. Demain, c’est notre tour.
Que sont mes amis devenus? Que suis-je devenu? Il a suffi qu’il vente à nos portes et en grandissant, nous nous sommes retrouvés dans une grande tempête et nous avons refusé ou nous n’avons pas su nous agripper aux perches de la raison et du souvenir de notre enfance insouciante. Nous nous sommes laissés emporter et nous sommes devenus des numéros sur des listes politiques.
Seul, je pense à vous tous, éparpillés entre les partis politiques: Ibrahima Ahmed Barry avec lequel j’étais inséparable, Cheick Tidiane Traoré ‘’le tribun’’ Charles Ernest Lama, le meilleur « piégeur d’oiseaux » de Sabendè, Makhadi Camara, la grande vedette du basket-ball, Moumini Kaba, l’incroyable gaucher, Ibrahima Sory Baldé, aujourd’hui malade. Nous tous, aujourd’hui, embouchons la trompette de musiques dont nous ignorons les notes, chantant à tue-tête des sonates soûlantes à force d’être itératives, et faites pour d’autres desseins.
Peut-être, comprendrons-nous un jour, qu’il faut toujours se “baigner dans la rivière de l’enfance et en rester mouillé”, comme s’est écrié un jour Philippe Delerm.
On peut oublier peut-être l’intensité des premières sensations de la vie, le vertige absolu de la naïveté. Mais doit-on accepter, sans lutter, de tourner le dos à cette enfance où le meilleur parmi nous était celui qui jouait bien au ballon, celui qui posait les bons pièges ou qui savait réciter “Ajoutons à l’humanité” ?
Quant à moi, face, à la situation kafkaïenne qu’offre notre quotidien, à la souffrance de l’inimitié ubuesque, face à la délation de gens qui ignorent que j’ai le sacré privilège d’avoir eu une belle enfance, je souris simplement et je fais comme Léopold Sédar Senghor: ”Je me réfugie dans le royaume de mon enfance.”
YS in galanyi.com
Benn Pepito,
Les propos tenus par Yamoussa Sidibé, sont très graves. Avez-vous une preuve ?
Merci.
Certains guinéens sont très malléables. Ils sont transformables comme une motte d’argile dans la construction d'une hutte. Pendant le règne de Conté, ce Yamoussa Sidibé faisait partie des meilleurs journalistes de la boîte. Mais aujourd’hui pour des raisons que lui seul a le secret, il est devenu un griot hors pairs d’un régime agonisant. Il est difficile de trouver de patriotes exerçant leur fonction d’une manière républicaine. Ils se sentent toujours mieux dans la servitude.
Les propos tenus par Yamoussa Sidibé, sont très graves. Avez-vous une preuve ?
Merci.
J'aime votre style Benn.
Benn Pepito, je voudrais juste te confirmé que Makanera à une hernie c'est pourquoi il marche les jambes écartées, en soussou on appel çà Khè Khè. Regardé la forme de sa braquette c'est toujours bombé. A l'école on se moquait de lui.








